En se soumettant les directions syndicales organisent la défaite ouvrière

Publié le par Tourtaux

Après la démonstration de rue du 22 mai de l'ensemble des organisations syndicales, quelles perspectives pour s'opposer à la nocive politique tous azimuts de Sarkozy contre l'ensemble de la population laborieuse de notre pays? 

Après l'acceptation passive par les organisations syndicales de salariés des nouvelles dispositions anti-grève, appelées traîtreusement service minimum, cette attaque sans précédent du droit de grève par Sarkozy et ses semblables pose questions.

Pourquoi la mise en pratique de la nouvelle loi obligeant les travailleurs des transports à se déclarer grévistes 48 heures à l'avance n'a pas été combattue par les confédérations, notamment par la CGT et pourquoi les fédérations CGT des cheminots et de la RATP n'ont-elles pas appelé à passer outre tous ensemble, à partir d'assemblées générales, chantier par chantier?

Face à cette gravissime atteinte à la légalité du droit de grève, les organisations syndicales ont capitulé devant l'Etat-patron. Il faut rappeler qu'en 1963,  de Gaulle avait décrété  la réquisition des mineurs en grève. Les travailleurs français qui ont de vieilles traditions de lutte se sont victorieusement imposé face à l'anti-social qu'était de Gaulle. Les mineurs ont répliqué en refusant de se soumettre. Ils se sont fait plaisir en brûlant les avis individuels de réquisition dans d'immenses feux de joie. C'est ainsi que les mineurs ont défié, avec succès le pouvoir autoritaire d'un Charles de Gaulle qui avait une autre envergure politique que le charlot qui préside à l'actuelle destinée de la France. Entourés de la solidarité ouvrière et populaire, les mineurs ont gagné leur bataille.

Pourquoi cette victoire des mineurs en 1963 ne serait-elle pas possible en 2008? L'application de la loi scélérate sur le service minimum ne peut qu'inexorablement, de reniement en reniement conduire à désarmer les travailleurs sans avoir livré combat. Pourquoi la CGT n'a-t-elle pas appelé les cheminots et les traminots à résister alors que la colère gagne des pans entiers de la société puisqu'à chaque nouvelle mesure gouvernementale la population laborieuse de notre pays est douloureusement frappée?

Je suis convaincu que si les travailleurs touchés par la "loi" imposant le service minimum avaient tenu tête à ce gouvernement désormais détesté de la majorité des français, ceux-ci auraient d'emblée obtenu le soutien de l'ensemble de la classe ouvrière que la moindre étincelle va faire descendre dans la rue pour balayer ce régime despotique.                     

Il est plus que temps de fédérer tous les mécontentements, toutes ces multiples colères qui sont le résultat d'une politique au service unique des plus riches, cette caste de privilégiés qui vit dans une indécente opulence pendant que notre peuple souffre.

L'heure est venue pour les salariés avec leurs syndicats de base de se prendre en mains pour organiser la riposte. Il est grand temps de se mettre au travail.

J'ai ressorti un document SNCF intitulé : MESURES DISCIPLINAIRES. Une notification de sanctions m'était signifiée au motif suivant :

N'a pas assuré son service les 25 et 26 MARS 1976 en participant à un arrêt de travail ne respectant pas les dispositions de la loi 63777 du 31 juillet 1960 relative à certaines modalités de la grève dans les services publics.
Sanction : BLAME AVEC INSCRIPTION AU DOSSIER en  sus d'uns réduction  de 10 F sur prime de productivité.

Ce que des milliers de cheminots grévistes ont fait en 1976 n'a rien d'exceptionnel. La base est souveraine, c'est à elle de s'organiser, de décider et de montrer ses désaccords avec les dirigeants syndicaux qui, au lieu de combattre, accompagnent désormais chaque mauvais coup asséné par Sarkozy.
Jacques Tourtaux   































  

 

Publié dans Lutte des classes

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