CHALONS : MALGRE LE SOUTIEN DU DEPUTE APPARU LE MAIRE UMP PANIQUE !

Publié le par Tourtaux

 Châlons-en-Champagne  

L'invasion des Grantil à l'hôtel de ville

La motion de soutien votée à l'unanimité.

Panique à la mairie, hier soir, 80 salariés de l'entreprise de papiers peints Grantil s'invitant à la réunion du conseil municipal. Aux dialogues a succédé le vote à l'unanimité d'une motion de soutien.

 

«GRANTIL vivra ! » Dès 18 h 30, hier, le ton était donné. Quatre-vingts salariés de l'entreprise de papiers peints Grantil étaient rassemblés sur le perron de l'hôtel de ville, où la réunion du conseil municipal n'allait pas tarder à commencer. Des drapeaux rouges, estampillés FO, CGT et CFDT, dépassaient au-dessus de leurs têtes. Ils se balançaient au rythme des slogans scandés.
« Les amis, il y a du nouveau », lançait tout à coup Franck Leclere, le représentant de l'intersyndicale dont la voix était portée par un mégaphone. « La direction renonce à négocier nos acquis sociaux », déclarait-il. Fusaient alors des hourras. « C'est un premier recul, mais pas pour autant une victoire.
Ça bouge au niveau de la Région », poursuivait-il : « Jean-Paul Bachy soutient les élus et les salariés dans leurs démarches, il attend qu'on apporte un projet sur la table ». Nouvelles explosions de joie. « Enfin, le maire va descendre nous parler. » Aux hourras succédaient des bravos.
La pluie aidant, la foule s'engouffrait dans le hall de l'hôtel de ville. « C'est pas le moment de se retrouver en arrêt de travail pour maladie ! », plaisantait le syndicaliste.
« Bruno? on va monter »
19 heures, BBB se faisait attendre. Il ne pouvait pourtant ignorer le raffut des 80 salariés. « Bruno, Bruno, Bruno ! », l'acclamaient-ils. « Viens, on va pas te toucher ! » « Ça fait quatre mois qu'on lutte, Grantil s'impatiente ! »
« Bruno, on va monter », prévenait alors Franck Leclere. Trois, deux, un… C'était parti.
Passant avec plus ou moins de facilité le barrage des policiers municipaux, les manifestants franchissaient les marches de l'hôtel de ville. À demi rassuré, le maire escorté les attendait à l'étage. Il les convainquait de redescendre, pour y échanger tranquillement. Et le groupe de faire marche arrière.
« Je m'étais engagé à descendre, la disposition de la salle du conseil ne permettant pas de recevoir votre délégation », se justifiait-il. « Nous sommes à vos côtés », embrayait-il, « l'emploi de

Châlons est en cause. Notre intérêt, c'est que Grantil continue à travailler dans les meilleures conditions possibles.
Je proposerai tout à l'heure une motion de soutien », poursuivait-il, « il faut que nous puissions négocier et travailler ensemble, dans les semaines à venir, d'où la nécessité d'une table ronde.
Mais il faut également comprendre que le maire n'a pas tous les pouvoirs ».
« Ne vous faites pas modeste ! », réagissait Roger, un ancien délégué syndical. « Il y a 150 ans, la Ville a fait venir Grantil à Châlons. Alors, elle a des moyens limités mais des moyens quand même. »
« Il faut avant tout vérifier les conditions économiques du maintien de vos 39 emplois », déclarait le député Benoist Apparu, « l'outil existe, le savoir-faire aussi, encore faut-il que le marché existe ». « Bien sûr, qu'il existe ! », reprenait Roger, agacé. « Tant qu'il y aura une mauvaise politique dans cette boîte et des gens comme vous et au gouvernement, les choses ne changeront pas. »
« Si les élus ne font rien aujourd'hui », ajoutait Franck Leclere, « c'est 200 salariés qui seront au final menacés ».
Les élus unanimes
« Je vous demande maintenant de bien comprendre que le conseil municipal va commencer », concluait BBB. Les Grantil, dont ce n'était pas la principale préoccupation, ne lâchaient pas prise.
Une vingtaine d'entre eux a finalement pris place dans la salle du conseil, où une motion de soutien, visant à organiser une table ronde en présence, notamment, du préfet, fut votée à l'unanimité.
« Très positif », estimait Franck Leclere après avoir quitté la salle du conseil, suivi de prêt par ses acolytes. « Grâce au soutien de tous les élus, et celui de la Région depuis quelques jours, nous allons avoir le temps nécessaire pour proposer des alternatives aux dirigeants du groupe Grandeco. »
Quatre mots clés trottaient dans sa tête : investissement, innovation, créativité et recherche. Plus un cinquième, s'étant rajouté à la liste hier soir :

espoir.

Sophie Bracquemart



 

À l'abordage !

 

Publié dans Lutte des classes

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