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EDUCATION NATIONALE : EVALUATION DES PERSONNELS ENSEIGNANTS ET D'EDUCATION : RETRAIT DU PROJET MINISTERIEL, NI AMENDABLE, NI NEGOCIABLE !

Publié le par Tourtaux

Mercredi 16 novembre 2011

 

              Évaluation des personnels enseignants et d’éducation :

             retrait du projet ministériel, Ni amendable, Ni négociable !

  

Le ministère de l’Éducation nationale vient de faire connaître ses projets de textes modifiant l’évaluation des personnels enseignants et d’éducation du premier et du second degrés. Il entend les faire adopter avant les congés de Noël, pour commencer à les appliquer dés la rentrée 2012. Comme il l’indique lui-même, ces projets sont en cohérence avec sa politique plus globale de gestion des personnels de la Fonction publique : suppressions de postes, aggravation des conditions de travail, atteintes aux statuts. Il constitue l’application aux différents corps d’enseignants du décret Tron de Juillet 2010 sur la suppression de la note des fonctionnaires.

L’objectif affiché, c’est l’individualisation au "mérite" des carrières et du salaire ; il faut pour cela casser l’avancement à l’ancienneté, lequel est à la base des garanties statutaires (car il limite la concurrence entre les personnels).


À l’heure actuelle, il contient deux dispositions principales :

- l’évaluation des enseignants est confiée au supérieur hiérarchique direct (inspecteur de l’éducation nationale) qui peut être remplacé "en cas de nécessité liée à la continuité du service public, l’autorité hiérarchique peut également désigner un autre fonctionnaire pour mener les entretiens d’évaluation au sein des écoles ou établissements." En d'autres termes, cette disposition au sein de l'article 2 du projet d'arrêté permet à un directeur d'école de détenir les prérogatives d'un inspecteur!

- la grille de progression dans la carrière, qui aujourd’hui contribue encore à limiter les inégalités entre collègues, est supprimée au profit d’un nouveau mécanisme : un "entretien professionnel" tous les trois ans avec le supérieur hiérarchique, assorti d’un rapport et aussi de l’attribution – ou pas ! - de "réductions d’ancienneté" c'est à dire de mois d'avancement octroyés au bon plaisir de l'Inspecteur, pour progresser plus vite dans les nouveaux échelons dont la durée augmente. Autrement dit, beaucoup de personnels verront leur carrière ralentie en progressant uniquement à l’ancienneté.

Concrètement, la mise en place du "processus d'évaluation" débuterait à la rentrée 2012 et les premiers "entretiens professionnels" verraient le jour à la rentrée 2015 (art. 20 du projet d'arrêté). Entre-temps, les promotions c'est à dire nos augmentations de salaires seraient gelées pendant 3 ans (2012-2015) hormis au rythme le plus lent c'est à dire à l'ancienneté!

A l'ancienneté, dans le système actuel il faut 12,5 ans pour atteindre le 8ème échelon. Il en faudra 15 avec le nouveau. Au grand choix, une carrière théorique dure 16 ans et 9 mois aujourd'hui. Elle nécessiterait 25 ans avec la nouvelle évaluation. Et combien à l'ancienneté? C'est une énorme masse d'économie potentielle!


Voilà l'application du plan Fillon dans l’Éducation Nationale!
 Nous ne paierons pas leur crise!!!


 L'inspection telle qu'elle se déroule aujourd'hui permettait déjà trop d'arbitraire mais elle était accompagnée de garanties statutaires qui les limitaient.

Mais avec ces nouveaux textes, le gouvernement s’appuie sur les dégradations déjà introduites pour aller encore plus loin : ces projets de décret et d’arrêté ne sont ni amendables ni négociables. Ils constituent une remise en cause profonde des droits et des conditions de travail des personnels, en lien avec la politique éducative de ce gouvernement :

- il veut mettre en place une gestion "managériale" des écoles, en fait un renforcement sans précédent de la hiérarchie. Cela revient à diviser les personnels pour briser les solidarités collectives, notamment en mettant en cause l’unité relative garantie par la grille nationale actuelle d’avancement dans la carrière.

- l’indépendance et la liberté pédagogique garanties par les statuts sont menacées ; ainsi, les modalités de l'art. 5 du projet d'arrêté ne prend pas en compte l’enseignement dans la classe, mais seulement des critères très flous ("faire progresser chaque élève") ou extérieurs à l’enseignement proprement dit ("sa pratique professionnelle dans l’action collective de l’école ou de l’établissement") !

Autrement dit, nous sommes dans le domaine de l’arbitraire généralisé, de la promotion à la tête du client!

- la soumission renforcée à la politique ministérielle : l’évaluation consécutive à l'entretien professionnelle se ferait en prenant en compte "les orientations validées par les instances de l’école ou de l’établissement", autrement dit des éléments extérieurs à l’enseignement, mais aussi dans les faits le zèle dans l’application des réformes rejetées par les personnels.

- la programmation de nouvelles dégradations des conditions de travail : ainsi tous les entretiens débuteront par la remise d'un document d'auto-évaluation... Quelle simagrée! "Alors vous vous trouvez comment? Ben des fois j'suis un bon instit et pis des fois un peu moins bon... Dites, j'ai bien répondu Monsieur l'Inspecteur?"
 Il est fait référence à "l’auto-évaluation" comme composante de l’évaluation. Il s’agit de rendre responsables les personnels de la difficulté scolaire produite par la situation sociale et les mesures du ministère, pour occulter les véritables difficultés et éviter les légitimes revendications : taille des classes, lutte contre le démantèlement de l’enseignement prioritaire. Il s’agit aussi de culpabiliser les personnels ; combien faudra-t-il de tragédies comme à France Telecom, à Béziers… pour que le ministère abandonne cette orientation néfaste ?

- la volonté de soumettre des organisations syndicales pour accompagner la politique ministérielle : il est prévu que les commissions paritaires soient saisies en cas de contestation par les personnels : leur demandera-t-on d’arbitrer pour savoir quels collègues bénéficieraient des "réductions d’ancienneté", sachant que celles-ci sont en nombre limitées (250 mois pour 100 agents par an).

La notation-évaluation, sous une forme légèrement différente, a déjà été mise en place chez les personnels non-enseignants. Cela a amené des contestations incessantes, des rancœurs entre collègues mais surtout une démoralisation et un écœurement généralisés.

Par ailleurs, chez les administratifs a été également mis en place, la part variable des salaires... Késako? Cela signifie qu'une part de votre salaire pourrait dépendre des résultats de votre évaluation et de vos "résultats professionnels". En gros, votre inspecteur ou votre directeur décideront, si ce projet passe, si vous devez être bien ou mal payé!! Par contre cette part variable ne fonctionne qu'avec des primes... Non soumise à cotisation pour les retraites... Comment dit-on déjà? "Faire d'une pierre, 2 coups!". Le gouvernement fait baisser dans le même temps les salaires et les retraites!

Le projet gouvernemental est une attaque contre notre pouvoir d’achat, nos conditions de travail et notre statut!


De plus, il créera des tensions et de la concurrence entre les collègues: il n’est ni amendable ni négociable, il doit être retiré !

 Toutes les organisations syndicales se doivent de refuser de participer à toutes "concertations" pour une bonne "réforme" de l’évaluation des enseignants et personnels d’éducation, et empêcher la mise en place de cette régression.

  


Il faut partout faire avancer les revendications suivantes :

- faire connaître largement aux collègues ces projets, afin que par notre rejet s’exprime massivement, notamment par la tenue d’AG dans les écoles, les villes afin d’agir pour le retrait pur et simple du projet ministériel.

- la réalisation de l’unité syndicale sur ces bases, y compris entre premier et second degrés touchés simultanément par le projet ministériel.

- débattre dans les AG de l'importance d'un appel à la grève dans l’Education Nationale intégrant cette revendication, en tout état de cause avant le Comité Technique Paritaire de décembre.

Pour sa part, le Snuipp Créteil prendra toutes ses responsabilités en s'adressant sur la ville à tous les syndicats de la FSU (Snes, Snep, Snuep, Snasub...) et à toutes les organisations syndicales (FO, SUD, SE-Unsa...) pour tenir le plus rapidement possible des AG communes pour répondre à l'urgence de la situation!

C'est par l'union de tous les collègues, c'est tous ensemble que nous ferons reculer les projets du gouvernement!

Patrice Leguérinais
 (secrétaire du Snuipp sur la ville de Créteil)

Publié dans Lutte des classes

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LA CGT DU CHS LE VINATIER (69) DENONCE LA STIGMATISATION DES SALARIES, QUE LE GOUVERNEMENT ACCUSE DE FRAUDES A LA SECU. LES VOLEURS, CE SONT LES PATRONS QUI NE PAIENT PAS LES COTISATIONS SOCIALES

Publié le par Tourtaux

Mercredi 16 novembre 2011

Prise de parole

Et voilà, encore une fois on stigmatise les salariés, les fonctionnaires, qui seraient les fraudeurs de la sécurité sociale. Ces salauds de salariés, tous des profiteurs, nous dit le gouvernement de Sarkozy Fillon. Il faut les mettre au pli, on va leur apprendre à respecter la loi.

Et on nous tape dessus avec des matraques, on nous envoie des gaz lacrymogènes quand on se mobilise pour défendre nos droits.

Un ouvrier a une espérance de vie inférieure de 7 ans à celle d’un cadre et nous ne parlons pas de celles et ceux qui travaillent en équipe, dans de très mauvaises conditions, en contact avec des produits dangereux. Leur espérance de vie est réduite de combien ?

Les fraudeurs et les assassins ce sont les patrons, ceux qui ne payent pas les cotisations sociales, ceux qui, comme le gouvernement, n’augmentent pas les salaires, ceux qui licencient pour faire encore plus de profit. N’oublions pas non plus le gouvernement  qui fait des ponts d’or aux entreprises, aux banquiers, aux spéculateurs et rentiers ; c’est ce même gouvernement qui met en face des salariés des CRS. Qui ne dit rien quand Peugeot ou la Société Générale (pour ne citer qu’eux) licencient.

Un arrêt maladie est aujourd’hui souvent le symptôme de conditions de travail dégradées, une réponse au mépris…étrangement ce gouvernement ne parle pas des 400 suicides (ce nombre est minimisé) par an liés au travail. Prend-il des mesures pour remédier à ces suicides ? Entend-il la détresse de ceux qui travaillent ? Non, il s’en fout ; au contraire il développe, au nom du profit une politique de plus en plus inhumaine.

C’est plus  facile d’insulter les personnels, les salariés, qu’ils soient du public ou du privé en les traitant de fraudeurs, en prenant des mesures toujours plus antisociales que de s’attaque au grand patronat, aux banquiers et aux spéculateurs en tout genre, aux actionnaires qui plombent le pays et qui prennent les populations du monde entier en otage.

L’esclavage moderne c’est l’esclavage tout court.

Oui, la lutte de classe, la lutte de masse doit s’imposer face à cette population de nantis qui nous crache à la figure. Elle doit s’imposer par tous les moyens ; notre moyen à nous c’est la masse, le combat collectif.  

La peur doit changer de camp !

Oui, nous pourrons, en nous rassemblant maintenir et développer nos droits, nous mettre en route pour de nouvelles conquêtes. Ceux d’en face n’ont qu’une peur, c’est que nous le faisions. Et ils tentent, à travers leurs lois et leurs larbins de nous contenir, de contenir notre colère et de la diriger vers de mauvaises cibles. Opposition public privé, désignation de boucs émissaires, les étrangers, les sans papiers, les « profiteurs »…

Rappelons-nous, dans toute l’histoire les maux ne sont jamais venus du peuple mais de ceux qui nous exploitent et qui profitent de notre travail.

Vive la lutte de classe, vive la lutte de masse !

C’est la meilleure façon de lutter contre l’intoxication gouvernementale.

 

Marc Auray

Secrétaire de la CGT du Vinatier

Publié dans Lutte des classes

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LE PC VENEZUELIEN REJOINT LE PRESIDENT CHAVEZ, "SANS PARTI REVOLUTIONNAIRE, PAS DE REVOLUTION"

Publié le par Tourtaux

Le PC vénézuélien rejoint le président Chavez, « sans Parti révolutionnaire, pas de Révolution », et réaffirme sa raison d'être dans le processus révolutionnaire bolivarien
Le Parti communiste vénézuélien d'accord avec le président Chavez : sans Parti révolutionnaire, pas de révolution

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Le Parti communiste du Vénézuéla (PCV), rejoint l'affirmation du président Chavez la semaine dernière lorsqu'il déclare: « Qu'il ne peut y avoir de révolution sans Parti révolutionnaire », soulignant combien celui-ci correspond historiquement au Parti marxiste-léniniste qu'est le PCV.

« Nous souhaitons également mentionner, pour les saluer et en les trouvant très positives, les récentes déclarations du citoyen Président de la République qui dit, je cite, 'Que l'on ne peut faire de révolution sans parti révolutionnaire, en réalité, vraiment, nous nous en félicitons », a souligné Oscar Figuera en conférence de presse.

Figuera a salué le Président pour ces déclarations qu'il juge « si justes, tellement exactes par rapport aux processus de transformation sociale »ajoutant que « sans un instrument révolutionnaire, forgé par des révolutionnaires, il est impossible de faire une révolution. »

Le dirigeant communiste a affirmé que « Avec des réformistes, il n'y a pas de révolution, avec des réformistes, il n'y a que réformisme et maintien du système capitaliste, domination sur les travailleurs et les travailleurs ; il y n'a que conservation d'un système oppressif ».

Pour le PCV, avec les réformistes continue d'exister à un extrême l'accumulation de capital, tandis qu'à un autre continue de se répandre la misère.

« Nous saluons cette expression du Président Chavez, qu'il a complété par ailleurs par une phrase historique de Vladimir Ilich Lénine, d'où découle notre parti-pris de parti marxiste-léniniste, qui affirme que 'Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire »,a déclaré Figuera.

Figuera a rappelé qu'en mars 2007, le Parti communiste du Vénézuéla a réalisé son XIIIème Congrès extraordinaire autour de l'appel lancé par le Président à dissoudre les partis politiques pour rejoindre le Parti socialiste unifié du Vénézuela (PSUV)

« Lors de ce congrès, le Parti communiste a exposé les Thèses sur la nécessité de forger le Parti de la Révolution, un document que nous avons fait parvenir au citoyen Président et aux partis alliés », a rappelé Figuera.

Soulignant que « en vertu de ce que nous déclarons vouloir construire, nous avons convenu qu'il (le PSUV) ne s'agissait pas du Parti de la Révolution, le Parti communiste a décidé de ne pas se dissoudre car il conserve toujours sa raison d'être ».


Vidéo de la conférence de presse en question : http://www.youtube.com/watch?v=tH809jexDPE


                                                                                                                                      Mardi 15 novembre 2011

Publié dans Venezuela

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LA LIBYE DE L'OTAN : UNE PLONGEE DANS LA TERREUR ET LA VENGEANCE

Publié le par Tourtaux

La Libye de l’OTAN : une plongée dans la terreur et la vengeance

mercredi 16 novembre 2011 - 07h:04

Franklin Lamb


La « Terreur » a envahi la « nouvelle Libye » et se répand inexorablement avec l’aide des unités spéciales des états membres de l’OTAN, dont la France, les Etats-Unis et l’Angleterre, connues localement sous le nom de « escadrons de disparition ». La Terreur est une des conséquences de l’empressement de l’ONU à « protéger la population civile » au printemps dernier et elle gagne du terrain.
(JPG)
Dans la Libye "made in OTAN", le racisme et la violence contre les ressortissants africains se donnent libre cours. Ce ne sera pas pour déplaire aux dirigeants européens...

C’est la raison pour laquelle les inspecteurs des droits humains sont arrivés à Benghazi, en Libye, cette semaine.

« Il y a environ 1085,92082238 kilomètres ou 600 miles du Caire à Benghazi » me dit la jolie employée de l’agence de voyage qui se trouve à deux maisons du café suédois près de la place Tahrir pour m’inciter à faire le voyage dans un bus à impériale de luxe du Caire à Benghazi. Finalement j’ai décidé de monter dans un vieux camion, ce qui m’est revenu trois fois moins cher, pour traverser le désert égyptien et libyen et me rendre au tribunal de Benghazi.

C’était sûrement la meilleure solution après les réunions que j’avais eues dans des pays voisins, surtout si l’on considère que l’alternative était de prendre un avion pour Tunis, puis un autre pour Jerba et ensuite de rouler six heures dans un bus bondé pour Tripoli. J’y étais déjà allé plusieurs fois en passant par le désert et je voulais être au plus vite a Benghazi pour rencontrer des gens détenus dans une des prisons surpeuplées de la ville.

Jusqu’à ce que le CNT en décide autrement hier, tous ceux qui avaient un passeport américain n’avaient pas besoin de visa pour entrer en Libye, tellement le CNT était reconnaissant de toute l’aide financière accordée par les contribuables américains, la plus grande part secrètement, aux officiels du CNT en plus de leur offrir un pays doté de vastes réserves de pétrole et sans dette nationale.

Une des habitudes linguistiques commodes de cette partie du monde est la grande tolérance qui préside à la translittération de l’arabe dans les autres langues ; cela facilite beaucoup la tâche de ceux qui ne connaissent pas bien l’arabe. Et tout le monde sait qu’il y a de multiples manières d’écrire les mots arabes et que la plupart sont acceptées.

Mais en Libye aujourd’hui il faut être très attentif pour saisir l’importante distinction entre certains mots anglais quand on se réfère au sort qui attend de plus en plus de supporters du régime de Kadhafi. On entend souvent dire que quelqu’un « a disparu » ce qui, selon sa position politique, est généralement une bonne nouvelle car cela signifie que la personne a fui, qu’elle se cache ou qu’elle a quitté le pays et est en sécurité. Mais cela peut vouloir dire aussi qu’elle « est un personne disparue » ce qui signifie alors qu’elle est tombée aux mains du nouveau régime et qu’elle a disparu, probablement pour toujours, sans que ceux qu’elle laisse derrière elle puissent jamais retrouver sa trace.

Pour avoir rencontré des réfugiés (disparus) libyens qui ont fui pour échapper aux neuf mois de bombardement de l’OTAN et qui se trouvent maintenant dans des pays voisins et pour avoir rencontré en Libye d’anciens officiels incarcérés et des membres de leurs familles ainsi que des opposants en fuite du nouveau « gouvernement », j’ai la conviction que cela va dégénérer en un paroxysme de vengeance et de nettoyage ethnique.

Ceux que les « escadrons de disparition » ciblent de plus en plus sont des membres des familles, des proches et même d’anciens domestiques, tels que jardiniers, hommes à tous faire et personnel de maison, d’anciens tenants du précédent régime. Les maisons, les meubles, les voitures d’anciens tenants du régime sont systématiquement confisqués. La torture est devenue la manière habituelle d’obtenir des informations sur des personnes susceptibles de continuer à soutenir l’ancien régime. Selon un ancien officiel libyen qui a échappé de peu à un escadron français et qui se trouve maintenant en Egypte c’est « pour la même raison que les drones sont si populaires dans votre armée des Etats-Unis, c’est parce que la torture est efficace. Pas à 100% mais ça marche mieux que le reste. »

Il semblerait que certains éléments du CNT soient en train de développer une paranoïa à la Tell Tale Heart* qui leur fait penser que s’il restait en Libye un seul supporter de Kadhafi, cela signifierait le retour de ses positions sur le rôle de la Libye vis à vis de l’Occident, et la restauration de ses projets pour l’Afrique, le contrôle des ressources naturelles et ses relations avec le Moyen Orient en rapide mutation.

Les membres du CNT de l’OTAN sont inquiets à l’idée qu’ils pourraient faire l’objet d’une enquête du Tribunal Pénal International depuis que son procureur a déclaré que les crimes allégués de l’OTAN en Libye seraient examinés « de manière impartiale et indépendante ». Des avocats occidentaux qui se trouvent en ce moment en Libye pour aider les victimes des crimes commis par l’OTAN sont consultés étrangement par des membres du nouveau régime qui craignent d’être poursuivis par le Tribunal Pénal International.

C’est aussi une des raisons pour lesquelles les rumeurs sur la reddition de Saif al Islam sont fausses. Les conseillers de Saif lui enjoignent de rester tranquille et d’attendre parce que les accusations du Tribunal Pénal International vont tomber au fur et à mesure que les crimes de l’OTAN seront dévoilés. De même il est conseillé à d’anciens officiels libyens de rester cachés dans des endroits sûrs parce que le temps est sans doute de leur côté.

Il est conseillé aux officiels des gouvernements de pays qui bordent la Libye d’accueillir les supporters du l’ancien gouvernement de Libye et de refuser les demandes d’extradition car ce qui se passe actuellement à la Haye pourrait bien aboutir à une enquête pour crime de guerre.

L’OTAN fait actuellement pression sur la Tunisie pour qu’elle ne change pas d’avis en refusant d’accéder à la demande du CNT d’extrader l’ancien premier ministre libyen, Baghdadi al-Mahmoudi. L’OTAN est inquiet parce que des avocats américains ont recommandé le mois dernier à Baghdadi de demander le statut de réfugié politique de l’ONU auprès du Haut Commissariat de l’ONU pour les Réfugiés pour essayer d’empêcher son extradition de Tunisie. Le 11.11.2011 l’ONU a accusé réception de la demande du Docteur Baghdadi.

Le CNT et l’OTAN sont aussi inquiets parce la Haye fait une enquête interne globale sur la légalité de toutes les occurrences où les bombardements de l’OTAN ou autres actes de l’OTAN et du CNT ont causé la mort de civils. Une équipe dirigée par des Américains est en train d’achever une enquête de six mois dont les résultats doivent être communiqués au Tribunal Pénal International et portés à la connaissance du public bientôt.

L’ancien premier ministre par intérim Mahmoud Jibril a démissionné récemment —et d’autres vont le suivre— sous la pression des Islamistes et de beaucoup d’autres personnes qui se souviennent de ce qu’il a fait quand il était Ministre de la Justice du régime précédent et aussi parce qu’il a peur qu’une enquête soit ouverte contre lui par le Tribunal Pénal International à cause des décisions qu’il a prises pendant les huit mois derniers, décisions dont on commence à apprendre la teneur.

Après avoir affirmé que Kadhafi avait été tué après avoir été pris vivant ce qui constitue clairement un crime de guerre, Jibril affirme maintenant que ce n’est pas lui qui a donné l’ordre d’assassiner Kadhafi pas plus que son ancien ami le Général Younis, mais, comme il l’a expliqué hier à une conférence de presse, au milieu des ricanements des journalistes, que c’est « quelqu’un d’autre, possiblement un état ou un président ou un leader quelconque, qui voulait que Kadhafi soit tué pour qu’il ne révèle pas les nombreux secrets qu’il était seul à détenir. »

Jibril n’a pas dit que Kadhafi savait aussi beaucoup de choses sur lui et d’autre officiels du CNT et qu’il n’est pas le seul à l’OTAN et au CNT à craindre une enquête du tribunal Pénal International.

C’est ce contexte qui favorise l’instauration de la terreur en Libye.

Note :

* Le Cœur révélateur (The Tell-Tale Heart) est une nouvelle publiée par Edgar Allan Poe en 1843.
Elle raconte l’histoire d’un personnage de sexe inconnu qui est le majordome d’un vieil homme. Ce personnage essaie de convaincre le lecteur de sa lucidité et de sa rationalité mais le lecteur n’aura d’autre choix que de croire le contraire. Le peu de détails entourant les deux protagonistes de l’histoire entraîne le lecteur dans le mystère.
Cette nouvelle a été traduite en français par Charles Baudelaire.

(JPG)

* Franklin P. Lamb, est conseiller juridique de la Fondation Sabra et Chatila, ancien conseiller de la Commission de la Justice de la Chambre des représentants des Etats-Unis et professeur de droit international au Northwestern College (Oregon).

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=11442

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SAINT-ANDRE-LES-VERGERS (AUBE) : SITUATION CRITIQUE POUR LES SALARIES CHEZ PETITJEAN

Publié le par Tourtaux

Mercredi 16 novembre 2011

Le directeur général de l'entreprise dryate se montrait alors plutôt confiant à sa sortie du tribunal de commerce de Troyes le 18 juillet dernier. Le tribunal venait d'homologuer un plan de conciliation prévoyant non seulement le rééchelonnement de la dette mais aussi la rénovation des ateliers de galvanisation.

Trois mois plus tard, la situation n'est plus du tout la même. Depuis octobre, l'activité s'est nettement détériorée. Signe qui ne trompe pas : l'entreprise ne compte plus qu'une quarantaine d'intérimaires contre près de 200 voilà un mois. Et la trésorerie ne suit plus : l'entreprise serait ainsi dans l'incapacité de payer les salaires de novembre.

L'actionnaire italien, le groupe Tecnopali, pourrait déposer le bilan de Petitiean et mettre l'entreprise en vente. Déjà évoqué par la direction voilà quelques semaines, ce dépôt de bilan pourrait être annoncé de façon officielle lors d'une réunion avec les salariés prévue ce vendredi. Car, si rien ne filtre des tractations en cours, on sait que plusieurs repreneurs potentiels ont déjà visité l'entreprise dryate ces derniers jours.

L'hypothèse d'un dépôt de bilan est d'autant plus probable que le groupe italien qui a racheté Petitjean en octobre 2005, est aussi en difficulté. Tecnopali, qui a déjà essuyé des pertes l'an passé, a été contraint, en octobre, de déposer le bilan de sa filiale anglaise. Et sa stratégie mondialiste a été mise à mal par l'échec de ses projets en Inde et au Maroc.

À Saint-André-les-Vergers, le plan de conciliation qui prévoyait la rénovation de la galvanisation avec une ligne de crédit de 4,7 M€ est au point mort : depuis le 29 octobre, les ateliers sont même fermés, la Socotec ne garantissant plus les conditions de sécurité nécessaires.

Petitjean est ainsi obligé de faire sous-traiter ses poteaux jusqu'en Suisse et en Belgique, ce qui engendre un coût supplémentaire. L'entreprise dryate qui compte encore 535 salariés garde néanmoins une certaine activité : elle devrait réaliser cette année 75 M€ de chiffre d'affaires. Mais cette activité semble insuffisante pour financer le remboursement d'une dette d'une douzaine de millions d'euros, le plan d'apurement du passif validé en juillet prévoyant un remboursement de janvier 2012 à fin 2018.

 

http://www.lechatnoir51.fr/article-situation-critique-chez-petitjean-a-saint-andre-les-vergers-88840542.html

Publié dans Lutte des classes

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