LE SOUTIEN D'HENRI ALLEG

Publié le par Tourtaux

Mon camarade Henri Alleg vient de rédiger un texte en forme d'avant-propos pour mon livre témoignage sur la Guerre coloniale menée en Algérie. 

C‘est en février 1961 que Jacques Tourtaux, comme des dizaines de milliers de jeunes Français avant lui , avec les mêmes réticences à participer à cette guerre « imbécile et sans issue », arrive en Algérie. Mais, entre lui et la majorité de ces bidasses mobilisés à qui pourtant il ressemble, une différence qui a son importance : il est communiste et il sait parfaitement pourquoi il refuse cette guerre et où sont la vérité et le droit. Non pas, comme le prétend la propagande officielle, du côté des gros colons exploiteurs, des gouvernants et de l’armée coloniale qui les servent et continuent de prétendre que l’ « Algérie c’est la France » mais du côté des Algériens qui luttent pour l’indépendance de leur pays et des Français qui les soutiennent.
Pas un moment donc, Jacques Tourtaux ne cédera, malgré tous les tentatives de « bourrage de crâne », malgré les pressions et chantages de toutes sortes, malgré les mises à l’écart, les brimades ouvertes ou camouflées des gradés, souvent « anciens d’Indochine », avides de prendre leur revanche sur un adversaire – pour eux, le même qu’au Vietnam- qui les avait victorieusement affrontés «  là-bas », . Bien plus, dans ces dures conditions où il est noté comme une « forte tête » et en dépit du danger, il s’efforcera avec les pauvres moyens à sa disposition (parfois à l’aide de «  papillons » fabriqués artisanalement) de faire entendre la voix des partisans de la paix, de la liberté, de l’entente fraternelle avec le peuple algérien.


Il est sans doute difficile aujourd’hui de comprendre combien, à l’époque, il était difficile de tenir et plus encore d’agir dans une telle situation. D’abord tenté par la désertion, (après avoir par deux fois refusé de se rendre aux convocations du conseil de révision et été finalement conduit, menotté jusqu’au train qui l’emmenait vers la caserne, le jeune communiste, s’était finalement rendu aux arguments d’un oncle, vieux militant communiste qui, reprenait à son compte les propos de Maurice Thorez :: « Non, la voie n’est pas à l’insoumission, la voie reste celle que nous a inculquée Lénine …C’est le travail de masse mené à l’armée , surtout à l’armée, pour combattre la guerre. Le devoir, c’est de travailler , c’est de faire le travail difficile , le travail pénible, qui exige des sacrifices, qui coûte parfois des années de prison aux jeunes soldats…» 

Mais il y a aussi d’autres souffrances durement ressenties, celles particulièrement odieuses qu’impose la guerre coloniale aux hommes et aux femmes révoltés contre l’exploitation, l’injustice et le mépris dont Jacques Tourtaux est le témoin et qu’il ne pourra jamais oublier. Les ratissages sanglants de douars, les gourbis incendiés, les exécutions sommaires de combattants et de civils, les tortures et les viols. Tout cela est encore présent dans sa mémoire et toujours aussi durement ressenti. Il le dit avec force et émotion :

« Depuis mon retour d’Algérie, j’ai toujours souffert, sans savoir que je souffrais de là-bas. Plus de 40 ans après, je me réveille régulièrement en sursaut . Difficile de remonter la pente : sautes d’humeur, phobies, rendent souvent la vie difficilement supportable à mon entourage ; Depuis de nombreuses années, mon sommeil est agité, troublé par des insomnies, cauchemars et anxiétés. Les troubles graves endurés encore aujourd’hui sont la conséquence directe des mauvais traitements subis et qui m’ont été infligés volontairement du fait de l’institution militaire lors de la guerre d’Algérie. Les vives et graves souffrances que j’ai subies à l’époque ont laissé des traces indélébiles et des blessures qui m’ont affecté toute ma vie et, encore aujourd’hui, je subis un très important sentiment de culpabilité du fait d’avoir vu des horreurs que je réprouvais…. ».

Avec beaucoup de modestie, Jacques Tourtaux présente son livre comme un témoignage. Mais, c’est beaucoup plus que cela. Dans sa volontaire simplicité et sa totale vérité, c’est aussi un vibrant hommage à ces soldats anticolonialistes qui, après avoir milité clandestinement dans leur unité contre la guerre et pour faire prendre conscience à ceux qui les entouraient de son contenu pervers et criminel, n’ont pas hésité, le moment venu, à se dresser, souvent au péril de leur vie, pour barrer la route aux généraux factieux prêts à donner l’assaut à la République. Avec juste raison, il pose cette question que les dirigeants en place ont le plus souvent volontairement oubliée : Que serait-il advenu si, en avril 1961, le contingent mobilisé en Algérie, avait suivi les officiers félons et leurs chefs ?

Une question qui mérite toujours réflexion, ne serait-ce que pour aider les générations d’aujourd’hui à tirer les leçons de l’histoire et à rester vigilantes car les forces mauvaises du passé n’ont pas renoncé.

Henri Alleg

 

Publié dans guerre d'Algérie

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Tourtaux Jacques 25/03/2008 13:55

Cher camarade Alain Girard,

Nouvelle exclusion. Mon article a "disparu" et pourtant tu l'as vu puisque tu m'en parles!

Je suis d'accord pour que tu présentes mon livre sur ton blog mais n'étant pas très doué en informatique, si cela t'es possible, prend la photo de la couverture du livre qui est sur mon blog.

Peux-tu me communiquer ton mail?

Salut et Fraternité.
Jacques Tourtaux

Rack 25/03/2008 10:56

LOL !

mais non il s'est pas fait virer :)

il a ete dit et redit que son article n'a jamais ete publié !

par contre apres il s'est bien enerve et en tant que visiteur, je peux dire que ca m'a fait rire

mais continue jacques tu n'as pas besoin d'eux

alain girard 25/03/2008 09:04

Cher camarade
je vois que tu connais certaine exclusion sur Bellaciao mais c'est le cas, désormais, de dizaines de camarades mais parfois Bellaciao te rend la parole, te la reprend...
Je t'invite à m'envoyer la photo de ton livre pour pouvoir le présenter sur mon blog si tu le désires et je pense que tu pourrais aller sur le blog de Danielle Bleitrach, changement de sociéte, car le d&bat y est sans concession mais très fraternel.
SALUT ET FRATERNITE

Alain Girard

Jean LEVY 24/03/2008 15:40

Je viens de prendre connaissance, avec une grande émotion, de ton témoignage. Ton courage avec lequel tu as fais passer tes idées de communiste dans cette guerre colonialiste, les dommages que tu continues à subir de ce fait, imposent la solidarité. J'en suis.
Amitiés.
Mes cordonnées sur le net.
jean.levy@dbmail.com

Tourtaux Jacques 23/03/2008 09:43

Bonjour Camarade,

Ne sachant pas comment m'y prendre, j'ai édité ce livre à compte d'auteur et je l'ai déjà réédité plusieurs fois. Je le vend moi-même pour survivre. Idem pour le second ouvrage et le troisième qui est en cours d'édition.

En effet, je pensais que les quelques "bénéfices" obtenus par cette vente militante m'aideraient à payer les soins des séquelles ramenées d'Algérie et les ennuis de santé dûs à l'érosion naturelle, normale quand on prend de l'âge, hélas, il n'en est rien.

J'ai des médicaments déremboursés et je ne puis me les payer alors, je fais les rares salons du livre de ma région et je vais reprendre les brocantes( pas très littéraires)où le contact avec les gens m'est très bénéfique.

Sachant qu'Henri Alleg a une activité militante intense, je n'ai jamais osé le contacter, craignant de lui prendre de son temps, si précieux mais, aussi, parce que j'ai toujours pensé que d'autres bidasses en avaient sans doute "bavé" plus que moi.

Tu me parles de souscription, là encore, je suis un novice et si tu peux me renseigner tant pour une éventuelle souscription ou une possible édition par le Temps des cerises, je ne demandes pas mieux.

Si tu veux lire ce livre, envoie un mail à:
jacques.tourtaux@orange.fr
ou téléphone au 03.26.40.62.15, ce sera mieux pour en discuter.

Fraternel salut.
Jacques Tourtaux