NIGER ET URANIUM : QUAND LA VERITE DERANGE ON L'ELOIGNE !

Publié le par Tourtaux

 
NIGER
NOUVELOBS.COM | 27.03.2009 | 17:53

Les organisations représentant la société civile au Niger disent avoir été écartées de la réunion avec Nicolas Sarkozy. Le gouvernement nigérien aurait craint l'expression de leurs griefs sur l'exploitation d'uranium.

Jeudi 22 mars à Brazzaville. Nicolas Sarkozy prend un bain de foule en compagnie du président congolais, Denis Sassou Nguesso. (Sipa)

Jeudi 22 mars à Brazzaville. Nicolas Sarkozy prend un bain de foule en compagnie du président congolais, Denis Sassou Nguesso. (Sipa)

Les organisations représentant la société civile au sein de l'"Initiative pour la transparence des industries extractives" (ITIE) au Niger ont annoncé avoir été écartées d'une réunion avec le président Nicolas Sarkozy prévue vendredi 27 mars, à Niamey. L'ITIE regroupe des ONG, des compagnies minières et le gouvernement nigérien. "Le gouvernement nigérien vient de violer son engagement en excluant les organisations de la société civile membres de l'ITIE de cette rencontre", a déclaré à l'AFP Ali Idrissa, du Réseau des organisations pour la transparence et l'analyse budgétaire (ROTAB).
Arrivé en début d'après-midi à Niamey, Nicolas Sarkozy a notamment participé à une réunion de la section locale de l'ITIE, accompagné de la PDG du groupe français Areva, Anne Lauvergeon. Le numéro un mondial du nucléaire civil exploite deux gisements d'uranium au Niger, troisième producteur mondial, et a récemment signé un contrat pour l'exploitation à partir de 2012 de la mine géante d'uranium d'Imouraren (nord).

"Troubles-fêtes"

Selon Salissou Oubandoma, du Groupe de réflexion sur les industries extractives au Niger (GREN), également membre de l'ITIE, "le gouvernement nigérien avait une peur bleue que nous jouions les troubles-fêtes, alors qu'il s'agissait d'exprimer à M. Sarkozy nos préoccupations".
La veille de la visite du président français, des ONG, dont le ROTAB et le GREN, ont critiqué Areva et l'ont appelé à prendre des dispositions pour préserver l'environnement et la santé des riverains des gisements d'uranium qu'elle exploite depuis 40 ans. Il est également reproché à la France de ne pas assez redistribuer au Niger les bénéfices qu'elle tire de l'extraction.
Etant donné qu'"aucun représentant de la société civile nigérienne" ne sera représenté, "la société civile considère que c'est une rencontre entre le gouvernement nigérien et le gouvernement français", a déclaré Ali Idrissa.
Selon lui, Peter Eigen, président du Comité international de l'ITIE et Tim Bittiger, directeur régional pour l'Afrique francophone, qui ont fait le déplacement à Niamey, "refusent de participer à la réunion" pour protester contre cette exclusion.

La question centrale de l'uranium

Lors de sa visite, Nicolas Sarkozy a tenté de casser l'image d'une France "prédatrice". Dans un entretien accordé au journal nigérien Le Sahel, il a assuré qu'"au Niger, la France a des intérêts, elle les assume, elle les promeut, mais en toute transparence".  "Chacun doit savoir ce que les activités d'Areva au Niger rapportent au budget nigérien", a estimé le président français dans d'autres déclarations à la presse nigérienne. Les investissements annoncés par Areva à Imouraren, d'un montant initial de 1,2 milliard d'euros, "auront un impact sur l'ensemble de l'économie nigérienne", a-t-il assuré.
Ce contrat a donné lieu à une sévère bataille entre Areva et le gouvernement de Niamey, qui a fait jouer la concurrence pour arracher au groupe français une hausse de 50% du prix d'achat de son uranium. Le Niger fournit plus du tiers du combustible brûlé dans les centrales nucléaires françaises depuis plus de quarante ans.(Avec l'AFP)

Publié dans Lutte des classes

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article