2009 : 50 ème ANNIVERSAIRE DE LA REVOLUTION CUBAINE

Publié le par Tourtaux

                    1er JANVIER 1959 : TRIOMPHE DE LA REVOLUTION CUBAINE

Malgré le blocus infligé par les USA, les coups bas, les tentatives de destabilisations, les infiltrations, les médias qui déversent leurs mensonges, l'emprisonnement de ceux qui font barrage aux trahisons (les 5 de Miami, injustement emprisonnés depuis 1998).....

..... malgré tout cela... CUBA nous montre que le socialisme n'est pas mort, que des alliances internationales sont possibles (l'ALBA), aux antipodes des carcans voulus par les états impérialistes, et de celui qui nous est proche : l'Europe de Maastricht.

Ancienne colonie espagnole, puis anglaise, enfin de nouveau espagnole paradis des pirates, lieu de brassages des " peaux-rouges ", des conquiscadors blancs, des esclaves noirs et des métis, Cuba va connaître beaucoup de maîtres avant de devenir, comme tous les pays d'Amérique latine, une chasse gardée américaine. C'est au tout début du XX ème siècle que les " Yankees " s'installent en maîtres absolus dans l'île. La république est proclamée en 1902, " une république pour chiens fidèles tenus en laisse ",  comme le proclament déjà les opposants à l'égémonie de Washington. Les compagnies américaines investissent dans le sucre, le tabac, le café, le nickel, les bois et le cheptel. Elles font fortune. A elle seule, par exemple, la " Cuban Atlantic Sugar Cie " possède 200 000 hectares. Les milliardaires se bousculent dans les casinos et les palaces. On inaugure en grande pompe le Habana Hilton. Coût : 24 millions de dollars.
Pendant ce temps, les paysans cubains meurent de faim. 500 000 chômeurs pour 6 millions d'habitants, 3 millions d'analphabètes.
Fulgencio Batista, le dictateur-président mis en place par les américains, profite à plein du système. Son épouse perçoit intégralement les bénéfices de la loterie nationale. Son frère contrôle les machines à sous.
En 1957, l'espérance de vie du Cubain moyen est de 22 ans et trois mois. La tension est telle que chaque jour, des ponts sautent, des bombes éclatent, des soldats tombent dans les embuscades. C'est qu'en Oriente, dans la montagne, une poignée de guérilleros défie le dictateur dont la fortune est alors estimée à 400 millions de dollars. Ces guérilleros ont débarqué clandestinement. Ils sont insaisissables. 

Le point de départ de la Révolution Cubaine est le 26 juillet 1953, lorsqu'une centaine de guérilleros, mal armés, ont attaqué la Caserne de Moncada. Bon nombre d'entre eux furent tués mais certains comme Fidel Castro et son frère Raul Castro furent capturés peu de temps après. Fidel Castro fera de son procès une tribune politique et parlera pandant près de quatre heures pour assurer sa défense. Il finira par ses mots : " Peu importe que je sois condamné, l'Histoire m'affranchira ". Il sera condamné à 15 ans de prison sur l'Ile de la Jeunesse. Son frère Raul est également condamné à 13 ans de prison. 

En 1955, en raison de la pression de personnalités civiles, de l'opposition générale, et des jésuites qui avaient participé à l'instruction de Fidel Castro, Batista décida de libérer tous les prisonniers politiques, y compris les attaquants de Moncada. Les frères Castro partent en exil au Mexique, où se retrouvent tous les cubains décidés à renverser la dictature de Batista par la révolution cubaine.
Pendant cette période, Castro a également rencontré Ernesto " Che " Guevara, qui a joint leurs forces. Ils sont entraînés par Alberto Bayo, un ancien chef militaire des républicains espagnols exilé au Mexique à la fin de la guerre civile espagnole.

Le groupe se forme à la  guérilla sous la conduite de Fidel Casto et revient à Cuba en novembre 1956, sur un petit yacht appelé Gramna. Ils ont espéré que leur débarquement au Cuba oriental coïnciderait avec les soulèvements prévus dans les villes et une grève générale coordonnées par le mouvement du 26 juillet. L'objectif était de mener une offensive armée et de renverser le régime de Batista.

CHRONOLOGIE

Le 2 décembre 1956 le bateau Gramna, avec 82 guérilleros du Mouvement du 26 juillet, parmi lesquels Fidel Castro, Ernesto Che Guevara et Raul Castro, s'échoue avec deux jours de retard sur la plage Las Coloradas située sur les côtes orientales de Cuba. Le retard empêcha que le soulèvement organisé par Franck Pais, à Santiago de Cuba, atteigne son objectif de détourner l'attention des troupes de Batista pour faciliter le débarquement des guérilleros. 

Séparés, perdus et poursuivis, les guérilleros endurent une série de déroutes initiales à Alegria de Pio. Seule une grosse vingtaine d'hommes purent arriver à la Sierra Maestra, une zone difficile d'accès à l'est de Cuba, où ils purent s'installer.

1957

16 janvier : la guérilla castriste réalise sa première action militaire, attaquant et prenant le détachement militaire de La Plata.
17 février : paraît dans le New York Times, une interview de Fidel Castro effectuée par Herbert Matthews dans la Sierra Maestra. L'impact est énorme et commence à générer une grande sympathie de l'opinion publique nationale et internationale envers les guérilleros.
13 mars : le Directorio Révolutiocionario attaque le Palais présidentiel, entraînant la mort du leader José Antonio Echevarria.
28 mai : bataille de El Uvero, première action ouverte  de la guérilla du 26 mars 1957.
17 juillet : création de la seconde colonne de l'armée révolutionnaire, appelée n°4, commandée par Ernesto Che Guevara.
30 juillet : assassinat de Franck Pais à Santiago de Cuba qui provoque une révolte populaire et renverse l'opinion publique qui devient de plus en plus hostile au régime de Batista.
5 septembre : soulèvement de la base navale de Cienfuegos dirigée par Alférez Dionisio San Roman avec l'aide de la milice du Partido Autentico et du Mouvement du 26 juillet. En reponse, le gouvernement opère une répression sanglante qui inclut le bombardement de la base avec des avions nord-américains B-26. 300 des 400 guérilleros  trouvent la mort et San Roman est torturé pendant des mois.

1958

27 février : Fidel Castro décide d'augmenter les opérations de la guérilla en créant trois nouvelles colonnes sous le commandement respectif de Juan Almeida, Raul Castro et Camilo Cienfuegos. Almeida doit agir dans la zone orientale de la Sierra Maestra, et Raul Castro ouvrir un second front et s'installer dans la Sierra Cristal, au nord de Santiago. 
9 avril : grève générale révolutionnaire appelée par le Mouvement du 26 juillet. Celle-ci étant mal planifiée, elle est étouffée rapidement par le gouvernement. 
6 mai : les troupes de Batista entreprennent une offensive générale dans la Sierra Maestra afin d'éliminer la guérilla castriste. D'importantes batailles ont lieu comme celles de El Jigue et de Santo Domingo.
7 août : Batista ordonne à ses troupes de se retirer de la Sierra Maestra, montrant ainsi la faiblesse du régime.  Fidel Castro décide donc de reprendre la guerre dans le reste de Cuba.
Le Che et Camilo Cienfuegos doivent aller au nord afin de diviser l'île en deux parties et de façon à préparer l'attaque de Santa Clara, ville stratégique et clef du chemin pour La Havane; tandis que Fidel et Raul Castro resteront à l'est pour contrôler la région et attaquer finalement Santiago de Cuba.
31 août : les colonnes de Che Guevara et de Camilo Cienfuegos partent à la marche vers l'ouest de Cuba. Ils mettent six semaines à arriver dans la zone montagneuse de l'Escambray, dans l'ancienne province de Las Villas.
Septembre et octobre : une fois établi dans le centre de l'île, le Mouvement du 26 juillet coordonne ses actions avec d'autres forces de guerilla agissant dans la région telles la Parti Socialiste Populaire (Communiste) et organisent l'appui logistique. Entre temps, à l'est, d'autres guérilleros se rapprochent des principales villes.
3 novembre : des élections présidentielles sont organisées, cependant aucune formation politique ne leur reconnaît de légitimité.
Fin novembre : le gouvernement tente une offensive contre les positions de la guérilla dans l'Escambray.
4 décembre : les troupes dirigées par le Che Guevara et Camilo Cienfuegos passent à l'offensive, elle assaillent les régiments situés dans la zone centrale de l'île afin de les isoler des troupes gouvernementales.
Vers la fin décembre 1958, la débâcle de la dictature de Batista apparaît inévitable. Le 28 décembre, les milices commandées par le Che débutent l'attaque décisive sur la cité de Santa Clara, clef du centre de l'île et dernier îlot de résistance avant La Havane. Le 31 décembre quand les troupes révolutionnaires  s'emparent du train blindé que le gouvernement avait envoyé pour fortifier la ville, Batista décide de s'enfuir vers Saint Domingue accompagné du président élu, Andres Rivero Aguero, laissant le pays virtuellement sans chef et à la charge du général Eulogio Cantillo.

Après une réunion entre Fidel Castro et le général Eulogio Cantillo, celui-ci essaya d'organiser une junte militaire assise sur le régiment de Campo Columbia, commandée par le colonel Ramon Barquin, avec l'appui des Etats-Unis. La manoeuvre fut dénoncée par Fidel Castro qui appela à la grève générale et ordonna à ses commandants Che Guevara et Camilo Cienfuegos de marcher sur La Havane et de s'emparer des positions clefs de la capitale. 

1959

Dans la matinée du 1er janvier 1959, les troupes du Segundo Frente Nacional del Escambray sous les ordres d'Eloy Gutiérrez Menoyo entrèrent à La Havane. Le jour suivant, les troupes du Movimiento 26 de Julio, commandées par Camilo Cienfuegos et le Che Guevara, s'emparent sans résistance respectivement du régiment de Campo Columbia, Camillo Cienfuegos retira son commandement au colonel Barquin  et fit prisonnier le général Casillas. Peu après les hommes du Directorio Révolucionario, aux ordres de Faure Chomon, s'emparèrent du Palais Présidentiel.

Simultanément, ce même 1er janvier, Fidel Castro entra triomphalement à Santiago de Cuba, la déclarant capitale provisoire de Cuba et proclamant Manuel Urrutia président de la Nation. Le gouvernement des Etats-Unis reconnut immédiatement le nouveau gouvernement révolutionnaire cubain.

A partir de ce moment, le pouvoir resta définitivement entre les mains des forces révolutionnaires. Historiquement, le 1er janvier 1959 est considéré comme la date anniversaire du triomphe de la Révolution.

50 ans après, malgré l'instauration de l'inhumain blocus de l'île par les dix gouvernements républicains ou démocrates qui se sont succédés à la tête des Etats-Unis, malgré les deux terribles séismes que viennent de subir nos amis cubains, séismes dont Fidel Castro a dit qu'ils étaient équivalents à une frappe atomique, la Révolution Cubaine et son Etat communiste sont toujours  solidement ancrés au sein de la population. En effet, il est impensable que les citoyens cubains puissent souhaiter revenir à l'ère du dictateur Batista.

La révolution castriste permet, entre autres, aux cubains d'accéder aux soins, aux médicaments et à une éducation de qualité entièrement gratuite. 

Comme j'aimerais être cubain ! Chez nous en France, pays dit civilisé, les pauvres ne peuvent plus se soigner, ne peuvent pas accéder à l'éducation de leur choix, ne peuvent pas vivre dignement. A l'instar de Batista, Sarkozy, s'il continue sur sa lancée mégalomane, pourrait bien à son tour, connaître la même mésaventure que Batista, et cela, peut-être plus vite qu'il ne le croit.

Que reste-t-il désormais de la " chasse gardée ", du " jardin américain " aux Amériques?
A chaque fois que les peuples d'Amérique participent à une élection libre et démocratique, ils s'affranchissent de la tutelle US et élisent des dirigeants progressistes.
Il ne reste plus à la botte des Etats-Unis, et pour combien de temps encore, que le Pérou et la Colombie dont les peuples sont en lutte contre leurs régimes despotiques.

Jacques Tourtaux  









































































  




























































































































                                                         

Publié dans Politique

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Commenter cet article

Tourtaux Jacques 02/01/2009 18:16

Aujourd'hui, je n'ai pas touché terre !
Tu es passionnée par la Victoire de la Révolution cubaine. Quel peuple exemplaire et qui n'en a pas fini avec sa Révolution car tous les jours ils sont à l'ouvrage et en plus, les séismes, trois, presque en même temps en 2008. Il faut être drôlement costaud pour tenir avec là encore, le blocus américain !

caroleone 02/01/2009 16:47

Une bonne piqûre de rappel pour commencer l'année; merci Jacques, mais que cette histoire de la révolution cubaine est agréable à lire. Je me plonge régulièrement dans les livres du CHE, cela me redonne de l'énergie et j'ai envie de suivre son exemple comme des millions de personnes sur terre qui continuent d'être attirés par cette figure exemplaire et devenue légendaire.