CESSEZ-LE-FEU : LE GOUVERNEMENT SYRIEN REPOND A L'ONU, A LA LIGUE ARABE ET AU FIGARO : PAS DE RETRAIT MILITAIRE AVANT LE RETOUR A L'ORDRE

Publié le par Tourtaux


Cessez-le-feu : le gouvernement syrien répond à l’ONU, à la Ligue arabe et au Figaro

 

Par Droits réservés, le 31 mars 2012 
  


Jihad Makdessi : pas de retrait militaire avant le retour à l'ordre

Le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères, Jihad Makdessi, vient de faire à la télévision syrienne une déclaration remarquée, au lendemain du sommet arabe de Bagdad et alors que les faux « Amis de la Syrie » s’apprêtent à se réunir en Turquie pour tenter de relancer une opposition radicale mal en point. Makdessi fait d’abord un constat : « La bataille pour faire tomber l’Etat en Syrie est terminée une fois pour toutes » et lui succède désormais celle pour « le rétablissement de la stabilité et la construction de la nouvelle Syrie« . Ensuite il lance un avertissement à l’ONU, à la Ligue arabe et aux ennemis du pays : l’armée syrienne se retirera des zones résidentielles dès que la sécurité et la paix civile seront rétablies. Pas avant.
 Car, a dit Makdessi, « l’armée syrienne ne fait que se défendre et protéger les citoyens qui sont pris en otage la plupart du temps« . Elle n’a ni plaisir ni vocation à occuper les zones urbaine et donc, assure Makdessi, elle « quittera les lieux dès le rétablissement de la sécurité et de la paix civiles« .

Du plan Annan considéré (par le Figaro) comme un « traquenard à Bachar »

C’est donc cette exigence de pacification qui dictera le calendrier du retrait des forces armées et non l’ONU. C’est, en quelque sorte, une réponse à un article de Georges Malbrunot paru sur le site du Figaro ce samedi 31 mars et intitulé « Syrie : le piège du plan Annan« .Et dont la première phrase est une question : « Bachar al-Assad tombera-t-il dans le piège que lui tendent Kofi Annan et ses opposants ? » Et le piège évoqué Malbrunot, c’est précisément cette exigence du plan arabo-onusien que le régime fasse, sur le terrain militaire, le premier pas et retire ses forces des zones urbaines où des groupes armés affrontent, pour reprendre la formulation partisane de Malbrunot, « la soldatesque baasiste » (au fait Malbrunot, rien sur la « racaille islamiste » ?)


Cessez-le-feu : que messieurs les assassins ASL commencent !

Or, l’homme du Figaro, et donc peu ou prou de Sarkozy, de Juppé et de l’Otan, ne le cache même pas : ce retrait militaire, à Homs, Idleb ou Deraa, permettrait non seulement le retour des « manifestants dans les rues et places des principales villes syriennes » mais aussi « à une rébellion, vaincue militairement à Homs et à Idleb, de rebondir« . C’est tellement évident et gros qu’en effet, il était douteux que le régime en question tombe dans le panneau. S’il y avait une interrogation à ce sujet, Jihad Makdessi vient d’y répondre, et Malbrunot lui-même l’écrit : « Il parait peu probable que Damas tombe dans le traquenard« .

On voit donc qu’un analyste du Figaro considère au fond tout le plan de paix défendu par Kofi Annan comme un traquenard tendu à Bachar et non comme un plan raisonnable et sincère derèglement de la crise syrienne. Il est permis, pour un fois, d’être un peu optimiste et de considérer que ce plan, sous supervisation de fait des Russes et des Chinois, peut au contraire marginaliser le CNS, l’ASL et tous les radicaux, incapables politiquement et psychologiquement de s’asseoir à une table de négociations avec le gouvernement syrien, et donc condamnés à une fuite en avant maximaliste qui ne peut que les séparer de la majorité des opposants patriotes et réformistes. D’autant que la société syrienne, qu’elle soit pro ou anti-Bachar, ou neutre, est lasse d’un an de chaos et de violences. Dans son article Malbrunot reconnait d’ailleurs cette mauvaise volonté du CNS qui continue de refuser en bloc le plan Annan.

Bref Moscou et Pékin ont eu raison à notre sens d’appuyer ce plan relativement équitable et modéré, et Damas a eu raison de l’accepter. Comme il a raison de ne rien céder sur le point du rétablissement préalable de l’ordre dans les zones à problèmes. La partie est serrée, et la route encore longue, mais c’est une partie jouable aujourd’hui pour le gouvernement, et c’est la seule route à suivre pour l’heure. Bachar peut négocier avec Annan justement parce qu’il est en position de force, ce qui n’était pas le cas avant le double véto sino-russe (4 février) et la reprise symbolique de Bab Amr (1er mars).

Du délire politique-fictionnel comme bouée de sauvetage

Il faut d’ailleurs que l’avenir de la « révolution syrienne » soit bien compromis pour que Malbrunot imagine dans son article des scénarii-catastrophes et des coups bien tordus pour débloquer la situation : ne va-t-il pas jusqu’à rêver tout haut de la transformation de la place des Omeyyades à Damas en une nouvelle « place Tahrir » où afflueraient par un coup de baguette magique « 500 000 » opposants syriens, dont le nombre et la détermination contraindraient le régime à faire tirer ses sbires, le bain de sang subséquent contraignant Russes et Chinois à cesser leur appui à Bachar. Et même le valeureux Erdogan à enfin « avancer en territoire syrien pour y créer une zone libérée à partir de laquelle les opposants syriens se regrouperaient, rejoints par les nombreux militaire sunnites qui hésitent aujourd’hui à déserter« .

Comme on dit, « simple mais il fallait y penser ! » A ce stade de l’analyse, nous ne pouvons que recommander  à Georges Malbrunot d’en suivre une (d’analyse) et nous lui rappelons, en passant, que seul Bachar a pu à ce jour réunir 500 000 manifestants à Damas…

 

http://www.infosyrie.fr/actualite/cessez-le-feu-le-gouvernement-syrien-repond-a-lonu-a-la-ligue-arabe-et-au-figaro/

Publié dans Syrie

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