24 ANS APRES LA CATASTROPHE NUCLEAIRE DE TCHERNOBYL, EN BIELORUSSIE, 500 000 ENFANTS ATTENDENT UNE AIDE QUI NE VIENDRA PAS PUISQUE POUR L'AIEA, L'URGENCE EST DE FAIRE OUBLIER TCHERMOBYL

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Tchernobyl: "En Biélorussie, 500 000 enfants attendent une aide"

Par Richard De Vendeuil, publié le 26/04/2010 à 19:00

 

24 ans après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, les conséquences sanitaires sur la population bélarus sont encore redoutables. Les explications de Michel Fernex et Yves Lenoir de l'association Enfants de Tchernobyl Bélarus.

Le 26 avril 1986, le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl explosait, libérant dans l'atmosphère une quantité de radioactivité équivalente à celle qu'auraient délivrée plus de 200 bombes atomiques... Vingt-quatre ans plus tard, la polémique sur l'ampleur réelle de la plus grande catastrophe nucléaire civile n'est toujours pas close.

Des volontaires irlandaises de Chernobyl Children's Project International en 2007 près du village bélarus de Vesnova, à 190 km de Minsk.

Vasily Fedosenko(BELARUS)/REUTERS

Des volontaires irlandaises de Chernobyl Children's Project International en 2007 près du village bélarus de Vesnova, à 190 km de Minsk.

Créée il y a neuf ans pour venir en aide aux 500 000 enfants bélarus contaminés par les retombées des radionucléides de Tchernobyl, l'association Enfants de Tchernobyl Bélarus soutient financièrement les travaux de l'institut Belrad sur les pathologies liées aux rayonnements ionisants.

Animateur de l'association fondée par son épouse, Michel Fernex témoigne, au côté du nouveau président de l'entité, Yves Lenoir, un ancien des Amis de la Terre et de Greenpeace France.

Pourquoi vous être engagé auprès de l'Institut Belrad?

Michel Fernex: l'Institut Belrad a localisé les zones d'habitats, essentiellement dans le sud est de la Biélorussie, où la contamination des sols à la suite de Tchernobyl est l'une des plus lourdes. Au-delà des mesures de radiations réalisées, elle entreprend de venir en aide à un monde rural à l'abandon depuis que le gouvernement bélarus a cessé de fournir les cantines scolaires en repas "propres" ou d'envoyer en sanatorium, hors périodes scolaires, de jeunes contaminés... Des enfants en première ligne auxquels nous aussi nous nous efforçons de fournir des cures de pectine de pomme -ce qui permet de fixer les métaux lourds de leurs tissus, de faciliter l'élimination du césium 137 qu'ils ont ingéré. Pour ce faire, il faut sur le terrain des équipes qui supervisent les prises de pectine à raison de deux, voire quatre cures par an si on a les moyens.

Est-ce efficace?

Michel Fernex: Dans les sanatoriums où cette procédure a été instituée, la formule a permis de réduire de deux tiers la charge de césium 137. Reste la situation des villages où la baisse n'est que d'un tiers. Il faut donc former et faire tourner des équipes compétentes qui, tous les trois mois, font des mesures et redistribuent les préparations. C'est assez compliqué car le mode de vie local n'aide pas. Un exemple: le bois. Il constitue la principale source de chauffage. Or, le sol étant pollué, les racines des arbres récupèrent les radionucléides qui se transforment, après combustion, en cendres hautement radioactives. Les faire enterrer à grande profondeur sur des sites isolés de toute végétation s'avère une gageure. D'autant que la pratique consiste à enrichir de cendres les potagers. Cela conduit donc à avoir chaque année des fruits et légumes chargés en éléments radioactifs. Résultat: alors qu'on escomptait une baisse progressive des radionucléides, les mesures opérées par Belrad sur près de 300 000 enfants témoignent d'autant de contaminations que par le passé.

De quels moyens disposez-vous?

Yves Lenoir: Il faut compter de l'ordre de 120 euros pour deux doses de pectine, traitement minimum. Multipliez par cinq classes de 30 élèves, plus la logistique des équipes qui se déplacent, qu'il faut loger... L'an dernier, nous avons contribué à hauteur de 200 000 euros. Alors même que Belrad aurait besoin du double. Il y a en Biélorussie 500 000 enfants qui attendent une aide...

Mais vous n'êtes pas seuls?

Yves Lenoir: Historiquement, lorsque Vassili Nesterenko, physicien bélarus spécialiste en radioprotection et fondateur de Belrad, était associé à notre démarche, nous ne l'étions pas. Nous bénéficiions à travers lui de relais et de contacts dans le monde entier. Depuis sa disparition en 2008, la France, par notre intermédiaire, assure plus de 75% des financements de Belrad, l'Espagne et l'Allemagne apportant également leur soutien. Il y a donc des efforts à faire pour relancer d'autres pays. A l'image de l'Italie qui a été le premier pays par le nombre de jeunes contaminés accueillis pour des séjours de vacances -jusqu'à ce que le gouvernement bélarus, refusant de reconnaître la contamination des enfants, suspende la démarche. En attendant, et bien que nous ayons triplé le montant de notre contribution au cours des trois dernières années, notre solitude est inquiétante. Si seulement l'Europe pouvait nous aider. D'autant que les sommes en jeu ne sont pas, non plus, considérables. On pourrait protéger -jamais totalement mais un peu mieux- nombre d'enfants.

Où est le blocage?

Michel Fernex: En fait, personne, au niveau des grandes instances internationales, n'est prêt à admettre qu'il reste des problèmes sanitaires. C'est même un point que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) conteste. Il est vrai que son objectif premier est - je cite- "l'accélération de la croissance de la contribution de l'énergie atomique à la paix"! Pour elle, tout le reste est accessoire. L'urgence, c'est qu'on oublie Tchernobyl. Elle a même obtenu que les actes d'un excellent congrès tenu à la fin des années 1990 par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la catastrophe soient censurés. Il n'est toujours pas public! L'OMS n'a sur Tchernobyl aucune indépendance pour publier des recherches localement, sans l'accord de l'AIEA.

Source :http://www.lexpress.fr/actualite/environnement/tchernobil-en-belarussie-500-000-enfants-attendent-une-aide_887639.html

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manou 29/04/2010 17:37


mais c'est très important les blogs d'information!
merci Jacques de tenir le tien si bien informé et si ouvert à la lutte des classes mais aussi à notre nouvelle société
Manou


Tourtaux 29/04/2010 15:23


Bonjour manou,je viens d'écouter un remarquable Jean Ferrat que je viens de recevoir par la poste.
Je pense à ces pauvres enfants biélorusses qui, dans l'indifférence quasi générale attendent une aide qu'ils ne recevront jamais puisque les plus hautes autorités mondiales s'en fichent totalement.
C'est une honte!
Que faire sinon relayer à l'aide de nos modestes blogs l'information?


manou 29/04/2010 14:02


merci Jacques pour ces 500 000 enfants victimes du nucléaire mal gérés
Devons nous les oublier?
non car cette catastrophe pourrait arriver partout ailleurs dans le monde et même en France
la lutte est aussi là
pensons à nos enfants dont l'avenir est bien noir
Manou