CONTRE LE COLONIALISME FRANCAIS : SOLIDARITE DE L'OSPAAAL

Publié le par Tourtaux

DECLARATION DE SOLIDARITE DE L’ OSPAAAL(Tricontinentale, la Havane) DEVANT LES PLUS RECENTS EVENEMENTS DANS LES ANTILLES FRANCAISES

FRANCE-MARTINIQUE-FINANCE-ECONOMY-STRIKE

Depuis le mois de décembre dernier, un impressionnant mécontentement populaire s’est répandu sur les plus importantes places publiques de la Guadeloupe et de la Martinique, sa cause essentielle est la déterioration persistante du niveau de vie de la population. Ces îles des Antilles sont situées à environ 7000 km de Paris et accumulent de sérieux problèmes sociaux, malgré les transferts financiers qu’elles reçoivent de l’extérieur, lesquels à cause de la crise économique généralisée qui affecte le monde, selon toute logique, ont diminué substantiellement.

Le coût de la vie dans ces territoires est élevé parce qu’ils n’ont pu développer leur propre économie domestique et ils doivent, à cause de cela, importer de nombreux produits de base pour leur survie nécessaire. Il suffit de signaler qu’autour de 90% de la consommation des ces îles provient de France et d’Europe, sans compter les décisions de caractère législatif et budgétaire qui sont prises pour la métropole et ne prennent pas compte réellement, les aspirations et critères d’une part importante de leur population. Les quatre “départements français d’outremer”, le Guadeloupe, la Martinique, la Guyane française et la Réunion, enregistraient en 2008 un taux de chômage supérieur à 20%, c’est-à-dire deux à trois fois supérieur à celui de la France métropolitaine, selon les notes du Bureau français de statistiques, ce qui est le reflet de la dure réalité vécue par la masse des travailleurs de ces pays.

 

Convertis en Départements d’outre-mer en 1946 avec l’objectif de déguiser la nature de son statut social colonial, les vitrines dénommées des Caraïbes, montrées à la région comme une référence de progrès par la France grâce à son niveau élevé de vie, de prospérité économique et d’ample développement social,  subissent actuellement l’une des pires crises qu’elles aient jamais connues, que des hommes politiques  locaux notables s’unissent à qualifier comme  plus grave que celle vécue aujourd’hui par la métropole.

Les protestations, qui ont causé un grand choc dans ces petits pays caribéens, s’expriment contre la distribution inégale de la richesse existante et le coût  élevé de la vie, qui ne peut être assumé par les habitants, jouissant d’une trés grande richesse culturelle autochtone, mais subordonnés et dépendants de la France sur le plan politique, économique et social.
 
La crise sociale et économique de l’île de la Guadeloupe s’est encore aiguisée avec la mort du syndicaliste Jacques Bino au milieu d’une grève générale, dans le cadre d’un affrontement entre les jeunes et la police, qui s’est traduit par l’arrestation de près de 40 personnes.

Les grévistes avec à leur tête le mouvement LKP (Liyannaj Kont Pwonfitasyon) qui regroupe des syndicats, des organisations politiques et d’autres associations réclament une augmentation des salaires et une baisse des prix des produits basiques. Mais la grève, qui a lieu depuis le 20 janvier et à laquelle le 5 février s’est jointe l’Ile  voisine de la Martinique, est aussi l’expression d’un profond malaise économique et social, ainsi que des tensions entre divers secteurs sociaux du pays.
 
Cette situation dramatique pourrait avoir un écho également dans la Guyane française et dans l’île de la Réunion, où est convoquée une grève générale pour le 5 mars prochain avec les mêmes revendications.

Devant la situation critique existant aux Caraïbes dénommées françaises, l’Organisation de Solidarité des Peuples de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique latine (OSPAAAL), en tant que membre du Comité Exécutif Régional de l’Assemblée des Peuples des Caraïbes :

 désire envoyer un message fraternel de solidarité aux frères et aux soeurs qui se lèvent aujourd’hui contre les  politiques capitalistes  neoliberales qui sont le bouillon de culture dans lequel se maintient la faiblesse de leurs économies sous de forts noeuds d’exploitation et de dépendance.

  il appelle  toutes les organisations et mouvements sociaux à porter haut  les drapeaux de la justice sociale, à trouver le chemin pour la réussite de leurs justes revendications, et à préserver la vie précieuse de ses camarades dans la lutte.
   En correspondance avec les accords approuvés dans la IV Assemblée des Peuples des Caraïbes, célébrée en juillet à la Havane, il offre sa modeste contribution à la divulgation de la réalité vécue par les peuples  de la Martinique et de la Guadeloupe, et à leur aspiration à ce que la France entame le processus de décolonisation de leurs territoires, en conformité avec la résolution à ce sujet de l’ONU. 

Secretariado Ejecutivo de la OSPAAAL
La Habana, 23 de febrero de 2009
traduit par Danielle Bleitrach pour changement de société

Source://http://socio13.wordexpress.com/

Publié dans Les Amériques

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