CHEMINOTS CGT du MANS : COMMUNIQUE DE PRESSE SUR L'AMIANTE DANS LES ENGINS MOTEURS SNCF

Publié le par Tourtaux

Le Mans, le 28/07/10

 

Communiqué de presse sur l’amiante dans les engins moteurs SNCF 

 

 

 

La presse a fait état la semaine dernière de suppressions de TER sur l’axe Le Mans-Paris, suite à l’exercice du droit de retrait par les conducteurs.

Les conducteurs sont bien évidemment conscients des désagréments subis. Du reste ils ne se lèvent pas à 3 heures du matin, pour ensuite ne pas effectuer leur mission pour de simples futilités. Au contraire s’ils exercent leur droit de retrait c’est parce qu’il estime être confronté durant l’exercice de leur métier à un danger pour leur santé : l’amiante.

L’amiante a été employée dans l’industrie jusqu’en 1996, date de son interdiction en France. Il n’est donc pas étonnant d’en retrouver dans le matériel roulant, en particulier dans les cabines de conduite des engins moteurs.

Face à ce constat et dans la continuité d’une longue lutte menée par la fédération CGT des cheminots et Sud-rail, le CHSCT du dépôt traction du Mans a déposé une série de 5 droits d’alerte, le 1eren novembre 2009, pour que la direction prenne enfin des mesures afin d’analyser et de supprimer ou au moins réduire à la source le risque amiante pour les agents de la traction. Mais la direction tout en acceptant les droits d’alerte et reconnaissant ainsi leurs bien fondés reste dans une posture de refus de prendre réellement en compte ce risque. A tel point que jusqu’à ce jour le risque amiante n’est pas spécifiquement inscrit au Document d’Analyse des risques du CHSCT.

Les demandes des représentants CGT et Sud-rail au CHSCT sont pourtant claires et largement fondées, chaque année 200 cheminots environ et parmi eux des agents de la traction  déclarent une maladie amiante qui est reconnue:

  • Inscription au document d’analyse des risques, du risque amiante.

  • Reconnaissance de l’exposition au risque amiante des cheminots de la traction qui travaillent ou ont travaillé sur des engins moteur amiantés.

  • Information et formation des salariés sur le risque amiante.

  • Surveillance médical si nécessaire.

  • Et évidemment suppression du risque par le remplacement des pièces amiantées ou la radiation des engins vétustes, pour lesquels des travaux ne seraient pas pertinent, ou bien mise en place de mesures de protection afin que les conducteurs n’encourent plus le risque d’inhaler des fibres d’amiantes en suspension.

En effet ce dernier point est mis en exergue par la vétusté des engins due à leur ancienneté de 50 ans environ et au manque d’entretien. Dès lors que des pièces se trouvant dans la cabine de conduite sont à ce point délabrées, y compris celles contenant de l’amiante ou participant normalement à son confinement, le risque d’inhalation de fibres dangereuses est avéré pour les conducteurs. Il est important de rappeler que ces engins sont soumis à de fortes vibrations, à des dépressions d’air pouvant atteindre 5 bars et à des variations importantes de températures, autant de facteurs aggravant en ce qui concerne la suspension dans l’air des fibres d’amiante.

Enfin nous tenons à rappeler que la CGT consciente des problèmes qu’allaient engendrés la prise en compte grandissante de ce fléau chez les agents de la traction, à demander audience nationalement auprès de la direction SNCF de la traction, le 18 mars dernier, et qu’à ce jour la direction n’a pas daigné trouver une date pour organiser cette réunion, c’est dire son manque de volonté de prendre en compte ce fléau pour ses salariés. Pourtant des moyens rapides existent, ne seraient ce que le remplacement de ces engins vétustes par des engins beaucoup plus moderne qui sont pour l’instant ‘garés bon état’ par centaine dans les anciens triages Fret. Mais la SNCF dans sa logique mercantile préfère user sans plus d’entretien, les vielles machines jusqu’à la corde et mettre en danger la santé de ces conducteurs. Voir si lien avec atelier du Mans

Petite précision, le Maine Libre relate le courroux légitime d’un usager face à l’absence d’information en gare de la Ferté-Bernard, il faut savoir que depuis plusieurs mois cette gare est fermée au service ce qui pose la question de la sureté des voyageurs, de la qualité de service, et évidemment de la sécurité des circulations. Si les cheminots revendiquent de l’emploi et se battent, trop souvent aux yeux de certains, pour en obtenir, c’est aussi pour conserver ces fondements de la SNCF entreprise de service public.

 

Pour la CGT jacques Trédan

Publié dans Lutte des classes

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Tourtaux 29/07/2010 21:34


Je vais voir de suite cet article du Figaro que tu cites Cyril.


Tourtaux 29/07/2010 21:31


J'ai reçu de mon syndicat une flopée de mail revendicatifs de la fédération mais je ne peux pas tout mettre d'autant qu'avec tous les chamboulements continuels, j'ai souvent du mal à m'y retrouver
dans les sigles alors j'imagine les difficultés rencontrées par les camarades de nos sites engagés qui ne sont pas cheminots, ce que ça doit être compliqué.
Sur ce sujet de l'amiante, n'est ici évoqué que le cas des ADC mais ce sont des milliers de cheminots d'autres services, en particulier à l'Exploitation, qui ont toute leur carrière durant
travaillé sur des locomotives du service traction (63000) mais aussi sur les locos(Y7100 et Y8000), tractant des trains de manoeuvres notamment lors des dessertes en ligne quotidiennes.
Je ne crois pas faire erreur en pensant que les constructeurs de ces engins ont aussi utilisé l'amiante, ce qui veut dire que toute notre vie professionnelle à la SNCF, nous avons été
journellement, des heures durant en contact et exposé dangereusement à cette saloperie d'amiante, à notre insu.


Cyril LAZARO 29/07/2010 18:43


Je vous invite à regarder également cet article très intéressant sur le sujet http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/07/29/97001-20100729FILWWW00445-un-militant-anti-amiante-mis-en-retraite.php