LES APPARATCHIKS

Publié le par Tourtaux


                                                               AVANT-PROPOS

Il y a des opportunistes dans tous les milieux sociaux. Ces gens-là se faufilent, s'infiltrent afin de tirer profit et avantages de situations qui permettent aux plus habiles d'entre eux d'accéder aux plus hautes responsabilités, convoitises de leurs ambitions.

Quel que soit leur rang dans la hiérarchie,  ces individus sont dangereux et redoutables. Je pense en particulier à ceux qui s'implantent, s'incrustent dans les organisations syndicales ouvrières.

Après des décennies de militantisme, j'ai à maintes reprises eu l'occasion "d'approcher" ces personnages. Bien que n'ayant été qu'un militant syndical de base, je pense toutefois maîtriser ce sujet que je n'évoquerai pas sur le fond mais sur des faits précis, avérés et en toute impartialité.

Face à de tels "militants", je n'ai pas à rougir de mon passé de syndicaliste. Sur le terrain et dans les luttes, j'ai fait mes preuves, ce qui n'est bien souvent pas le cas pour les donneurs de leçons.

Il est grand temps de dénoncer, de stopper l'action négative de ces "syndicalistes" pour qui la notion de purisme n'effleure pas l'esprit, le carrièrisme étant leur unique priorité.

Ce livre a été écrit avant les grèves de novembre 2007 à la SNCF et à la RATP.

Les cheminots et les traminots ont mené une lutte des classes exemplaire.

Chapeau bas et Fraternel salut.

                                                                         Le 30 janvier 2008

                                                                       Jacques TOURTAUX


Pour toute commandes : tel. 03.26.40.62.15.
E-mail : jacques.tourtaux@orange.fr


                                              QUELQUES EXTRAITS DU LIVRE


                                                   1. ENGAGEMENT SYNDICAL


Je suis de ceux qui pensent que la défense des travailleurs est la mission première d'une organisation syndicale sérieuse et responsable. J'ai donc adhéré au syndicat CGT(Confédération Générale du Travail) parce qu'il me paraissait le plus apte à défendre mes intérêts de classe face aux requins du patronat.

Militer à la CGT n'a jamais été en odeur de sainteté auprès de nos adversaires de classe. En janvier 1964,  je suis embauché à la SNCF comme homme d'équipe auxiliaire. Dans la foulée, je prend ma carte à la CGT.

A l'époque, la CGT était adhérente à la FSM (Fédération Syndicale Mondiale). Cette organisation était très impliquée dans la lutte des classes. La fédération des cheminots CGT en était le fer de lance. Cela me convenait tout à fait. Je me suis de suite investi et donné à fond dans le militantisme syndical. Ma tâche fut facilitée par mon appartenance au PCF ( Parti Communiste Français). A l'époque, je militais à Reims à la cellule des cheminots Pierre Sémard. Politiquement, le PCF également très engagé était à l'avant-garde des luttes. J'étais donc dans mon élément.


                                                      5. LES GREVES DE MAI 68


J'ai encore en mémoire mai 68 et la grande lutte victorieuse des travailleurs. Les grèves sont parties comme une traînée de poudre. 11 millions de personnes en grève, m'a rappelé
joyeusement mon camarade Maurice L., ancien secrétaire  du syndicat des cheminots de Reims de l'époque. Géant! Ainsi, après trois semaines de grève, les revenus des cheminots qui ont sensiblement augmenté n'ont fait l'objet d'aucune retenue. Nos salaires  ont été intégralement payés parce que nous avions créé un rapport de forces conséquent.


                                           8. LES GRANDES MANOEUVRES


Avec les salariés des autres corporations, les chômeurs, les étudiants, les lycéens, les retraités et toutes les personnes qui soutenaient les luttes en cours, les cheminots ont participé à toutes les manifestations locales. Il est arrivé que l'on croise, que l'on "frôle" une manifestation emmenée par l'UNR (Union pour la Nouvelle République). Des "bonnes soeurs"! Rendez-vous compte, braves gens! Des "majorettes du Vatican" soutenaient de Gaulle. Elles portaient des pancartes, défilaient en réclamant la liberté du travail! C'est-y pas un comble, ça! A l'époque, ces dames ne portaient pas l'habit civil!


                                     12. L'EXPULSION DU TYRAN DE BETHENY 


Après avoir distribué les tracts appelant à la grève générale illimitée, la CGT cheminote ayant décidé d'occuper les chantiers de la SNCF de Reims, le jeune militant que j'étais s'est fait propulser par des anciens très déterminés devant l'entrée du bureau du chef de gare de Bétheny. Nous étions bien décidés à le virer. Jeune délégué, je n'avais pas cinq ans de chemins de fer mais déjà de nombreuses grèves à mon actif. 
                                                        "Allez gamin, on y va!"
 
J'ai frappé à la porte.
"Entrez!" a hurlé le chef de gare, une grosse brute que l'on surnommait le uhlan ou le boche... Le butor qui pesait le quintal faisait face à un petit gars d'à peine 50 kgs.

Il vociférait au téléphone. J'ai dit à peu prêt textuellement :
"Le syndicat des cheminots CGT de Reims a décidé d'occuper les locaux et d'en assurer la sécurité!"
                                                          "Remettez-moi les clés!"

Il était fou de rage et écumait. Le "uhlan" s'est levé et nous a claqué la porte au nez. Qu'importe, j'ai fermé la porte de son bureau à l'aide des clés qui pendaient à l'extérieur.

Le chef de gare ne maîtrisait plus la situation. Il était viré. Cet individu aimait dire qu'il avait fait la guerre d'Indochine. Sa résistance a fait long feu puisqu'il a été contraint de se sauver. Ce salopard avait été humilié par un ouvrier, homme d'équipe de surcroît.


                                                         17. NE PAS SUBIR


L'avènement du progrès où l'informatique règne sans partages n'est pas une excuse pour écraser le monde du travail et anéantir tout ce qui représente le formidable passé dont nos aînés ont été les acteurs. Combien de luttes ont été menées et devront l'être pour préserver nos acquis sociaux et en arracher d'autres. Lorsqu'ils sont aux affaires, les hommes politiques veulent avoir à leurs bottes des organisations syndicales dociles afin de satisfaire encore davantage les appêtits exorbitants des tenants du capital.


                                18. AU SECOURS NAPOLEON EST DE RETOUR


Les organisations syndicales vont-elles laisser les mains libres aux fossoyeurs du monde du travail? Vont-elles réagir, prendre les décisions qui s'imposent et s'engager vigoureusement aux côtés des travailleurs? Sous le dangereux visage du populisme, la dictature de Napoléon Sarkozy s'installe... Les électeurs français qui comptent pourtant beaucoup plus d'électeurs de condition modeste que de représentants du grand capital ont installé dans un fauteuil, à l'instance suprême Nicolas Sarkozy, l'homme qui incarne la droite dure. Marche ou crève!


                                           20. PERMANENT ET CARRIERISTE


Depuis que la CGT a quitté la FSM dont l'une des bases fondamentales est la lutte des classes, elle n'est plus en mesure d'inquiéter nos adversaires de classe puiqu'elle s'oriente de plus en plus dans la voie du réformisme, chère à la CES (Confédération Européenne des Syndicats) à laquelle adhèrent également FO et la CFDT.

Nombre de permanents CGT qui ont un temps soit peu travaillé ne sont plus au contact de la base.

D'autres permanents sont totalement déconnectés du terrain en raison d'une longue absence du lieu de leur travail. Une fois retraités, beaucoup d'entre eux en reprennent une "louche" et perçoivent un second salaire, élevé, paraît-il. Ces opportunistes qui font carrière dans le syndicalisme ne sont ni des anges, ni des purs.


                                                                 23. UN NANTI


Mes deux ou trois dernières années de travail, en qualité d'agent de manoeuvre ont été marquées par des accidents de travail dont la fréquence rapprochée ne laissait aucun doute sur mon état de fatigue physique. A l'époque, les cheminots n'avaient le libre choîx du médecin qu'en cas d'accident du travail. La pratique de la voltige qui était de mon temps le lot quotidien des manoeuvriers m'était devenue physiquement insupportable et dangereuse. Le cumul des ans et l'arthrose agissaient pernicieusement... Après toutes ces années, pour sauver sa peau, l'ancien voltigeur que j'ai été a été contraint de prendre une retraite imposée par les impératifs de santé.

Alors, les messieurs qui se disent grands, les décideurs, vous qui êtes aux affaires de notre pays, croyez-vous que je sois un Nanti?

Pensez-vous que le sénior qui vous crache sa colère au visage ne peut prétendre vivre sa retraite décemment?

Pensez-vous vraiment que le salarié, la racaille de mon espèce peut et doit retourner au travail?


                                             37. DES LIVRES QUI DERANGENT


Les lecteurs doivent savoir que mes écrits dérangent des personnes qu'idéologiquement cela ne devrait pas déranger. Parler de la misère, de la souffrance n'est plus d'actualité pour certains donneurs de leçons qui, de par leur position dans la hiérarchie syndicale devraient pourtant montrer l'exemple en favorisant la diffusion de mes livres.


                                           43. ARDENNAIS ET FIER DE L'ETRE


Champardennais mais avant tout pur Ardennais et fier de l'être, mon franc-parler m'interdit de taire ce qui me reste en travers de la gorge.






















































































































Publié dans Lutte des classes

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C
Alors là chapeau, j'en commande un exemplaire !!<br /> Très bien argumenté, du style, tout ce qu'il faut pour nous donner envie de lire ton bouquin !!<br /> Bravo et continue de nous régaler de ta plume décomplexée et naturelle !!
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