4 mars 2008 Pour la reconnaissance de la pénibilité au travail

Publié le par Tourtaux

Il a fallu attendre la 16ème séance de négociations nationales pour qu'enfin les dirigeants syndicaux de la CGT se décident, au bout de trois ans de revoyures avec le Medef  qui n'a pratiquement rien lâché,  de faire un effort pour la reconnaissance de la pénibilité au travail par un départ anticipé.

Provocateur, le Medef   "propose" un recul social qui en dit long sur sa morgue et son mépris des travailleurs. Ce que veut le Medef :

40 ans minimum d'activité et exposition 30 ans durant la carrière à un facteur de pénibilité et exposition 10 ans durant à au moins trois facteurs de pénibilité (exemple : postes+bruit+chaleur) et examen individuel par une commission pour examiner au cas par cas et prise en charge par la Sécu et pas par le patronat...

Scandaleux. Aucun travailleur ne peut réunir autant de critères à la fois. C'est tellement énorme que nos dirigeants syndicaux CGT ne peuvent pas laisser passer ce que même un malvoyant risquerait de voir. Le travailleur est pressuré, taillé en pièces. L'exploitation capitaliste est ignoble. Le patronat livre un terrible combat de classe, les organisations syndicales sont chaque jour de plus en plus compromises et ne sont pas à la hauteur des exigeances que peuvent en attendre les salariés. 

Pour le Medef, la pénibilité ne peut être que l'apanage du monde du travail. La pénibilité, c'est une affaire de classe. Pour le patronat, la classe ouvrière peut mourir plus tôt. Que les travailleurs soient usés, brisés par des années de labeur, qu'ils souffrent dans leur chair de l'inhumanité de la fécondité du capitalisme, cela est partie intégrante du profit, de plus de productivité dans le travail. Le patronat veut toujours être plus compétitif, toujours se surpasser dans la guerre économique planétaire qui se joue actuellement. 

Le patronat ne veut pas reconnaître la pénibilité. Il ne veut pas transformer les moyens de production pour ne plus détruire les travailleurs sinon, il serait perdant au niveau du profit, il prendrait du retard dans le domaine de la concurrence. Le capital refuse de financer les retraites anticipées parce qu'elles lui coûteraient trop cher et, des travailleurs détruits par des années de labeur n'étant plus productifs et rentables doivent sortir du circuit, ne serait-ce que par le biais d'une invalidité déclarée...

Les dirigeants CGT ne peuvent pas ne rien faire et c'est pour cela qu'il organisent le 4 mars prochain la journée nationale de mobilisation sur la pénibilité. 

Lorsque l'on voit des salariés de plus en plus nombreux mettre fin à leurs jours, cela signifie que leurs conditions de travail se dégradent de plus en plus. Le stress est poussé à l'extrême par un patronat de combat de plus en plus arrogant qui n'a que du mépris pour les travailleurs. 

Certatains métiers manuels qui demeurent à hauts risques sont très mal reconnus et il est regrettable qu'il ait fallu trois ans et seize séances de négociations au cours desquelles des syndicalistes de haut niveau n'ont obtenus que des broutilles pour qu'enfin ceux-ci se "décoincent". 

Je suis persuadé que seule la lutte des classes avec une CGT de combat pourra créér le rapport de forces dont les travailleurs ont besoin et ce n'est qu'à partir  de là que nous ferons plier le patronat et les gouvernants à leurs bottes que sont l'UMPS et leur chef de file Sarkozy.
Jacques Tourtaux  























       

Publié dans Lutte des classes

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