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VICHY ET LA NATIONALITE

Publié le par Tourtaux

Vichy et la nationalité
par Christophe Capuano , le 6 novembre

Domaine(s) : Histoire

Mots-clés : étrangers | guerre mondiale | antisémitisme

 

Sous le régime de Vichy, la remise en cause du Code de la nationalité a frappé plus de 15 000 personnes. Une micro-analyse permet de retracer les parcours des victimes de ce processus de dénaturalisation, parmi lesquelles Chagall, Gainsbourg, Derrida ou Jean Daniel.

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Recensé : Alix Landau-Brijatoff, Indignes d’être français. Dénaturalisés et déchus sous Vichy, Paris, Buchet Chastel, 2013, 350 p., 21 €.

Cet ouvrage part d’une démarche personnelle. Les parents de l’auteure, juifs et communistes arrivés de Lettonie durant les années 1920, ont été naturalisés par la République puis dénaturalisés sous Vichy. Lorsqu’elle entend le « discours de Grenoble » de Nicolas Sarkozy en août 2010, l’auteure, psychologue de profession, est scandalisée par l’usage qui est fait de la menace de la dénaturalisation. L’allocution rappelle en effet les heures les plus sombres des années 1940. De cette colère, l’auteure décide de faire un livre combinant à la fois l’histoire personnelle de ses parents et celle, beaucoup plus large, des victimes de la remise en cause du code de la nationalité, consubstantielle au régime de Vichy — qu’il s’agisse de la dénaturalisation, de la déchéance ou du retour à l’indigénat.

L’attention porte surtout sur le processus de dénaturalisation, qui a touché plus de 15 000 personnes sous Vichy (dont 7 000 Juifs, soit environ 40% du total). Alix Landau-Brijatoff a pu s’appuyer sur des sources archivistiques diverses et nombreuses : si les minutes des 1 300 délibérations des commissions et sous-commissions de dénaturalisation n’existent plus, en revanche tous les dossiers de naturalisation ont été conservés et le fichier de tous les dénaturalisés a été récemment versé aux Archives nationales. Ni complètement ego-histoire, ni histoire générale de la dénaturalisation [1], l’approche privilégie une entrée par les cas singuliers pour éclairer le vécu des dénaturalisés, leurs décisions face aux événements et les diverses formes de la dénaturalisation.

Une dizaine de cas individuels ou familiaux, ont été choisis, car considérés comme emblématiques, mais là encore la subjectivité — voire la dimension affective — dans ces choix est revendiquée et explicitée. Les trajectoires de vie sont reconstituées de manière minutieuse et présentées de manière chronologique : de l’entre-deux-guerres à la Libération ou l’immédiat après-guerre, en passant bien sûr par la période de Vichy. Le point de vue des naturalisés/dénaturalisés est complété par celui des agents administratifs, sous la République, et des acteurs des commissions spéciales, chargés sous Vichy de statuer sur leurs cas. Deux autres parties traitent des déchus et des indigènes. Une dernière partie est consacrée au cadre historique et aux généralités : le contexte politique, les conditions d’adoption des trois lois « consanguines » (lois du 22 juillet sur la dénaturalisation, du 23 juillet sur la déchéance et du 7 octobre 1940 sur l’abrogation du décret Crémieux), le devenir des magistrats emblématiques des commissions de dénaturalisation.

Donner chair au phénomène de dénaturalisation

Les cas individuels ou familiaux retenus pour illustrer et expliciter ce phénomène le sont, dans l’ensemble, pour des raisons affectives : sont ainsi analysées les trajectoires du peintre Moïshe Chagall et de sa femme Bella ; Joseph, Goda Ginsburg et leurs trois enfants (dont Lucien, futur Serge Gainsbourg) ; Adolphe et Bluma Landau, les parents de l’auteure. On étudie la représentation de la France comme terre d’accueil, on suit ces familles de leur pays d’origine jusque au territoire national, leur volonté et leur accès à la naturalisation, qui ne va pas de soi. Certaines familles accèdent à la nationalité en 1932, comme les Ginsburg, après la loi du 10 août 1927 ; d’autres sous le Front Populaire, en 1936, comme les Chagall, après plusieurs tentatives infructueuses.

Avec l’arrivée de Vichy, ces familles se trouvent sans le savoir — après les lois de juillet et octobre 1940 — dans les mailles des commissions de dénaturalisation. L’étude des notes relevées dans les dossiers tant de naturalisation et que de dénaturalisation est très éclairant sur les critères retenus et leurs évolutions au fil des régimes. Ainsi les Chagall sont désignés comme « Juifs russes » et Moïshe « peintre sans intérêt national » par les agents de la commission de dénaturalisation de Vichy. L’intérêt d’une micro-analyse de ce type de sources — bien montré dans les cas d’immigration pour étudier les pouvoirs des agents bureaucratiques [2] — prend un nouveau sens en régime autoritaire, où la dénaturalisation entraîne des conséquences dramatiques.

Mais les motivations restent très liminaires. Les Landau, dénaturalisées lors d’une séance de mai 1943, sont ainsi considérés comme Juifs « difficilement assimilables » (p.170). Une fois dénaturalisées, les familles considérées comme étrangères ou apatrides peuvent être arrêtées et internées, avant d’être déportées. Ces familles, si elles sentent le danger, ne sont pas informées du processus de dénaturalisation qui les vise (elles n’ont pas laissé d’adresse !) et prennent souvent les décisions à l’aveugle [3]. Les Chagall doivent se résoudre à quitter la France, via l’Espagne en mai 1941, pour les États-Unis. Ils sont aidés en cela par l’américain Varian Fry, animateur officiel de l’Emergency Rescue Committee, qui développe depuis Marseille un efficace système clandestin de sauvetage — permettant à près de 4 000 réfugiés et persécutés de quitter l’Europe nazie (dont de nombreux artistes, écrivains, intellectuels et activistes politiques, avec leur famille).

Les Landau se cachent près de Perpignan, puis en Haute-Vienne. Quant aux Ginzburg, ignorant les poursuites dont ils font l’objet, ils informent involontairement les autorités du lieu où ils se trouvent (Limoges) : ils sont brièvement internés avant d’être relâchés, avec interdiction de quitter la ville. Ils en profitent pour s’enfuir et se cacher. Ces familles font les choix qui sauvent : elles échappent à la déportation et vont bénéficier des avis de la commission dite « de déchéance » qui doit, après la Libération, valider et surtout invalider les dénaturalisations et les déchéances issues des lois des 22 et 23 juillet 1940. Ainsi pour les Chagall, la dénaturalisation est invalidée et le dossier est classé le 24 février 1945.

Pour illustrer le cas des dénaturalisés pour activités communistes, l’auteure choisit trois familles d’Italiens et d’Espagnols (qui représentent respectivement 29% et 7% des dénaturalisés), dont le parcours est traité de manière assez rapide. La trajectoire d’un « vichysto-résistant » d’origine italienne est étudiée de manière plus approfondie. Il s’agit d’Angelo Tasca, le père de la femme politique Catherine Tasca. Après une période de militantisme communiste, il s’installe en France en 1930. Il adhère à la SFIO et au PSI en 1934, anime la rubrique politique étrangère du journal Le Populaire. Il est naturalisé en 1936 grâce à ses appuis au sein du Front Populaire. Avec la mise en place du régime de Vichy, il s’installe dans la ville thermale et adhère aux idéaux de la Révolution nationale — en grande partie par anticommunisme, mais aussi par adhésion à un système autoritaire. Pourtant, sa naturalisation en 1936 en fait une cible pour la commission de dénaturalisation. Il fait démonstration de son pétainisme et peut présenter un recours gracieux à la commission (cette possibilité est fixée par la loi du 21 mars 1941 qui lui donne un cadre juridique ; 440 autres dénaturalisés pourront bénéficier de cette possibilité). Il lui est ainsi possible de redevenir français.

À partir de 1941 et surtout de 1942, il profite de sa situation au sein du service de communication à Vichy pour devenir un informateur auprès du gouvernement belge en exil à Londres. Il est poursuivi à la Libération pour complot contre la sécurité de l’État, mais obtient un témoignage en sa faveur qui lui permet d’être blanchi. Quand à la commission dite de déchéance, elle confirme sa nationalité française, mais il reste suspecté pour son attitude double pendant la guerre.

Le cas des Juifs d’Algérie : le retour à l’indigénat

Le 7 octobre 1940, les 110 000 Juifs d’Algérie devenus français grâce au décret Crémieux de 1870 sont rendus au statut d’indigènes en raison de l’abrogation du décret. L’objectif est, comme ailleurs, de se débarrasser d’une population juive considérée comme indésirable. Mais, à la différence de la dénaturalisation, cela ne se traduit pas par le traitement de dossiers individuels. Cette décision concerne l’ensemble de la communauté juive d’Algérie, qui doit retourner, dans sa globalité et de manière immédiate, à l’indigénat.

L’auteure choisit d’aborder le phénomène en croisant deux parcours — avec des sources assez parcellaires et pour partie orales dans le cas de Daniel — pour insister sur l’impact différent de cette mesure : celui du philosophe Jacques Derrida, issu d’une famille juive sépharade qui réside en Algérie depuis quatre générations, et celui du journaliste Jean Daniel, issu d’une famille juive religieuse. Le premier est enfant en 1940 (il a dix ans). Si l’abolition du décret Crémieux prive les Juifs de leur nationalité et de leur citoyenneté française, ce sont surtout les humiliations quotidiennes qui frappent le jeune Derrida : exclusion de l’école, insultes et violences antisémites, séparation pour jouer au foot etc. Cela marque sa vie et entraîne une prise de conscience de la fragilité de tout droit accordé (susceptible d’être repris).

Le second est plus âgé. Jean Daniel est déjà adulte quand il est déchu de sa nationalité : l’épreuve renforce sa volonté de s’engager avec Leclerc en Tripolitaine, et conforte sa foi en de Gaulle. Comme tous les Juifs d’Algérie, les deux hommes recouvrent leur nationalité et leur citoyenneté avec le rétablissement du décret Crémieux le 20 octobre 1943.

L’honneur d’être « sali par ces gens-là »

La logique qui sous-tend la loi du 23 juillet 1940 est très différente, puisqu’elle cible des Français dits « de souche », à qui on retire la nationalité (décision prise par une commission de trois militaires) en raison de leur départ pour Londres en 1940 ; leurs biens sont confisqués, liquidés et le produit versé à la caisse du Secours national. Cette disposition n’est pas créée par Vichy, puisqu’elle est déjà présente dans les codes de la nationalité de 1793, associées aux traîtres et aux espions [4].

On trouve bien sûr parmi les déchus le général de Gaulle, Leclerc de Hauteclocque, mais aussi d’autres figures de la France Libre comme Ève Curie ou René Cassin. Ils sont au total 446. Pour ces personnalités, la déchéance n’aura évidemment pas les mêmes implications que pour les populations persécutées en France même. L’auteure retrace ainsi le parcours de René Cassin. Celui-ci quitte la France avec sa femme le 23 juin 1940. Il refuse l’armistice et veut lutter contre les nazis. Lui-même de confession juive, Cassin fait de nombreuses allocutions à la radio, dont celle d’avril 1941, qui s’adresse spécifiquement aux Israélites français. On suit son parcours à Londres : devenu commissaire à la Justice et à l’Éducation, il prépare la « déclaration universelle des droits et de l’homme et des devoirs des citoyens », ainsi que le retour à la légalité républicaine. Le 4 mai 1941, il est déchu de sa nationalité par Vichy, comme 29 autres personnes avec lui. Il en est rapidement informé par ses proches et en tire l’honneur d’être « sali par ces gens-là ». Cette déchéance renforce sa détermination dans son combat.

Quant à Ève Curie, elle est la fille cadette de Marie Curie et l’auteure d’un ouvrage sur sa mère, Madame Curie, à la fin des années 1930 — qui a marqué des générations de jeunes femmes, dont, précisément, Alix Landau-Brijatoff. Le 18 juin 1940, Ève Curie embarque à Bordeaux pour rejoindre l’Angleterre. En représailles, elle est déchue de sa nationalité par Vichy, comme René Cassin, en avril 1941. Cela ne l’empêche pas d’être particulièrement active au service des Alliés. Elle couvre les champs de bataille et écrit des chroniques (réunies sous le titre Journey Among the Warriors et publiées en 1943). Elle écrit des articles patriotiques dans différents magazines, comme le Coronet. Revenue en Angleterre en 1943, elle s’engage dans le corps des volontaires féminines de la France combattante, devient ambulancière dans le front de l’Italie. Elle intègre comme lieutenant l’État-major de la 1ère DFL. Elle débarque avec les troupes françaises de cette unité le 12 septembre 1944. Après l’abrogation de la loi du 23 juillet 1940, elle redevient française et est décorée de la Croix de guerre en 1944.

Arbitraires

Le grand intérêt de cet ouvrage tient dans la diversité des parcours. Ils sont reconstitués de manière très vivante et émouvante : vécus contrastés de la dénaturalisation ou de la déchéance, engagements, choix personnels ou collectifs. En privilégiant une entrée par les itinéraires singuliers et les destinées, cet ouvrage éclaire ce qui constitue la citoyenneté française : d’un côté, l’adhésion à des valeurs (républicaines), à une patrie et à un mode de vie — même si l’attachement à la culture d’origine reste fort — ; de l’autre, des processus bureaucratiques édifiant des normes d’intégration, des critères de nationalité et de citoyenneté variant au fil du temps et des régimes.

Si l’ouvrage montre bien l’arbitraire du système vichyste, il interroge plus largement la légitimité de ces critères bureaucratiques, du Front populaire à la Libération. Il met en lumière l’attitude de certains bureaucrates et magistrats zélés qui, même sous la République, agissent en fonction de normes d’intégration extrêmement strictes — appuyées elles-mêmes sur toute une série de représentations personnelles implicites — constituant de réels obstacles à toute naturalisation.

Dans ce registre, une mention spéciale revient peut-être à G. Combier, magistrat et chef du bureau des naturalisations sous le Front populaire. Face à la demande de naturalisation des Chagall, il motive son refus en écrivant, en 1937 : « Je n’attache que peu d’intérêt au point de vue français à son œuvre artistique, qui paraît trop éloignée de la tradition française pour pouvoir l’enrichir » (p. 55). Quelques années plus tard, la position adoptée au sujet du peintre par la commission de dénaturalisation vichyste n’est guère différente.

par Christophe Capuano , le 6 novembre

 
http://www.laviedesidees.fr/Vichy-et-la-nationalite.html

 

https://www.facebook.com/karim.zmirli/posts/657885100899248?comment_id=101344888&offset=0&total_comments=2&notif_t=share_reply


Publié dans Guerre1939-45

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DES LUTTES OUVRIERES

Publié le par Tourtaux

10.000 lycéens mobilisés ce mardi

TF1, 5 novembre 2013 :

 

La deuxième journée de mobilisation des lycéens contre les expulsions des jeunes étrangers scolarisés s’est achevée vers 15h00. Le syndicat lycéen la Fidl appelle à la mobilisation jeudi.

 


"La manifestation est terminée, on est arrivé à Nation vers 15h00, les lycéens commencent à se disperser", raconte Valentin Daudré, porte-parole de la Fidl, qui était dans le cortège parti de la place de la République à Paris pour manifester contre les expulsions des jeunes étrangers scolarisés en France. "A la louche, on était 2000", estime-t-il.

 

Sur toute la France, quelque 10.000 jeunes se sont mobilisés selon les premières estimations des organisations lycéennes et étudiantes. "On était un petit millier sur Paris, déclare à son tour Steven Nassiri, un autre porte-parole du syndicat lycéen. Mais ça a aussi bougé sur Lyon, Lille, Toulouse, Strasbourg, Metz, au Mans, etc", ajoute-t-il.

"Aujourd’hui, c’était un tour de chauffe", réagit Valentin Daudré, encore sous la pluie place de la République. "Jeudi, on compte sur un mouvement de plus grande ampleur, prédit Steven Nassiri, au siège de la Fidl. On va mettre toute nos forces dans ce mouvement à durée indéterminée".

Non à l’expulsion des élèves étrangers scolarisés

Les organisations réclament le retour de la collégienne rom Leonarda Dibrani, 15 ans, expulsée le 9 octobre du Doubs vers le Kosovo après avoir été remise à la police lors d’une sortie scolaire, et le retour de Khatchik Kachatryan, 19 ans, lycéen à Paris expulsé le 12 octobre vers l’Arménie. Mais plus que Leonarda, les lycéens et étudiants veulent défendre le droit à la scolarisation des jeunes étrangers. "On ne trouve pas normal qu’un étudiant dans un parcours de réussite soit expulsé en plein milieu de sa scolarité", résume Mathieu Landau, porte-parole de l’Unef, interrogé ce mardi matin.

 
Echos de mobilisations lycéennes en province

Douai : Une centaine de lycéens a manifesté ce mardi matin. L’affaire Leonarda a donné lieu ce mardi à plusieurs manifestations de lycéens à travers tout le pays, dont une à Douai, à l’appel du syndicat général des lycéens (SGL).


 

Réunie dès 9 heures derrière la bannière « Même études-mêmes droits », une centaine d’ados, encadrée par la police, a défilé en ville sous un ciel tourmenté pour réclamer la régularisation des élèves sans papiers qui suivent un cursus scolaire. Une manière de dénoncer « une pratique devenue monnaie courante », selon Antoine Marle, jeune représentant SGL. (La Voix du Nord).

 

Lille : un peu plus de 450 lycéens et étudiants manifestent à Lille en soutien aux élèves expulsés.


 

L’intersyndicale, CFDT, CFE-GCG, la CGT, FO, FSU, Solidaires et Unsa s’est jointe par ailleurs au mouvement en dénonçant "la crise humanitaire" que vivent les familles Roms réfugiées à la bourse du travail à Lille-Fives depuis leur évacuation de l’Université de Lille 1. (France 3 Nord Pas de Calais).

Nancy : 150 lycéens, selon les chiffres communiqués par la Police, ont battu le pavé ce matin à Nancy, en protestation aux expulsions des élèves et de leurs familles en cours de scolarisation. Parmi les étudiants mobilisés, la plus grosse participation était issue des lycées Loritz ou encore du Lycée Henri Poincaré où l’on pouvait lire sur les banderoles accrochées aux grilles, les messages suivants « être scolarisée c’est s’intégrer » ou encore « rejoignez-nous, battons-nous ensemble ». (Ici Nancy)

Niort : Une centaine de lycéens ont manifesté mardi matin devant le lycée Paul-Guérin de Niort, à l’appel de l’Union nationale lycéenne, pour le retour en France de Leonarda et Khatchik. (voir plus)

Semur-en-Auxois : Répondant au mouvement national, les lycéens d’Anna-Judic, à Semur-en-Auxois, ont manifesté, mardi, en soutien à Leonarda et Khatchik.


 

Tout est parti d’un message laissé sur une page Facebook. Un événement lancé il y a quelques jours par Gaspard, lycéen à Anna-Judic à Semur-en-Auxois, et repris par un groupe de camarades. Sauf que l’élève de seconde ne pensait pas que le mouvement allait être suivi de la sorte. L’événement en question ? L’organisation d’une manifestation devant le lycée en soutien à Leonarda et Khatchik, deux lycéens d’origine kosovare et arménienne, confrontés à l’expulsion. Un mouvement national qui s’est déroulé dans plusieurs villes de France ce mardi. Et Semur-en-Auxois n’a pas manqué le rendez-vous. Hier matin, ils étaient devant le lycée Anna-Judic (120 selon les lycéens et 60 selon la gendarmerie).

Bombes de peinture et stylos à la main, ils s’employaient à écrire des slogans sur des cartons et banderoles qu’ils accrochaient aux grilles de l’établissement. “Où est la solidarité ?”, “La jeunesse sans frontière”, ou encore “La jeunesse libre”, pouvait-il ainsi lire.

Une action primordiale pour tous ces jeunes. « Même si nous sommes à Semur-en-Auxois, dans un petit bahut, on est indignés par ce qui se passe. On se sent concernés », lancent Loona et Gaspard, sur fond d’un « Non à l’expulsion de toute personne ! », scandés par les lycéens derrière eux. Pour Louise, il est essentiel de faire passer le message de mécontentement des lycéens face à la politique de gouvernement mais aussi de soutien à tous les jeunes qui pourraient être confrontés à cette situation. « Plein de gens ne savent pas ou ne se sentent pas concernés », déplorent les jeunes. « Faire ça pendant la scolarité, c’est dégueulasse », lance une lycéenne. « Et surtout les séparer de leurs parents, ça ne se fait pas ! », ajoute une de ses camarades. Et un groupe de lycéens de lancer : « Où est la France des droits de l’Homme ? » (Le Bien Public).

Sisteron : Une quarantaine de lycéens de la cité scolaire de Sisteron ont fait le choix de manifester comme dans d’autres villes de France ce matin.


 

Leurs revendications ont été sensibilisées par l’actualité qui touche l’expulsion de familles dont les enfants sont scolarisés sur le territoire. En tête de file, Augustin Baudouin, Responsable Fédéral de l’UNL – l’Union Nationale de Lycéens – exprimait la liste des demandes : "Nous demandons la régularisation des jeunes mineurs scolarisés et de leur famille, celle des jeunes majeurs en cours de formation, la modification des textes réglementaires pour qu’un jeune ne voit pas sa scolarité et son intégration en France interrompues par un arrêté d’expulsion. Et surtout le retour de Khatchik et Leonarda avec leurs familles." (Haute Provence Info)

 
Iwuy : la CGT inquiète quant à l’avenir de Wimétal
  
Publié le 05/11/2013

Par Jérémy Lemaire

 

La CGT tire la sonnette d’alarme. Pour eux, un avis de tempête menace la filière automobile régionale. Wimétal, sous-traitant de Sevelnord, serait ainsi menacé d’ici 2016. Une information syndicale que personne n’a confirmée, ni du côté de la direction de Sevelnord, ni du côté de celle de l’entreprise iwuysienne.


 L’entreprise Wimétal est installée sur le parc d’activités Val de Calvigny à l’ouest d’Iwuy. L’entreprise Wimétal est installée sur le parc d’activités Val de Calvigny à l’ouest d’Iwuy.
Pour l’instant, c’est une information à mettre au conditionnel. Mais si les renseignements de la CGT sont bien exacts, c’est la survie même de l’entreprise Wimétal qui est menacée. Wimétal est installée dans le parc d’activités Val de Calvigny, à l’ouest d’Iwuy, le long de l’autoroute. Une entreprise de la filière automobile, sous-traitant de la grosse machine Sevelnord à Hordain. Et le problème quand on est sous-traitant, c’est que l’on est très dépendant du donneur d’ordres. « Les pièces que nous fabriquons seront fabriquées à Sevelnord », affirme Thierry Wéré. Wimétal assemble en effet les lignes d’échappement des véhicules qui sortent de l’usine d’Hordain. Or, ce marché de l’assemblage pourrait, comme nous l’écrivions déjà lundi, être perdu d’ici 2016. Avec l’arrivée de l’utilitaire Toyota K-1, Sevelnord pourrait décider d’assembler en interne ces fameuses lignes. « Ça nous a été annoncé par la direction générale en commission paritaire stratégique parmi les renseignements sur le futur projet », affirme Ludovic Bouvier, délégué CGT à Sevelnord. Et pourtant, du côté de la direction de l’usine automobile, on est moins affirmatif : « Tout est à l’étude, c’est encore trop loin, nous explique-t-on au service communication. On ne peut ni le confirmer, ni l’infirmer. »

C’est exactement la même réponse que l’on nous a faite du côté de la direction de la société iwuysienne où là aussi on ne peut « ni confirmer, ni infirmer » cette information syndicale. Et pourtant, si elle s’avérait exacte, cette dernière serait lourde de conséquences. « On va perdre notre boulot », lâche Thierry Wéré, inquiet pour les 40 emplois iwuysiens. « Notre bâtiment est divisé en deux. D’un côté, on fait l’assemblage de pots d’échappement, de l’autre celui des pneus et jantes. Et on a un seul patron : Sevelnord. » D’ici deux semaines, un comité central d’entreprise est programmé à Wimétal. La CGT abordera évidemment la question et tentera d’obtenir des réponses.

 
 
SNCF : la CGT remet en question la sous-traitance
Par Lucie Blanchard
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Publié le 05/11/2013  à 10:51
 

Perrache © Tim Douet
© Tim Douet

La CGT Cheminots de la région de Lyon tire la sonnette d’alarme. Après “les accidents en cascade” qui se sont produits sur le chantier de la ligne Livron-Die dans la Drôme, le syndicat remet en cause les conditions d’intervention des entreprises privées sur le rail.

Le chantier de rénovation de la ligne Livron-Die dans la Drôme devait se terminer le 31 octobre. Il connaîtra au minimum “cinq semaines de retard", regrette la CGT après “le déraillement d’un train de travaux dans la nuit du 23 octobre”. “La voie est littéralement détruite sur 2,6 km, déplore le syndicat. Des milliers de traverses et des installations électriques et mécaniques ont été brisées et arrachées... Sur ce même chantier, un autre accident a conduit à la destruction d’un passage à niveau. Et deux autres incidents avec un déraillement avaient eu lieu avant cette catastrophe. Cela fait beaucoup pour un chantier de seulement cinq semaines.”

“Du personnel peu formé, ne parlant parfois même pas le français”

Et la CGT de pointer du doigt la sous-traitance et le recours à une entreprise privée qui tire sur les prix au détriment des conditions de travail. “Le système qui se met peu à peu en place s’appuie sur la sous-traitance en cascade, du personnel peu formé, ne parlant parfois même pas le français, donc exploité et mis en situation de danger”, précisent les cheminots de la région de Lyon. Concernant l'accident du 23 octobre, “les salariés ne s’en sont probablement pas aperçus immédiatement, ce qui expliquerait les dégâts importants”, selon la CGT.

Contactée par téléphone, RFF et la SNCF Infrastructures ne trouvent rien à redire aux travaux menés par l'entreprise La Champenoise entre Livron et Die. “C'est un chantier comme un autre, avec des procédures de sécurité classique. Nous faisons appel à une entreprise privée qui a toutes les habilitations pour travailler sur le réseau”, affirme RFF. L'entreprise publique rappelle par ailleurs que la ligne est coupée pendant l'intervention des travailleurs, n'entraînant théoriquement aucun danger ni pour eux ni pour les usagers. “L'entreprise a toute latitude pour agir.” Pas de problème donc, selon RFF, concernant la sécurité sur le chantier.

Le 21 novembre prochain, la CGT Cheminots de la région de Lyon interpellera néanmoins la direction régionale de la SNCF, à l’occasion de la restitution d’un rapport “accablant” sur la sous-traitance privée, qui sera présenté au comité d’entreprise.

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Lire aussi notre enquête de septembre dernier sur les transports dans la région :

TCL, TER... Voyage-t-on en sécurité en Rhône-Alpes ?

SNCF Rhône-Alpes : des rails malades

 
Mardi 05 novembre 2013 17:12
Un rassemblement de la CGT pour défendre les libertés syndicales
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photo « sous prétexte de crise économique, nos camarades élus du personnel sont soumis à des pressions considérables », dénoncent les responsables de l’union départementale cgt. © photo : ouest-france

« Sous prétexte de crise économique, nos camarades élus du personnel sont soumis à des pressions considérables », dénoncent les responsables de l’union départementale CGT.© Photo : Ouest-France

Rennes
Le syndicat a marqué la journée nationale d’action pour les libertés syndicales en se rassemblant place de la mairie à Rennes ce mardi midi.

Une centaine de militants de la CGT se sont rassemblés ce midi, place de la Mairie à Rennes, pour dénoncer les pressions et menaces exercées sur les délégués syndicaux dans les entreprises.  « Ceci en solidarité avec nos camarades CGT de Roanne, convoqués au tribunal correctionnel de Roanne pour avoir refusé de se soumettre à des prélèvements ADN. » Des prélèvements ordonnés à la suite d’une manifestation. « Quand les patrons s’en prennent à un délégué CGT, c’est à l’ensemble de la CGT qu’ils s’en prennent », ont souligné les responsables de l’union départementale, qui en ont profité pour remettre un bonnet d’âne symbolique, de couleur rouge, au Medef. En référence bien sûr aux bonnets rouges qui ont fleuri ces derniers jours au pied des portiques écotaxe. Des salariés du public et du privé ont témoigné des entraves qu’ils subissent au quotidien dans leurs activités syndicales.

Ouest-France
 
Mardi 05 novembre 2013 04:00
Saint-Nazaire. La CGT demande à l’Etat le rachat de la Cité sanitaire
...
photo céline renard et bernard sculo de la cgt vont déployer leurs arguments devant la ministre. © photo po-nd

Céline Renard et Bernard Sculo de la CGT vont déployer leurs arguments devant la ministre.© Photo PO-ND

 

Les syndicats de l’hôpital nazairien (CGT, FO, CFDT) se rendront à Paris mercredi pour une rencontre avec la ministre de la Santé Marisol Touraine. Ils évoqueront le partenariat public-privé et le bail emphytéotique.

La CGT va demander la résiliation de ce bail et le rachat de la Cité sanitaire par l’Etat. Selon le syndicat, la situation financière impose « une décision politique forte du ministère ».

A lire ce mardi 5 novembre dans Presse-Océan

Presse-Océan  
 
 

Les comptes de résultat s’améliorent et l’excédent brut d’exploitation augmente. Mais Cauval Industries n’est pas sortie de l’ornière. Malgré la reprise de l’activité, le leader français du meuble doit manœuvrer avec une trésorerie sous tension. Ces difficultés l’ont conduit au début de l’été à demander un rééchelonnement de sa dette moratoriée.

Un accord avec les créanciers, validé par le tribunal de commerce de Meaux, avait en effet été signé en 2009 dans le cadre de la procédure de sauvegarde. Cauval a demandé la révision de ce plan devant le tribunal de commerce de Meaux. Il propose de ne pas honorer les prochaines échéances et de les reporter sur la durée d’exécution du plan.

Après plusieurs reports, notamment après des demandes de pièces justificatives, le tribunal examinera ce dossier jeudi matin en chambre du conseil.

Les juges consulaires devront dire s’ils acceptent ou non cette révision du plan d’apurement du passif. S’ils acceptent, le groupe poursuit ses activités et dégage de la trésorerie. S’ils refusent, la situation risque de se compliquer. Le PDG devra prendre ses dispositions pour trouver des solutions afin d’assurer les remboursements tel que le plan le prévoit. S’il est dans l’impossibilité de le faire, c’est le dépôt de bilan et donc la mise en redressement judiciaire des sociétés placées sous sauvegarde fin 2008 et la liquidation judiciaire des sociétés déjà placées en redressement judiciaire en 2008.

 
Une commande record aux CMN ne profite pas pleinement à l'emploi local
05/11 | 17:13
 

La commande de 30 bateaux aux CMN de Cherbourg annoncée en septembre ne

bénéficie que partiellement à l'emploi local, contrairement à ce qu'avait laissé entendre le gouvernement, a estimé mardi la CGT après l'arrivée de main d'oeuvre roumaine et lituanienne sur le site.
"On a fait tout un pataquès pour annoncer cette commande et au final, dans le meilleur des cas, il n'y aura pas la moitié de fait par nous", a déclaré David Lebreton, secrétaire CGT du comité d'entreprise des Constructions mécaniques de Normandie (CMN), qui emploient 340 personnes à Cherbourg selon le syndicat.
Selon lui, une cinquantaine de Lituaniens de l'entreprise Litana sont arrivés progressivement lundi et mardi, une semaine après une dizaine de Roumains, alors que l'entreprise vient de recruter "à peine une dizaine d'intérimaires locaux".
Dans un communiqué daté du 30 octobre la CFDT de Cherbourg s'était déjà dit "scandalisée" que la direction des CMN fasse appel à "des travailleurs Roumains et Lituaniens sans même solliciter les services locaux" de Pôle emploi.
Interrogé par l'AFP, Ludovic Jaouen, directeur de Pôle emploi Cherbourg-Ouest, a indiqué que les CMN n'avaient pas déposé d'offres d'emploi avant mercredi dernier.
Le PDG des CMN Pierre Balmer, interrogé mardi par l'AFP, n'a pas souhaité faire de commentaire mais il avait mis en avant, interrogé sur le même sujet dans le quotidien Ouest-France, "des questions de coûts et de délais à tenir".
Selon M. Lebreton, sur la commande 30 bateaux passée aux CMN, huit chalutiers sont fabriqués à Cherbourg, dont trois par de la main-d'oeuvre étrangère. Il précise que trois patrouilleurs avec une coque en composite seront "sûrement" fabriqués en France, mais pas à Cherbourg pour des raisons techniques, que le sort de trois patrouilleurs avec une coque en aluminium n'est pas tranché et que les 16 chalutiers restants seront "sûrement fabriqués" en Europe de l'Est.
M. Balmer a seulement répondu à l'AFP qu'il n'était "pas exact" de dire que seuls huit des 30 bateaux seraient fabriqués à Cherbourg.
"C'est le triomphe du made in Cherbourg et donc du made in France", avait déclaré le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg le 5 septembre à Cherbourg lors de l'annonce de cette commande. Le président de la République François Hollande était venu le 30 septembre assister à la première découpe.
 

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NAZANIN ARMANIAN : POURQUOI L'ISLAM POLITIQUE ECHOUE ?

Publié le par Tourtaux

6 novembre 2013

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Il y a deux ans, des millions de personnes en Afrique du Nord et au Proche-Orient se sont levées pour obtenir la démocratie, politique mais aussi économique. Certains annoncèrent alors que l’islamisme touchait à sa fin (1). De même, à la suite de la chute du gouvernement du Frère musulman Mohamed Morsi, provoquée par le soulèvement de 20 millions d’Egyptiens, réapparaît cette question : s’agit-il de la fin définitive d’un mouvement avide de pouvoir ? Il est étonnant qu’un an à peine ait suffi pour que les Egyptiens « musulmans » tournent le dos à une organisation qui, cantonnée dans l’opposition depuis 80 ans, apportait une aide sociale aux plus démunis. Mais ceux qui appellent à la patience un peuple affamé ont, eux, la peau du ventre bien tendue.

 

Les Printemps arabes sont condamnés à échouer, en partie en raison de la nature des groupes islamiques qui s’en sont emparés et les ont détournés (2).

 

Dresser une analyse de la situation dans cette partie du monde qui serait uniquement axée sur les aspects religieux serait aussi absurde que d’aborder la crise économique en Europe au travers du christianisme. En Iran, la grande révolution nationale démocratique de 1979 a aussi été qualifiée à tort de « Révolution islamique », comme si ce que 30 millions d’Iraniens réclamaient au péril de leur vie était plus de mosquées et de spiritualité (3).

 

Le verset 9:38 du Coran nous montre que le bien-être personnel est primordial, même pour les militaires religieux qui refusaient d’aller à la guerre : « Ô vous qui croyez ! Qu’avez-vous à rester cloués au sol, lorsqu’on vous dit : « Allez combattre pour la Cause de Dieu ? » Préférez-vous la vie présente à la vie future ? Mais les plaisirs de cette vie ne sont-ils pas bien peu de chose, comparés à l’au-delà ! » Le verset 9:81 nous donne la raison de ce refus : la chaleur ! « Dis-leur : le feu de l’Enfer est bien plus ardent encore », leur rappela Dieu d’un ton menaçant.

 

À l’époque en Iran, comme en Egypte actuellement, les révoltes d’une telle ampleur sont profondément liées à la situation économique et politique. Mais face à l’absence de partis politiques (persécutés sans pitié) qui les représentent, la religion devient l’élément fédérateur unissant les peuples.

 

L’islam politique est une idéologie récente. Auparavant, l’absence d’un pape puissant, la diversité des centres religieux et la séparation des pouvoirs temporel et spirituel permettaient aux rois de mener la belle vie. L’islam politique apparaît dès 1978 en pleine Guerre froide (l’année où Jean-Paul II, polonais, est nommé Pape). L’objectif était d’encercler l’URSS d’une barrière religieuse. En Afghanistan, les Etats-Unis créent les moudjahidin, qui avaient pour mission de renverser le gouvernement marxiste du docteur Najibullah.

 

En Iran, les hommes en noir se mêlent aux manifestations après 6 mois de protestation et obligent les femmes à porter le tchador. Ils prennent le pouvoir sans même posséder la base sociale dont se vantent les Frères musulmans en Egypte. Pourtant, un des fondements du chiisme était de rester en marge du pouvoir jusqu’à l’arrivée de Mahdi, leur Messie. L'ayatollah Khomeini change ce principe avec son Velayat-e faghih (Gouvernement du docte) et devient chef de l’Etat théocratique d’Iran, une terre regorgeant de pétrole, voisine de l’URSS et occupant une position stratégique. Une réunion du G4 en Guadeloupe avec les représentants de l’ayatollah fait le reste : il fallait éviter que l’Iran tombe aux mains de forces progressistes. Ces dernières seront éliminées (4), ainsi que les généraux de l’Armée et les islamistes modérés et libéraux – le premier président de la République islamique, Hassan Bani Sadr, fuira le pays, imité par cinq millions de personnes.

 

La répression est si terrible qu’Hossein Montazeri, le successeur de Khomeini, démissionne en signe de protestation (5). Les Iraniens s’opposent tellement à la « réislamisation » du pays qu’un an plus tard, il quitte complètement le pouvoir et réintègre l’école théologique de Qom, laissant la politique aux politiciens. Pris de regrets, il fera ensuite son retour.

 

Plus tard, après plusieurs révoltes contre cet extrémisme, et probablement dans une tentative d’en corriger les excès, cette forme de gouvernement est rebaptisée « démocratie religieuse » par le président Khatami qui, en huit ans d’inefficacité, démontrera à quel point il était illusoire de vouloir réconcilier les urnes et le divin. Le nouveau président de l’Iran, l’ayatollah Rohani, aura également pour tâche de prolonger cette chimère.

 

En Irak, la guerre sectaire déclenchée par le gouvernement installé par les Etats-Unis continue de tuer des dizaines de personnes chaque jour. Un gouvernement moyenâgeux dans un pays arabe développé, voilà qui est venu compléter l’œuvre de Bush. Mais ensuite, en 2010, les élections parlementaires ont vu la coalition laïque l’emporter, le Conseil suprême islamique n’obtenant plus que 8 petits sièges sur 325.

 

Ces différentes formes d’islam politique issues des laboratoires islamiques ont donc échoué.

 

 

Une crise existentielle

 

Marx disait que « tous les grands faits et les grands personnages de l’Histoire universelle adviennent pour ainsi dire deux fois […] : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce ». Prétendre imiter le prophète Mahomet, reproduire la vie des tribus bédouines de l’Arabie du VII siècle et introduire la charia (centrée sur le comportement moral des sujets) comme norme étatique, voilà, à des degrés divers, l’essence des idées de l’islamisme.

 

-Comme leurs homologues chrétiens, les islamistes affirment que l’immoralité – et non l’accumulation aberrante de richesses par quelques privilégiés – est la source de tous les déséquilibres sociaux. Après plus de trente ans d’expérimentation, que ce soit en Iran, en Afghanistan, en Arabie saoudite, au Yémen, en Irak, en Turquie, en Tunisie, en Egypte ou au Soudan, on peut constater les résultats suivants :

 

-Les islamistes ont une approche aveugle des questions complexes propres aux Etats modernes. La maxime surréaliste selon laquelle « l’islam est la solution » à tous les problèmes est non seulement simpliste, mais aussi dangereuse.

 

-Le Coran est leur constitution, parole divine, figée et infaillible. Un ordre à exécuter. Aucune critique, aucune remarque, aucune modification n’est permise.

 

-Les citoyens n’y sont pas égaux en droits devant la loi, puisque celle-ci se base sur le Coran, dans lequel est, par exemple, inscrite au verset 4:34 la préférence de l’homme sur la femme. Pourtant, tous sont égaux devant Dieu !

 

-Leur conception de l’économie : l’ayatollah Khomeini disait en s’adressant aux travailleurs que « l’économie ne devait préoccuper que les animaux », tandis que les hommes devaient rechercher la spiritualité. Mais cette incapacité à venir à bout de la pauvreté ne serait-elle pas à l’origine des jeûnes religieux et de la sanctification de la faim, ou des promesses de mets exquis au Paradis, dans le but d’éviter les révoltes des peuples affamés sur terre ? L’échec économique mène à l’échec politique. Au final, les islamistes défendent le modèle capitaliste du XIX siècle qui ne reconnaît aucun droit aux travailleurs.

 

-Ils ne reconnaissent pas le droit à la santé et à l’éducation universelle et gratuite pour tous. Il y a des différences de classe, avec l’aval du Seigneur. Ils laissent le désir d’une société égalitaire aux marxistes.

 

-Ils méprisent la dignité humaine et l’intégrité physique via le système juridique appelé « Hodud », basé sur la loi du Talion œil pour œil, dent pour dent, vieille de quatre mille ans. La torture et la peine de mort sont par exemple toujours en vigueur actuellement. Même le « modéré » Erdogan envisage de réintroduire la peine capitale.

 

-Par crainte du pluralisme de la pensée et du savoir, ils interdisent certaines études ou réduisent la diversité des orientations proposées en sciences humaines (droit, histoire, sciences politiques, journalisme, sociologie, etc.) Darwin, Shakespeare, Kant, Rousseau ou Voltaire disparaissent des salles de cours, laissant place à un grand vide dans ces disciplines et à une piètre façon de gouverner. En Iran, les représentants du peuple, souvent médecins ou ingénieurs, ne parviennent pas à détecter l’origine des problèmes et manquent de connaissances pour y apporter des solutions. Cette réduction du choix d’études explique que l’Iran est un des premiers exportateurs de nanotechnologie, ou qu’il gagne année après année l’Olympiade internationale de mathématiques.

 

-Leur système politique est totalitaire : ils suppriment non seulement les libertés politiques, mais aussi les libertés individuelles ; ils sont obsédés par le contrôle de chaque individu. Ils réglementent jusqu’à la couleur des vêtements, et punissent par de très sévères châtiments les démonstrations de joie comme s’embrasser, rire, danser, chanter. Ils détestent que chacun affirme son individualité singulière ; c’est ainsi par exemple qu’ils imposent un uniforme à leurs femmes.

 

-Ils créent des groupes civils de répression pour effrayer la population. Leurs tribunaux rappellent parfois ceux de l’Inquisition chrétienne et les sceptiques y sont accusés de blasphème ou d’athéisme. Tandis qu’ils envoient des patrouilles pour surveiller la moralité des gens, ils commettent les atrocités les plus immorales, tout en exhibant sur leur front l’empreinte du Mohr, petit disque d’argile sur lequel ils posent le front pour prier.

 

-Ils disent rendre compte devant Dieu, pour ne pas avoir à se justifier face au peuple. Ils sont la nouvelle oligarchie, sans scrupules.

 

-Ces islamistes revendiquent leur indépendance vis-à-vis des grandes puissances pour n’avoir à rendre compte de leurs actes à personne et pour empêcher que les structures du pouvoir traditionnel ne soient affaiblies par les influences de la modernité. Leur pays est leur “fief”. Cela ressemble au national-catholicisme. Ils ne reconnaissent en général aucun traité international relatif aux droits des femmes, des enfants et des travailleurs.

 

 

Rien qui soit mortel

 

L’expérience de la mort ne peut se comprendre qu’en y étant confronté personnellement. Ces groupes islamistes continueront d’obtenir le soutien des milieux pré-capitalistes, des exclus, des défavorisés, de certains milieux prolétaires (pas les travailleurs dans le sens capitaliste du terme), puisqu’ils représentent une idéologie primitive, tribale, voire pré-feodale, et par conséquent réactionnaire, à 1000 lieues des besoins et des revendications des « pauvres modernes ».

. La leçon la plus importante que les Frères musulmans peuvent tirer, c’est de ne pas s’être entourés d’une armée fidèle, comme les Gardiens de la révolution islamique en Iran. Ils ne réalisent pas que s’ils ne rencontrent pas les besoins et les désirs des citoyens, ils disparaîtront.

 

Il n’y a pas de guerre contre l’islam, mais contre son utilisation par les opportunistes, habiles manipulateurs de la foi aux dépends de peuples appauvris et désespérés. L’alliance entre la religion et la politique n’a pas fonctionné. Mais pourtant, elle aura encore de beaux jours devant elle, tant que les Etats-Unis continueront à utiliser des groupes religieux comme leur cinquième colonne contre la Russie, la Chine et l’Inde.

 

 

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VENEZUELA : LA YAGUAINA, CHRONIQUE D'UNE COMMUNE VENEZUELIENNE

Publié le par Tourtaux

La Yaguaina, chronique d’une commune vénézuélienne

Une salle de bataille sociale. Le matin dans les pupilles. Un carnet de route vierge. Un cercle de communards. Avec les idées de Javier Biardeau  dans la tête : « pour qu’existe la Commune, il faut qu’existe l’esprit de la Commune, et pour qu’existe l’esprit de la commune il faut le cœur de la Commune, peut-être que l’Etat ne le comprend pas »…, nous sommes arrivés à La Yaguaina (terre de palmiers) avec le défi de raconter ce qui se construit à partir du cœur, ce cœur qui fond quand on parle du Commandant et qui chemine à travers la forêt et le lac, plein de contradictions et de certitudes absolues.

 

Matria 3

 

Ici comme dans tous les villages proches de la côte des Caraïbes, résonne le vallenato de Colombie… On se reconnaît dans le cercle horizontal de la parole; maintenant on appelle porte-paroles ceux qu’on traitait jusqu’ici de lutteurs sociaux, « ñángaras », va-nu-pieds, indigents, ou plèbe comme les appellent encore  certains. Ici on compte 15 Conseils Communaux qui ont rendu possible cette Commune qui est tout sauf un dossier rempli de paperasserie légale, ici la Commune, c’est la rage et la tendresse de réaliser avec ses propres mains, « nous voulons que les enfants puissent avoir tout ce que nous n’avons pas eu »

 

répète-t-on comme principe.Matria 4C’est Luisa Rivas, une femme de 35 ans, porte-parole du Conseil Communal Las Cañas, qui ouvre la conversation pour dire comment il ont commencé à croire dans la volonté commune, dans le travail collectif  : « nous existons depuis quatre ans, grâce à une initiative lancée par trois porte-paroles de conseils communaux différents, à la suite d’une émission du président Chavez sur la nécessité de créer la Commune, on ne savait pas ce que c’était en soi, mais nous avons commencé, et quand nous nous réunissions on nous appelait les fous. Quand nous avons constaté que les gens ne voulaient pas participer, nous avons décidé de bouger et d’organiser les réunions de village en village pour les motiver.» Nous avons commencé par la communauté Cruz Cano Chiquito, qui est très éloignée, nous y sommes allés en camion sans savoir ce que nous faisions réellement, on a commencé par motiver les gens – « ensemble, nous travaillerions mieux, nous devons entendre le président Chavez , c’est comme ça que nous avons tenté de former la Commune ».

C’est le travail volontaire qui a déclenché l’organisation d’une commune aujourd’hui consolidée. Tout a commencé par le dégagement des routes, un travail peu à peu habité par la musique et les conversations. On a nettoyé ensemble les câbles de haute tension, le cimetière, on est venu en mule, à pied, en camion, on est toujours venu travailler, « et après la soupe collective, on en faisait quatre ou cinq marmites après chaque journée de travail, on se réunissait pour évaluer l’activité ».

 

Matria 1«Pour commencer, on n’est pas parti de directives ou de lois, nous avons commencé avec la volonté, avec le simple amour de faire»… Ici commence la liste de critiques, de plaintes, de rappels des institutions à leur devoir de faire la révolution, institutions qui restent souvent aveugles, les bras croisés. «Nous étions fatigués d’attendre la réponse, on nous a si souvent fait miroiter des villas et châteaux, on nous a utilisés, manipulés tout au long de l’Histoire, et  lorsque nous ouvrons les yeux, nous nous retrouvons à nouveau… entre la déception et espoir ».

Le processus de légalisation de la Commune a donc affronté les mille et un obstacles de la bureaucratie : « depuis le 17 Novembre 2012, nous avons remis les certificats des Conseils Communaux, et ils viennent de nous les rendre il y a seulement un mois. Lorsque l’on arrive enfin à former les Conseils Communaux… il faut recommencer tout le processus à zéro parce que le mandat des porte-parole touche à son terme, on nous laisse sans réponse, nous devons voyager pendant des heures jusqu’à Cumana pour refaire les démarches administratives, parfois on ne veut pas nous recevoir, on nous demande de revenir plus tard, parfois tout ça donne envie de pleurer. »

 

Matria 5Le communard Renan Correa propose des solutions : «si nous avions plus de ressources nous produirions plus, à partir de notre  grand potentiel que sont les racines et tubercules, ces aliments doivent sortir de cette zoe vers l’axe Apure-Orénoque. Nous devons relancer l’usine de traitement d’alimentation pour animaux et de produits triturés, nous pourrions lui fournir notre récolte et on nous payerait le prix  juste car d’ordinaire ce sont des intermédiaires qui nous exploitent, ce sont eux qui gonflent les prix des produits (..) Nous, les agriculteurs, on nous ignore partout. Comme disait Chavez, nous voulons que le pouvoir du peuple, la collectivité, soient écoutés, et qu’on arrête de prendre des décisions sans nous prendre en compte

La Yaguaina est humide, et cette sensation colle à la peau, au dos brûlé de soleil. On ne cesse de regarder, parce que la vue est une vertu pour tant de choses qui naissent, le végétal est la terre, sa croissance, ce sont ses femmes et ses hommes, leur labeur. Parler vite n’enlève pas leur poids aux mots justes, aux exigences légitimes de ces communard(e)s. Das le fonnd, sur une colonne de bois, une image de Chavez, un silence.

Maria Martinez nous raconte comment cette Commune en cours de construction s’est intégrée au Système national de Troc qui existe dans notre pays depuis plusieurs années, avec une approche pratique, concrète, réfléxive d’économie socialiste, tout un processus qui va de la conscience de quelle nourriture nous consommons, aux rapports de production existants en zone rurale, en passant par la récupération des pratiques ancestrales.

 

Matria 2La Yaguaina fait partie du Système Régional de Troc de Pariagoto. Ici on utilise comme monnaie communale « Paria » et depuis mai 2009, mois après mois, de nouvelles volontés ont adhéré. Les marchés de Troc se sont répandus dans tout le pays, invitant les pairs à participer à un échange de ce qu’ils cultivent, tissent, écrivent, rêvent. Un monde sans argent, c’est l’utopie du monde possible. La Commune nous a invité à un de ces marchés à Cumana ;  une dame debout, micro à la main, nous a reçu en disant: « Pour être libres, nous devons produire nos propres pommes de terre, si nous ne produisons pas ce que mangent nos enfants nous ne serons jamais libres ». Les travailleurs de l’entreprise sardinière récupérée La Gaviota leur ont narré leur lutte. Au-delà la géographie humaine de Sucre a oeuvré à partir de la mémoire, partageant les semences, la connaissance et la culture communale.

 

Traduction : Suki Neve,  http://quebolaparis.blogspot.com/


Source : Aquarella Padilla, Ciudad Caracas,  « Narrar la Matria II… Crónicas de un recorrido »,  Photos : Verónica Canino, http://www.ciudadccs.info/?p=485684


URL de cet article : http://bit.ly/1aqv8dw

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ETATS-UNIS : 5000 COLLABOS MAGHREBINS ESPIONNENT POUR L'ARMEE US

Publié le par Tourtaux

Mercredi 6 novembre 2013

 

Par Djamila Ould Khettab (revue de presse : Algérie Focus.com - 5/11/13)*


Le département de la défense américain peut compter sur le soutien d’un contingent emportant d’informateurs maghrébins.


Aux Etats-Unis, on ne compte pas seulement sur les Marine’s pour veiller sur la sécurité des intérêts du pays à travers le globe. L’armée américaine fourmille de collaborateurs étrangers répartis au quatre coins du monde. Le département américain de la défense emploie ainsi près de 170 000 civils. Parmi eux 13 000 étrangers dont « 5000 Maghrébins », a affirmé lundi 4 novembre Ben Yakhou Ben Dokha, ex-attaché militaire d’Algérie à Washington. Invité à une conférence sur la « stratégie de défense des Etats-Unis et le nouveau redéploiement  stratégique américain » par Science Po à Paris, l’ancien colonel de l’APN, qui a fait ses armes dans les maquis de Chréa (Blida) avant d’être catapulté attaché militaire à l’ambassade d’Algérie à Washington, n’a toutefois pas voulu donner plus de détails sur le recrutement et la mission de ces informateurs maghrébins. Ils ont été recrutés après le 11 septembre pour « déchiffrer les conversations au niveau des pays de la région », s’est contenté d’expliquer l’animateur de la conférence.


Après le Moyen-Orient, l’océan Pacifique la nouvelle bataille des USA


Pour Ben Yakhou Ben Dokha, il ne fait aucun doute que l’axe stratégique du département de défense des Etats-Unis s’est déplacé. Dans la nouvelle stratégie militaire américaine, les régions du Moyen-Orient et d’Asie centrale ne seront plus au centre des débats comme cela a été le cas tout au long du XXè siècle, explique l’ancien colonel algérien. Les USA pourraient chercher selon lui, «à minimiser» leur présence en Asie centrale, méridionale et autre Moyen-Orient « car dans ces régions, les intérêts américains restent globalement inférieurs aux enjeux» projetés par les décideurs de l’Administration Bush et successeurs. C’est en Asie, plus spécifiquement dans l’océan Pacifique, que dorénavant le département de défense américain se déploie massivement. « Le déploiement des Marine’s à Dawin au nord de l’Australie avec un effectif avoisinant 2500 hommes annoncé le 13 novembre 2011, montre que désormais l’océan Pacifique prendra la place de la Méditerranée de jadis, au XXIè siècle en termes de convoitise », estime Ben Yakhou Ben Dokha.


*http://www.algerie-focus.com/blog/2013/11/5-000-civils-maghrebins-travaillent-pour-larmee-americaine/#sthash.VIATWxu4.dpuf 


http://www.france-irak-actualite.com/article-5000-civils-maghrebins-travaillent-pour-l-armee-americaine-120977883.html

Publié dans USA

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