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BAVARDAGES DE DIRIGEANTS POLITIQUES, SPECTACLE DE FOIRE, CANICHE ET NAVET.

Publié le par Tourtaux

 
Spectacle de foire, caniche et navet.

L’histoire opposait le heel et le face invariablement, le voyou et le gentil. Puis les fédérations ont acquis un poids économique suffisant, les rôles se sont diversifiés, mis au goût du jour, les personnages ont été empruntés aux bandes dessinées ou à la galerie des stars musicales.
L’attraction de foire, d’artisanale qu’elle était en Europe, est devenue une activité de l’industrie de l’« amusement » aux Usa avec des chaînes télévisuelles qui lui consacrent des programmes payants et la greffe inévitable dans une société capitaliste des paris sur l’issue des combats.
L’importance de la masse musculaire des lutteurs n’était pas dépendante d’hormones anabolisantes quand maintenant le squelette des compétiteurs peine à porter la charge pondérale fabriquée par la pharmacopée pour répondre à la norme esthétique du genre.
Dans l’exercice de leur métier, les catcheurs font preuve à la fois d’adresse et de talent de comédien. De longs discours adressés au public sur le mode happening sont insérés dans les séquences du scénario du combat sur le ring ou en dehors des cordes.

L’activité des dirigeants politiques s’apparente en plus d’un point avec l’agitation jouée par les lutteurs professionnels.
Ils font mine de s’égratigner, le sang coule rarement.
Tout leur art consiste à maquiller l’entente préalable et à lire d’une manière qui devrait être convaincante les textes écrits par d’autres sur leur téléprompteurs.
Ils peuvent emprunter leurs masques dans des bestiaires, Tony Blair n’a pas hésité à jouer le caniche menteur, Sarközy s’est inspiré du vibrion cholérique, d’aucuns puisent dans les potagers ou les vergers, Hollande louis-philippard hésite entre le navet et la poire.
Ils sont choisis par le système et en sont les officiants. Leurs numéros sont répétitifs, droitdelhommesques et prétendument exécutés pour les ‘valeurs’ de liberté et démocratie, insipides en dehors de quelques-uns qui resteront historiques par leur cynisme ridicule. Celui de Bush affirmant sur le porte-avion USS Abraham Lincoln que ‘la mission est accomplie’ ou que le travail est terminé comme le ferait une sage-femme certaine d’avoir aidé à mettre au monde le monstre de la guerre sans fin en Irak et dans tout l’Orient arabe. Celui de Sarközy tressaillant des épaules pour annoncer l’assassinat de Muammar Qadhafi qui sera suivi de la disparition de l’État libyen ou encore du roquet Fabius attribuant à Bashar al Assad un non permis de séjour sur terre.

Le réseau de la NSA aspire toutes ses données grâce aux yeux et aux oreilles des services publics et privés de tous les pays servants appelés poliment alliés.
Cryptées ou non, elles transitent par des chemins obligatoires sur lesquels il semble aisé de poster des veilleurs capables de les dupliquer sans entraver leur marche.
La prouesse technologique consiste plutôt dans la capacité de stockage des flux incessants et plus encore celle qui consiste à en extraire l’information utile. Pour cette performance, le doute est recommandé quant à la pertinence de cette surveillance en matière de ‘terrorisme’ allégué quand il n’est pas fomenté ouvertement alors que l’espionnage industriel doit être relativement efficace.
Le sommet extraordinaire arabe tenu à Casablanca en août 1985 a été écouté en direct à Tel Aviv, les micros de tous les chefs d’État arabes étaient reliés à une table d’écoute du Mossad, c’est dire l’âge de ce type d’intrusion. L’hypothèse que l’hôte l’ait favorisée est très probable.
 
« Et qui oserait me condamner dans ce monde sans juge où personne n’est innocent ? »

En arrière-plan, se profile une guerre, fausse vraie cyber-guerre ou vraie fausse ?
Dès juin 2010, le virus Stuxnet a été identifié. Il a donné sa pleine mesure en 2011 et 2012, prenant la main sur des ordinateurs qui gèrent des industries nationales. Sa complexité a laissé supposer que sa confection a nécessité l’intervention de plusieurs États, la rumeur a désigné les Usa et Israël parce que le contrôle des centrifugeuses des sites nucléaires iraniens aurait été usurpé. La maîtrise de sa virulence a échappé à ses auteurs car l’épidémie s’est étendue à des structures non ennemies en principe, l’Inde en a notablement souffert.
L ‘apparente complexité du réseau internet limite actuellement le recours à ce type d’infection comme arme offensive, probablement par l’universalité des séquences cibles.
En janvier 2010, le moteur de recherche chinois Baidu, 55% du marché chinois, avait subi une attaque informatique qui a pris comme cible son DNS (Domaine Name System) administré depuis les Usa par le gestionnaire de domaine Register.com. Il a déposé plainte devant les tribunaux de New York et a demandé des dommages et intérêts.
En avril 2010, la Chine a fait montre de sa capacité à pirater le trafic internet. L’incident a duré 18 minutes au cours desquelles 15% du trafic mondial a été détourné vers des serveurs chinois. Le trafic en direction ou à partir de sites du gouvernement étasunien et de son armée aurait été dérouté par China Telecom.(1)
Toutes sortes d’attaques sur internet, politiques ou non, pratiquées parfois par de très jeunes gens, sont fréquemment perpétrées, démontrant que l’inviolabilité des données internet est illusoire malgré toutes les sécurités prises par les firmes et les États.
Les réseaux de communication font de cette planète une vraie maison de verre, transparente et aisée à briser.
Tout ce qui transite par fibre optique, câble téléphonique est susceptible d’être approprié par les nouveaux corsaires.
Faut-il se ranger au vieux dicton arabe : ‘La parole que tu ne profères pas, tu en es le maître, celle qui sort de ta bouche, tu en es l’esclave’. Tous les dirigeants arabes sont surveillés, écoutés et enregistrés, plus pour des raisons commerciales que stratégiques. Seul le Hezbollah échappe à la règle car disposant de ses propres réseaux filaires mais il concède des traces électroniques pour ne pas laisser apparaître de trou dans le recueil de la NSA et du Mossad.
Ou bien continuer à tout dire, le vrai pour qu’il soit pris pour du faux, le faux pour qu’il soit compris comme vrai ?

Depuis Snowden, rien n’est plus comme avant parce que tout le monde sait que tout échange verbal écrit ou oral émis appartient au domaine public. Le contrôle par la famille, le clan, la tribu passait pour archaïque et oppressant quand l’individualisme a été institué valeur suprême. Ici, quand vous ne livrez pas de votre plein gré votre intimité à Zuckenberg, les multiples dérivations qui collectent des octets le font pour des États, des groupes d’États et surtout des firmes.
Il n’est pas certain que la notion même d’État au sens d’organisation locale avec une souveraineté politique fondée sur l’existence d’un peuple défini culturellement et historiquement soit encore valide dans les décennies à venir. Le désengagement continu de celui-ci de son rôle social depuis les années soixante-dix du siècle dernier et accéléré depuis les faillites bancaires évitées en 2007-2008 par un endettement colossal le réduit à une collection de communautés que l’on destine à l’affrontement.

Tigre édenté en papier

Les prévisions (si elles ont un sens en période chaotique) de l’OCDE octroient à la Chine populaire le rang de première puissance économique dans deux ans. Malgré son adoption d’un capitalisme de copains coquins lardé de népotisme et de corruption à l’image de l’occidental, son poids d ‘un milliard et demi d’humains fera d’elle – avec l’Inde – un pôle technologique et scientifique d’une autre envergure que celle des Us(a). Les États unis d’Amérique du Nord sont en train de perdre leurs avancées parce que leur système d’instruction ne forme plus correctement les générations futures.
Les compétences en mathématiques des élèves étasuniens les classent au 24ème et dernier rang des pays de l’OCDE dans la plus récente enquête PISA qui s’est achevée en 2012. La recherche fondamentale publique n’y dispose plus de fonds suffisants pour des raisons de rigueur budgétaire. Les étudiants sont surendettés et les doctorants qui sont la source de percées scientifiques ne bénéficient pas d’allocations d’études.
La Chine au contraire consacre de plus en plus de ressources pour son secteur Recherche et Développement, dès 2011 elle a éclipsé le Japon comme deuxième pays allouant le plus de fonds en R&D. Entre 2000 et 2008, le nombre d’ingénieurs a doublé passant à 1,59 millions ce qui tout en étant peu en proportion de la population est énorme en chiffre absolu (2).
Il est à noter que 8 parmi les 9 membres du Comité permanent du Bureau Politique du PCC, instance la plus puissante dont les décisions ont force de loi, ont un niveau de formation d’ingénieurs, versus des khâgneux, de vagues avocats ou des diplômés en ‘sciences politiques’ ou en droit en Occident.
Exposée à des conflits sociaux d’une ampleur proportionnelle à la disparité de la répartition des richesses, la Chine tente d’amortir la baisse de sa croissance industrielle en tournant sa production vers son marché intérieur. Ce faisant, elle a amorcé la pompe dangereuse du crédit, dette des entreprises et dette des particuliers dont le foyer principal gît dans le secteur immobilier.
Pendant que le successeur de Ben Bernanke s’apprête à poursuivre la politique monétaire de l’argent imprimé sans contrepartie et prêté à taux zéro pour les institutions financières, la Chine achète de l’or métal, 2200 tonnes ces deux dernières années.
En dehors d’un conflit mondialisé qui ferait disparaître brutalement l’humanité (3), dans dix ans, la promesse énoncée à l’occasion dérisoire de l’arrêt provisoire du fonctionnement de la fédération étasunienne par l’agence de presse officielle de Chine Nouvelle sera tenue dès 2023.
Le monde sera désaméricanisé et sans doute ce nouveau siècle déjà largement sinisé basculera vers l’Orient sans secousse sous la férule de lettrés rompus aux arts martiaux de l’utilisation douce de la force de l’adversaire pour le terrasser.

N’y aurait-il pas assez de places ni de parcs sur ce vieux continent pour que les peuples qui y vivent y expriment leur mécontentement du spectacle forain dégradé qu’ils subissent ?
Et surtout, qu’ils imposent des règles d’un jeu équitable, impossible à truquer pour le bien-être de tous ?
Taksim Parki et Maydan Tahrir resteront-ils des phénomènes exotiques et sans lendemain ?
 
(3) La dispute avec le Japon à propos de l’archipel Sensaku-Diaoyu est malhabilement entretenue par les maîtres du monde. Le dévoilement de la flotte des sous-marins à propulsion nucléaire (et furtifs ?) chinois vient de produire son effet dissuasif, il assurera la souveraineté des eaux territoriales chinoises. http://french.china.org.cn/china/txt/2013-10/29/content_30437457.html

Publié dans Politique

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LES 1870 SALARIES DE CHEZ FAGOR CRAIGNENT LA FERMETURE DES QUATRE USINES IMPLANTEES EN FRANCE. LES SYNDICATS VONT ETRE RECUS PAR MONTEBOURG, MINISTRE DU REDRESSEMENT PRODUCTIF

Publié le par Tourtaux

Fagor : "Il faut que l'Etat français nous aide à fabriquer français" (CGT)

 

 

 

Deux jours avant un comité central d'entreprise extraordinaire, les syndicats français de Fagor ont rendez-vous ce lundi au ministère du Redressement productif. Mercredi dernier, la filiale polonaise du groupe d'électroménager a été placée en dépôt de bilan. Et les  440 salariés de Fagor à la Roche-sur-Yon et à Aizenay s'attendent à la même chose dans leurs usines. Les syndicats vont donc demander un accompagnement de l'Etat pour trouver un repreneur comme l'explique Claudie Chevalier, déléguée du personnel CGT à Aizenay.

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Par Rédaction de France Info


le Lundi 4 Novembre 2013 à 06:56
Par Rédaction de France Info
http://www.franceinfo.fr/economie/fagor-il-faut-que-l-etat-francais-nous-aide-a-fabriquer-francais-cgt-1200839-2013-11-04
Fagor : réunion de crise à Bercy sur l'avenir des 1 870 emplois menacés

Publié le 04.11.2013, 07h51 | Mise à jour : 08h12

 

Les syndicats de Fagor qui craignent la fermeture des quatre usines en France avec 1 870 salariés menacés sont reçus par Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif. 
Les syndicats de Fagor qui craignent la fermeture des quatre usines en France avec 1 870 salariés menacés sont reçus par Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif.  | Jean-François Monier
Zoom
 

Après GAD, , ,... La déconfiture du groupe d'électroménager Fagor qui emploie 1 870 personnes en sur 5 642 personnes dans le monde arrive, aujourd'hui, sur le bureau d'Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif qui reçoit, ce lundi matin, les syndicats du fabricant alors que quatre usines en Vendée, dans le Loir-et-Cher et le Loiret sont menacées de fermeture.



Alors que la coopérative Mondragon, maison-mère de Fagor qui produit les marques Vedette, Brandt, Sauter, De Dietrich a renoncé la semaine dernière à renflouer son entreprise vedette qui affiche une dette abyssale de 800 millions d'euros. Un Comité central extraordinaire d'entreprise est prévu le 6 novembre. Déjà, le ministère du Redressement productif a décidé d'organiser une table ronde, le 7 novembre, avec les responsables des collectivités locales où sont implantées les usines.

Fagor est confronté à une chute de ses ventes avec un chiffre d'affaires en baisse de 19% au premier semestre 2013. L'entreprise a estimé qu'une aide de 170 millions d'euros serait suffisante pour éviter la banqueroute. Mais, Mondragon, la coopérative du pays Basque née dans les années 1950 qui est devenue un conglomérat implanté avec 80 000 salariés dans une vingtaine de pays avec des activités aussi diverses que l’électroménager, les équipements pour voitures, les machines industrielles ou le matériel sportif a jugé de son côté que «les ressources demandées ne suffiraient pas à garantir sa viabilité». Dans la foulée, Fagor a annoncé, jeudi, que sa filiale polonaise Fagor Mastercook qui emploie 1 400 personnes à Wroclaw déposait le bilan, premier pas probable vers le dépôt de bilan du groupe qui compte 5 700 salariés à travers le monde.

En France, les usines sont déjà à l'arrêt depuis plusieurs semaines comme à Orléans qui emploie 600 personnes ou encore à la Roche-sur-Yon (360 salariés). Vu l'urgence, les syndicats attendent que l'Etat s'implique directement dans le dossier. «Il faut que l'Etat refinance la dette pour faire redémarrer la production», a estimé Philippe Breger, délégué CGT du site de La-Roche-sur-Yon.

Du côté des élus locaux, on se fait guère d'illusions sur l'avenir de Fagor. «Il faut réindustrialiser les sites. Fagor c'est terminé», a expliqué, jeudi, Bruno Retailleau, le président UMP du Conseil général de Vendée. Face à cette catastrophe industrielle annoncée, le gouvernement ne peut pas rester passif. Il doit réagir de toute urgence pour trouver des solutions qui permettront d’atténuer ce choc économique et social» De son côté, Jacques Auxiette (PS), président de la région Pays de Loire, a rappelé que «dès mi-octobre la Région s'était dite prête à copiloter avec l'Etat les initiatives qui pourraient être prises collectivement vis-à-vis d'éventuels repreneurs».

 

Video. L'inquiétude des salariés de Fagor

 

http://www.youtube.com/watch?v=2MUvkpFqlJo

 

http://www.leparisien.fr/economie/fagor-reunion-de-crise-a-bercy-sur-l-avenir-des-1-870-emplois-menaces-04-11-2013-3285075.php

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Publié dans Lutte des classes

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GILLES MUNIER : MAIS OU EST DONT PASSEE LA RESISTANCE IRAKIENNE ?

Publié le par Tourtaux

Samedi 2 novembre 2013

 

 

Par Gilles Munier (Afrique Asie – novembre 2013)* 


 

Le bilan des attentats sauvages d’Al-Qaïda en Irak (AQI) est terrifiant. Le massacre quasi quotidien de plusieurs dizaines de civils chiites ouvre la voie à la partition du pays sur des bases confessionnelles. Est-il besoin de dire au profit de qui ?


 

Plus de 6 000 Irakiens massacrés depuis mars dernier selon l’ONU, majoritairement civils et chiites, parmi lesquels des pèlerins, des familles entières assistant à des mariages ou aux funérailles de parents, et dernièrement 14 enfants d’une école primaire turkmène près de Tel Afar … Ces tueries à la voiture piégée ont pratiquement toutes été revendiquées par l’ « Etat islamique en Irak (EII) », resiglé EIIL en avril dernier, après l’élargissement de son champ d’action au « pays du Levant » (Syrie - Liban). Son chef, un certain Ibrahim al-Badri - alias Abou Bakr al-Baghdadi al-Koraichi (du nom de la tribu du Prophète Muhammad) - sème la terreur, éliminant tous ceux qui lui barrent la route, y compris des membres d’organisations djihadistes : en octobre dernier, de violents combats ont opposé dans la Vallée des cochons (Wadi al-Khanzeer)près de Kirkouk, l’EIIL aux Kurdes d’Ansar al-Sunnah, un des plus anciens alliés d’Al-Qaïda en Irak (AQI). On a l’impression de revivre les années 2003-2006 quand le Jordanien Abou Mussab al-Zarqaoui, fondateur d’AQI, cherchait à s’imposer dans la région d’Al-Anbar et multipliait les attaques contre les chiites. A l’époque, sa cruauté et sa haine sectaire lui avaient valu un rappel à l’ordre d’Oussama Ben Laden et d’Ayman Zawahiri qui ne passent pourtant pas pour des tendres. Il n’en avait pas tenu compte.


 

Les milices Sahwa


 

Plutôt que de combattre seulement les envahisseurs occidentaux, l’ « Etat islamique en Irak » - fondé en juin 2006, après la mort de Zarqaoui - s’en est pris à l’Armée islamique en Irak et à la Brigade de la Révolution de 1920, organisations de résistance bien implantées dans la région d’Al-Anbar. Pour Izzat Ibrahim al-Douri, chef du Baas clandestin, l’EII était « une pierre supplémentaire du programme visant à diviser l’Irak », mais cela ne l’empêcha pas, encore récemment, de considérer les leaders d’AQI comme « des frères dans le djihad » et de se rapprocher du royaume saoudien.


 

Autre conséquence des excès de l’EII : la création des milices tribales Sahwa, pro-américaines. Zarqaoui qui collaborait avec des tribus hostiles à l’occupation de l’Irak et aux chiites au pouvoir à Bagdad, décida brusquement de mettre au pas les cheikhs et les imams trop indépendants à son goût et de leur imposer un mode de vie islamique qu’ils refusaient. Quand les menaces ne suffisaient pas, il les faisait assassiner, bien qu’il sache que toute personne abattue – a fortiori un cheikh - sera vengée comme l’exige le thâ’r, tradition remontant à l’époque préislamique.


 

Le meurtre du cheikh de la tribu Albu Risha eut pour prolongement automatique la montée aux créneaux de son fils Abdul Sattar, personnalité tribale de moindre importance, mais qui voulait venger le meurtre de son père rapidement et à n’importe quel prix. En quelques semaines, avec l’aide des Marines chargé de « pacifier » Al-Anbar, il créa le Conseil de l’Eveil regroupant des chefs de tribus anti-Zarqaoui, dont les Albu Fahd de Ramadi et les Albu Mahal d’Al-Qaïm qui avaient soutenu AQI jusque-là. Les Marines n’en espéraient pas tant. Résultat : en septembre 2008, quand John Kelly, commandant des Marines, transféra symboliquement ses pouvoirs à Mamoon Sami Rashid, gouverneur de la province, la résistance était laminée.


 

Mécréants à éliminer


 

Abou Bakr Al-Baghdadi, proclamé «émir des Croyants » par ses partisans, est sur la même longueur d’onde que ses prédécesseurs. Pour lui, « il n’y a de bons chiites que de chiites morts ». Soutenu, dit-on, par l’Arabie saoudite et des milliardaires du Golfe, l’EIIL ne manque ni d’armes ni d’argent, surtout depuis le déclenchement de la crise syrienne et le soulèvement des sunnites d’Al-Anbar marginalisés par le pouvoir de Bagdad. Dernièrement, peut-être épouvanté par les massacres incessants de civils chiites et par l’image exécrable qu’ils donnent de la résistance, Izzat Ibrahim a condamné les attentats indiscriminés contre les forces armées, la police et les fonctionnaires civils. Depuis, l’EIIL a redoublé de violence. Al-Baghdadi se moque éperdument de ce genre de déclaration. Al-Douri et les Hommes de la Naqshbandiyya - nom d’une organisation soufie du Front du Djihad et de la Libération qu’il préside – sont pour lui des Koufar, des mécréants à éliminer le jour venu.

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Al-Anbar, pays des Doulaym


 

La région d’Al-Anbar tire son nom d’une citadelle perse située près de Falloujah, transformée en dépôt de céréales en 634 par les troupes musulmanes qui s’en étaient emparées. La ville qui l’entourait servit de résidence au calife Mansour pendant la construction de Bagdad.


 

Al-Anbar, traversée par l’Euphrate, est la plus vaste province d’Irak (138.000 km2, le tiers du pays). Ses principales villes sont Abou Ghraïb, Ramadi, Falloujah, Rawa, Anah, Haqlaniyah, Haditha, Hit, et - situées à ses confins - Rutba et Al-Qaïm sur l’ancienne route des caravanes vers la Jordanie et la Syrie. Sous Saddam Hussein, sa population était estimée à 2 millions d’habitants.


 

Al-Anbar est peuplée, en grande partie, par les tribus de la puissante Confédération des Doulaym, un regroupement de plus d’un millier de clans majoritairement sunnites de rite hanafite, une école de l’islam laissant une place importante à une interprétation personnelle du Coran. En 2003, la région était un des creusets de la résistance, jusqu’à ce que les excès religieux et criminels du Jordanien Al-Zarqaoui, chef d’Al-Qaïda au Pays des deux fleuves, dressent des chefs de tribu et une partie de la population contre lui.

 

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Les Marines prennent Al-Anbar

 


 

Aux Etats-Unis, « The Marines take Anbar»(1) de Richard Shultz, directeur du Centre national d’information stratégique à Washington, est déjà un des ouvrages incontournables pour qui s’intéresse à la guerre contre-insurrectionnelle au Proche-Orient et à ses conséquences.


 

Les Marines chargés, en mars 2004, de « sécuriser » la province d’Anbar, haut-lieu de la résistance, durent improviser. Le nombre et l’organisation des « insurgés » avaient été sous-estimés. La CIA était incapable de distinguer les « bons » des « méchants » ! Au Pentagone, une tribu arabe n’était rien d’autre qu’une bande d’arriérés corrompus. Aussi étonnant que cela puisse paraître, l’Etat-major US n’avait pas de plan sérieux de gestion de l’après-guerre.


Or, pour « Nettoyer, tenir, et reconstruire », les Marines se devaient de contrôler les villes, toutes tenues par la résistance. Al-Qaïda d’Abou Moussab Al-Zarqaoui et la Brigade de la Bannière noire dirigée par Omar Hussein Hadid - un djihadiste condamné à mort par contumace sous Saddam Hussein – y étaient comme un poisson dans l’eau.


 

L’ordre de prendre Falloujah leur fut donné en avril 2004, après le lynchage de quatre mercenaires de la société Blackwater. La bataille qui s’ensuivit se solda - selon des médias arabes - par près de 600 civils tués et des milliers de blessés. Mais, comme la résistance gardait le contrôle de la ville, une seconde offensive baptisée « Fantôme furieux », d’une sauvagerie incroyable, fut lancée en novembre suivant, hors de la vue des médias, avec utilisation de bombes à phosphore blanc. Iyad Allaoui, Premier ministre, couvrit l’opération … « le cœur lourd ». Plus de 6000 civils y laissèrent la vie.

 

Comme entrée en matière, il y a mieux, surtout pour « gagner les cœurs et les esprits »… Les Marines remplirent en grande partie leur mission grâce aux milices Sahwa, et en s’inspirant des méthodes rodées par les Sections administratives spécialisées (SAS) pendant la guerre d’Algérie.

 

 

(1) Naval Institute Press, Anapolis, Maryland, 2013


* Source: http://www.afrique-asie.fr


 

 

Sur le même sujet, lire aussi :

Al Moqawama, an V (juillet 2008)

http://0z.fr/AlSfH

Facettes cachées d’Al-Qaïda au Pays des deux fleuves (avril 2008)

http://0z.fr/H0AgA

Résistance irakienne : l’omerta médiatique (mai 2010)
http://0z.fr/MX3pi


http://www.france-irak-actualite.com/article-mais-ou-est-donc-passee-la-resistance-irakienne-120918342.html

Publié dans IRAK

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LE SCANDALE DEXIA CONTINUE. LA BANQUE RENFLOUEE PAR L'ETAT FRANCAIS, CONTINUE A COLLABORER A LA COLONISATION DE LA PALESTINE PAR "ISRAËL"

Publié le par Tourtaux

dexia3x2_FR_4.jpgDexia, banque renflouée par l’Etat français, continue à collaborer à la colonisation de la Palestine

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Le scandale Dexia continue. Renflouée par les Etats français et belges l’an dernier, la banque continue à financer la colonisation israélienne de la Palestine, au mépris du droit international et des droits les plus élémentaires du peuple palestinien.


Le rapport présenté par Richard Falk, rapporteur spécial de l’ONU sur « la situation des droits de l’Homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967 », le 29 octobre dernier devant l’Assemblée générale de l’ONU épingle les pratiques de Dexia en Palestine.


Selon Falk, « Dexia Israël » ne respecte pas les droits de l’Homme, bafoue les résolutions de l’ONU sur la libération des territoires occupés. Il brandit la menace de sanctions, voire d’une poursuite de la Cour Pénale Internationale en cas de collaboration à des crimes de guerre.


Dexia, faillite d’une privatisation et renflouement massif


Revenons en arrière, qu’est-ce que Dexia et qui la contrôle ? Née en 1996 de la fusion du Crédit communal de Belgique et du Crédit local de France (CLF), ce dernier issu de la privatisation en 1987 de la Caisse d’aide à l’équipement des collectivités.


Qu’est-ce qui a fait sa fortune ? La spéculation pure. Emprunter à bas taux pour proposer des prêts au prix fort, dans des montages financiers complexes, dépendant de la conjoncture.


Plus de 5 000 communes françaises ont contracté pour 25 milliards d’euros de prêts auprès de Dexia … dont 6 milliards d’actifs « toxiques », et se retrouvent désormais avec un endettement exponentiel.


Dans le même temps, la folie des grandeurs conduit Dexia à racheter ses homologues-concurrents à travers le monde : Italie, Canada, Turquie, Japon et bien sûr Israël, et à se constituer en empire financier international.


Sauf qu’en 2008, ce gigantesque appareil spéculatif s’écroule et ce sont les Etats belges et français qui sont appelés à la rescousse, conduisant à une « quasi-nationalisation ».

 

L’Etat belge contrôle désormais 51% du capital, l’Etat français (via la Banque sociale et la Caisse des dépôt et consignations) 44 %.


Les deux Etats ont renfloué Dexia à hauteur de 6 milliards en 2008 puis à nouveau en 2013 à hauteur de 5,5 milliards dont 2,6 milliards injectés par l’Etat français. Socialisation des pertes, privatisation des profits.


Selon la Cour des comptes, le renflouement de Dexia a donc coûté 6,6 milliards d’euros net à l’Etat (l’équivalent de la hausse de la TVA prévue pour 2014 !). Cela n’empêchera pas Dexia de réaliser un résultat net de 2 milliards d’euros en 2014.


Dexia Israel : la collaboration directe à une dizaine de projets de colonisation


Et sur la question palestinienne ?Dans sa stratégie de constitution d’un empire financier mondial, Dexia SA rachète en 2001 Otzar Hashilton Hamekomi, banque israélienne spécialisée dans les prêts aux collectivités locales. Elle devient « Dexia Israël ».


« Dexia Israël » signe en 2005 un contrat avec l’Etat israélien pour financer les projets de 67 municipalités et colonies, en proie à des difficultés financières.


Un financement de la colonisation israélienne en Palestine nié en Europe … mais reconnu par ses dirigeants devant la Knesset (parlement israélien) en 2007, lorsque le groupe est accusé par une colonie (Emmanuel) de refuser de la financer pour des raisons politiques.


David Kappah, PDG de Dexia Israel riposte alors : « une banque peut choisir ses clients, la solvabilité est l’élément déterminant ».


Des colonies solvables puisque M.Kappah défend ses investissements illégaux : « pour les municipalités situées au-delà de la ligne verte, nous avons octroyé une aide financière ces deux dernières années et demi à Alfei Menasheh, Elkana, Beit El, Ariel, Conseil régional de la Vallée du Jourdain (11 colonies), Giv’at Ze’ev, Har Hevron, Kedumim, Beit Aryeh (…) ».


Le PDG de Dexia Israel de conclure face à l’évocation de ces colonies israéliennes en Cisjordanie occupée : « Oui, c’est nous qui les soutenons financièrement et c’est encore vers nous que l’on vient pour recevoir du crédit ».


En 2010, le PDG de Dexia SA Jean-Luc Dehaene avait certifié que plus aucun accord de financement des colonies israéliennes n’était signé par la banque.


Or, les derniers éléments apportés par l’association « Dexia out of Israel » et la plate-forme « Palestine occupée – Dexia impliquée » révèlent le contraire : Dexia continue à financer la colonisation.


S’appuyant sur les données de la dernière AG du groupe, on apprend premièrement que Dexia a signé un protocole avec la colonie de Kedumim en novembre 2012 pour se porter garant d’un projet auprès du ministre israélien de la Défense.


Deuxièmement, qu’une autre proposition a été faite ave Ariel, plus grande colonie en Cisjordanie occupée, afin de lui accorder un prêt de 500 000 €.


Troisièmement, Dexia Israel a réalisé un audit financier auprès des colonies d’Elkana et Karnai Shomron. L’enquête de solvabilité d’un établissement public est un préalable à l’octroi de nouveaux prêts.


Quatrièmement, Dexia Israel a offert à Ariel et Kedumim la possibilité d’ouvrir de nouveaux comptes auprès de sa banque pour recevoir l’argent public de l’Etat sioniste. Pour Ariel, il s’agit de 1,8 millions d’euros.


Construire la mobilisation contre l’implication des entreprises françaises dans les projets de colonisation !


Les militants belges pour la cause palestinienne d’Intal pointe les responsabilités de l’Etat belge dans le fonctionnement de la banque coloniale. Nous, militants français, devons pointer les responsabilités de l’Etat français, actionnaire à 44% du groupe.


C'est le travail que font le militants de l’Association France-Palestine Solidarité (AFPS), notamment de l’AFPS 59/62. L’Etat français, avec l’aval de la Commission européenne, a renfloué la banque coloniale, en fermant les yeux sur ses activités en territoire occupé.


Cela pose la question de la responsabilité de l’Etat français dans les investissements de multi-nationales françaises en Palestine. Outre Dexia, Veolia, Alstom, Bouygues ou Orange sont impliqués dans les projets de colonisation.


Au moment même où l’Etat sioniste relance les projets de colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, deux semaines avant la visite de François Hollande en Israël, il est temps de faire monter la pression contre la collaboration de ces entreprises.


 

La lutte contre la colonisation en Palestine se construit d’abord par la mobilisation en France, pour le boycott, le retrait des investissements et des sanctions contre les entreprises françaises impliquées dans la colonisation !

 

Voir le dernier communiqué de l'AFPS 59/62 : http://www.france-palestine.org/Dexia-en-ligne-de-mire-a-l-ONU

 


 Lundi 4 novembre 2013

Publié dans Israël

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AIR FRANCE A FOND DANS LA COURSE AUX PROFITS, EXIGE 5000 SUPPRESSIONS DE POSTES CHEZ ALITALIA !

Publié le par Tourtaux

Air France KLM : exigerait 5.000 suppressions de postes chez Alitalia !

Il y a 38 minutes

(Boursier.com) -- Air France KLM aurait posé des conditions drastiques à sa participation au sauvetage d'Alitalia. Selon le quotidien italien 'Il Sole 24 Ore' publié dimanche, la compagnie franco-néerlandaise exigerait notamment la suppression de 5.000 emplois chez Alitalia pour participer à l'augmentation de capital de la dernière chance de la compagnie aérienne italienne. Ce nombre correspondrait à plus du double de ce qui est prévu par la direction d'Alitalia dans le cadre de son plan de sauvetage, précise le journal.


Air France-KLM, qui détient 25% du capital d'Alitalia, aurait communiqué "il y a dix jours environ" sa liste de conditions au ministre des Transports italien Maurizio Lupi. Outre 5.000 suppressions de postes, Air France KLM exigerait aussi la démission de l'actuel conseil d'administration, ainsi que l'élaboration d'un nouveau plan de restructuration visant à réduire de 70% à 80% l'endettement de près d'un milliard d'euros de la société italienne déficitaire.


Air France KLM a jusqu'à la mi-novembre pour décider de participer ou non à l'augmentation de capital de 300 millions d'euros dont le principe a été voté à la mi-octobre. Pour l'instant, ni la compagnie franco-néerlandaise, ni l'entourage de Maurizio Lupi, n'ont réagi à ces informations de presse.


http://www.boursier.com/actions/actualites/news/air-france-klm-exigerait-5-000-suppressions-de-postes-chez-alitalia-553037.html#

Publié dans Lutte des classes

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