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LILLE : LES SYNDICATS SANTE CGT DU HAINAUT A LA MANIF CE MERCREDI 29 FEVRIER

Publié le par Tourtaux

Les syndicats santé CGT du Hainaut iront à la manif européenne de mercredi

mardi 28.02.2012, 05:34 - La Voix du Nord

 

Ils sont remontés comme des coucous suisses et les échéances électorales du printemps ne sont pas étrangères à leur mobilisation. Mercredi, les syndicats hospitaliers CGT participeront en masse à la manifestation « européenne » prévue le matin à Valenciennes et l'après-midi à Lille.

PAR FRANCIS THUILLIEZ

denain@lavoixdunord.fr

Une trentaine de cégétistes, venus des hôpitaux du territoire du Hainaut (Valenciennes - CHV et action sociale à l'enfance du conseil général -, Douai, Cambrai, Le Cateau, Saint-Amand-les-Eaux, Fourmies, Le Quesnoy, Maubeuge), se sont retrouvés jeudi à l'hôpital de Denain pour participer au comité de territoire qui se réunit quatre fois par an. À un jet de pierre des échéances électorales (présidentielle, puis législatives), les syndiqués - ils sont 6 000 dans le Nord - entendent faire connaître leurs revendications : heures supplémentaires non payées (18 000 à Denain, 2 millions pour le Nord), blocage, dans certains centres, des montées de grades à Valenciennes on ne titularise plus tandis qu'à Saint-Amand, on gèle les postes à Denain, 100 CAE (Contrats d'accompagnement dans l'emploi) font fonctionner l'hôpital. « Au bout de six mois, un an, dix-huit mois, on leur dit au revoir et on les jette comme des mouchoirs usagés au gré des financements de l'État », clament en choeur, le Lillois Jean-François Bourse, secrétaire général de l'USD (Union des syndicats départementaux de la santé et de l'action sociale), et le Denaisien Christophe Lauwers, coordinateur de l'USD pour le sud du département.

Sylvie Schutt, agent à la chirurgie de Denain (et suppléante de Michel Lefebvre, maire de Douchy-les-Mines au conseil général), déplore qu'on se trouve dans une espèce de course entre hôpitaux : « S'il n'y pas assez d'activités dans les petits centres, on se fait bouffer par les plus gros.

 » Deux retraités denaisiens de l'hôpital - Francis Leclercq (conseiller municipal) et Hélène Stawikowski (ancienne élue) - mettent en avant la contradiction actuelle des hôpitaux : « La population augmente alors que le nombre de lits baisse. On sent une volonté d'officialiser l'arrêt des 35 heures et de concentrer les activités dans les plus gros centres au nom de la simple rentabilité financière, tout en prônant l'hospitalisation à domicile avec tous les risques que cela comporte. » Dans les EHPAD (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), la situation n'est guère plus brillante, comme témoigne Patricia Dupont (Le Cateau). « Avant, on était 4 ou 5 pour 27 résidants, maintenant, on est 3 alors que le travail est de plus en plus difficile car les soins aux personnes âgées doivent se faire à leur rythme, forcément lent. Mais on passe plus de temps à aligner des données et faire des commentaires écrits pour la traçabilité au lieu de s'occuper des personnes âgées. » « On attend toujours les promesses du plan Alzheimer et l'argent de la journée fériée dédiée aux seniors, martèle Martine Dujardin (Denain). Les résidants des EHPAD, de plus en plus âgés et souffrant de pathologies lourdes, sont davantage dépendants et c'est de plus en plus difficile pour les soignants d'assurer la bonne qualité des soins que revendiquent légitimement les familles ». •

Demain, dès 10 h, manifestation sur la place d'Armes de Valenciennes et à 14 h 30 à Lille (porte de Paris). Les délégués syndicaux ont l'intention de demander rendez-vous à l'ARS, l'Agence régionale de santé.

 

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Valenciennes/actualite/Autour_de_Valenciennes/Le_Denaisis/2012/02/28/article_les-syndicats-sante-cgt-du-hainaut-iront.shtml 

Publié dans Lutte des classes

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SYRIE : LA CARAVANE PASSE, LES CHIENS ABOIENT

Publié le par Tourtaux

Mercredi 29 février 2012 3 29 /02 /Fév /2012 11:02

Par Pierre Khalaf - revue de presse: New Orient News - Liban, 27/2/12.

Les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et les pays occidentaux en général ont offert au monde entier une bonne leçon de démocratie à l’occasion de la réunion des « Amis de la Syrie ». Organisée en Tunisie, cette rencontre a groupé une soixantaine de pays, d’organisations internationales et d’ONG, mais a été boycottée par la Russie, la Chine, l’Inde, l’Iran, le Liban, les pays d’Amérique latine… une bonne moitié de l’humanité quoi !

C'est ainsi que la réunion a imposé le Conseil national syrien (CNS) comme seul représentant de l’opposition syrienne, premier pas avant pour l’imposer comme représentant légitime et unique de tout le peuple syrien. Plus besoin donc d’organiser des consultations populaires et des élections, le représentant du peuple syrien est connu et a été désigné par l’Occident et par les pétromonarchies du Golfe, qui non seulement n’ont jamais connu d’élections, mais ne disposent même pas de Constitutions au XXIème siècle.

Cette attitude anti-démocratique a poussé une grande partie de l’opposition, regroupée au sein du Comité de coordination pour le changement national et démocratique (CCCND) -dirigé par Hassan Abdel Azim et Haïtham Mannaa, et qui compte des personnalités indépendantes et des partis nationalistes arabes, kurdes, socialistes et marxistes-, à boycotter la réunion de Tunis, contestant la reconnaissance du Conseil national syrien.

Le CCCD a également accusé la réunion de Tunis de vouloir « laisser la question de l’armement ouverte et ouvrir la voie à l’acceptation par la communauté internationale de l’idée d’une intervention militaire étrangère », en « contradiction claire et nette avec les intérêts du peuple syrien ».

Effectivement, la réunion de Tunis a posé les jalons pour une officialisation de l’armement de l’opposition, qui a commencé, en réalité, il y a près d’un an. Mais le rythme de l’ingérence dans les affaires syriennes a été jugé trop lent et insuffisant par le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Séoud Al-Fayçal – il faut rappeler au passage que l’Arabie saoudite est le seul pays au monde où les femmes n’ont pas le droit de conduire -, qui s’est retiré de la réunion en signe de protestation.

La réunion de Tunis est en fait un échec de plus (pour les adversaires du président Bachar Al-Assad - nda) dans la confrontation avec la Syrie.

Les divergences étaient claires aussi bien entre les pays participants qu’entre les différentes factions de l’opposition syrienne. Sans compter les manifestations organisées par le peuple tunisien pour dénoncer la tentative de détruire un des derniers bastions de l’arabité.

Pendant que l’Occident et les monarchies absolutistes du Golfe choisissaient à la place du peuple syrien son représentant, le gouvernement à Damas organisait, dimanche, un referendum sur la nouvelle Constitution. Le projet répond à presque toutes les revendications de l’opposition : abolition de l’article 8 qui impose le monopole du parti Baas sur le pouvoir, instauration du multipartisme et limitation les mandats présidentiels à deux seulement…

Comme l’avait annoncé dès le départ le président Bachar al-Assad, les réformes se poursuivront en parallèle à la lutte contre les groupes extrémistes armés qui tentent de détruire l’État syrien et de morceler la géographie du pays.

En Syrie :

la France, alliée des passeurs clandestins

L’ambassadeur de France à Beyrouth, Denis Pietton, a visité la région de Baalbeck, à l’est du Liban, la semaine dernière. La vérité est que le diplomate a transporté dans les voitures portant des plaques d’immatriculation de son ambassade une délégation militaire et sécuritaire française dans le Nord de la Békaa, près de la région frontalière limitrophe à la province syrienne de Homs. Dans cette zone, en territoire syrien, se trouvent des officiers et des experts militaires travaillant pour le compte des services de renseignements français, certains usurpant l’identité de journalistes, tous entrés illégalement en Syrie.

Denis Pietton s’est rendu à Baalbeck pour couvrir la mission de cette délégation qui visait à évacuer, par des voies de passage illégales, les morts et les blessés ainsi que d’autres membres de services de renseignement français pris au piège à Homs après l’effondrement des groupes extrémistes armés auprès desquels ils étaient détachés pour leur fournir une expertise dans les domaines des tactiques militaires et des techniques de guérilla urbaine.

Des rapports et des articles de presse occidentaux ont évoqué à plusieurs reprises ces derniers mois les interventions françaises directes en Syrie, en utilisant le Liban comme base de départ pour ces ingérences. De nombreux articles ont fait état d’officiers des renseignements français supervisant l’organisation et la structuration des groupes armés dans le Liban-Nord, en prévision à leur envoi en Syrie. Ces derniers mois, de véritables filières de passeurs clandestins ont été mises en place pour introduire en Syrie des ressortissants occidentaux, sous couvert de journalistes, mais qui sont souvent des agents de liaison ou des experts militaires.

Nous sommes donc devant un pays qui se considère comme une grande puissance et qui a recours aux contrebandiers et aux trafiquants sans foi ni loi pour introduire ses agents en Syrie, et qui tente de les faire sortir par les mêmes moyens après l’encerclement des groupes extrémistes par l’armée syrienne. Cependant, les troupes régulières syriennes avaient aussi resserré l’étau autour des passages clandestins à la frontière syro-libanaise, rendant impossible toute évacuation par ces voies.

Les autorités françaises se sont finalement résignées à faire ce qu’elles tentaient d’éviter à tout prix : parler au pouvoir damascène pour évacuer morts, blessés et détenus. C’est pour cela que l’ambassadeur Eric Chevallier a été renvoyé d’urgence à Damas pour négocier les modalités de cette opération. Cependant, il est apparu que ce sont les derniers groupes armés, encore retranchés dans certaines ruelles de Bab Amr, qui entravent la conclusion d’un accord pour l’évacuation des blessés.

Les autorités françaises et d’autres pays européens devront calmer leur nerf et faire preuve d’une plus grande modestie lorsque la Syrie commencera à divulguer, preuves à l’appui, le nombre et la nationalité des agents « undercover » arrêtés ces derniers temps en territoire syrien : des Français, bien entendu, mais aussi des Allemands, des Britanniques, des Turcs, des Saoudiens et des Qataris.

Déclaration

de Sayyed Hassan Nasrallah,

secrétaire général du Hezbollah

« Il faut chercher les doigts d’Israël derrière tout ce qui se passe, notamment derrière les tentatives de semer le chaos dans la région.

Israël ne veut pas d’un Irak fort, ce serait donc la raison des attaques actuelles, même si les exécutants sont parfois des extrémistes. Selon les données des services irakiens, ces mouvements sont infiltrés par les services américains et israéliens.

C’est aussi dans cette optique qu’il faut placer les dernières menaces d’effacer le Liban de la carte du monde attribuées au Premier ministre israélien. Mais de telles menaces n’effraient nullement la Résistance qui a affronté Israël même lorsque celui-ci était considéré comme très puissant.

La région traverse actuellement une période très sensible. Après la décennie 2000-2010, au cours de laquelle il s’agissait de liquider la cause palestinienne et de créer un Nouveau Moyen-Orient, c’est désormais la période où il s’agit de morceler la région et de l’entraîner dans des conflits interminables. C’est pourquoi il faut tout faire pour encercler, étouffer et empêcher l’extension de la discorde vers d’autres scènes.

Au Liban, cela signifie que tout le monde peut exprimer son opinion, sur la crise syrienne et sur tous les points qu’il souhaite évoquer, mais en évitant d’exacerber les sentiments confessionnels. Le gouvernement devrait se pencher sur le dossier des ressources pétrolières et gazières pour mettre un terme à l’endettement en utilisant la richesse que Dieu nous a donnée. Regardez un peu : pendant que certains discutent des armes du Hezbollah, les Israéliens construisent des installations et veulent les protéger des armes du Hezbollah. Ils pillent systématiquement les ressources qui appartiennent aux Palestiniens.

Il ne faut surtout pas compter sur l’aide de la communauté internationale qui ne donne rien sans contrepartie. La décision souveraine ne peut être garantie si on est lié à l’étranger. Regardez comment les États-Unis sont en train d’utiliser l’arme économique contre l’Égypte et indirectement contre Gaza privée d’électricité.

Les accusations portées contre le Hezbollah et le Hamas qui, selon l’ancien ministre de l’Intérieur égyptien actuellement sous les verrous, auraient tiré contre les manifestants place Tahrir, sont ridicules. Elles sont si énormes qu’elles n’ont même pas été reprises par certains ici... On a ensuite accusé le Hezbollah d’édifier des bases en Amérique latine, puis en Afrique et bientôt en Inde. Ne vous laissez pas influencer par de telles grossièretés. Le Hezbollah n’intervient pas dans les affaires internes d’un pays. Il ne prend en compte que les considérations stratégiques.

Dans ce contexte, les États-Unis et leurs alliés veulent laisser la Syrie plonger dans le chaos, en poussant vers une lutte entre les Syriens ou entre les Arabes, sans vouloir envoyer un seul soldat américain ou de l’Otan en Syrie, mais en interdisant toute solution politique. Il faut donc écouter, comme ils disent, le peuple en Syrie, mais pourquoi pas à Bahreïn ou en Arabie saoudite, où il est interdit de s’exprimer, notamment à Katif et Awamiya, la région la plus riche en ressources du royaume, mais la plus pauvre économiquement.

Le régime syrien a proposé le dialogue, mais l’opposition a rejeté cette offre. Les Américains et les Israéliens ne parviendront pas à leurs fins, car il existe une prise de conscience dans le monde arabo-islamique de la réalité de leurs projets et les Américains ne parviendront pas à redorer leur image, tant qu’ils continueront à ne tenir compte que d’Israël. »

* http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=29527

 

http://www.france-irak-actualite.com/article-syrie-la-caravane-passe-les-chiens-aboient-100422964.html

Publié dans Syrie

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CIP-IDF : OCCUPATIONS DE POLES EMPLOIS

Publié le par Tourtaux


Comme à Brest, Rennes et ailleurs, nous occupons depuis 11h30 le Pôle emploi du 25 rue Mélingue, Paris 19e.


nous sommes venus entre autres choses pour obtenir la réinscription rétroactive d'une allocataire qui n'avait jamais reçu sa convoc à un rdv obligatoire sous peine de sanction....










La plupart de ces radiatons sont infondées en droit

Ni honte, ni culpabilité, s’organiser !
RSAstes socle ou chapeau, chômeurs de fraîche ou longue date, salariés en pause ou en arrêt-maladie, intermittents, intérimaires, mères ou pères isolés, précaires, étudiants avec ou sans allocation logement, employés au quart de SMIC, avec ou sans papiers... Nous sommes des centaines de milliers, rien qu’en Ile-de-France, à avoir à faire aux institutions sociales.

Aujourd’hui, dans chaque antenne CAF [1], des affiches intimident les allocataires avec la description des amendes et peines de prison qu’ils pourraient encourir en cas de fraude [2] ou de simple protestation. Partout, à Pôle emploi [3], à la Sécu ou ailleurs, nous sommes présumés coupables. Tout allocataire est pour l’institution sociale un fraudeur en puissance et donc contraint d’accepter n’importe quel contrôle s’il veut continuer à toucher ses maigres allocations de survie.

La chasse aux fraudeurs fait partie des discours de campagne présidentielle : « Frauder, c’est voler » annoncent les spots publicitaires ministériels. Le gouvernement publicise les chiffres de LA fraude et organise la confusion : la fraude patronale et la fraude aux allocations sont mises dans le même panier. Ils ramènent tout au même plan, l’évasion fiscale et le fait de ne pas déclarer quelques heures de travail sous peine de perdre une partie de son RSA, les entreprises qui se font leur beurre en vampirisant la sécu et le fait d’arranger son dossier pour accéder à la location d’un logement. Ils se félicitent de la mise en place d’un arsenal de lutte contre la fraude et enjoignent tout le monde, toutes classes sociales confondues, à participer à cette guerre pour défendre l’intérêt commun, c’est à dire perpétuer l’ordre social. Ainsi celui qui « triche » aux allocations tricherait au détriment de la société-même. Comme si les patrons et leurs salariés, un millionnaire tétraplégique et son aide à domicile, Bettencourt et sa femme de ménage avaient le même intérêt ! Il s’agit bien là de nier tout antagonisme de classe.

Cette campagne de chasse aux fraudeurs permet aussi aux gouvernants de prétendre mener des actions concrètes contre la crise et de rassurer tous ceux qui sont inquiets en raison de la dégradation de leurs conditions de vie : on construit ainsi le modèle d’un mauvais pauvre qui serait individuellement responsable de la misère organisée par et de cette société. Ils peuvent bien parler de moraliser les banques et la finance mais la domination capitaliste reste, elle, une évidence intouchable.

La chasse aux fraudeurs est un appel à la délation, un appel à la démarcation : Montre-moi que tu es un bon pauvre, fais-toi contrôler, fais du zèle, montre ta bonne foi au prix de ta liberté et de ta dignité, cours, cours plus vite [4] que ton collègue de taf, démarque-toi des chômeurs fainéants et l’institution tamponnera ta bonne foi, ta disponibilité à accepter tout et n’importe quoi.

La chasse aux fraudeurs est également un instrument de peur. Ça marche tellement bien que beaucoup de potentiels allocataires ne demandent même pas ce à quoi ils ont droit [5]. Ça marche tellement bien que nous nous soumettons trop souvent sans nous battre à des contrôles, à des humiliations, à l’arbitraire. À la CAF comme dans l’emploi, la culpabilisation, la peur de se faire radier ou virer - jusqu’à se faire criminaliser - neutralisent bien des formes de protestation, de résistance, de révolte.

Ces modalités de stigmatisation et de division font évidemment fond sur la défense de la valeur-travail : « le travail, c’est la liberté » [6]. C’est ainsi que le gouvernement prétend redonner leur dignité aux RSAstes et qu’il annonçait, en novembre 2011, le lancement dans plusieurs départements d’une expérimentation de travail obligatoire de 7 heures par semaine en échange du maintien de l’allocation. Et c’est encore au nom de la valeur-travail que le candidat de la majorité a proposé d’obliger les chômeurs à suivre des formations bidons et à accepter la première offre d’emploi venue. Évidemment, en cette période de campagne, toute la gauche s’est offusquée de cette proposition mais n’oublions pas qu’en 1998, en plein mouvement des chômeurs, le socialiste Lionel Jospin alors premier ministre de la cohabitation déclarait qu’il voulait « une société de travail pas d’assistance » [7]. Alors chers assistés, il va bien falloir s’organiser contre ces attaques actuelles et à venir, s’organiser contre ce qui nous détruit. Et pour ne pas se laisser écraser définitivement, il est temps que toutes ces questions sortent plus largement au grand jour [8]et ne restent pas cantonnées dans la sphère individuelle ou privée.

Je me débrouille, tu te débrouilles, embrouillons-les !
Que mille collectifs fleurissent sur les décombres du plein emploi !

☺☺☺☺☺☺☺☺☺☺☺☺☺☺☺☺☺☺☺☺☺☺

Pour ne pas se laisser faire et agir collectivement, passez les lundi de 15h à 17h30 à la CIP-IDF
permanences d’accueil pour partager les infos et les expériences
13 bd de Strasbourg, M° Strasbourg Saint-Denis, Tel 01 40 34 59 74
pour le régime des intermittents du spectacles : cap@cip-idf.org
pour le régime général, RSA, allocation logement etc. : permanenceprecarite@cip-idf.org

Faites passez le mot : Le collectif de chômeurs et précaires des CAFards de Montreuil (cafardsdemontreuil@riseup.net) a réalisé un guide pour faire face aux CONTRÔLES DOMICILIAIRES DE LA CAF.
Ce guide donne des conseils pour se débrouiller face aux contrôleurs et invite à ne pas le faire seul, isolé, mais collectivement. Il nous faut inventer de nouvelles formes de lutte et de solidarité. Ce guide est consultable sur http://cafard93.wordpress.com

Les rdv « occupons Pôle emploi » de ce mercredi 29 février.


Notes :

[1Salariés de la caisse d’allocations familiales, chômeurs, précaires résistons à l’entreprise CAF ! .

[2300 000 intrusions l’an - Quelques conseils face aux contrôles domiciliaires CAF.

[3] Où nous ne sommes plus que des "candidats", voir Outragé, Pôle emploi mord la poussière .

[4La GRÈVE DES HAMSTERS. Quelle politique pour nous sauver de l’économie ? Mouvement des chômeurs et précaires en lutte, Rennes.

[5Économie du non-recours : 1 650 000 pauvres boudent le RSA.

[6Abjecte sarkophagie travailliste : « Le travail, c’est la liberté, le plein emploi est possible ».

[7] Voir À gauche poubelle, précaires rebelles.

[8] Voir à ce propos l’un des textes de la grève des chômeurs : Ni emploi forcé, ni culpabilisation, ni management, grève des chômeurs ! .

Coordination intermittente et précaire
13 bd de Strasbourg, 75010 Paris
M° Strasbourg Saint-Denis
Tel : 01 40 34 59 74

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GUERRE D'ALGERIE : TEMOIGNAGE SUR DEMANDE DE MON CAMARADE COMMUNISTE ALGERIEN MOHAMED REBAH, ANCIEN COMBATTANT DE L'ALN, DONT LE FRERE EST MORT AU COMBAT CONTRE L'ARMEE COLONIALE FRANCAISE

Publié le par Tourtaux


Bonjour Jacques

Merci pour cet envoi et ce récit bouleversant. Les morts sont peut-être mes cousins, les Rebah de Mouzaïa. En tout cas, ce sont des frères de combat dont nous commémorons chaque année le sacrifice pour la Patrie. Ils sont morts "pour ce qui nous fait vivre" (Paul Eluard)
 
 Pour les soldats français du contingent morts dans la guerre coloniale, je pense à la chanson d'Yves Montand, "Giroflé, Girofla" où il dit "et tout ça pour rien".
L'Algérie est indépendante. Le colonialisme en Algérie a capitulé grâce également à l'héroïsme de Raymonde Peschard, Henri Maillot, Fernand Iveton, Maurice Laban, Maurice Audin. Les Pieds-Noirs qui ont fait du mal ont fui comme des "ratons". Les fils de "leurs bougnouls" sont aujourd'hui des médecins spécialistes, des ingénieurs, des professeurs qui bâtissent un pays où au moins on ne connaît pas le racisme sur lequel  la France impériale a construit l'exploitation.
Merci pour ce récit historique.
Fraternellement
Mohamed Rebah
 
----- Mail transféré -----
De : Jacques <jacques.tourtaux@orange.fr>
À : mohamed rebah
Envoyé le : Mardi 28 février 2012 23h20
Objet : Mouzaïaville

 

Camarade,
Vu du camp colonial de l'ETR 805. Si cela peut aider en tenant compte de certaines approximations et autres rumeurs colportées dans le camp. Mes notes furent écrites souvent plusieurs jours après l'évènement relaté. Ces notes figurent dans mon premier bouquin.
Fraternellement.
Jacques Tourtaux

Journées des 15 et 16 mai 1961
,
à l’est du pic MOUZAÏA, dans la zone interdite, l’aviation a lancé des « bidons spéciaux » (Napalm), des kilomètres de forêts grillent.
31 mai 1961, à 500 mètres de la ferme Cleyne. (la seconde ferme dont notre unité a la garde), une ferme gardée par la biffe est attaquée par un petit groupe A.L.N.
Vers 22 h , échauffourée d’une demi-heure, pas de pertes.
07 juin 1961, à MOUZAÏA, 5000 pieds de vigne sabotés à la ferme Bernardini.
09 juin 1961, 7H30, saut de paras près de la base. Dans les gorges de la CHIFFA, situées non loin de notre camp, un groupe de harkis à cheval tombe en embuscade. Un tué et un blessé (rumeur ETR805).
Trois membres de l’A.L.N. surpris par notre section de protection (S.P.). L’A.L.N. sabotait des pieds de vigne. La S.P. n’a pas tiré en raison d’une trêve décidée par les autorités françaises. Nos chefs ont très mal pris cette décision de trêve décidée par « des gens déconnectés du terrain », disaient-ils. L’A.L.N. a continué ses actions de guerre. 19H30, les T6 de la chasse tirent à la roquette sur l’A.L.N., retranchée dans des grottes, sur les flancs du pic MOUZAÏA. Les roquettes jaillissent des ailes des chasseurs, tels des traits de feu, suivis, à l’arrivée d’explosions et de fumées. Très vive riposte de l’A.L.N., dotée d'au moins une mitrailleuse. Les départs de leurs tirs montaient dans le ciel, vers les T6. Fin du combat vers 20H30. Ensuite, jusqu’à 22H30, des Nordatlas2501 décollent de BLIDA et larguent des lucioles. De notre camp, nous avons suivi en direct la bataille.
15 juin 1961, la base est consignée et en état d’alerte. Le peloton dont je suis forme une section d’alerte. Les gardes sont renforcées. Sous une chaleur torride, à la pioche, nous creusons des emplacements pour fusils-mitrailleurs. L’attaque du camp par l’A.L.N. est imminente, selon nos chefs. Celle-ci n’a pas eu lieu. Attendre une attaque, être sur le qui-vive, met les nerfs à rude épreuve. La tension est extrême.
Nuit du 15 au 16 juin 1961, vers 23 H. Ferme Féréol, trois tirs de mortier dirigés vers la ferme.
17 juin 1961, un biffin tué à MOUZAÏA? Une de leurs patrouilles est attaquée dans les gorges de la CHIFFA, entre le ruisseau des singes et le rocher blanc. Deux tués ( rumeur ETR805 ) .
A MOUZAÏA, à l’endroit où la route bifurque sur OUED-EL-ALLEUG, quatre voitures de pieds-noirs sont mitraillées par l’A.L.N. Quatre tués, cinq blessés graves (rumeur ETR805).
Nuit du 18 juin 1961, 22H. Explosion de plastic O.A.S. à BLIDA. 4H.du matin : de la ferme Féréol., nous entendons de nombreux coups de feu. Deux biffins tués (Rumeur E.T.R.805).
19 juin 1961 : violents combats à l’est de MOUZAÏA. Ils ont commencé vers midi et ont duré toute la journée (opération en cours).
23 juin 1961, du début de l’après-midi jusqu’au lendemain matin, nombreux coups de feu et de mortier dans les gorges de la CHIFFA.
24 juin 1961, idem à la journée du 23 juin 1961.
26 juin 1961, pilonnage intensif de la chasse (T6) dans le djebel MOUZAÏA, riposte de l’A.L.N. à la mitrailleuse, installée dans une grotte.
De 18H.30 à 19H.30, violents combats notamment aux mortiers dans la vallée de la CHIFFA. Vers 20H.30, à quelques centaines de mètres de notre camp, un garde musulman est tué dans le camp de regroupement.

LE CAMP DE REGROUPEMENT
Ce camp de regroupement jouxtait notre base. A l’arrivée des gendarmes, l’épouse leur aurait désigné le tueur. Froidement, un gendarme l’abat, à bout portant, à la MAT49. Les balles de son P.M. s’écrasent contre un hangar en tôle de la base, dans lequel étaient logés de nombreux gus de notre unité. Fort heureusement, peu de monde à l’intérieur, car il faisait très chaud, personne n’a été touché.
28 juin 1961, de 8H.15 à 8H.30, rafales de F.M. près du camp.
30 juin 1961, 6H.30, largage de paras près de la base, des combats se déroulent toute la matinée.

MANIFESTATIONS MUSULMANES
01 juillet 1961, manifestations musulmanes à ALGER, BLIDA et autres petites localités d’Algérie. L’armée massacre des dizaines de familles musulmanes.
La wilaya IV a appelé à cette manifestation. A BLIDA, fief de cette wilaya, nous avons appris que les légionnaires du 2° Régiment étranger de parachutistes de la légion (2° REP) ont tiré à la mitrailleuse 12,7 sur les manifestants, tuant plusieurs dizaines de personnes.
02 juillet 1961, la base est consignée. De 21H. à 21H.30, rafales de F.M. secteur Féréol.
03 juillet 1961, le peloton patrouille dans MOUZAÏA, important lieu de passage de l’A.L.N. Le peloton est survolé par un avion d’observation. Le F.L.N. a lancé un ordre de grève. Manifestations dans de nombreuses villes d’Algérie. Nouveau bain de sang, plus de cent morts (bilan officiel.)
09 juillet 1961 à midi, du chat à grailler. Personne n’a bouffé.
11 juillet 1961, cinq fusiliers de l’air tués à BLIDA (rumeur ETR805). 
Nuit du 11 au 12 juillet 1961 : trois biffins tués à EL AFFROUN, village voisin (rumeur ETR805).
12 juillet 1961, 9H, près de la ferme Cleyne., deux pieds-noirs  tués. Ils ont sauté sur un obus de105 piégé. Quel boucan !
Nuit du 13 au 14 juillet 1961, entre 20H.30 et minuit, nous entendons de nombreux tirs, très nourris, venant de chez Féréol.

14 JUILLET 1961

L’escorte qui vient nous rechercher à 6H. du matin, à la ferme Cleyne. est en retard. Durant la nuit, l’A.L.N. a abattu des poteaux téléphoniques.
Pour l’anecdote, j’ajoute que, tard dans la nuit, pendant ma faction je me suis assoupi. Ce sont les copains de l’escorte, qui nous ont réveillés. Personne n’en a rêvé. Je l’ai échappé belle, c’était OUED-SMAR ou TINFOUCHI en cas de dénonciation.
Dans cette ferme, nous n’étions que trois appelés. Lorsque l’un des trois était de faction pendant deux heures sur le toit, les deux autres dormaient si la situation le permettait.
A MOUZAÏA, nous crevions de faim, souvent vidés à cause des courantes. Mais les missions très rapprochées ne pouvaient attendre, puisqu’il n’y avait pas assez de soldats. A MOUZAÏA, il n’y avait pas de planqués.
Nuit du 17 juillet 1961, vers 22H. Harcèlement de la ferme Cleyne. L’A.L.N. procédait ainsi afin de démoraliser les bidasses. C’était leur forme de guerre psychologique. Je n’avais pas besoin de ça. Comme tout appelé, j’attendais la quille. L’armée, rien à cirer.
Nuit du 20 juillet 1961, 23H. Vive fusillade et tirs de mortiers dans les djebels proches de MOUZAÏA.

QUARTIER LIBRE

30 juillet 1961,
avec deux copains, j’attends vainement le train pour BLIDA. Il a sauté sur un 105 piégé. C’était l’un de nos rares quartiers libres. Nous ne nous laissons pas abattre et prenons un vieux car tout rafistolé. Les gens nous étaient visiblement hostiles. Trois pauvres gus en uniforme, sans armes, pas rassurés. Soulagement à l’arrivée à BLIDA où on s’est perdu dans le dédale des ruelles. Nous avons failli nous faire tuer à coups de pierres. Au départ, des gosses en guenilles nous demandent de l’argent .Ils nous insultent, nous balancent divers objets ramassés par terre, des adultes s’en mêlent. Les pierres pleuvent de plus en plus drues et de plus en plus grosses. Nous avons réussi à ne pas nous laisser enfermer. Nous devons notre salut à une fuite vitesse grand V. Nous sommes arrivés devant des chevaux de frise qui servaient de protection à une imposante bâtisse en dur. C’était la « Patte de Chat », un bordel très connu des soldats à BLIDA. En nous faisant rentrer, la mère maquerelle nous a sauvé la vie.

MOIS D’AOUT SANGLANT

  Nuit du 01 août 1961
, entre 22H et 23H
. Ca rafale aux MAT49 et au F.M., secteurs Cleyne. et Féréol.
03 août 1961, à MOUZAÏA, un engin explosif est lancé sur le toit de la maison d’un commerçant musulman.
05 août 1961, base consignée. Le général félon GARDY émet à l’aide d’un émetteur clandestin un message pro-O.A.S.
Nuit du 08 août 1961, entre 20H30 et 2OH45, ça rafale secteur de la base. Fait assez rare, ça accroche à la MAT49, au F.M., aux flingues, à la 12,7, aux mortiers et à la grenade dans les gorges de la CHIFFA. Bilan inconnu.
NUIT du 10 août 1961 : notre section de protection (S.P.) rafale deux A.L.N. à la MAT49 et à la 12,7. La biffe du 404 R.A.A. fait également le coup de feu. Les deux hommes réussissent à se camoufler dans MOUZAÏA.
NUIT du 14 août 1961, la S.P. tire sur quatre A.L.N. à MOUZAÏA. Ils s’échappent en ripostant.
15 août 1961, ça rafale toute la matinée dans le secteur proche de la base.
Nuit du 15 août 1961, 22H15, ça rafale à la MAT49 près de la base.
19 août 1961, trois incendies dus au napalm font rage toute la journée. Accrochages dans le djebel MOUZAÏA jusqu’au soir. Douze A.L.N. auraient été tués.
Nuit du 22 août 1961, l’A.L.N. coupe des pylônes près de chez Féréol. et scie deux cent orangers. Je suis de garde cette nuit-là, à la ferme. Cette crapule n’aime pas ses « indigènes », ni les gus qui le protègent, chaque nuit. Nous profitons de son absence pour donner des conserves à ces pauvres gens. Pas d’hommes valides. Il n’y a que des femmes et des enfants et un ou deux vieux. Ces familles logent dans un gourbi au centre de la ferme. Nous ne sommes pas mieux lotis, nous dormons dans une étable dont la porte obsolète et détériorée fermait avec un fil de fer accroché à un clou. Féréol n’avait que faire de la peau des gus qui défendaient la sienne. Nous ne sommes pas dupes : les hommes sont avec l’A.L.N. La lutte du peuple algérien est justifiée. Seule la quille nous intéresse.
Pendant les quelques mois que l’ai passé à MOUZAÏA, pas de perte déplorée parmi nous : C’est l’essentiel.
Pendant cette nuit du 22 août 1961, jusque tard dans la nuit, les femmes et les enfants ont chanté à tue-tête. Ils couvraient ainsi les bruits des scies qui coupaient les pylônes. L’escorte est arrivée en retard. Les sorties nocturnes de véhicules étaient rares : elles étaient réservées aux cas d’extrême nécessité car l’insécurité régnait. Quand il le fallait, le médecin était escorté.
25 août 1961, Nord-Est d’OUED-EL-ALLEUG, deux A.L.N. gravement blessés par l’armée en cours d’opération.
27 août 1961, 7H45, à MOUZAÏA , explosion d’un obus piégé. J’étais dans un mirador sur la base. Quel vacarme !
28 août 1961, 19H30, l’A.L.N. rafale avec des armes automatiques un véhicule militaire à 4 km au Sud Ouest d’ OUED-EL-ALLEUG (bilan inconnu).
Prés d’ EL AFFROUN, des pylônes haute tension sont coupés sur les lignes BLIDA-MARENGO et BOUFARIK-AFFREVILLE.
Nuit du 01 septembre 1961. Vive fusillade près de la ferme Cleyne.

LES CONQUERANTS

06 septembre 1961,
dans l’après-midi, un commando A.L.N. fort d’environ une douzaine d’hommes a tué par égorgement deux fermiers européens, blessé leur fils âgé d’une quinzaine d’années. Celui-ci a réussi à contacter la base par téléphone. La S.P. est sortie aussitôt tuant trois A.L.N., dont deux blessés achevés sur place par des soldats.
Lorsque le Half-Track est revenu, un cadavre juché sur la mitrailleuse 12,7, les ovations des pieds-noirs dans la rue principale l’ont accueilli.
A l’arrivée au camp, des gendarmes en treillis de combat impeccables, n’ayant visiblement jamais servi, se sont comportés comme des conquérants, en ouvrant l’arrière du véhicule. Ils gueulaient après les bidasses qui ne sautaient pas assez vite de l’engin, deux cadavres à leurs pieds.
Je revois encore ces sauvages, ces va-t-en-guerre attraper les victimes par les cheveux, les jeter à terre, les traîner sur le sol comme des sacs de pommes de terre.
L’un des gendarmes a eu un recul. Sa gloriole avait disparue. Il venait de mettre la main dans la bouillie : la cervelle de l’Algérien qu’il voulait traîner à terre.
En effet, l’un des malheureux avait la boîte crânienne éclatée par les balles des pistolets-mitrailleurs MAT49.
Les trois corps étaient recroquevillés, raidis par la mort : l’un d’eux avait les cheveux dressés sur la tête, la mort jusque dans les cheveux ! Les mouches virevoltaient autour d’eux. Ils furent exposés à la vue de tous dans une petite baraque, appelée « l’abattoir » par les anciens.
La vision de l’un d’eux m’a particulièrement choquée. Je le revois encore. Un beau brun à la moustache finement taillée sur un beau visage. Ses yeux étaient grands ouverts, il semblait sourire. Ses bras étaient criblés d’impacts de balles.
Trois jeunes gens de petite taille, 17 ou 18 ans environ, notre âge.
J’étais révolté, impuissant. Comment des garçons de même âge, certains appelés du contingent, ont-ils pu agir avec une telle sauvagerie ? Achever des blessés ! L’un d’eux n’était que légèrement blessé de quelques balles à un bras ! Honte à ces assassins !
Cette vision d’horreur hante encore parfois mes nuits. Des cauchemars d’une acuité accrue, chaque année, à l’approche du mois de septembre.
Cette journée du 06 septembre s’est achevée par le bruit de l’explosion d’une grenade défensive (DEF) au bain maure et par l’annonce de l’arrestation de sept personnes, appartenant sans doute au commando A.L.N., par la biffe , probablement le 404 R.A.A.

LA RAFLE

07 septembre 1961, quatre vingt musulmans (?)sont raflés dans la population « mâle », comme disent nos chefs. Ils sont emmenés de force à la baraque où, pour l’exemple, ils sont contraints de passer lentement devant les cadavres exposés des trois Algériens, abattus par des hommes de la S.P. Parmi ces Algériens, quatorze personnes environ dont de jeunes garçons de 13 ou 14 ans n’ont pas de pièce d’identité. Ils ont été arrêtés à la sauvette.
Le lendemain, nous avons su que le groupe des 14 avait été passé à tabac et à la gégène. Adultes et enfants torturés à mort. (?)
Jusque tard dans la nuit, nous avons entendu des cris inaudibles. Comme des cochons que l’on égorge. C’était insoutenable. Nous n’avons pas vu, mais nous avons compris que les enfants arrêtés étaient torturés.
Après quelques jours d’exposition en plein été, les trois cadavres auraient été jetés à la benne à ordures pour être ensuite jetés à la décharge publique. Selon les anciens du camp, cette pratique était courante à MOUZAÏAVILLE.
Toujours le 07 septembre 1961, dans le djebel MOUZAÏA, gros incendie dû au napalm. Au début de la nuit, vingt-six volontaires du peloton, de jeunes recrues inexpérimentées, de la classe 61/2 sont envoyés boucler et fouiller le secteur. Deux grenades défensives sont récupérées.
12 septembre 1961, 22H. Alors que nous étions en patrouille, dans MOUZAÏA, explosion due à un plasticage O.A.S. Trois Algériens sont grièvement blessés. L’un d’eux agonise, la poitrine transpercée par un morceau de planche ressortant dans le dos. Lors de l’explosion, par effet de souffle, j’ai reçu un choc à la tête : sans doute une pierre ou autre objet.
L’arcade sourcilière saignait abondamment. J’ai tourné de l’œil. Après toutes ces années, je me demande encore si je le dois à la vision du pauvre homme agonisant ou au coup reçu. J’ai atterri à l’infirmerie où on m’a recousu avant de me renvoyer dans ma piaule. J’ignore ce que sont devenus les trois blessés algériens.
REBELLIONS

Après le putsch d’avril 1961, les soldats passés libérables ( à trois mois de la quille) refusaient systématiquement d’aller au crapahut. Les bleus les suppléaient.
J’avais rencontré deux autres appelés communistes avec qui j’écrivais des petits papillons « Paix en Algérie » que l’on placardait et distribuait sur les lits, dans les fillods , en se planquant. Nous suivions les consignes du P.C.F : militer au sein de son unité afin d’aider à la prise de conscience des appelés, peu politisés.
Les papillons étaient rédigés en scripte. Pour éviter d’être pris, on se cachait derrière les moustiquaires des fillods  sous les vasistas, à l’heure de la distribution du courrier par le vaguemestre pendant midi. Il faisait une chaleur torride sous la tôle. Le vaguemestre pouvait nous appeler pour une lettre. Une ou deux fois, mon voisin de piaule, qui se doutait que j’étais dans le coup, m’a ramené du courrier. Ne voulant pas lui faire courir de risques, nous avons décidé d’espacer nos rendez-vous. Tout se passait bien. Nous nous sommes donc enhardis à rédiger de petits tracts de trois ou quatre lignes appelant notamment à « lutter contre la guerre  imbécile et sans issue menée par DE GAULLE en Algérie ». On signait : « des appelés communistes ».
Quand aux gradés, ces brèles devaient se douter que j’étais dans le coup, mais « pas vu, pas pris ». Par conséquent, l’armée ne savait plus où me mettre. Les gradés m’ont viré du peloton, pourtant obligatoire, à MOUZAÏA. Bien que reçu au stage de standardiste, j’ai très vite compris que je n’aurais pas d’affectation dans cette spécialité. Un gradé m’a annoncé que j’étais « reclassé sans spécialité ». Reclassé « bon à rien » : les risques encourus étaient accrus. Or, le danger était permanent à MOUZAÏAVILLE.
L’ampleur des protestations en métropole et la paix qui se profilait à l’horizon imposait à l’armée la discrétion dans sa répression contre les soldats rebelles : l’armée préférait éviter d’ébruiter ce que subissaient certains bidasses.
L’armée m’a donc spécialement choyé, en m’isolant pour mieux assouvir sa répression feutrée. Tout au long de mon service militaire, j’ai vécu sous la menace d’un retour à OUED-SMAR. Vivre constamment dans la crainte d’un mauvais coup d’un gradé est terriblement stressant.
Avoir fait ses classes à OUED-SMAR imposait le respect aux autres appelés : la seule évocation de ce nom était redoutée de tous. Mais c’était une tare aux yeux de nombreux gradés. Certains « rampants » étaient des crevures. Ils n’avaient rien de commun avec les pilotes qui étaient souvent très sympathiques. N’ayant plus de stage à suivre, plus de peloton à faire, j’étais à la disposition des chefs. Diverses missions occupaient l’essentiel de mes journées : crapahut à volonté. J’ai craint pour ma vie.
Les tracts pendant midi, le crapahut toute la journée : cela a duré jusqu’au jour où j’ai reçu l’ordre de faire mon paquetage. J’avais été dénoncé. Embarquement immédiat en train, puis en avion, sous escorte : comme si je pouvais m’échapper de l’avion ! Ce n’est qu’à l’atterrissage que l’on m’a dit que j’arrivais à TELERGMA, dans le CONSTANTINOIS. J’étais très anxieux.
Cette région d’ALGERIE avait mauvaise réputation, en raison de l’insécurité engendrée par l’activité d’une A.L.N. très combattive.
C’est donc à la mi-septembre 1961 que je suis muté dans le CONSTANTINOIS. J’ai correspondu avec un copain resté à MOUZAÏAVILLE. Nous avions prévu un système « anti-mire ». On écrivait au crayon mine et on collait l’enveloppe à la « seccotine » pour voir si on était censurés. J’ai reçu certains courriers, notamment une lettre de mon oncle Hilaire, le cheminot. Elle est passée. C’était aussitôt après le putsch d’avril 1961. Il relatait les luttes des ouvriers en France pour faire barrage aux factieux. Il a enchaîné par de violentes critiques contre la guerre et contre l’armée.
Je n’ai pas été inquiété par ce courrier antimilitariste qui est passé malgré une sévère censure.

MOUZAÏAVILLE
L’AFFRONT

Au réfectoire, j’ai vu un chef de chantier pied-noir traiter plus bas que terre des algériens qui travaillaient à la construction d’un mur. « Sale melon »,  «sale raton», « sale bougnoule »…, le refrain habituel, auquel je n’ai jamais pu m’accoutumer. Le pied-noir aboyait.
Mon sang n’a fait qu’un tour. Discrètement, j’ai dit à l’oreille de celui qui semblait le plus âgé : 
« Qu’attendez-vous pour le descendre » ?
Une journée ou deux après, pas de chef de chantier. Le vieil homme, qui m’a reconnu m’a dit à l’oreille que le F.L.N. l’avait tué. J’étais sidéré. La mort de la brute qui n’en était pas moins un être humain me réjouissait. C’était pendant l’été 1961. J’aimerais tant revoir cet algérien ou l’un des témoins de cette scène au réfectoire.

Publié dans guerre d'Algérie

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L'HOMMAGE A PIERRE OVERNEY, MILITANT DE LA CAUSE DU PEUPLE

Publié le par Tourtaux

L’hommage à Pierre Overney,

militant de la Cause du Peuple

 

Ce samedi 25 février 2012 au Père Lachaise à Paris, un hommage poignant a été rendu à Pierre Overney, militant maoïste assassiné par un vigile aux portes de l’usine Renault à Billancourt. C’était, il y a 40 ans, jour pour jour.
Nous sommes le 25 février 1972. Il est 14h 30. Pierre Overney diffuse à l’entrée de l’usine automobile dont il vient d’être licencié, un tract d’appel à une manifestation le soir même au métro Charonne pour dénoncer les crimes racistes qui se multiplient alors dans la banlieue parisienne. Charonne qui résonne encore des cris de douleur de ces militants communistes favorables à l’indépendance de l’Algérie assassinés dix ans plus tôt sur ordre du sinistre Papon. Soudain, le pistolet à la main, Jean-Antoine Tramoni, chef de la milice privée de Renault, s’avance. Il tire. Pierre Overney tombe. « Pierrot », 24 ans, est mort. Ses obsèques seront suivies par plus de 100.000 personnes… Le militant de la Gauche prolétarienne (GP) sera vengé cinq ans plus tard. Le 23 mars 1977, un « commando de la Mémoire » des Noyaux armés pour l’Autonomie populaire (NAPAP) exécute son assassin, libre après avoir purgé une peine de quatre ans de prison…
Initié par le Parti communiste maoïste (PCM) de France, cet hommage attire d’anciennes emblématiques figures de la GP dont la chanteuse Dominique Grange, l’ancien ouvrier licencié lui aussi de Renault, Sadock Ben Mabrouk, ou encore le journaliste Jean-Paul Cruse, auteur d’une histoire de la Gauche prolétarienne. Une organisation d’inspiration maoïste qui se développera dans le Nord-Pas-de-Calais sous l’impulsion de Joseph Tournel et d’André Théret, deux anciens mineurs en rupture de ban avec le PCF dont l’orientation est alors qualifiée de « révisionniste » ; tous deux appréhendant alors la Chine populaire comme la continuation de l’URSS de Staline.
Dans l’après-midi, un débat sur l’actualité de l’énergie créatrice du maoïsme prolonge cette manifestation empreinte d’émotion à laquelle assiste une délégation des Amis de Joseph Tournel. « Nous sommes ici dans une démarche de transmission. La GP nous a laissé un vrai héritage qu’il s’agit de faire fructifier », s’enthousiasme un militant du PCM. Avant d’interpréter les Nouveaux Partisans, véritable hymne de la GP, Dominique Grange décrit la personnalité de Pierre Overney : « Un gars très sympa, attachant, qui aimait se marrer. Un battant toujours prêt à aller au combat. Il incarnait la résistance des jeunes dans les usines. » Dans la foulée, Jean-Paul Cruse propose de solliciter de la mairie de Paris l’inauguration d’une rue ou d’une place en mémoire de « Pierrot ». De diplomatique manière pour commencer… Après tout, Alain Geismar qui fut avec Benny Levy l’un des dirigeants les plus médiatisés de la GP, n’officie-t-il pas aujourd’hui comme conseiller du maire social-démocrate de Paris ?
Sadock Ben Mabrouk et Jean-Paul Cruse entonnant l'Internationale

 

Source : Patrice BARDET 

Publié dans Lutte des classes

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