SOLIDARITE AVEC LES SANS PAPIERS EN LUTTE POUR LEUR DIGNITE

Publié le par Tourtaux

Des centaines de sans-papiers de l'Ile de France sont en grève avec occupation de leur lieu de travail pour défendre leur honneur et leur dignité. Ces travailleurs affirment haut et fort l'exigeance légitime de leur régularisation. Tous les sans-papiers sont en effet sous la menace constante de rafles, d'arrestations, jusque devant les guichets des préfectures, l'objectif du gouvernement étant de faire du chiffre par n'importe quel moyen.

Ce mouvement des sans-papiers qui ne demande qu'à s'étendre n'attend qu'une chose : que la CGT lance l'ordre de grève générale pour tous les sans-papiers. 

Une marche des sans-papiers partie de Lille le 19 avril dernier  et qui arrivera à Paris le 10 mai revendique également la régularisation de tous les sans-papiers.

Cette grève exemplaire des sans-papiers qui est perçue favorablement rencontre un énorme écho. Ce cri revendicatif des sans-papiers n'est hélas pas aussi sympatiquement perçu, ni entendu favorablement par la confédération CGT qui ne veut pas de l'élargissement du mouvement à tous les sans-papiers de France alors que ceux-ci n'attendent pourtant de la part de la CGT qu'une chose : qu'elle se conduise comme une organisation sérieuse et responsable, ce que personnellement, je ne perçois pas lors de cette grève de travailleurs dont nombre d'entre eux sont issus des ex-colonies dites françaises et de la négritude.  

Il est bien évident qu'un ordre de grève générale et son organisation efficace à tous les sans-papiers entraînerait probablement la paralysie de secteurs entiers de l'économie. Lorsque que l'on sait que les sans-papiers de Rungis, que de gros chantiers du bâtiment veulent partir en grève, je ne suis pas étonné que des centaines d'entre eux occupent les locaux de la CGT à la Bourse du Travail, à Paris pour exiger de la confédération CGT qu'elle assume ses responsabilités syndicales.

Comme beaucoup d'autres travailleurs avec papiers en grève actuellement aux quatre coins de l'exagone, les sans-papiers mènent une lutte des classes exemplaire. Ce combat est à cent lieues et ne ressemble en rien à l'attitude de collaboration et d'accompagnement des mauvais coups assénés par le patronat et le gouvernement, prônée par les dirigeants de la CGT qui tournent désormais le dos à la lutte des classes sur laquelle à fait une croix la CES (Confédération Européenne des Syndicats) dont la CGT est partie prenante avec la CFDT et FO.

Je viens d'entendre un responsable de la CGT déclarer que les sans-papiers qui sont en lutte et qui occupent des locaux de la CGT, à Paris doivent s'adresser à leurs patrons pour régulariser leur situation parce que ces mêmes patrons sont dans l'illégalité comme leurs travailleurs qu'ils exploitent sans vergogne. Je suis outré que de tels propos aient pu sortir de la bouche d'un responsable syndical CGT, rejetant du même coup les légitimes revendications de ces travailleurs. Nous savons maintenant que la confédération CGT ne veut pas de l'élargissement de la grève avec occupation des lieux de travail des sans-papiers. Elle veut "gagner" pour quelques uns et surtout pas globalement. Voilà ce qui explique pourquoi le gouvernement n'a pas peur de manifester son mépris et son arrogance quant aux sans-papiers. La confédération roule pour notre adversaire de classe qu'est le patronat et ses serviteurs du gouvernement.

Je crois que si Benoit-Frachon revenait, il en avalerait sa pipe. Je me souviens qu'en MAI 68, la devise était
                                                                        
                                                                           TOUS POUR UN, UN POUR TOUS  

Il faut rappeler que ce formidable MAI 68, au retentissement mondial est parti de la base, ce que redoute plus que tout la confédération. En effet, qu'attendent les fédérations CGT du commerce et du bâtiment pour lancer et organiser efficacement cette grève pour la DIGNITE ET L'HONNEUR.

Les travailleurs sans-papiers vont-ils, à leur tour, vivre le terrible scénario qu'ont connu les salariés des régimes spéciaux en lutte eux aussi pour leurs justes revendications. Le mécontentement que provoque la désastreuse politique de Sarkozy grandit et prend chaque jour de l'ampleur. Il doit se concrétiser sur le terrain des luttes, avec ou sans les directions syndicales dont chacun peut constater qu'elles freinent le développement des luttes des travailleurs et, pas seulement celles des sans-papiers.

Peu importe que le détonateur qui va déclencher l'explosion d'un nouveau MAI 68 soit le combat des sans-papiers qui, je le souligne de nouveau, mènent une lutte des classes  exemplaire.

Sur demande de radio France Bleue, j'ai été auditionné pendant une heure sur les grèves de MAI 68 à Reims, en particulier à la SNCF. Je n'ai pas manqué d'apporter mon soutien à la lutte des sans-papiers que les carrièristes de la CGT rejettent dans les poubelles de l'histoire. Lors de cette audition, j'étais loin de me douter tout en étant pas étonné, d'apprendre que quelques heures après, des centaines de sans-papiers allaient s'installer dans les locaux de la CGT de la Bourse du Travail, à Paris. 

Le 21 mai prochain, le Parlement européen devrait examiner une directive qui prévoit des rétentions de 18 mois, des interdictions du territoire systématiques jusqu'à 5 ans pour les expulsés, y compris les mineurs. Sarkozy ne rêve-t-il pas maintenant tout haut de recoloniser cette Afrique que dépèce les capitalistes "français" dont il est le féal serviteur au nom de la République.

Je salue le courageux combat des travailleurs sans-papiers qui donnent aux syndicalistes de salons une véritable leçon de syndicalisme de classe. 

Mon plus profond Respect et ma totale Solidarité accompagnent la lutte de mes camarades sans-papiers qui, comme moi, paient leurs cotisations syndicales à la CGT mais, en sont rejetés.
Jacques Tourtaux

 


























 
























 

























Publié dans Lutte des classes

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