LES SANS PAPIERS DOIVENT GAGNER

Publié le par Tourtaux

Quelle belle entrée en matière pour préparer un grand 1er MAI suivi d'un grand MAI 68 que de voir ces exclus de la socièté "bien pensante" faire trembler les richards dont certains vont jusqu'à demander la régularisation de tous les sans-papiers.

Ce n'est pas une blague. Des patrons qui ont toujours pris ces hommes et ces femmes pour des moins que rien et qui sont arrivés dans notre France des Droits de l'Homme pour y trouver un travail et vivre dignement comme tout être humain devrait pouvoir le prétendre, demandent la régularisation de tous ces travailleurs.

Tous ces traîne-savates dont nombre d'entre eux sont issus de la négritude, chère au regretté Aimé Césaire donnent une formidable leçon de lutte des classes. Sous les couleurs de la CGT et de son drapeau rouge, voilà que nos braves gens occupent leur lieu de travail. Les "beaux quartiers" sont en effervescence. Pensez-donc, des cuisiniers, issus de l'immigration servent leurs petits plats à la  sauce CGT, pas plus loin qu'à Neuilly chez le Sarko, c'est-y pas beau tout ça! 

Les petits gars sont bien partis pour ne pas lâcher... au cas par cas, d'autant  qu'ils ont le vent en poupe et un rapport de forces qui est en train de se créer. C'est pourquoi ce mouvement précurseur doit s'élargir en province comme le souhaitent déjà les sans-papiers de nombreuses  villes.

Pour que la mayonnaise prenne et pour que la grève ne reste pas cantonnée à l'Ile de France, que manque-t-il? 
Tout simplement un ordre de grève des fédérations CGT concernées, notamment celles du commerce et du bâtiment. Elles sont étrangement silencieuses. 

Nos camarades sans-papiers du Nord qui mènent un combat très courageux et très dur depuis belle lurette ont entamé une marche sur Paris qui ne reçoit pas l'aide qu'ils sont en droit d'attendre  de la direction syndicale CGT qu'est la confédération, alors que dans des villes importantes comme Lyon, Toulouse, Marseille, Lille ou ailleurs, des travailleurs sans-papiers veulent rejoindre la lutte. 

C'est maintenant que cet important mouvement doit prendre une extention d'envergure nationale avec l'aide appuyée des dirigeants des fédérations concernées qui doivent lancer la grève générale des sans-papiers sur l'ensemble du territoire national afin que tous ces travailleurs soient régularisés comme le bon sens l'exige. 

Ancien secrétaire d'UL, j'estime qu'il est du devoir de chaque UL, de chaque UD d'organiser et de développer les luttes pour la dignité de ces travailleurs qui doivent bénéficier de notre solidarité et de notre soutien comme c'est actuellement le cas pour l'Union Régionale Ile de France de la CGT.

Quelle ne fut pas ma stupeur lorsqu'à la lecture de la presse, j'ai appris qu'une délégation, conduite par Francine Blanche, secrétaire nationale de la CGT avait été reçue lundi soir au ministère de l'immigration et que celle-ci a déclaré à l'AFP que les cinq préfectures concernées par cette grève "allaient étudier positivement" les dossiers de ces salariés. "Nous avons pas mal avancé, on a peut-être devant nous une sortie de crise" a-t-elle également déclaré à l'AFP. A la suite de cette entrevue de tous les dangers pour nos camarades sans-papiers, le ministère de l'immigration n'a pas peur de claironner "qu'il appartiendra de se prononcer cas par cas".

Un remarquable mouvement qui tend et ne demande qu'à se développer et voilà que les réformistes du national reviennent aux errements qui ont coûté si cher aux salalariés des régimes spéciaux qui ont été trahis par leurs dirigeants, en particulier le premier secrétaire confédéral Bernard Thibault, qui n'a pas hésité à tendre la perche à un Sarkosy qui n'en attendait pas tant et qui, dans la foulée, l'a remercié par une petite bouffe entre camarades.

Je crains que ne soit réédidé le coup de poignard asséné par des dirigeants nationaux plus prompts à appliquer les consignes de la CES, courroie de transmission du patronat européen à laquelle adhère aussi la CGT qu'à défendre les travailleurs sans-papiers qui, bien que n'étant pour l'instant que quelques centaines en grève ont mis le gouvernement dont on sent la fébrilité, en effervescence.

Hortefeux crie "Halte au feu". Sarkozy redoute un nouveau MAI 68. Il craint l'extention du mouvement à tous les travailleurs. Sa désastreuse politique antiouvrière et antipopulaire va fortement contribuer à créer le rapport de forces nécessaire pour entraîner ce mouvement qui va partir de la base et doit le rester si les syndicalistes nationaux n'assument pas. 

TRAVAILLEURS DE TOUS LES PAYS UNISSEZ VOUS!       

Jacques Tourtaux



















  

















  

Publié dans Lutte des classes

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