PCG : " UN FRONT PATRIOTIQUE COMMUN CONTRE LE COLONIALISME "

Publié le par Tourtaux

Luttes sociales et politiques en Outre-Mer (DOM-TOM)
Jeudi 26 Mars 2009
Félix Flémin, Secrétaire Général du PCG, mais aussi syndicaliste rompu aux négociations difficiles, a été pendant les 44 jours de «crise», l’une des figures de proue du LKP. Il a répondu aux questions de Emmanuel Brousillon de l'hebdomadaire communiste guadeloupéen Nouvelles Etincelles

Les résolutions adoptées dans le protocole de suspension de la grève, sont-elles en phase avec les résolutions du XIVe Congrès de 2008 du P.C.G ?

Félix.Flemin : Toutes les revendications sont en phase avec les résolutions prises par le Parti à son XIVe Congrès. Je rappelle qu’à ce Congrès des 9 et 10 février 2008, le Parti Communiste Guadeloupéen prenait entre autres résolutions, celles de :

* Défendre les intérêts des travailleurs et du peuple guadeloupéen.
* Défendre tous les droits humains, sociaux, culturels et politiques des Guadeloupéens
* Accompagner la jeunesse, dans la diversité de sa composition, à assumer ses responsabilités dans la lutte pour construire le pays Guadeloupe
* Rassembler dans un Front Patriotique pour combattre le colonialisme sous toutes ses formes en Guadeloupe et porter des réponses aux injustices sociales.

Comment expliquer que des organisations, aussi diverses et différentes dans leur mission, aient pu réussir là où les élus politiques ont toujours échoué : parler le même langage, au nom du peuple guadeloupéen ?

F.F : L’ensemble de ces revendications sont portées depuis un moment par toutes les organisations. Elles ont bien conscience de la crise que traverse la Guadeloupe et de leur incapacité à la régler de façon isolée. Leur regroupement, par un travail collectif, pédagogique et objectif, fait la force de ce mouvement unitaire. Cela a permis de traduire, de façon incontestable, l’injustice qui frappe les couches populaires dans différents secteurs et de poser le problème d’ensemble, lié au fonctionnement du pays. L’échec des élus politiques peut s’expliquer par le fait qu’ils fonctionnent avec les yeux rivés sur les prochaines élections électorales, donc la préservation de leur mandat. Ils n’ont pas perçu la détresse de ceux qui souffrent et n’ont pas eu la volonté de poser les problèmes de fond, pour ne pas faire des vagues.

Pourrait-on imaginer l’émergence, au sein du LKP, d’une nouvelle force politique pour administrer la Guadeloupe ?

F.F : Le LKP n’est, ni une organisation politique, ni un syndicat. Ce n’est donc pas son objectif, même s’il intègre des organisations politiques qui ont œuvré, avec les autres, à l’élaboration de la plate-forme de revendications. Le PCG n’a pas suivi le mouvement, mais ses représentants l’ont construit, aux côtés de toutes les autres organisations. Le LKP s’avère un puissant mouvement de masse appelé à pérenniser son action, quel que soit le Pouvoir en place, qu’il soit de droite, de gauche, du centre ou d’ailleurs. Il devra exister par de là les organisations politiques. Celles-ci, tout en apportant leur contribution à la réussite de ce mouvement, travaillent, en toute indépendance, à faire émerger un projet de société dont les différents aspects sont traduits dans les revendications du LKP, par exemple, un plan de développement économique pour la Guadeloupe.

En tant que Secrétaire Général du P.C.G, comment envisagez-vous le devenir du L.K.P ?

F.F : Les réponses à cette question sont contenues dans ce que je viens de dire. Je répète que le LKP doit continuer à être un grand mouvement de masse, en relation étroite avec le peuple guadeloupéen, exprimant toutes ses souffrances. Il devra donc se donner les moyens de combattre les injustices sociales pour améliorer les conditions de vie de la communauté guadeloupéenne. Les partis politiques, à leur niveau, continueront leur travail idéologique ; C’est le cas du Parti Communiste Guadeloupéen, dans sa lutte pour la libération nationale et sociale du peuple guadeloupéen, qui a appelé à un rassemblement, dans le cadre de son XIVe Congrès, pour la Constitution d’un Front Patriotique, pour l’émergence d’un Etat autonome de Guadeloupe. Il renouvelle d’ailleurs cet appel.

Source : http://www.wmaker.net/editoweb/nicolas_maury/

Publié dans Politique

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