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COMMUNIQUE DE LA FEDERATION NATIONALE AGROALIMENTAIRE ET FORESTIERE CGT : PRIX DU LAIT : PAYSANS, SALARIES, CONSOMMATEURS, MEME COMBAT !

Publié le par Tourtaux

logo-FNAF.JPG   La fédération communique

 

 

L’accord laitier signé en 2009 ne répondait pas à la colère des producteurs de lait. La situation actuelle le confirme.

Début 2009, industriels et distribution ont profité de la déréglementation imposée par Bruxelles et mise en oeuvre sans broncher par le gouvernement français, soumettant la filière aux fluctuations de prix et à la spéculation. Aussi avaient-ils obtenu un accord sur le prix du lait qui leur faisait la part belle. Mais les critères de fixation du prix actés par cet accord sont encore trop contraignants pour les grands groupes de la transformation laitière et de la distribution. Revenant sur les termes de l’accord, ils jouent des importations et d’un rapport de forces largement en leur faveur avec le désengagement de l’Etat pour imposer une nouvelle baisse du prix du lait payé aux producteurs. Cette stratégie va pousser de nombreuses exploitations agricoles à abandonner la production laitière. Elle met en péril la filière de l’élevage laitier, les coopératives et l’emploi.

Le combat des agriculteurs est légitime. D’autant que les arguments développés par les industriels du lait et la grande distribution tentant de faire croire qu’une diminution du prix du lait permettrait une baisse du prix des produits laitiers à la consommation et le maintien de l’emploi et des outils de production sont fallacieux. Les rapports et études se multiplient démontrant que les groupes laitiers et de la grande distribution profitent de la volatilité et de la baisse des prix agricoles pour augmenter leurs « marges bénéficiaires ». Globalement, les prix à la consommation continuent de progresser.

Les groupes ont les moyens de répondre aux exigences des agriculteurs, des salariés et des consommateurs. Pour ne prendre que quelques exemples : Frank Riboud, 1er salaire du CAC 40 atteignant 4 millions d’€, en augmentation de 70 % en 2008, les salariés du groupe ne peuvent pas en dire autant. Le groupe Lactalis a doublé son chiffre d’affaires de 2004 à 2008. Les patrons de la grande distribution comme Auchan (famille Mulliez) ou Carrefour (famille Halley) ainsi que les patrons laitiers comme Besnier, Bel, Bongrain ou encore Albert Frères (Entremont) se trouvent parmi les plus grandes fortunes de France.

Le « tout libéral » à la Sarkozy vise à accroître la richesse de ceux qui sont riches. Les salariés et les consommateurs, comme les agriculteurs, sont spoliés par les mêmes.


Montreuil, Le 16 août 2010


Par La CGT Arrivé

http://lacgtarrive.over-blog.com/

Publié dans Politique

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APPEL DE LA FEDERATION DES CHEMINOTS CGT POUR LE 04 SEPTEMBRE 2010 : MOBILISATION CONTRE LA BANALISATION DE LA HAINE ET DE LA XENOPHOBIE. POUR LA LIBERTE, L'EGALITE ET LA FRATERNITE !

Publié le par Tourtaux

Le 04 septembre 2010, les Cheminots se mobilisent contre la banalisation de la haine et de la xénophobie.
Pour la liberté, l’égalité et la fraternité !
Un texte d’appel, signé par plus de 50 organisations syndicales, dont la CGT, politiques, associatives,… réagit aux mesures liberticides gravissimes qu’envisagent Nicolas Sarkozy et son Gouvernement.
Par ses propos et par ses actes sécuritaires, la Droite tente de dévoyer le débat politique de la rentrée et d’étouffer la contestation sociale. Plus que jamais, il nous faut mener de front la mobilisation pour les libertés, les retraites et les revendications sociales.
« Les plus hautes autorités de l’Etat ont fait le choix de jeter à la vindicte publique des catégories entières depopulation : Gens du voyage accusés, comme les étrangers, d’être des fauteurs de troubles, Français d’origine étrangère sur lesquels pèserait la menace d’être déchus de leur nationalité, parents d’enfants délinquants, etc. Voici que le Président de la République accrédite aussi les vieux mensonges d’une immigration coûteuse et assimilée à la délinquance, et offre ainsi à la stigmatisation des millions de personnes en raison de leur origine ou de leur situation sociale.
Ce qui est à l’oeuvre dans cette démarche ne s’inscrit pas dans le débat légitime, dans une démocratie, sur la manière d’assurer la sûreté républicaine. Le nécessaire respect de l’ordre public n’a pas à être utilisé pour créer des distinctions entre les habitants de ce pays et désigner des boucs émissaires. Ni pour instituer des peines de prison automatiques, contraires aux principes fondamentaux du droit pénal, à l’indépendance de la justice et à l’individualisation des peines.
La Constitution de la France, République laïque, démocratique et sociale, assure « l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».
Nul, pas plus les élus de la Nation que quiconque, n’a le droit de fouler au pied la Constitution et les principes les plus fondamentaux de la République.
Notre conscience nous interdit de nous taire et de laisser faire ce qui conduit à mettre en péril la paix civile.
Nous appelons à une manifestation le samedi 4 septembre 2010, place de la République à Paris, à 14h00, et partout en France, afin de fêter le 140e anniversaire d’une République que nous voulons plus que jamais, libre, égale et fraternelle. »
La Fédération CGT des cheminots appelle les cheminots à s’inscrire massivement dans toutes les initiatives et rassemblements le 04 septembre prochain.
Dans une période où l’on commémore officiellement la grève insurrectionnelle des cheminots du 10 août 1944, ceux-ci doivent rester mobilisés !
Montreuil, le 16 août 2010

Publié dans Lutte des classes

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L'HOMMAGE DE L'HUMA A JOSEPH SANGUEDOLCE, ANCIEN MAIRE COMMUNISTE DE SAINT ETIENNE, RESISTANT, DEPORTE, SYNDICALISTE ET ANCIEN MINEUR : UN HOMME DE CONVICTIONS ET DE COURAGE

Publié le par Tourtaux

 

Joseph Sanguedolce. Une belle figure d’humanité

Décédé à quatre-vingt-onze ans, Joseph Sanguedolce, ancien maire de Saint-étienne, résistant, déporté, syndicaliste et ancien mineur, laisse le souvenir d’un homme de convictions et de courage.

Mars 1977, les élections municipales sont un tournant pour la gauche, dopée par le programme commun. Socialistes et communistes balaient la droite dans nombre de ses bastions. Giscard d’Estaing est président. Les communistes, contre toute attente, sont élus à la tête de villes comme Reims, Chalons, Saint-étienne. Mais cette dernière victoire à un goût particulier, elle va devenir symbolique. Le battu c’est Michel Durafour, ministre du Travail et ministre du Budget, maire de la ville depuis deux mandats. Le vainqueur c’est Joseph Sanguedolce. Syndicaliste, secrétaire de l’UD CGT, ancien mineur. Le mineur contre le ministre. Belle affiche.

 

résistant, militant,

homme de courage

 

À la tête de la plus grande ville de France dirigée par les communistes, ville ouvrière, avec des milliers de mineurs dans le bassin houiller, avec Manufrance, la célèbre manufacture d’armes et cycles et aussi des milliers d’emplois, le nouveau maire n’est pas un de ces tribuns à la voix de stentor qui rameutent les foules. De taille modeste, d’un abord plutôt discret et réservé, toujours respectueux de l’interlocuteur, c’est pourtant un résistant, un militant, un homme de courage et de convictions. Ses parents ont quitté la Sicile après la guerre de 1914 et la fermeture des mines de soufre ; à la maison on parle sicilien. Le gamin passe cependant son certificat d’études et à douze ans, c’est la mine, au triage. Il a quinze ans quand son père lui achète un vélo. C’est un passionné. Toute sa vie il aura un vélo près de lui. Bien sûr il aurait voulu être champion, mais une chute et une fracture s’en mêlent. À la mine, le jeune homme découvre l’action militante avec son frère aîné qui dirige un mouvement de jeunesse et il s’oublie jusqu’à chanter l’Internationale. Viré.

Le Front populaire, les premières vacances, sans un sou mais lumineuses :« On couchait dans des meules de paille », et puis la guerre qui arrive comme l’orage. Mobilisé et prisonnier, Joseph Sanguedolce n’a de cesse de préparer une évasion qui échoue. Libéré en vertu d’accords sur les soutiens de famille, il va aussitôt entrer en résistance. Il faut organiser à la fois les luttes des travailleurs, désorganiser et saboter la production, échapper au STO, créer les premiers maquis en Haute-Loire. À la mine où il travaille de nouveau, il anime des groupes de la jeunesse communiste qui ne reculent pas devant les coups de main les plus audacieux et l’action armée.

Joseph Sanguedolce a gardé longtemps un vélo de ces années. Celui avec lequel il est arrêté, le 21 juin 1943. Les prisons, puis en Allemagne le camp de Dachau. Il n’est pas de ceux qui se flattent d’être des héros. À la Libération, il reprend la bataille syndicale. Il loge dans un HLM du quartier Beaulieu. Il est de toutes les luttes, jusqu’à celle-ci, pour la mairie, face au ministre.

La victoire fait grand bruit et la popularité à Saint-étienne du nouveau maire est considérable. Une fierté pour une population largement ouvrière.Mais la ville, le charbon et les mines, Manufrance, entrent dans une période de profondes mutations.

 

se battre contre

les banques et le pouvoir

 

On va entrer, après la victoire de François Mitterrand en 1981, dans la décennie des « gagneurs ». Manufrance est en sursis. La bataille va durer des années, rassembler jusqu’à cent mille personnes dans les rues de la ville. Joseph ­Sanguedolce va se battre avec les banques, avec le pouvoir, avec les affairistes comme Bernard Tapie. Il se bat, aussi, pour le charbon, alors que les importations de charbon étranger ne cessent de mettre en difficulté la production nationale… Le gouvernement de François Mitterrand prend le tournant de la rigueur. Les combats de Saint-Etienne et de son maire ne trouvent guère de relais dans les sphères du pouvoir et, au niveau local les ambitions s’aiguisant à gauche. D’importantes mutations sociologiques accompagnent les reculs industriels et l’image comme la politique du PCF apparaissent brouillées. En 1983, la droite reprend la mairie. Joseph ­Sanguedolce va continuer ses combats. Il sera l’un des créateurs du mémorial de la Résistance et de la déportation de la Loire, président de l’amicale des vétérans du PCF. Il est mort dans la nuit de jeudi à vendredi. Il avait quatre-vingt-onze ans et il laisse le souvenir d’une belle et grande figure d’humanité.

Maurice Ulrich

Publié dans Politique

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NORD : LE PREAVIS DE GREVE DES CHEMINOTS CGT EST MAINTENU. IL PREND EFFET CE SOIR à 20h JUSQU'A DEMAIN VENDREDI à 20h

Publié le par Tourtaux

La Voix du Nord
Sécurité dans les trains : le préavis de grève maintenu par la CGT de jeudi 20 h à vendredi 20 h

mercredi 18.08.2010, 05:09  - CHRISTOPHE CARON

Les usagers de la SNCF devraient être informés dans l'après-midi des répercussions de cette grève. PHOTO ARCHIVES PATRICK JAMES
Les usagers de la SNCF devraient être informés dans l'après-midi des répercussions de cette grève. PHOTO ARCHIVES PATRICK JAMES

 

| TRANSPORT |

Hier soir, le préavis déposé par la CGT était maintenu, pour une grève qui doit débuter demain à 20 h, jusqu'à vendredi 20 h, s'agissant du trafic des trains express régionaux. ...

 

Pourtant, plusieurs réunions ont été organisées hier à Lille, notamment une rencontre qui a placé autour d'une même table les représentants de la CGT et la direction des contrôleurs, dans l'après-midi. L'objet de la discorde ? Les conditions de sécurité sur la ligne SNCF Lille - Valenciennes - Aulnoye - Jeumont. Jeudi, quatre cheminots ont été pris pour cible (agressions, menaces, insultes) par des individus venant d'Hautmont, Maubeuge et Le Quesnoy, avec intervention des forces de l'ordre du côté de Valenciennes et Templeuve. Les agents ont fait valoir leur droit de retrait. Des plaintes ont été déposées.

Mais un préavis de grève a également été déposé pour cette semaine.

À la sortie des réunions organisées hier, les représentants syndicaux faisaient état de leur « déception ». « Il n'y a eu aucune proposition de moyens supplémentaires pérennes », explique Bruno Wallard, délégué syndical CGT. Selon lui, la direction a proposé de mettre en place dix-huit nouveaux « emplois services », par équipes de six, pour l'accueil et le filtrage, dans les gares de Boulogne-sur-Mer, puis dans le Hainaut-Cambrésis, et enfin dans l'Artois-Douaisis. « On apprécie, ça reste des cheminots sur le terrain, mais ce qu'on apprécie moins, ce sont les manques de garanties sur la pérennité de ces emplois. Cela nous est présenté comme une expérimentation. » Les autres propositions ont laissé de marbre les délégués syndicaux : « On nous propose une charte entre les acteurs de la sécurité des forums pour discuter de sécurité... De la parlotte tout ça ! Nous, on demandait le renforcement des emplois qualifiés en matière de sûreté. » En clair, une hausse des effectifs de ce qu'on a coutume d'appeler la police ferroviaire. « L'accueil et le filtrage en gare ne doivent venir qu'en appui. » Et de dénoncer des « réponses données dans l'urgence » qui n'ont pas dissuadé la CGT de lever le préavis de grève, sauf si de « nouvelles données » devaient émerger aujourd'hui.

Usagers informés aujourd'hui

Personne, du côté de la SNCF, ne nous a confirmé la teneur des réunions d'hier. En revanche, on indique que si le préavis devait être maintenu, des solutions seraient mises en oeuvre et les usagers du rail en seraient avertis dès cet après-midi.

Hier, le syndicat FGAAC-CFDT, représentant principalement les conducteurs, a fait savoir qu'il « soutenait » le préavis lancé par la CGT, sans pour autant appeler ses membres à la grève. Une solidarité qui s'explique également par le fait qu'un conducteur a été agressé samedi, alors qu'il venait justement en aide à un collègue contrôleur, pris à partie dans un TER, au niveau de Loos-lez-Lille. •

Source : http://www.lavoixdunord.fr/Region/actualite/Secteur_Region/2010/08/18/article_securite-dans-les-trains--le-preavis-de-g.html

Publié dans Lutte des classes

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CUBA : JOSE MARTI

Publié le par Tourtaux

 

José Julián Martí y Pérez est fils de modestes immigrés espagnols. Son père venait de Valence, sa mère, des Canaries. C’est un élève brillant et un patriote précoce. Il soutient d’emblée le soulèvement d’octobre 1868 qui éclate en Oriente contre la domination coloniale de l’Espagne et contre la poursuite de l’esclavage. Sa rébellion lui vaut d’être condamné au bagne à 17 ans.

Il purge sa peine dans les carrières de San Lázaro à La Havane, puis il est confiné dans l’île des Pins, et finalement banni en Espagne.Exilé à Madrid puis à Saragosse (1871-74), tandis que continue la terrible guerre de Dix Ans, il ne se laisse pas berner par une métropole dont il a rejeté le joug à jamais. « Ou bien Yara, ou bien Madrid », l’alternative est claire : il choisit « Yara », c’est-à-dire le camp des insurgés dirigés par Carlos Manuel de Céspedes, il écrit en faveur de l’indépendance des textes percutants mais il choisit aussi d’étudier à l’Université (Lettres et Droit).

Ses études achevées, il s’enfuit, et par la France il regagne le sol américain ; il doit travailler et aider sa famille.Au Mexique d’abord, au Guatemala ensuite, il est journaliste et enseignant, très lié au courant laïque et libéral qui s’y développe, et toujours solidaire de ses frères cubains en armes. Il n’a pas encore vingt-cinq ans que son génie littéraire a percé. Revenu à Cuba à la faveur de l’amnistie (1878), il en est de nouveau expulsé l’année suivante à cause de son engagement politique dans la nouvelle phase de la guerre d’Indépendance – la Guerra Chiquita -.

Il s’enfuit vite d’Espagne où il a été conduit, et de nouveau par la France, il rejoint l’Amérique au plus près de son île natale pour participer aux  combats qui s’y livrent. Il débarque à New York au début de 1880. Là, employé, traducteur, journaliste, écrivain, il est surtout l’homme politique qui réfléchit sur les causes de l’échec de la guerre de Dix Ans (1868-78) et qui prépare, dans de nouvelles circonstances, la guerre prochaine, inéluctable, de l’Indépendance.José Martí vit ainsi à New York de 1880 à 1895, « dans les entrailles du monstre » comme il le dira un jour.

Sa femme et son fils l’y rejoignent mais bientôt l’abandonnent. Il ne quittera l’effervescence de cette grande ville en plein essor que pour séjourner durant six mois au Venezuela en 1881 puis pour effectuer des tournées de propagande révolutionnaire à partir de 1891 (Floride, Antilles, Amérique centrale). Notons au passage qu’il a dû quitter le Venezuela comme il avait quitté le Mexique et le Guatemala : en butte aux menaces des « caudillos » nationaux peu enclins à tolérer son parti-pris pour les pauvres et pour l’exercice réel des libertés.La dernière phase de la guerre d’Indépendance qui commence le 24 février 1895 est parfois qualifiée de « guerre de Martí » tant est grande la part qu’a prise « l’Apôtre » dans son organisation et son déclenchement. L’instrument idéologique et pratique du mouvement patriotique a été le Parti Révolutionnaire Cubain, fondé par lui en 1892, soutenu par son journal « Patria ».

Le PRC est, avant la lettre, une sorte de « Front de Libération Nationale ». Il regroupe dans un esprit patriotique et démocratique toutes les couches sociales, ethnies, générations, provinces, constitutives de la nation et désireuses de la doter d’un Etat propre, indépendant de l’Espagne et des Etats-Unis. José Martí en est le Délégué élu.Malheureusement, quelques semaines après son débarquement à Cuba où il reçoit un accueil triomphal, il tombe au combat, foudroyé par des balles espagnoles. Il avait 42 ans. Ses restes, transférés à Santiago de Cuba, reposent au cimetière Santa Efigenia de cette ville. Trois ans après sa disparition les « marines »  des Etats-Unis débarquent à Cuba et privent les Cubains du bénéfice de trente années de luttes acharnées pour leur émancipation politique. 

Très tôt, dès son installation au Mexique, José Martí a signalé les dangers que l’expansionnisme des Etats-Unis faisait courir à l’Amérique Latine qu’il prit vite l’habitude de désigner comme « Notre Amérique ». Il en revendiqua l’héritage indigène et proclama sa fierté d’appartenir à l’Amérique métisse et rebelle. Dans le sillage du Libertador Bolívar qu’il admirait, il a appelé les peuples du continent à l’union. Il tint à l’intention des Antilles le même langage. Il fut, lors du premier congrès panaméricain de Washington (1889-90), la voix de la résistance d’une Amérique Latine libre de son destin.Il fut l’ami des Noirs et des ouvriers, et de tous les déshérités en général.

De sa conscience sociale et de sa pensée radicalement étrangère au racisme, au caudillisme, au militarisme et au cléricalisme, est née une conception démocratique de la république totalement nouvelle dans cette partie du monde. Il est juste de voir en lui un des fondateurs d’une démocratie authentique en Amérique Latine. Sans rejeter le capitalisme il a appelé à le juguler.Bien qu’appliquée passionnément à « son Amérique » (et à Cuba bien sûr), sa pensée a une indéniable portée universelle. En matière d’enseignement, d’éducation, de liberté, de dignité individuelle et collective, d’affirmation de la nation, d’expression de l’identité propre à chaque peuple, il a formulé, sous des formes ramassées et étincelantes, de profondes vérités valables en tout lieu et en tout temps.

Retenons quelques-uns de ces aphorismes : « Tout ce qui divise les hommes, les classifie, les isole et les parque est un péché contre l’humanité » - « La patrie requiert des sacrifices. C’est un autel et non un piédestal » - « La patrie c’est l’humanité » - « Faire est la meilleure façon de dire ». Il ne s’est pas agi, pour lui, de formules électorales sonores mais creuses; il s’est comporté conformément aux leçons qu’il prodiguait. La cohérence entre ses discours et ses actes est remarquable. Son exemple est le plus fort de ses messages.José Martí, créateur infatigable malgré les tâches multiples et un état de santé précaire (séquelles du bagne), a laissé une œuvre écrite considérable. Ses œuvres complètes, en vérité incomplètes, ne comptent pas moins de 28 volumes. Il n’a pas été seulement un penseur politique, auteurs d’essais profonds et talentueux.

Il a écrit des poèmes (« Ismaelillo », « Vers Simples », « Vers Libres »), de petites pièces de théâtre, un roman, des articles et des chroniques (sur les Etats-Unis notamment), des discours et des milliers de lettres. Son énergie, sa sincérité poignante, ses métaphores fulgurantes, son rejet de toute mode et de tout modèle imposé ont ouvert la voie à la littérature latino-américaine contemporaine.L’écrivain précurseur, tenu par Fidel Castro pour « l’auteur intellectuel » de l’attaque de la caserne Moncada en 1953, peut être considéré très légitimement comme l’inspirateur principal et permanent de la Révolution Cubaine de 1959 à nos jours, tout spécialement depuis l’implosion de l’Union Soviétique. Il en est un pilier sûr. Les préambules des deux Déclarations de La Havane (1960 et 1962) et celui de la Constitution de 1976 s’appuient sur sa pensée et son action, guides du présent. Nicolás Guillén a condensé en deux vers sa place et son apport : « Fidel a accompli / ce que Martí avait promis ». Objet de culte plus encore que Che Guevara ou que Fidel Castro, José Martí n’est cependant pas l’unique référence, mais il incarne la nation cubaine, sa générosité désintéressée et son désir de souveraineté. C’est comme tel qu’il est vu de plus en plus en Amérique Latine et dans le monde. Sa stature n’a cessé de croître. Il a même sa statue à New York à l’entrée de Central Park aux côtés de Bolívar et San Martín. A Paris, pour l’heure, il se contente aux abords du Trocadéro d’une placette toujours orpheline du buste, sculpté à cet effet, qui se morfond dans l’attente d’une inauguration. Cependant, tous les quatre ans, l’UNESCO l’honore en décernant le prix international José Martí : en 2005 il a été attribué au président vénézuélien Hugo Chávez.

Paul ESTRADE. 

Bibliographie (en français) :
MARTI, José. Notre Amérique. Paris, François Maspéro, 1968. Textes traduits par André Joucla-Ruau.MARTI, José. La guerre de Cuba et le destin de l’Amérique latine. Paris, Aubier-Montaigne, 1973. Textes choisis et traduits par Jean Lamore.MARTI, José. Vers libres. Paris, L’Harmattan, 1997. Vers traduits par Jean Lamore.MARTI, José. Lucía Jerez. Genève, Patiño, 2003.  Roman traduit par Maria Poumier.MARTI, José. Il est des affections d’une pudeur si délicate … Lettres à Manuel Mercado. Paris, L’Harmattan, 2004. Lettres traduites par Jacques-François Bonaldi.MARINELLO, Juan. José Martí. Paris, Seghers, 1970. Coll. Poètes d’aujourd’hui.LAMORE, Jean. José Martí et l’Amérique. Paris, L’Harmattan, 1986-1988. Deux volumes.ESTRADE, Paul. José Martí (1853-1895) ou des fondements de la démocratie en Amérique Latine. Paris, Editions Caribéennes, 1987. Deux volumes. 

En outre, deux ouvrages sont sous presse en mai 2007: une biographie de José Martí, rédigée par Jean Lamore, à paraître aux éditions Ellipses, et une pièce de théâtre centrée sur la personnalité de José Martí, due à Marie Kern.

 

Source : http://www.francecuba.org

Publié dans Les Amériques

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