Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

LES CAPITALISTES NOUS EMMENENT DANS LE MUR ! COMMENT CONSTRUIRE L'ALTERNATIVE ? REUNION PUBLIQUE D'ALTERNATIVE LIBERTAIRE SAINT DENIS LE VENDREDI 29 AVRIL 2011 A LA BOURSE DU TRAVAIL A PARTIR DE 19h

Publié le par Tourtaux

Réunion publique d'AL Saint-Denis

le vendredi 29 avril 2011, à la Bourse du Travail (Porte de Paris)

à partir de 19h30

 

De la crise financière entamée en 2007 à la catastrophe nucléaire de Fukushima, en passant par l’exploitation de milliards de personnes, les crises alimentaires dans le monde ou les situations de guerres impérialistes (Lybie, Afghanistan, Irak…), le système capitaliste révèle sa logique : pour les profits de quelques uns, on emmène l’ensemble de l’humanité et de la planète droit dans le mur !

 

En Europe les politiques de destruction des droits sociaux se multiplient. En France, les « affaires » (Woerth-Bettancourt, Alliot-Marie…) révèlent une fois de plus les liens qui unissent le pouvoir d’Etat et les plus riches. Et malgré une illégitimité de plus en plus flagrante, les réformes réactionnaires continuent. Et la Seine-Saint-Denis fait de plus en plus figure d’une zone de relégation ou la violence de l’État est bien réelle et passe en premier lieu par sa police !

 

Dans ces périodes de crise, les bourgeoisies à la tête des grandes puissances ont toujours préféré jouer la carte du nationalisme et de la guerre plutôt que de voir leur pouvoir remis en question. Ce n’est pas pour rien que l’on a de plus en plus de mal à différencier droite et extrême droite.

 

Oui, il y a depuis des années des poussées fascisantes en Europe. Le replis nationaliste ne doit pas faire oublier la réalité économique : les capitalistes ne se sont jamais portés aussi bien. En France, les profits des 40 plus grosses entreprises sont de 82,5 milliards d’euros en 2010. Qui se goinfre avec le fruit du travail des salarié-e-s ? Les patrons et les actionnaires. Et qui nous dit qu’à cause de « la crise », on ne peut pas augmenter les salaires, qu’on doit licencier, délocaliser, et privatiser la sécurité sociale ? Les mêmes ! Nous ne nous y résignons pas !

 

Faut-il pour autant baisser les bras ? Bien sûr que non !

 

Dans le monde entier des résistances à la domination capitaliste existent, le système semble craquer de toutes parts. Les mouvements populaires qui ont embrasé le Maghreb et le Machrek depuis le début de l’année montrent que la Révolution est toujours un phénomène d’actualité au XXIe siècle. Mais comment changer de logiciel ? Comment inverser la vapeur ? Comment imposer une redistribution des richesses massive ? D’autres choix énergétiques ? Comment sortir d’une société du chacun pour soi qui s’accommode du racisme et de la domination des femmes au quotidien ?

 

La récente défaite du mouvement social contre la casse des retraites renforce l’espérance de certain-e-s en un changement de société qui passerait par les élections. La solution électorale de 2012, comme auparavant, ne nous paraît pas crédible : les « socialistes » ou la droite ne portent pas les intérêts des exploité-e-s, ne peuvent pour répondre aux enjeux sociaux, politiques et environnementaux. Surtout, le système électoral et les institutions actuelles servent principalement à maintenir les intérêts des classes dominantes, tant en termes économiques que politiques. Et les « partis » de gauche pour la plupart entretiennent cette chimère.

 

Pour nous, communistes libertaires, seul un mouvement social auto-organisé, c’est à dire dirigé par celles et ceux qui le font, mouvement porteur d’un projet de société alternatif, émancipateur et égalitaire, écologiste et féministe, peut être à même de modifier en profondeur la situation. Quels outils avons-nous pour provoquer ce changement ? Comment, par exemple, construire un syndicalisme de lutte massif, indépendant des institutions et capable de mettre un coup d’arrêt au rouleau compresseur capitaliste ?

 

Alors, comment à nos échelles, à Saint-Denis et ailleurs, construire l’alternative ?

 

Alternative libertaire Saint-Denis (93) vous invite à en discuter le vendredi 29 avril 2011 à 20h, Salle Louise Michel à la Bourse du Travail de Saint-Denis (ligne 13, métro / station bus Porte de Paris)

 

Visuel-test-6-Redistribution.jpg

Par AL Saint-Denis - Publié dans : Saint-Denis
Source : http://libertaires93.over-blog.com/

Publié dans Lutte des classes

Partager cet article
Repost0

COMMUNIQUE DU COLLECTIF 69 DE VIGILANCE CONTRE L'EXTREME DROITE : ENIEME AGRESSION FASCISTE DANS LE QUARTIER SAINT JEAN.

Publié le par Tourtaux

Communiqué du collectif 69 de vigilance contre l'extrême droite

Article du mardi 12 avril 2011

Lyon le 11/04/2011

Objet : Énième agression fasciste dans le quartier Saint-Jean.
E
Ça n'en finit plus. Samedi 9 avril, une manifestation unitaire antifasciste avait lieu pour dénoncer les violences d'extrême-droite à Lyon et l'implantation d'une salle de concerts néo-nazis. Alors qu'ils quittaient la manifestation et rejoignaient un groupe d'amis dans le quartier Saint-Jean, deux manifestants ont été sauvagement attaqués par des militants d'extrême-droite.

Ils auraient été suivis lors de la dispersion de la manifestation des Terreaux jusqu'au lieu de l'agression par quatre militants fascistes.

Arrivés dans le quartier Saint-Jean, les deux militants antifascistes ont été interpellés et provoqués par ces derniers. C'était en fait un véritable guet-apens : une quinzaine d'agresseurs ont simultanément surgi d'un coin de rue, armés de barres de fer, de battes de baseball et de manches de pioche. Se ruant sur eux, ils les ont littéralement lynchés place du Change.

Le plus durement touché a 21 jours d'ITT en raison de plusieurs fractures et d'une mâchoire brisée due à la multiplication des coups portés à la tête. Il devra prochainement subir une lourde opération chirurgicale. L'autre personne s'en tire avec quelques contusions.

Ce n'est malheureusement pas (et de loin) la première agression orchestrée par des nervis appartenant à la mouvance identitaire et fasciste lyonnaise dans ce quartier. Trois syndicalistes en avait déjà fait les frais en mars 2010. Un exemple parmi d'autres.

Voici plus d'un an que nous, collectif 69 de vigilance contre l'extrême droite, pointons la recrudescence des violences fascistes dans l'agglomération lyonnaise. Trois jours avant cette agression, une autre s'était déroulée devant le lycée Jean-Paul Sartre à Bron où deux personnes diffusant des tracts pour la manifestation antifasciste avaient été attaqués.

Malheureusement, nous devons une fois de plus condamner une énième agression de la part des nervis fascistes et/ou identitaires à l'encontre de ceux qui ne leur plaisent pas : jeunes issus de l'immigration, actrices-eurs des mouvements sociaux, militantes-militants de gauche ou libertaires...

Une fois encore nous interrogeons les pouvoirs publics sur cette situation, sur leur capacité à y remédier, et sur leur volonté d'agir enfin contre ce que nous sommes contraints d'appeler une véritable résurgence de l'extrême-droite radicale à Lyon. La violence des agressions étant chaque fois plus intense nous nous interrogeons : faudra-t-il un mort pour qu'une prise de conscience politique et médiatique- ait lieu ?

Banalisation du discours raciste, débats nauséabonds, opprobre jetée sur une partie de la population française, chasse aux sans-papiers : les politiques portent leur lot de responsabilités dans la situation que nous subissons aujourd'hui. Nous tenons à interpeller toutes-s les lyonnaises-s sur la dangerosité croissante que font peser les diverses composantes de cette droite extrême en recomposition - des identitaires aux néo-nazis en passant par le Front National et divers groupuscules, les frontières entre ces groupes étant largement perméables selon nous.

Nous alertons les habitantes-s de St Jean et les personnes qui y travaillent sur cette triste réalité, à savoir que leur quartier risque aujourd'hui de devenir un véritable bastion de l'extrême droite violente.

Nous ne nous laisserons pas intimider par ce déchaînement de violence et nous continuerons plus que jamais le combat sur le terrain politique et populaire !

Collectif 69 de vigilance contre l'extrême-droite

Publié dans Lutte des classes

Partager cet article
Repost0

LE POINT DE VUE DES " ROUGES VIFS ILE DE FRANCE " : EN LIBYE ET EN COTE D'IVOIRE EN NOTRE NOM, ON ASSASSINE !

Publié le par Tourtaux

 

 

rv-idf.pngCes dernières semaines, Nicolas Sarkozy, s’appuyant sur sa prétendue légitimité présidentielle, a engagé militairement la France, déjà embourbée en Afghanistan, en Lybie et en Côte d’Ivoire. Les crises qui secouent ces pays ont des origines immédiates différentes mais cette utilisation de la force, d’une brutalité sans précédent dans la dernière période, inconnue des plus jeunes d’entre nous, est marquée par le choix délibéré d’un camp dans des contextes de guerre civile. Cela viole ainsi un droit fondamental : celui des peuples à disposer d’eux mêmes. Et cela au nom du Peuple Français ! C’est insupportable et intolérable ! Il ne suffit pas d’appeler à s’indigner, il nous faut nous révolter !

« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage » disait Jaurès. Lorsque des gouvernements au service du Capital perçoivent la possibilité de mettre la main sur des matières premières (sur le pétrole en Lybie) ou de conserver des positions de domination (dans d’anciennes colonies comme en Côte d’Ivoire), ils interviennent avec leur potentiel militaire démesuré et mettent à jour la dimension agressive, violente et inhumaine de ce système. Cela porte un nom : l’Impérialisme.

Les soulèvements populaires dans le monde arabe, ayant comme bases des revendications de justice sociale, ont créé un immense espoir parmi tous les exploités et opprimés du monde. Pour stopper la contagion, les serviteurs des empires capitalistes tentent de museler les aspirations d’émancipation en semant la mort et la terreur au nom de la protection des populations. Diviser pour mieux régner, tel est le véritable objectif des forces coalisées en Lybie et de l’armée française, seule, en Côte d’Ivoire. Les interventions militaires veulent détruire les potentiels révolutionnaires qu’ont manifestés le peuple sahraoui en novembre 2010, suivis par les manifestations des peuples tunisien et égyptien.

En Lybie, le mouvement populaire, moins ancré socialement qu’en Tunisie ou en Egypte, s’est rapidement trouvé face à une tentative de dévoiement du but initial. Les rivalités tribales, ancestrales, ont permis l’émergence d’un « Conseil National de Transition », présidé par Moustapha Abdeljalil, ancien ministre de la Justice de Kadhafi, et dont le chef militaire est Idris Laga. Ces deux individus sont les acteurs principaux dans l’affaire des infirmières bulgares. Pour les gouvernements occidentaux, ce sont désormais des démocrates aptes à remplacer Kadhafi, alors qu’ils l’ont servi sans scrupules jusqu’ici ! Plus question des aspirations sociales et démocratiques du peuple libyen !

En Côte d’Ivoire, c’est la colonisation qui a créé les frontières d’aujourd’hui sans tenir compte des réalités historiques et des siècles de traites des esclaves. L’indépendance a été longtemps confisquée par Houphouët-Boigny, allié des différents gouvernements français. Laurent Gbagbo, affirmant initialement sa volonté de rompre avec ce système et de construire le socialisme dans son pays, a trahi cet idéal. Les élections de 2010 ont manifestement été manipulées par tous les camps. La logique de véritables démocrates aurait due être de pousser à une nouvelle consultation, sous contrôle des seuls Africains. Le gouvernement français, aux ordres des trusts capitalistes voulant perpétuer leur pillage, a choisi une autre voie en imposant un nouveau pouvoir, qui servira leurs intérêts, comme ceux de Bolloré ou de Bouygues que Gbagbo avait favorisé jusqu’ici. Lié aux multinationales spéculant sur le cacao, Ouattara a aussi fait ses preuves au FMI. Il fera l’affaire. Les massacres perpétués par ses mercenaires libériens deviennent alors secondaires, comme la défense des populations civiles pourtant présentée comme la raison initiale des interventions militaires. Plus question des aspirations sociales et démocratiques du peuple Ivoirien !

En Lybie et en Côte d’Ivoire, comme en Afghanistan, l’armée française bombarde et tue, en notre nom.

Elu Président de la République, dans le cadre d’institutions antidémocratiques, Nicolas Sarkozy prétend avoir tous les droits, y compris dans le domaine international. Le pouvoir exécutif ne prend même plus la peine de consulter le Parlement sur les deux derniers engagements de la France dans des conflits armés. Le consensus avec le PS est total en Lybie et les critiques pour le moins timides sur la Côte d’Ivoire.

Les institutions françaises, en particulier le rôle central donné au Président de la République, ont déjà démontré leur caractère nocif sur le plan national. Les dénis commis au sujet du traité européen, rejeté par le peuple en 2005 et néanmoins imposé avec l’abstention bienveillante du PS ou la régression sur les retraites fin 2010 votée malgré le rejet de plus de 70% des français, sont les principales illustrations des forfaitures permises par notre système qui se prétend démocratique.

Les guerres déclenchées en Lybie et en Côte d’Ivoire, conduisant à des milliers de morts, illustrent un aspect nouveau de la nocivité des institutions françaises qui nécessite que tous ceux épris de justice et de progrès social prennent conscience que l’élection présidentielle ne peut plus, ne doit plus, être la pierre angulaire de l’expression du peuple français. Un système où il n’est plus question des aspirations sociales et démocratiques du peuple français !

Nocives en France, nos institutions s’avèrent meurtrières en Afrique, comme en Afghanistan, car elles fournissent une légitimité pour justifier des tueries au nom du peuple français.

Nous dénonçons le locataire actuel de l’Elysée qui n’a jamais eu mandat du peuple pour engager le France dans ces guerres coloniales meurtrières et coûteuses. Qu’il s’en aille dès maintenant, sans attendre le faux verdict de 2012, et qu’il soit jugé pour tous ces actes de forfaiture en France comme dans le monde !

Plus fondamentalement, il est nécessaire que les militants aspirant à une autre société, débarrassée des rapports de domination du capitalisme, s’organisent et agissent pour changer ces institutions qui ont permis des crimes perpétués en notre nom, au nom du Peuple Français !

Toute notre solidarité est acquise aux peuples ivoirien, libyen et afghan, pris en otage par les intérêts capitalistes. Le meilleur moyen de concrétiser cette solidarité est d’organiser immédiatement des manifestations de rue avec toutes les forces disponibles, de construire des luttes revendicatives porteuses d’émancipation et de solidarité internationale et de travailler à en finir en France avec un système institutionnel antidémocratique.

Dans l’immédiat, nous exigeons :

-L’arrêt des bombardements en Lybie, en Côte d’Ivoire et en Afghanistan, le retrait des forces françaises et la fermeture de toutes les bases hors du territoire national

-Le retrait de la France de l’OTAN

-L’application des résolutions de l’ONU concernant l’occupation Israélienne en Palestine

Le 11 avril 2011

Source : http://eldiablo.over-blog.org/

Publié dans colonialisme

Partager cet article
Repost0

L'OPINION DU FRONT REVOLUTIONNAIRE INDIEN SUR L'ACTION MILITAIRE DE "MAOISTES"

Publié le par Tourtaux

Mardi 12 avril 2011

PROGRES DU MOUVEMENT REVOLUTIONNAIRE EN INDE

L'opinion du

Front révolutionnaire Démocratique Indien : 

Article de Rue 89.

« L'Inde est la plus grande non-démocratie »

Des unités spéciales paramilitaires sont censées lutter contre la guérilla maoïste (Christophe Payet).

(De New Delhi)

 

Il enseigne la littérature à la Delhi university. Bien loin de la guérilla maoïste implantée au cœur de l'Inde rurale et tribale, ceux que l'on appelle les Naxalites, du nom du village de Naxalbari où une première révolte paysanne eu lieu en 1967.

G.N. Saïbaba fait pourtant partie des anti-impérialistes indiens qui comprennent les causes de l'insurrection. Cet intellectuel préfère se présenter comme un « activiste social ». Vice-président du Front révolutionnaire démocratique indien, il n'a pas de liens publics directs avec les rebelles ou avec le Parti communiste d'Inde-maoïste (CPI-maoist), classé parmi les organisations terroristes.

 

G.N. Saïbaba 

 

S'il tient un discours emprunt d'idéologie, il décrit néanmoins avec justesse la réalité de l'Inde rurale où les expropriations et la corruption jettent les paysans dans les bras des insurgés. Il dénonce aussi avec virulence la répression massive de l'opération « Green Hunt ».

 

Alors que j'effectuais un reportage en Inde, G.N. Saïbaba m'a reçu chez lui pour exposer les raisons d'une véritable guerre civile, qui a fait plus de 1 100 morts l'an dernier et qui représente, selon le Premier ministre Manmohan Singh, « la plus grave menace intérieure ».

 

Christophe Payet : L'Inde est souvent qualifiée de « plus grande démocratie du monde ». Qu'en pensez-vous ?

 

G.N. Saïbaba  : Il n'y a pas de démocratie en Inde. Ce n'est qu'une façade. Il y a des institutions, mais elles sont toutes vides, y compris le Parlement. Nous devons construire une démocratie authentique dans ce pays. Le peuple doit pouvoir prendre les décisions.

L'Inde est aujourd'hui peuplée de plus de 80% de pauvres. Ils n'ont pas d'éducation, sont sans-abri. Il y a pourtant d'importantes ressources. Mais tout est confisqué par la poignée de gens qui dirige le pays. En réalité, c'est la plus grande non-démocratie.

 

Votre combat se focalise notamment autour de la propriété des terres

 

Oui, c'est le plus grand problème auquel fait face l'Inde aujourd'hui. Le peuple ne contrôle pas les ressources. Seulement 10% de la population possède 80% du sol. Les ressources minérales, les forêts, l'eau sont concentrées entre quelques mains.

Au cours des cinq dernières années, la prise de contrôle s'est intensifiée. De grandes multinationales ont signé d'importants contrats d'exploitation minière. Avec les zones économiques spéciales, ce sont de véritables territoires étrangers qui sont créés au cœur de l'Inde.

Les gens sont expulsés de leurs terres. Alors ils résistent. Un vaste mouvement est en train de se mettre en place. La plupart du temps, les gens ont réussi à s'opposer à l'implantation de ces entreprises. Mais le gouvernement essaie de tuer ce peuple qui résiste en déployant d'importantes forces armées, paramilitaires et forces de police spéciales.

La majorité de l'armée indienne est aujourd'hui déployée contre le peuple indien. Il y a une guerre civile. Le peuple d'un côté, les dirigeants de l'autre.

 

Pensez-vous pouvoir gagner cette guerre ?

 

Le peuple a déjà gagné dans certaines zones. La plupart des grands projets industriels menées par de grandes firmes multinationales sont mis à mal par la résistance populaire. A Singur, dans le Bengale-Occidental, l'expropriation de centaines d'hectares de terre a du être abandonnée face aux protestations.

Dans l'Orissa, Vedenta a dû renoncer à étendre sa raffinerie d'aluminium. C'est aujourd'hui Posco qui voit son projet d'usine métallurgique bloqué. Et il y a des centaines d'exemples partout. Pour la première fois dans le monde, les expulsions et déplacements de populations sont stoppées avec beaucoup de succès.

 

Principaux Etats touchés par la guérilla maoïste, cliquez pour agrandir (Christophe Payet)

 

La guerre est plus intensive dans les Etats du Chhattisgarh, l'Orissa, le Jharkhand, une partie du Bengal, du Maharashtra, et de l'Andhra Pradesh. Cela correspond à l'est et au centre du pays, où 90% des ressources sont situées. Ce sont les zones tribales. Les maoïstes y sont très présents, pour organiser les masses. Avec ou sans les eux, le peuple se bat.

Mais dans la plupart de ces régions, les maoïstes progressent. Et là où ils sont, le combat devient plus intense. On peut dire qu'un tiers environ de ce pays est directement ou indirectement sous l'influence du mouvement révolutionnaire. La guerre civile est déjà gagnée dans des endroits importants.

 

Mais le CPI-maoist est classé parmi les organisations terroristes…

 

Pour le gouvernement et les partis au pouvoir, quiconque résiste est un terroriste. Ils ont interdit toutes les organisations qui se battent. Les musulmans, les adivasis [aborigènes indiens, ndlr] sont considérés comme des terroristes. Les maoïstes ne sont pas des terroristes, car ils ne tuent pas indistinctement. Ils travaillent pour le peuple. Ils sont en train de devenir le plus grand instrument d'auto-organisation du peuple.

De toutes façons, l'interdiction du parti ne peut être appliquée que dans les villes. Là où les maoïstes sont puissants et là où l'armée du peuple est présente, l'interdiction est inefficace. Dans certaines régions, comme dans le Chhattisgarh ou le Jharkhand, ce sont les conseils populaires révolutionnaires qui dirigent.

 

Avec le lancement de l'opération « Green Hunt », le déploiement militaire ne semble pourtant pas ouvrir la voie d'une victoire maoïste ?

 

Selon les estimations non officielles, il y a 250 000 hommes des forces spéciales déployés contre les adivasis et les maoïstes. Cela en fait la plus grande force armée déployée contre le peuple. Le gouvernement indien a militarisé une grande partie de l'Inde. Au Cashemire, dans le centre et dans l'est, c'est l'armée qui est réellement au pouvoir.

 

C'est une longue longue bataille. Des maoïstes sont tués chaque jour. Mais le mouvement prend de l'ampleur. Les maoïstes gardent le dessus. Après que l'opération « Green Hunt » ait été lancée, l'influence maoïste a augmenté. Elle se développe dans de nouvelles régions. L'opération « Green Hunt » est en train d'échouer. Les brutalités des forces paramilitaires créent plus de résistance. Nous sommes dans une situation où le gouvernement indien ne peut plus gagner.

 

Les maoïstes parviennent-ils à s'implanter en milieu urbain ?

 

Les maoïstes ont une stratégie : s'implanter dans les régions rurales. C'est là que l'Etat indien est le moins présent. La paysannerie constitue la principale force de combat pour les maoïstes. Ils se développent aussi dans les aires urbaines de manière croissante. Mais c'est moins visible, car ils se s'y battent pas avec des armes. Ils n'agissent pas sous le nom de maoïstes, et doivent utiliser des couvertures. Mais ils agissent pour mobiliser politiquement les classes de travailleurs.

 

Quelle est la priorité : la prise du pouvoir ou le bien-être des populations tribales ?

 

La priorité est d'organiser la paysannerie en force de combat. Sans l'armée du peuple, la lutte politique ne peut pas avancer. Bien sûr c'est l'avancée politique qui reste l'objectif central. Mais comme le mouvement politique est violemment étouffé, l'armée du peuple doit pouvoir se battre.

 

Est-ce que la guérilla ne pénalise finalement pas les paysans, premières victimes de la lutte anti-maoïste ?

 

Il est vrai que les militaires tuent les paysans au nom de la lutte anti-maoistes. Ils brûlent des villages, violent les femmes, torturent, coupent les lèvres. Mais il n'y a plus d'autre option pour le peuple aujourd'hui. Les habitants des zones rurales ne voient plus l'Etat comme quelque chose qui pourrait les aider. Le parti maoïste devient le seul protecteur.

 

Photos : des unités spéciales paramilitaires sont censées lutter contre la guérilla maoïste (Christophe Payet) ; G.N. Saïbaba ; carte des principaux Etats touchés par la guérilla maoïste (Christophe Payet)

 

 

 

Par Jean Lévy -
Source : http://canempechepasnicolas.over-blog.com/

Publié dans L'Asie en lutte

Partager cet article
Repost0

FRONT SYNDICAL DE CLASSE : RETOUR SUR LE 16ème CONGRES DE LA FEDERATION SYNDICALE MONDIALE

Publié le par Tourtaux

logo FSCFront Syndical de Classe
Créé par des militants CGT et FSU

« Rien ne fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classes. Elle les désarme dans la défense de leurs intérêts et provoque la division. La lutte de classes, au contraire, est la base de l'unité, son motif le plus puissant. C'est pour la mener avec succès en rassemblant l'ensemble des travailleurs que fut fondée la CGT. Or la lutte de classes n'est pas une invention, c'est un fait. Il ne suffit pas de la nier pour qu'elle cesse : renoncer à la mener équivaut pour la classe ouvrière à se livrer pieds et poings liés à l'exploitation et à l'écrasement. »
H. Krasucki
Le Front Syndical de Classe est affilié à la FSM logo FSM

- 16e Congrès de la FSM : Intervention au nom du syndicat CGTE-Dalkia et des associations de syndicalistes de Continuer la CGT (CL CGT) et du Front Syndical de Classe (FSC)

- La grève des travailleurs : leçons du passé et défis du futur

- Photos du congrès de la FSM

- Premier bilan du 16è congrès de la FSM

Publié dans Lutte des classes

Partager cet article
Repost0