UNIVERSITE : LA BATAILLE DE STRASBOURG

Publié le par Tourtaux

 
EtudiantEs : La bataille de Strasbourg

jeudi 26 mars 2009, par OCL St Nazaire

Les évènements s’enchainent à l’Université de Strasbourg. Voici un compte-rendu de la situation lors du week-end du 21-22 mars (CNE et CNU), de l’AG et de la prise historique de la fac de Droit du 23 mars, et du siège de la fac de Droit le 24 mars.

Ce week-end s’est donc tenue à Strasbourg la Coordination Nationale Etudiante (CNE) qui rassemblé près de 40 délégations de toute la France. Les camarades délégués furent surpris de notre organisation carrée et saluèrent la plus "agréable" et "organisée" des CNE jusqu’à maintenant.


En effet, accueillis avec guitares, cafés, chants révolutionnaires, beaucoup furent déjà ébahis par l’état de la réappropriation des trois bâtiments bloqués de Sciences Humaines dont le patio occupé jour et nuit. La politisation de l’espace par les banderoles, pancartes, slogans, tracts, journaux, cuisine autogérée, dortoir, rebaptisation des amphis (Amphi Julien Coupat, Amphi Louise Michel, Amphi Blanqui, etc.), etc.

Service "d’ordre", accueil, tampons et cartons de mandatés, bouffe, ont fonctionné à merveille pour le côté pratique. Tribunes, service "d’ordre", coin observateurs, etc., également pour le côté "politique".


Les débats ont duré moins de 20h ; réparties le samedi de 14h à 21h30 puis de 22h30 à 2h du matin et le dimanche de 9h à 15h ; ce qui est remarquable pour une CNE où, d’habitude, les débats durent entre 25 et 35h.

A noter que l’UNEF majo a boycotté la CNE. Les délégués ont d’ailleurs voté une motion virulente condamnant la position douteuse de l’UNEF.


A été voté l’appel à la poursuite et à la radicalisation du mouvement, diverses journées d’action et propositions d’actions symboliques et radicales, la condamnation ferme et unanime des violentes répressions policières sur le mouvement et de la criminalisation des mouvements sociaux, ainsi qu’un soutien et un appel à participer au contre-sommet de l’OTAN à Strasbourg.


Vu ce qui s’est dit à la CNE, Strasbourg reste de loin la ville la plus mobilisée et surtout la plus structurée, avec grève réelle par le blocage stable, qui nous permet d’avoir un Comité de Lutte toujours plus important au niveau effectif (une grosse centaine en moyenne actuellement) et des commissions très actives qui s’auto-organissent.

Le fait aussi qu’on a une convergence de plus en plus effective avec les lycéens (on est d’ailleurs une des rares villes où plus de 400 lycéens ont rejoint le cortège universitaire le 19 mars, bravo à la commission convergence).

Notre capacité également à toujours être plusieurs milliers en manif et à multiplier les actions dures (ce que peinent les autres villes qui le regrettent). Précisons aussi que dans les autres villes, la répression policière est beaucoup plus dure avec flashball etc, et que nous avons effectivement beaucoup de chance, finalement, qu’au niveau de la fac, l’administration soit si passive.

Les délégués se sont réjouis du très beau barbecue le soir qui a eu lieu au jardin intérieur de Marc Bloch, avec quantités de viande (merguez, poulets, etc.), patates, salades, yaourts, etc. ; le tout en chantant à 150 Bella Ciao ou l’Internationale, entre autre.

La CNE s’est donc très bien passée.


Lundi 23 mars
, a eu lieu la Coordination Nationale des Universités (profs-BIATOSS-étudiants), toujours à Strasbourg. Une cinquantaine de délégations de toute la France s’est retrouvée pour décider, également, la poursuite et la radicalisation du mouvement, en appelant à bloquer gares, péages d’autoroute, rectorats.

Simultanément, le lundi 23 mars, s’est tenue la grande Assemblée Générale Centrale et Unitaire. Au départ prévue à l’amphi Athéna (fac de Droit- capacité de 350 places)), puis déplacée à l’amphi 1 du patio (850 places), l’AG s’est finalement tenue sur la Place Rouge même, en plein air. En effet, entre 1500 et 2000 personnes sont présentes (chiffres des DNA, d’ailleurs). L’AFGES (section locale de la FAGE), l’UNI et les jeunesses populistes de l’UMP ont énormément affiché, tracté, mobilisé, appelé à venir à cette AG pour débloquer la fac. De notre côté, on prend peur, car on n’a fait AUCUNE comm’, pour se consacrer essentiellement aux deux Coordinations Nationales.

On prend peur, mais quand l’AG vote pour l’ordre du jour proposé par la tribune (avec le point blocage en dernier), et non pas la proposition de l’AFGES et de la Cé (avec le point blocage en premier), on comprend qu’il y a moyen de retourner les choses.


Malgré une AG en plein air (première AG à la place Rouge depuis Mai 68), les gens étaient disciplinés, attentifs, patients. L’AG fut donc assez rapide, malgré tout. Le débat, riche sans être particulièrement vif, a fait comprendre à beaucoup d’étudiants en Droit (qui constituent une grande partie de l’AG) la nécessité de se mobiliser et de passer au stade supérieur.


Les gens de droite se sont décrédibilisés tout seuls ("pensez à vous, pensez à court terme !", ou encore "les étudiants étrangers doivent signer un contrat pour 3 ans, par exemple, à l’université, ce n’est pas la peine de demander la régularisation de tous les sans-papiers", ou enfin "l’Ecole de l’Observatoire et des Sciences de la Terres et maths-infos ont voté en AG très majoritairement contre le blocage de leur bâtiment" (alors qu’à cette AG d’UFR, il y avait 101 voix contre le blocage et...99 pour ; à deux voix près, donc).


Au contraire, notre discours sur la nécessité indispensable aujourd’hui de contrer la casse qui peut devenir irréversible de l’enseignement supérieur et du service public en général à fait rallier pas mal d’étudiants de Droit, notamment, à notre cause.


Cette AG mémorable, au lieu de débloquer la fac comme on le craignait, a non seulement reconduit le blocage des trois bâtiments de Sciences Humaines (portique, platane, marc bloch) mais a également voté le blocage de...la Fac de Droit ! Ce avec plus de 600 voix pour et 400 voix contre (1200 personnes environ du milieu à la fin de l’AG).

Aussitôt, l’AFGES dénonce une manipulation des "étudiants en Lettre et sciences humaines". S’ensuit 20 minutes de cris exaltés, de pleurs de joie pour les camarades en Droit, de "El Pueblo Unido Jamas Sera Vencido", "la fac répond : résistance", etc etc.


Pour beaucoup, cette AG a quelque chose d’historique. C’est une victoire politique majeure.

Les délégations de la CNU, encore en débats, en apprenant cette nouvelle, ont longuement applaudi et acclamé Strasbourg.


18h, réunion du Comité de Lutte
qui rassemble...plus de 300 personnes !! (nouveau record d’affluence).

Nous rappelons ce qui a été voté à cette formidable AG : manif mardi 24 mars avec action symbolique, manif jeudi 26 mars avec action de blocage économique et, bien sûr, le blocage de la Fac de Droit.

Nous renouvelons les référents de chaque commission, nous parlons de l’évacuation policière de la fac en lutte à cause de l’OTAN, de la poursuite du mouvement pendant le sommet de l’OTAN, et du blocage de la fac de Droit. Nous créons d’ailleurs deux nouvelles commissions : la commission Evacuation Policière (pour définir les modalités de résistance) et la Commission occupation/blocage de la fac de Droit. Ces deux commissions vont travailler dans d’autres salles quand, alors que nous continuions les débats en Comité de Lutte, la Commission Fac de Droit vient en trombe nous dire d’aller envahir le Droit.

Tout le monde se lève d’un seul élan et part en plusieurs groupes investir en force la fac de Droit, gardée préventivement par deux ou trois vigiles. Finalement, c’était ce qu’attendait tout le monde.

Voici le récit désormais historique de la prise de la fac de Droit :

Vers 20h, nous sommes environ 150 à attaquer la fac de Droit sur plusieurs points. Personnellement, j’étais d’un groupe qui "attaquait" sur la gauche du bâtiment, à une petite porte de secours en haut d’un étroit escalier.

Un vigile nous bloque. On charge, parvenant à le déborder et pénétrer le bâtiment mais il devient violent. Tensions. Finalement, il constate notre nombre et laisse faire.

Tout le monde se retrouve dans le hall. Aussitôt, on vérifie combien il reste de cours : il n’en reste que un dans le grand amphi1.

Sans attendre, on s’active : on barricade tout.

On prend les mobiliers, tables, chaises, grandes grilles d’infos, bureaux, étagères, grilles de chaises, planches, poutres, parpains, chaînes, qu’on trouve sur place et on installe de grandes barricades aux huit portes du bâtiment. On arrache toutes les affiches de l’AFGES pour en faire des affiches de lutte au dos, on accroche des banderoles, on installe 5 matelas, des cafetières, des camarades jouent déjà de la guitare : c’est l’exaltation. Les camarades de Droit sont émus. Et tout le monde apprécie la cigarette, voire le cigare guévariste pour un camarade en particulier (un petit clin d’oeil), dans le bâtiment réapproprié.

Les barricades sont consolidées, on apprend à connaitre le bâtiment, par des rondes et les cartes. L’AFGES, qui veut éviter les bagarres, nous montre les portes qui donnent sur l’extérieur à bloquer.

Mais le cours de l’amphi 1 se termine et les premiers lambdas de Droit découvrent avec stupeur la réappropriation politique du bâtiment. Ce sont alors les premières hystéries, les petits-bourgeois cravatés tentent d’emblée de débloquer, sans chercher à comprendre. On les en empêche, tensions verbales. On les fait sortir. On remarque d’ailleurs que, déjà, des petits groupes tournent autour du bâtiment. UNI, UMP, AFGES, fanatiques lambdas, tournent autour de la fac jusqu’à être une 60taine. Mais ils ne sont pas agressifs, ils cherchent plutôt les points faibles de notre blocage, le nombre qu’on est, etc.

Et c’est la première nuit d’occupation à la Fac de Droit ! Toute la presse est là : canal+, DNA, 20mn, Alsace, etc.

On apprend que Pécresse est déjà au courant, enragée, et aurait appelé aux présidences à évacuer par la police les facs occupées. On finit le Comité de Lutte sur les marches du grand hall principal. Puis c’est la fête : on débat, on chante, on joue de la musique, on consolide les barricades, on fait des tours de garde, on se coordonne avec les camarades continuant d’occuper le Patio, on mange grâce aux camarades exemplaires qui gèrent la Cuisine Autogérée... Beaucoup dorment sur place.


Mardi 24 mars.
Dès 7h, des groupes se forment et tournent autour du bâtiment. A 8h, ils sont déjà environ 200 étudiants de Droit, présents pour des examens et des notes (à leurs dires). Ils s’agglutinent devant l’entrée arrière. Des petits groupes de droite (UMP, UNI, AFGES, Cé) font leur propagande avec tracts, discours, etc. ; tandis que des groupes restreints d’extrême-droite commencent à s’incruster à eux (Alsace d’Abord (équivalent local des Jeunesses Identitaires), Alsace Korps, et autres néo-nazis).

Du fait de se retrouver en masse, d’être tous très énervés voire traumatisés sur le coup de voir leur fac bloquée et occupée, et par la propagande des fascistes et néo-nazis, ils deviennent de plus en plus haineux. Ils chantent la Marseillaise, certains en profitent pour placer quelques "Sigh Heil" avec le salut hitlérien ; de notre côté on chante l’Internationale en levant le poing. On se masque, ils nous prennent en photos.


Vers 9h,
ce sont les premières grosses attaques. Ils tambourinent la porte arrière tandis qu’ils cherchent à passer au seul accès encore libre mais gardé en piquet de grève à droite (la petite porte de secours avec le petit escalier étroit). On les repousse. On consolide les barricades. France 3, France 2, canal+, DNA, Alsace, sont présents. Mais on les fait sortir.

Les antibloqueurs attaquent au sous-sol puis à la chaufferie. A la porte du sous-sol, qu’ils défoncent, deux s’engouffrent. L’un deux escalade une grande armoire métallique qui barre le passage et, alors qu’ils nous voient déjà tous là prêts à les repousser, il se jette sur nous, coudes et genoux en avant. Une camarade reçoit un coup de genou en plein visage. On le choppe, on le plaque au mur. Vives tensions. Finalement, on le dégage et on renforce la position. Ils attaqueront à plusieurs reprises à cet endroit.

On apprend ensuite qu’ils ont démoli une des portes extérieures donnant sur l’amphi 2, un des deux gros amphis sur les côtés du bâtiment. On entend qu’ils s’engouffrent à l’intérieur en hurlant. On avait prévu le coup, les barricades ont été encore renforcées sur les portes de l’amphi donnant accès au grand hall principal. Le Doyen est là, ainsi que le vice-président de l’université. Il est environ 10h.

Pour marquer nos couleurs et montrer que nous tenons la Fac de Droit, nous déployons un grand drapeau rouge et noir à tête de mort sur le plus haut des portes-étendards sur le toit de la fac. Voilà un nouveau geste historique : le drapeau rouge et noir flotte sur la Fac de Droit assiégée !

 

Le drapeau rouge et noir à tête de mort flotte sur le toit de la Fac de Droit .

Ils attaquent sur tous les fronts, mais essentiellement sur les portes donnant accès au grand hall principal et à une porte en haut de l’amphi2 qui donne sur un petit couloir débouchant également sur l’étage du grand hall principal. Ils tapent à coups de bélier sur la porte, chargent, tentent de la défoncer, mais on résiste en maintenant physiquement les barricades. Ils tenteront par la suite de démolir les portes à coups de barre de fer et de pieds de biche. En haut, ils attaquent également quasi sans interruption avec des bancs qu’ils utilisent comme béliers. Les nazis font partis des groupes violents qui veulent en découdre avec nous. A moment donné, les nazis parviennent à forcer la porte d’accès à droite (avec le petit escalier). Contact. On forme une chaîne et on les repousse. On constate alors que les nazis sont armés de barres de fer et de bombes lacrymos. Ils gazent. Les coups volent. On parvient à les repousser.

Nous tenons également les trois barricades les plus visées déjà citées. On leur pique les barres de fer qui dépassent des portes déjà enfoncées.

Ceci pendant 5h...

Nous fûmes donc véritablement assiégés. Force est de reconnaître que c’est un bâtiment facile à tenir. Nous sommes finalement parvenus, jusqu’à l’après-midi, à repousser leurs assauts et à tenir les barricades. A préciser, au fait, que nous sommes environ 150 à l’intérieur.


Des camarades du Patio nous ont une première fois réapprovisionné à midi, lors d’un coup de relâche. Mais au deuxième réapprovisionnement, en début d’après-midi, ils se sont fait attaquer par les fascistes qui ont vidé les victuailles sur la place Rouge. Les camarades les ont gazé à leur tour, puis ont fuit pour revenir avec des manches de balais. Les grosses confrontations directes ont finalement été évitées. Il est évident que s’ils étaient parvenu à investir le grand hall, ça aurait dégénéré en grande bagarre générale, et sanglante, étant donné la présence des nazis prêts à "casser du rouge". Car il y avait beaucoup de camarades antifas également dans nos rangs.


Le vice-président a été surpris par des témoins à piétiner avec les faf le pain destiné aux assiégiés. Il a également été surpris à gueuler vers les faf en montrant la fac occupée : "ce sont eux, les bourgeois !". Autrement dit, il a appelé à la violence. Le Doyen de Droit a fait pareil lors de l’ "AG" sauvage et illégitime des antibloqueurs dans l’amphi2 qu’ils sont parvenus à reprendre. En collaboration avec eux, la présidence organise un "vote électronique" par mail ENT. (sic).


Or, il y avait également une manif aujourd’hui, avec rassemblement Place Rouge à 16h. Les syndicalistes de SUD commencent à débarquer. Les tensions reprennent avec les antibloqueurs fanatiques (les nazis ont un peu déserté les lieux à ce moment-là, ou se sont fait plus discrets).

J’étais partis à 14h chez moi pour me laver, lors d’un instant de relâche (et oui, pauvre mais propre). Quand je suis revenu, il n’y avait déjà plus moyen de rentrer à l’intérieur, les assiégés ayant préféré de se barricader totalement à l’intérieur. Tensions à l’extérieur entre assiégeants et camarades qui sont alors dehors.

Finalement, la présidence a préféré ne pas envoyer les flics.


A 16h, plusieurs centaines de manifestants sont rassemblés Place Rouge. On apprend qu’à l’intér ieur, les camarades ont préféré voté pour sortir en Block, groupés, masqués, pour rejoindre les manifestants. Car les antibloqueurs fanatiques, et les fafs sont toujours là, en scandant "envoyons les CRS", "Au boulot, au boulot, les branleurs", "on est chez nous", "dehors les branleurs", etc.. Les profs font une haie pour empêcher toute bagarre.


La tension est très vive. Le drapeau rouge et noir flotte toujours sur la fac de Droit. Les camarades à l’intérieur ont choisi de sortir par la grande porte de devant. Toutes les caméras ont leur oeil vitreux braqués vers le parvis. Les fafs sont massés en bas des escaliers de l’entrée principale, prêts à en découdre. Les profs font la haie malgré tout. Les quelques 1200 personnes sur la Place Rouge, dont beaucoup de camarades occupants-grévistes, attendent avec impatience.

Le silence s’instaure.


Soudain, on voit les barricades se défaire, de l’intérieur. Deux battants de l’entrée principale s’ouvrent et les camarades sortent, en cortège compact, en rangs serrés, masqués, tous le poing levé, en scandant "Fac ouverte, aux enfants d’ouvriers ; fac fermée, aux intérêts privés". Aussitôt, les fafs réagissent en huant de toute leur haine, avec des volées d’injures.


Le cortège des assiégés atteint la Place Rouge, lentement, toujours en scandant "fac ouverte, aux enfants d’ouvriers...", tandis que d’autres camarades gueulent "les nazis, hors de nos facs", "pétain, reviens, t’as oublié tes chiens", "dehors les fascistes", etc. Quand le cortège a rejoint sans encombre la masse des camarades au milieu de la Place Rouge, la masse des fafs et antibloqueurs fanatiques courent en trombe vers l’entrée de la fac de Droit, se positionnent à l’avant, groupés, et se mettent à chanter la Marseillaise, avant de scander "on est chez nous", "au boulot, au boulot", "ce n’est qu’un au revoir, les branleurs", et autres conneries.


Je vois des camarades de Droit les larmes aux yeux, de rage. Beaucoup de profs de Droit, venus pour la manif, gueulent vers les tarés fanatiques "honte à la fac de Droit". Des profs vont d’ailleurs leur dire qu’ils ont tellement honte qu’ils annulent tous les cours de la semaine, par solidarité avec les assiégés. Tensions.

Finalement la manif part, dans une étrange atmosphère, avec environ 1300 personnes. Ils feront une grande chaîne symbolique tout le tour de la Place Kleber avec lycéens, étudiants, précaires, profs, chercheurs, et BIATOSS pour montrer l’unité de la communauté universitaire et éducative en lutte.

 

Tandis qu’une cinquantaine de camarades sont restés "garder" Marc Bloch contre une éventuelle attaque de fafs.

Au Comité de Lutte le soir du 24 mars, qui réunit 150 personnes, une très belle scène : alors que nous débâtons sur les suites du mouvement et des actions, un groupe de cinq étudiants qui sont rentrés en haut de l’amphi interrompent la réunion et, très solennellement, déclarent avoir honte de la fac de Droit en tant qu’étudiants en Droit et qu’ils continueront la lutte. Longs applaudissements.

 

les assiégés quittent la fac en cortège.

La lutte continue, en effet. Prochaine manif jeudi 26 mars, RDV 14h30 Place Rouge. Elle sera suivie d’une action de blocage économique. Prochaine grande AG centrale et unitaire le lundi 6 avril, 13h, au Patio amphi Potemkine (cet amphi change de nom toutes les heures !).

Liens vidéos des évènements :

  • France 2 (JT 20h du mardi 24 mars, à la 23e minute) :

 

Publié dans Lutte des classes

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