COLONISATION ET DEPECAGE DE L'EUROPE DE L'EST

Publié le par Tourtaux

Les médias sonnent le tocsin !

L’incendie menace à l’Est.

Philippe Ricard, dans Le Monde, daté des 22 et 23 février, écrit :

« La situation est jugée préoccupante. Les pays d’Europe centrale ont assis leur rattrapage économique sur une dépendance toujours plus grande aux investissements étrangers. L’essentiel de leurs banques est passé sous contrôle de groupes de l’Ouest, autrichiens, allemands, italiens, belges, néerlandais ou français.

Crise oblige, ceux-ci rapatrient dans leur pays d’origine une partie des capitaux dont ils manquent. Et resserrent leurs conditions de crédit aux entreprises locales. Banques, particuliers ou entreprises se sont, de surcroît souvent endettés en devises étrangères, et le coût de ces emprunts explose avec la dépréciation des devises qui ne sont pas toutes arrimées à l’euro. Le zloty a perdu plus de la moitié de sa valeur par rapport à la monnaie unique en quelques mois. »

En clair, l’Union européenne, en s’ouvrant à l’Est , s’était offert des espaces de type colonial. Non seulement les grandes entreprises occidentales trouvaient en Pologne, dans les pays baltes, en Hongrie, en Slovaquie, en Roumanie et en Bulgarie, de la main d’œuvre à bon marché, réduisant d’autant leur coût du travail, mais elles s’installaient en pays conquis, maîtresses du marché et de l’économie globale de ces Etats. Propriétaires également de l’ensemble des médias locaux, le capital occidental possédait ainsi les moyens d’information utilisés pour diffuser la ‘pub’ à la gloire de la « nouvelle Europe ».


Une partie de l’opinion de ces pays s’était laissée prendre à l’annonce d’une ère de prospérité qui devait s’ouvrir aux peuples « dans un continent réunifié », selon la formule d’alors. Les « jardins d’Eden » promis se sont rapidement transformés en une jungle, où les plus forts – les plus riches – raflaient les bonnes affaires, larguées à vil prix, par des gouvernants locaux, qui vendaient leur pays aux plus offrants.
On vit fondre sur ces nouveaux Pays de Cocagne, industriels, banquiers, commerçants, aventuriers de tous poils, venus de l’Ouest,  – et jusqu’à la maffia – qui n’avaient même plus à traverser le " Mur  de riz",  pour accaparer les trésors, que recélaient ces Etats.

C’était l’euphorie et la ruée vers le Nouvel Eldorado.

Cette époque s’achève : avec la crise mondiale, fruit naturel du système capitaliste.
C’est maintenant le « sauve qui peut » !

Quand la « maison-mère » commence à brûler, les succursales lointaines sont sacrifiées en premier.

Et de rapatrier les capitaux, et de fermer les entreprises, vite fait, bien fait.  Dans les Etats, ainsi abandonnés, les prix s’envolent, la monnaie s’effondre, le chômage s’étend d’autant plus vite que les populations, expatriées à l’Ouest pour trouver du travail, doivent s’en retourner dara-dare dans leurs pays d’origine…la crise de l’emploi frappant aussi à l’Ouest.

 

Cette situation inquiète au plus haut point nos docteurs-ès Europe.

Ils poussent un cri d’alarme.

L’éditorial du Monde, daté des 22 et 23 février, s’en fait l’écho angoissé :

« L’avenir de l’Europe est peut-être en train de se jouer à l’Est ».

Après avoir  rappelé, mélancolique, « le véritable miracle économique », les « rythmes de croissance soutenus », « l’afflux massif des capitaux étrangers » des années passées, dans les pays de l’Est européen,  le quotidien décrit la nouvelle réalité. Malgré cela, Le Monde appelle « au bon sens » les Etats occidentaux :

« On aurait tort, à l’Ouest, de se désintéresser de ce qui se passe à l’Est. D’abord, par pur égoïsme. Les banques de la zone euro s’y sont massivement, implantées, elles y ont beaucoup prêté. En cas de défaillance généralisée en Pologne, en République tchèque, elles pourraient être confrontées à des pertes colossales, allant jusqu’à menacer leur propre solvabilité ».

Et d’ajouter, cette remarque de prudence marchande, et un rien cynique :

« A un moment aussi où la crise attise les tendances protectionnistes nationales, pouvoir disposer autour de soi d’une région d’échanges commerciaux privilégiés constitue un utile palliatif (…) Eviter le naufrage aux pays de l’Europe de l’Est, c’est offrir aux entreprises de la zone euro la possibilité d’écouler leurs produits, d’y vendre leurs services ».

Mais l’essentiel n’est pas là !

L'éditorialiste lance un avis de détresse :
"L’enjeu n’est pas qu’économique et financier. Le patron de la Banque mondiale, Robert Zoellick – un Américain – vient de le rappeler : Cela fait vingt ans que l’Europe a été unifiée, en 1989, quelle tragédie ce serait de la laisser se diviser à nouveau’ »

La grande peur, ainsi exprimée, c’est la fin programmée de l’Union européenne..

Hitler, lui,  avait promis une « nouvelle Europe » pour 1000 ans, on sait ce qu'il en advint !


Source : http://canempechepasnicolas.over-blog.com/
Publié sue le blog : http://syndicats.over-blog.com/

Publié dans Politique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article