SARKOZY VEUT QU'ON VOTE NANARD AUSSI !

Publié le par Tourtaux

Quand Bernard Thibault

participe

au « télé(vo)thon » pour ‘l’Europe’…

 

Chacun y va de son couplet en  adaptant musique et paroles, en fonction de son public.

Mais le refrain est commun : « Votez ! Votez ! Votez ! »

La chanson vise le même but : mobiliser le plus grand nombre d’électeurs, dimanche 7 juin, afin de réduire au maximum le nombre de ceux qui refusent de « chanter en chœur, à la baguette ».

Dans ce grand « télé(vo)thon » » en faveur de « l’Europe », tous les talents sont conviés pour apporter leurs voix  - et celles des autres - à la « grande cause de l’Union européenne ».

 

Le ténor de la CGT n’est pas le dernier à jouer de son instrument. Bernard Thibault accorde, sur ce sujet,  une longue interview à La Vie Nouvelle, le périodique des retraités, syndiqués à la Centrale syndicale.

 

A la question posée :

« Dans quelques jours, les travailleurs des 27 pays membres sont appelés à renouveler le parlement européen. Quelle est la position de la CGT ? »

 

Bernard Thibault répond :

«  Il existe un risque pour les salariés à l’occasion de ces élections. C’est que le contexte de défiance à l’égard des institutions européennes, notamment par l’absence de la dimension sociale, les pousse à ne pas participer au scrutin, alors qu’il existe un fort mécontentement social et des aspirations à d’autres choix politiques. Ce qui émane de l’Europe n’est pas majoritairement perçu comme un progrès, mais comme une arme qui déréglemente. A partir de ce constat, le risque d’un désintérêt de ces élections est réel.

Ce serait une grave erreur dans la mesure où dans le fonctionnement des institutions européennes, le parlement est l’instance qui a le pouvoir de décision et d’où émanent le plus de législations  qui ont un impact sur nos vies quotidiennes ».

 

Le dirigeant de la CGT reconnaît ainsi le « contexte de défiance à l’égard des institutions européennes » parmi les salariés. Il note, avec un certain euphémisme, que « ce qui émane de l’Europe n’est pas majoritairement perçu comme un progrès ».

De quoi, en effet,  se plaignent les travailleurs ?

Le Parlement, « l’instance qui a le pouvoir de décision » (selon le secrétaire général de la CGT),  n’a-t-il pas avalisé toutes les « directives de Bruxelles » tendant à généraliser dans les 27 pays membres de l’UE, les délocalisations  d’emplois, les privatisations généralisées des services publics, le démantèlement systématique de la protection sociale et du droit du travail, la ‘précarisation’ comme mode de vie ?

Comme cette politique est poursuivie, tant par les gouvernements de droite que de « gauche », puis avalisée par le Parti populaire européen et le Parti socialiste européen, par des votes communs à l’Assemblée de Strasbourg, le « désamour » populaire vis-à-vis de ces élus, semble être regretté par Thibault, qui appelle au vote pour cette Assemblée.

Le vote contraire de quelques dizaines d’élus communistes ou apparentés, (sur plus de 700 députés européens), n’a en rien changé la politique imposée par le Capital.

La position confédérale est, aujourd’hui,  d’autant plus étrange, que le même Thibault se battait, il y a quatre ans, pour que la CGT appelle « à l’abstention » lors du référendum du 29 mai 2005. Et cela,  au nom de « l’apolitisme » et de la « neutralité » de l’organisation syndicale. Il ne fallait pas, pour lui, que la CGT se prononce pour le « NON » au projet de constitution. Il s’est heurté, alors, à la majorité du CCN.

Grâce à ce vote, la CGT s‘est retrouvée en plein accord avec les salariés, les ouvriers, les employés, les chômeurs, les jeunes, qui ont voté NON à plus de 70%.

Le 7 juin, la position de la CGT, calquée sur l’orientation de collaboration de classe de la CES, et malheureusement approuvée par la CE confédérale et le CCN, va se trouver en porte-à-faux avec le choix des milieux populaires.

 

Les salariés, dans leur grande majorité, vont pratiquer le « refus de vote ». Par colère ou désintérêt vis-à-vis des institutions européennes, ils jugent avec raison, qu’elles sont mises en place exclusivement, pour servir le Capital, sa volonté de domination, sa soif de profits.

Il s’agit là d’un choix de classe.

Source : http://canempechepasnicolas.over-blog.com/

Publié dans Politique

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