LA DIRECTION DE LA FSU VERS UN SYNDICALISME D'ACCOMPAGNEMENT?

Publié le par Tourtaux

Je ne suis peut-être qu'un ouvrier mais, l'expérience militante aidant, je sais lire entre les lignes. Voilà plusieurs alertes qui me font penser que la classe ouvrière française est plus que jamais en danger. Aux trahisons de l' habituel " syndicat jaune" qu'est la CFDT, bien relayé par d'autres compères pseudo-syndicaux, voilà que d'assourdissants craquements se font entendre au sein du syndicat FSU, implanté surtout chez les enseignants et dont il est la première organisation syndicale. 

De nombreux militants FSU se questionnent avec angoisse sur l'attitude de leur direction nationale. Ce n'est pas nouveau puisque déjà lors de la grande lutte menée par les enseignants en 2003 pour la défense de leurs retraites, des syndiqués FSU m'ont dit que s'ils n'étaient pas derrière le cul de leurs dirigeants quand ceux-ci  négociaient, ils seraient trahis. Un air de déjà trop souvent entendu à l'encontre des dirigeants CGT de la part des travailleurs. 

Les frileuses réactions d'Aschiéri inquiètent et pas seulement chez les enseignants car si les dirigeants de la FSU se mettent aussi au diapason des Thibault et Chérèque, l'équipe gouvernementale va pouvoir démenteler ce qui reste de nos conquêtes sociales. 

Il n'y a pas besoin de chercher bien loin les raisons qui motivent Sarkozy et consorts à afficher ouvertement leur mépris et leur morgue en direction de la classe ouvrière toute entière et de son peuple. Aschiéri et la direction de la FSU ont mis tout leur poids dans la balance pour obtenir le droit de signer avec Sarkozy le " relevé de conclusions relatif à la rénovation du dialogue social dans la fonction publique".

Quelle est la "lisibilitéd'une Fédération syndicale qui signe un texte sur le "dialogue" tout en dénonçant à juste titre la casse majeure de l'emploi et des statuts? 

Le contexte de cet épisode constitue une circonstance aggravante. Alors que le gouvernement ne cache pas ses projets dévastateurs pour l'Education nationale et la Fonction publique, ni sa volonté de passer en force, alors que les mobilisations s'amplifient, signer un accord avec Sarkozy, c'est lui donner une bouffée d'oxigène ... pour continuer à casser ensuite.

Au final, cette volonté de signer à tout prix traduit le choix de la direction FSU de ne pas combattre frontalement la clique gouvernementale mais, d'intégrer les rouages officiels du soit-disant "dialogue social" pour y négocier les miettes d'une régression sociale sans limites.

A l'instar des confédérations CFDT, FO et CGT, la direction de la FSU se tourne vers le syndicalisme d'accompagnement. Les dirigeants FSU ne font d'ailleurs pas mystère de leurs intentions d'adhérer aux institutions internationales officielles que sont la CES et la CSI. Elles iront ainsi y rejoindre la CFDT, FO et la CGT, toutes trois parties prenantes de ces deux organisations qui sont au service du capitalisme européen qui va hélas conduire inéluctablement les salariés et leurs luttes dans une impasse. 

Une seule voie existe : RESISTER !

Un retraité cheminot CGT qui a fait le choix de la lutte plutôt que celui de la résignation et de la soumission. 
Jacques Tourtaux
























 

Publié dans Lutte des classes

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