LE SYNDICALISME AUQUEL J'ASPIRE

Publié le par Tourtaux

Extraits des statuts adoptés par le Congrès d'Unité de 1936 :

" Fidèle à ses origines, à la charte d'Amiens de 1906, héritière des valeurs humanistes et internationalistes qui ont présidé à sa constitution ... la Confédération Générale du Travail défend les intérêts de tous les salariés sans exclusive, en tous temps et en tous lieux ...

Par son analyse, ses propositions et son action, elle agit pour que prévalent dans la société les idéaux de libertés, d'égalité, de justice, de laïcité,  de fraternité et de solidarité ...

Elle agit pour une société démocratique, libérée de l'exploitation capitaliste et des autres formes d'exploitation et de domination, contre les discriminations de toutes sortes, le rascisme, la xénophobie et toutes les exclusions ...

Soumise à la logique du profit, la société actuelle est traversée  par la lutte des classes et à de multiples contradictions ...

Ouvert à toutes les diversités, riche des différences d'opinion, le syndicalisme dont l'ambition est d'être solidaire, uni et rassembleur, constitue pour les salariés un moyen essentiel pour relever les défis contemporains.

Les principes d'égalité, de solidarité, d'écoute, de tolérance et d'épanouissement des diversités pour lesquelles elle oeuvre, animent la vie démocratique en son sein.

PREAMBULE DE 1936

Le mouvement syndical, à tous ses échelons, s'administre et décide de son action dans l'indépendance absolue à l'égard du patronat, des gouvernements, des partis politiques ...

... estimant que sa neutralité à l'égard des partis politiques ne saurait impliquer son indifférence à l'égard des dangers qui menaceraient les libertés publiques comme les réformes en vigueur ou à conquérir."

Telle est ma conception du syndicalisme CGT, fidèle aux idéaux du Programme du CNR (Conseil National de la Résistance) adopté le 15 mars 1944. Le Résistant Louis SAILLANT sera le représentant de la CGT au CNR dont il prend la présidence le 11 septembre 1944. Tout un passage du Programme est consacré au rétablissement des libertés démocratiques telles :
- L'établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;
- La liberté de pensée, de conscience et d'expression ;
- La liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l'égard de l'Etat, des puissances d'argent et des influences étrangères ;
- La liberté d'association, de réunion et de manifestation ;
- L'inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;
- Le respect de la personne humaine ;
- L'égalité absolue de tous les citoyens devant la loi.

Suivent toute une série de réformes économiques et de réformes sociales parmi lesquelles :
" l'éviction des grandes féodalités économiques et financières ", " le retour à la nation de tous les grands moyens de production monopolisés, fruits du travail commun, des sources d'énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d'assurances et des grandes banques ", " le droit au travail et le droit au repos ", " un plan complet de Sécurité sociale ", " un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d'une vie pleinement humaine ", " la sécurité de l'emploi ", " une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ", " la possibilité effective pour les enfants français de bénéficier de l'instruction et d'accéder à la culture la plus développée, quel que soit la fortune de leurs parents ".

Voilà pourquoi les patriotes de France ont combattu. Nombre de camarades de la CGT ont sacrifié leur vie pour la liberté. Il est impossible de citer tous nos martyrs tant ils sont nombreux. Quelques noms : 

Suzanne MASSON, de la Fédération de la Métallurgie, décapitée à la hache le 1er novembre 1943.

Georges WOODLI, dirigeant cheminot d'Alsace-Lorraine, pendu au Struthof, le 2 mai 1943.

Jean-Pierre TIMBAUD, responsable du syndicat des métaux, fusillé avec 26 autres patriotes dont le jeune Guy MOQUET à Châteaubriant, le 22 octobre 1941.

Jean CATELAS, secrétaire du syndicat des cheminots d'Amiens, guillotiné le 24 septembre 1941.

Lucien SAMPAIX, ouvrier métallurgiste, fusillé le 15 décembre 1941.

Auguste DELAUNE, ouvrier soudeur, éminent dirigeant de la FSGT (Fédération Sportive et Gymnique du Travail), mort sous la torture le 12 septembre 1943.

Pierre SEMARD, secrétaire général de la Fédération des Cheminots, fusillé le 7 mars 1942.

En octobre 1945, est créée la FSM (Fédération Syndicale Mondiale). Notre camarade Loius SAILLANT en deviendra le secrétaire général. En 1975, la CGT quitte la direction de la FSM et se désaffilie en 1995.

Dès 1931, Benoît FRACHON devient le porte-parole convaicu de la lutte pour l'unité syndicale, sous la bannière de la CGTU.

Dirigeant de premier plan de la CGT après la réunification syndicale de 1935, Benoît FRACHON participe à la rencontre CGT/Patronat du 6 juin 1936 à l'Hôtel Matignon. Le rapport de forces est tel que les négociations ne s'éternisent pas.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, Benoît FRACHON sera un Résistant de tout premier plan. Après la guerre, il sera secrétaire général de la CGT le 5 septembre 1945.

A la Libération, des militants de la CGT deviendront ministres du gouvernement de Gaulle.

Marcel PAUL, enfant de l'Assistance Publique, Résistant de la première heure est arrêté le 13 novembre 1941, déporté à Buchenwald. Il jouera un rôle important dans l'insurrection du camp en avril 1945. Marcel PAUL sera ministre de la production industrielle dans le Gouvernement provisoire de la République française. Il fera voter la loi de nationalisation de l'électricité et du gaz le 8 avril 1946 créant Electricité et Gaz de France.

Ambroise CROIZAT, secrétaire général de la Fédération de la Métallurgie sera à la Libération ministre du Travail et de la Sécurité sociale. En 28 mois, il accomplit une oeuvre considérable.

Parmi nos aînés, la classe ouvrière a eu de très grands militants.

En raison de ses activités révolutionnaires, notre camarade cheminot Gaston MONMOUSSEAU connaîtra la prison. Ecroué à la Santé en 1920, libéré en 1921. Il y retournera en 1923, 1927, 1929 et 1931. Clandestin dès 1939, il participe à la reconstitution du mouvement syndical dans les batailles contre l'occupant nazi.

A la Libération, le 29 mars 1945, il est réelu secrétaire de la CGT réunifiée. Gaston MONMOUSSEAU était apprécié pour son humour parfois féroce.   

Le titi parisien André TOLLET, apprenti tapissier-ébéniste adhère à la CGTU à l'âge de 15 ans. Il organise les grèves et devient l'un des secrétaires de l'Union Régionale des syndicats parisiens. Pendant la Seconde Guerre mondiale, en contact avec Benoît FRACHON, André TOLLET organise des Groupes de sabotage et destruction  recrutés par le biais syndical. 

Au niveau de la Résistance parisienne, dans le droit fil de l'unification, au sein du CNR de toutes les forces luttant contre l'occupant allemand, André TOLLET est porté à la présidence du Comité Parisien de Libération (CPL).

Georges SEGUY, ouvrier imprimeur et militant syndical est un responsable des Francs-Tireurs et Partisans Français (FTPF) pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est arrêté en 1944 et déporté au camp de Mauthausen.

Après la Libération, il est membre du syndicat des cheminots de Toulouse. Secrétaire général de la Fédération des Cheminots de 1961 à 1965, il devient secrétaire général de la CGT de 1967 à 1982.

Successeur de Georges SEGUY à la tête de la Confédération, le Résistant et ancien déporté Henri KRASUCKI fut incontestablement une des grandes figures de l'histoire de la CGT avec Georges SEGUY et Benoît FRACHON.

Ma conception du syndicalisme de lutte des classes n'a rien à voir avec le " syndicalisme "  d'accompagnement des actuels dirigeants de la CGT. Celui-ci ne correspond pas à l'dée que je me fais de la CGT. 

Jacques Tourtaux, retraité cheminot CGT.  






























Publié dans Lutte des classes

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Tourtaux Jacques 23/11/2008 15:39

re : Gutknecht,

Tu as cru bien faire en parlant de mon article " Le syndicalisme auquel j'aspire " sur le site Bellaciao. J'ai eu le temps d'aller te lire et de l'imprimer et j'ai rudement bien fait car il n'y est plus. Cela a un nom : censure !

Je n'écris plus sur Bellaciao depuis le jour où j'y ai été censuré et invectivé comme beaucoup d'autres personnes.

J'ai pensé que tu avais bien fait de donner ton point de vue sur ce site et qu'était enfin reconnu un travail militant très engagé sur le terrain des luttes depuis maintenant 1/2 siècle.

A mes yeux, il n'y a pas de différence entre un nouvel adhérent et d'autres plus anciens ou très anciens au sein de la CGT. Il doit y avoir un respect mutuel, ce qui n'est hélas pas le cas sur ce site et je trouve très maladroit, très mal venu le fait d'avoir enlevé ton article faisant référence au mien qui rendait un vibrant hommage à notre grande CGT et à ses dévoués militants qui lui font honneur.

Le ou les auteurs de cette nouvelle censure n'en sortent pas grandis.

Jacques Tourtaux

Tourtaux Jacques 23/11/2008 07:59

à Gutknecht,

Tu as bien fait. Tout ce qui sert la cause des travailleurs doit être mis en avant. D'ailleurs, sur ce sujet, il ne faut surtout pas rater l'article très critique que j'ai hier sur mon blog concernant ce que je considère comme une compromission avec la direction SNCF de la fédération CGT des cheminots.

Fraternellement.

J. Tourtaux

Gutknecht 23/11/2008 00:55

Je me suis permis de faire passer cet article oh
combien exellent et important, sur Bellaciao

Tourtaux Jacques 16/11/2008 15:58

Bonjour Mathieu,

Passe-moi un mail à :

jacques.tourtaux@orange.fr

Mathieu 16/11/2008 09:57

Salut Jacques...

Si je comprends bien, toi aussi. Toi aussi tu fais partie de ceux que la CGT (il faut bien l'appeler ainsi) a violé. Toi aussi tu en as été victime moralement et physiquement.
Tu veux des noms ?? Patrick Serand, Gilles Oberrieder ancien et néo secrétaire général de la CGT Centrale Finances à Bercy. Ils défilent sous le drapeau de la CGT mais militent ches les VERTS et sont de farouches anti-communistes. Ils ne sont pas les seuls.
La fédé Finances est un repère de ces traitres. Jean-Robert Szklarz secrétaire général du SNADGI CGT en fait partie. Ensemble, dans un premier temps ils m'ont destitué de mes mandats... après avoir orchestré avec la Confédé, la dissolution du Syndicat National CGT de l'Industrie (tendance Communiste affirmée). Puis ils m'ont livré à la boîte me traitant moi aussi d'escroc (ce serait trop long à raconter). N'ayant RIEN à me reprocher ladite boîte : Agence nationale des Fréquences multiplia les harcèlements y compris en autorisant des cadres à m'agresser physiquement... sans que la CGT de laquelle j'étais un militant depuis + de 25 ans bouge le petit doigt si ce n'est le pouce qu'elle retourna vers le bas.
J'ai fait valoir un droit de retrait...
L'administration en a profité pour ne JAMAIS me réintégrer, préférant me payer INTEGRALEMENT 20 000 FF par mois pendant + de 4 ans plutôt que d'avoir à m'affronter.
La "CGT" laissa faire.
Elle laissa faire également les flics de la BAC qui me frappèrent devant d'autres "syndicalistes CGT" à la solde des premiers, un jour où j'étais venu avec l'intention de réintégrer mon service.
Les plaintes que je déposais alors (constitution de partie civile) se soldèrent par un n on -lieu... au grans soulagement de la CGT qui ne m'apporta pas le moindre soutien, au contraire. Ces actions en "justice" me coûtèrent autant d'un point de vue financier que moral.
Je m'aperçus à cette occasion que des membres de la CGT côtoyaient des membres de l'administration et des magistrats dans un milieu qui se nomme la Franc-Maçonnerie.
D'un point de vue syndical, la CGT a disparu TOTALEMENT du paysage de mon ex établissemment, le personnel s'étant rendu compte de la supercherie.
Exit la CGT mais ce n'est pas un pb pour elle. Elle a réussi à éviter que je démasque ce réseau de corrompus du temps de mon activité. C'était bien là le principal pour elle.

Il faut absolument axer nos interventions sur la trahison des cadres de la CGT actuelle, sur leur collaboration avec le patronat.

Il faut qu'une opposition radicale naisse au sein de l'organisation pour déboulonner ces usurpateurs.

C'est la seule façon de réhabiliter la CGT.

Amitiés, Mathieu.

PS : donne moi les noms de tes "bourreaux" sur mon e-mail, cette histoire m'intéresse.