19 MARS DANS LA MARNE : LES LUTTES DOIVENT S'AMPLIFIER !

Publié le par Tourtaux

 
Les manifestations dans la Marne

 

Les manifestants ont soigneusement évité de passer devant la sous-préfecture.

Plus de 8 000 manifestants hier à Reims, où les salariés du public et du privé ont été rejoints par des retraités et des étudiants.

 

Reims / Le Président en a pris plein les dents

 

 

«Bling-bling, bla-bla, et patatras… » « Je suis atteinte de sarkodose. » La banderole officielle indiquait que le « pouvoir d'achat, l'emploi et la précarité » étaient les thèmes principaux de la manifestation intersyndicale d'hier matin.
Cependant, ce sont bien les « anti-sarko » qui ont conduit le long cortège dans le centre de Reims.
Plus de 8.000 personnes ont défilé, chacun défendant son pré carré, qu'il soit du secteur public, ou plus exceptionnellement, du secteur privé.
Comme toujours, on a vu passer les représentants des services publics (transports, CHU, pôle-em-ploi, Tur, rectorat, enseignants et chercheurs, municipaux), tous syndicats confondus.
Mais cette fois, les rangs se sont gonflés de personnels du secteur privé (champagne, grande distribution, constructeurs et sous-traitance automobile, groupe mondial de l'acier) ou encore de centres de santé (Godinot, IME, etc.). Sans oublier le personnel civil de la BA 112. Tous demandent à peu près la même chose : une meilleure reconnaissance, des augmentations de salaire, une garantie des « acquis » de la convention collective.
Comme cette femme sandwich de « Monoprix », qui arbore un salaire de « 890 € nets par mois après 30 ans de maison ». Ou la « Sauvegarde de la Marne », l'Udaf, les IME, l'institut « Michel-Fandre », etc. qui dénoncent la remise en cause de leur convention collective.
Côté champagne, certains salariés redoutent les effets de la « grosse restructuration » du groupe LVMH, qui remettrait en cause l'emploi et les acquis chez Veuve Clicquot et Moët-et-Chandon. Mais des salariés de Pommery étaient également dans le cortège.
De nombreux spectateurs ont assisté au défilé. Comme ces vendeuses de chaussures de la rue de Vesle, qui n'avaient « pas le choix, on est en sous-effectif », mais qui seraient bien allées « crier dans la rue ».
Ou comme ces lycéennes qui prenaient des photos - comme de très nombreux badauds - et attendaient de s'intégrer au défilé « contre la réforme des lycées ». Un groupe de Japonais s'est figé à l'entrée du musée des Beaux-arts. « Au Japon, ça n'arrive presque jamais. Les gens sont plus calmes », expliquait l'un d'eux en anglais.
Les retraités et les étudiants de l'université ont fermé la marche. Le cortège était tellement étiré que vers 11 h 35, la tête arrivait rue de Mars, tandis que la queue entrait seulement sur la place Royale.
Paradoxalement, les manifestants ont soigneusement évité de passer devant la sous-préfecture, symbole de l'État dont ils attendent tout. Pas plus qu'ils ne se sont arrêtés devant la mairie. Il faut dire qu'Adeline Hazan s'est jointe au cortège avec le groupe des élus socialistes, pendant une petite heure.
Après quelques kilomètres de marche au pas, le cortège a bouclé la boucle et s'est disloqué dans le calme du boulevard de la Paix.

 

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Vitry-le-François / Les salariés du privé grossissent les rangs

 

 

À Vitry-le-François, l'appel de l'intersyndicale CGT-FO-CAL-FSU-CFDT-CFE-CGC-CFTC-UNSA a été entendu. Entre 300 personnes selon les gendarmes, et 600 selon les syndicats, ont manifesté hier matin dans les rues de la cité rose. Ils étaient 550 à battre le pavé lors de la journée d'action du 29 janvier dernier.
Tous réclamaient le « maintien des emplois », « l'amélioration du pouvoir d'achat et la réduction des inégalités », « la préservation et l'amélioration des garanties collectives », ainsi que « la réglementation de la sphère financière internationale ».
Les lycéens ont ouvert le cortège en scandant « Sarko t'es foutu, la jeunesse est dans la rue ! » Ils brandissaient leur bannière : « Lycée François 1er en danger. Non aux suppressions ». Ils sont opposés à la réforme des lycées qui, selon eux, « va dévaloriser le baccalauréat ».
Derrière eux, des salariés du privé, beaucoup plus nombreux que lors de la manifestation du 29 janvier dernier. Dans les rangs, des ouvriers et employés de Calcia, Kadant Lamort, Fantoni, Hozelock-Tricoflex, mais aussi d'entreprises touchées par la crise comme Salzgitter Mannesmann Précision, Nobel Automotive ou encore JST France.
Michel, 31 ans, opérateur-machiniste-cariste à Salzgitter Mannesmann Précision, défilait dans le cortège. « Les salaires n'augmentent plus et le travail devient de plus en plus précaire, raconte-t-il. En ce qui concerne les conditions de travail, elles sont catastrophiques. Il faut faire plus mais avec moins de monde… » Michel, qui a trois enfants à charge, s'inquiète pour son avenir. Il subit actuellement le chômage partiel. « Comme je fais les 3x8, je pense que je vais perdre à la fin du mois environ 300 euros. Si la crise dure dans le temps, on n'aura pas les reins assez solides pour continuer… »
Une cinquantaine de salariés de Nobel Automotive était également venue grossir le rang des manifestants. Le site vitryat, filiale du groupe turc Orhan Holding, est touché par un plan de restructuration. « Notre travail est en péril, lance une salariée de 40 ans, mère de quatre enfants. Nous n'avons plus d'intérimaires, ni de personnes en contrat à durée déterminée pour nous épauler. On travaille plus et toujours de la même manière. Résultat : on attrape des tendinites. En ce moment, les arrêts de travail se multiplient… »
Elles craignent aussi pour leur avenir et celui de leurs enfants. « Qu'on nous écoute et qu'on nous aide ! », demandent-elles. Leurs maris, qui travaillent dans la même entreprise, sont en colère. « Certains patrons de grosses sociétés empochent des primes ou des bonus. Nous, cette année, on n'aura même pas de participation aux bénéfices de l'entreprise, s'écrie un salarié. Il faut que les profits soient partagés plus équitablement… » Hier, les salariés du secteur public se faisaient plus discrets. À l'exception des employées de la Maison d'enfants qui avaient sorti pour la seconde fois leurs pancartes. Elles n'acceptent pas que leur convention, qui date de 1966, soit remise en cause.
En fin de matinée, une délégation de l'intersyndicale a été reçue par le sous-préfet de Vitry-le-François, Raymond Floc'h.
L'intersyndicale devrait se réunir le 14 avril prochain. Jean-Jacques Poignant, secrétaire de l'union locale CGT, se dit « prêt à repartir » si nécessaire.

 

 

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Châlons-en-Champagne / Forte mobilisation dans la ville préfecture

 

 

« On voulait juste afficher notre ras-le-bol dans une grosse manifestation. C'est notre première grève. On appartient à aucun syndicat », annoncent en chœur Eric et ses collègues. Tous les

cinq sont salariés chez Parmentine, une usine de conditionnement de pommes de terre, à Fère-Champenoise. Autant dire : pas la porte à côté. « On veut dénoncer les conditions de travail qui se dégradent et on défend notre pouvoir d'achat. » Et le slogan de leur pancarte résume l'état d'esprit général : « Pas d'avenir. 1.080 euros : la honte ! »
Et des nouvelles têtes, il y en avait bien d'autres, hier, dans le cortège. Ils étaient très nombreux à défiler dans le centre de Châlons-en-Champagne (1.800 de source policière, 5.000 de source syndicale).
Seul avec sa pancarte en carton, il y avait l'indétrônable cafetier Emmanuel Galante, gérant du Club, qui rappelait : « Les cafetiers sont en train de mourir les uns après les autres ».
Et dans la catégorie manifestants atypiques, il y avait aussi les élèves du Cnac. Affublés d'un gros nez rouge, ils étaient une dizaine à manifester au milieu des sirènes et des pétards. Dans le cortège, hier matin, les postiers et les cheminots mais aussi des enseignants, des hospitaliers, les pompiers, et même le personnel de La Comète (scène Nationale), à l'image de son directeur Philippe Bachman.
François, un jeune retraité, n'en revient pas : « On voit des gens qu'on n'a pas l'habitude de voir. Lors de la dernière manif' en janvier, il n'y avait pas autant de profs par exemple ». Si François est là aujourd'hui, c'est pour soutenir sa femme, Atsem et donc employée communale. Plus tôt le matin, elle battait déjà le pavé avec les autres agents communaux. Et après une audience en mairie avec le premier adjoint, tous ont rejoint le « grand cortège » vers 10 heures.
L'Education nationale était aussi très bien représentée. Et quand les retraités s'y mettent, ça déménage. Yvonne, jeune retraitée, est venue soutenir ses collègues du collège Jean-Moulin de Saint-Memmie : « C'est pas normal, les dotations sont toujours en baisse et les effectifs augmentent », clame-t-elle.
Tout au long du cortège, les camionnettes de Grantil n'ont cessé de déverser des tonnes de « nouilles » - chutes de rouleaux de papier. Après avoir retapissé les locaux de l'UMP il y a une semaine, les salariés de Grantil, menacés par un plan social, ont redécoré, hier, la façade de la préfecture avec leurs « nouilles » avant d'y déposer leur cercueil en carton. En tête de cortège, leur banderole « Grantil : créateur de Chômeurs » ne sera pas passée inaperçue.
Lassés et usés après de nombreuses actions, les salariés de Henkel ont renoncé à la banderole. Ils s'étaient même peu mobilisés : une quinzaine d'entre eux a défilé dans les rues de Châlons. Imperturbables, certains ont décidé de venir quand même. « On vient défendre notre casse-croûte. On est virés comme des malpropres après 30 ans de boîte », lâche Jean-Louis.
Les grands absents de cette journée de manifestation étaient les lycéens, très présents le 29 janvier dernier. Il faut croire qu'ils ont dû reprendre le chemin des salles de classe, en prévision des examens.

 

 

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Sézanne / Un défilé de 300 personnes mais sans lycéens

 

 

Environ 300 personnes ont défilé dans les rues de Sézanne, hier, en tout début d'après-midi. Contrairement à la manifestation du 29 janvier dernier, on n'a compté aucun lycéen dans le cortège. Mais pour cette deuxième manifestation de l'année dans la cité des mails, les Sézannais sont restés mobilisés.
Salariés et retraités des entreprises de Sézanne, d'Esternay ou de Fère-Champenoise, personnel de l'Éducation nationale, ouvriers et cadres de la Ville de Sézanne, élus sézannais, dont le maire de la cité des mails, Philippe Bonnotte, ont pris part à la manifestation. Des commerçants ont laissé leur rideau fermé lors du passage du cortège dans le centre-ville en début d'après-midi.
À ce jour, les entreprises de Sézanne et du Sud-Ouest marnais restent relativement épargnées par la crise ; aucune classe ne fermera à la rentrée prochaine dans les écoles de Sézanne, « mais il faut rester vigilant », ont souligné les syndicats, qui avaient décidé, pour cette deuxième manifestation de l'année, de rallonger le parcours du défilé. Après avoir parcouru le centre-ville, être passés à côté de la cité scolaire, les manifestants ont emprunté la route de Troyes, où se trouve la zone industrielle de la ville. Le cortège a notamment marqué un bref arrêt devant le supermarché Leclerc avant de regagner le centre-ville de Sézanne.

 

 

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Épernay / Plus d'un millier de participants

 

 

Plus d'un millier de salariés, auxquels s'étaient joints des cadres adhérents de la CFE-CGC, ont défilé hier matin dans les rues d'Epernay.
Cette forte mobilisation a été l'occasion, pour les responsables syndicaux, de rappeler les menaces qui pèsent sur l'emploi dans le bassin sparnacien, tant dans le secteur privé que dans le secteur public.
Chantal Barthélemy, pour la CGT de l'hôpital, a indiqué que l'établissement « avait besoin, tout de suite, de 1,5 million d'euros dans le secteur de la gériatrie pour boucler son budget ». Elle a annoncé qu'une pétition « citoyenne » venait d'être lancée à l'initiative du comité de défense de l'hôpital public d'Epernay afin que le ministère de la Santé débloque des crédits « afin d'améliorer les soins. »
Le responsable de la CGT du champagne a, lui aussi, tiré la sonnette d'alarme et dénoncé notamment « le regroupement chez LVMH de toutes les identités du groupe sous une même structure dans le simple objectif de faire du profit ». Il a déploré, en outre, l'attentisme du patronat du champagne en matière de négociations salariales. « Il se base sur les prévisions de vente de 2009 pour rejeter nos propositions », a-t-il indiqué.
Les inquiétudes sont manifestes, par ailleurs, chez le menuisier Cordier Lapeyre, « où un programme de réduction des coûts est annoncé. Et où la direction incite les salariés à prendre des congés payés anticipés. »
Préoccupations aussi chez le fabricant de lingerie Chantelle où le personnel (184 salariés à Epernay) est touché par du chômage technique représentant six semaines non consécutives de fermeture hors congés payés.
La crise n'épargne pas, non plus, l'entreprise métallurgique Legras où 9 personnes sur 225 vont être licenciées (lire aussi page suivante).
Les représentants du personnel de Carrefour ont également pris la parole pour exprimer leurs inquiétudes face, notamment, à l'automatisation des caisses. 

Source : Journal L'Union

Publié dans Lutte des classes

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T
Sébastien a sans doute raison et il est regrettable que des journaleux se livrent ainsi à la désinformation mensongère. Tout comme est entre autres annoncée la première participation des salariés de l'Institut Godinot alors qu'avec leur syndicat CGT, ils sont de toutes les manifs.<br /> <br /> Encore un point d'importance qui n'est pas un détail : L'Union annonce autant de participants que le 29/01 alors que les habitués des manifs ont vu ce 19 mars, une participation encore plus massive, comme partout dans le pays. Forte participation étudiante et lycéenne, présents également les travailleurs de Monoprix, d'Aldi, très forte participation des retraités, etc., et cela ne ferait que 8 000 manifestants ! Mais où avait donc les yeux ce journaleux ? <br /> Et l'Huma, dont j'ai été un vendeur assidu qui reprend les mêmes errements.<br /> <br /> A bientôt dans les luttes !<br /> <br /> Salut fraternel Sébastien
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N
"Les manifestants ont soigneusement évité de passer devant la sous-préfecture."<br /> Mais c'est de la vulgaire propagande pro-gouvernementale, j'étais dans le cortège rémois, et nous sommes bien passés Place Royale devant la sous-préfecture.<br /> C'est certainement un article rédigé la veille ou bien par le préfet lui-même?<br /> fraternelles salutations Jacques.<br /> S.NEAU
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T
Dommage qu'il n'y a que chez nous que la presse voit si peu de monde et l'Huma s'est jeté sur l'info comme la vérole sur le bas clergé.
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C
Eh bien, ça a marché fort chez vous !!<br /> Au pays du champagne, ça mousse...au lieu de lancer des oeufs, vous pourriez peut être jeter des bouchons en liège ?
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