FEURS : LA CGT DENONCE LA VETUSTE DES INSTALLATIONS DE LA FONDERIE DANS LAQUELLE DEUX OUVRIERS ONT ETE TUES A LEUR POSTE DE TRAVAIL

Publié le par Tourtaux

 

Explosion chez Valdi : deux villages et toute une communauté ouvrière en deuil


Publié le 27/06/2011 à 00:00


 
Jacques Tissot, 55 ans, marié et père de famille de Rozier-en-Donzy, a perdu la vie dans cette usine qu’il a intégrée en 1975 / Photos Claude Essertel et DR

Jacques Tissot, 55 ans, marié et père de famille de Rozier-en-Donzy, a perdu la vie dans cette usine qu’il a intégrée en 1975 / Photos Claude Essertel et DR

Feurs. Jacques Tissot de Rozier-en-Donzy et Damien Jamot de Saint-Marcel-de-Félines, ont payé de leur vie, samedi matin vers 4 h 30, ce qui n’aurait dû être qu’une réparation suite à une fuite d’eau sur ou à proximité d’un four

Les Foréziens sont nombreux à venir sur le site de l’entreprise Valdi. Beaucoup sont d’anciens métallos de Feursmétal. Accoudés aux barrières de sécurité, ils regardent de loin l’usine éventrée, soufflée par une explosion samedi au petit matin.

Ils sont nombreux à avoir passé la porte d’entrée du site aux côtés de Damien Jamot et de Jacques Tissot, tous deux décédés lors d’une opération de maintenance sur les vannes d’un four.

À leurs côtés, ils ont connu la pénibilité du travail de fondeur, l’enfer du feu et de la poussière. Aujourd’hui c’est toute la communauté ouvrière qui est en deuil, et qui pleure deux amis disparus dans le ventre de l’usine, qui fait à la fois vivre et mourir.

Jacques Tissot, 55 ans, marié et père de famille de Rozier-en-Donzy, a perdu la vie dans cette usine Feursmétal qu’il a intégrée en 1975. À l’époque, il est embauché en tant que noyauteur mouleur. Il fabrique alors des chaînes d’amarrage de bateaux en manganèse.

Tout jeune, Jacques Tissot a adhéré à la CGT. Il a pris ses premières responsabilités au sein de l’organisation syndicale dès la fin des années soixante-dix. Il sera ainsi trésorier du comité d’entreprise de nombreuses années, et délégué du personnel. Une fonction qu’il exerçait encore et ce sans interruption depuis son entrée dans le syndicalisme. Ce qui lui valu aussi des déboires.

En 1982, le milieu de la fonderie connaît une crise sévère. Un plan de départs en préretraite est organisé à Feursmétal, qui va dégraisser ses effectifs de 700 à 600 salariés.

En 1983, l’entreprise place 210 salariés au chômage total partiel, mais promet de les réintégrer au bout d’un an. Mais en 1984, les ouvriers sont finalement licenciés. Parmi eux, 10 élus sur 17 de la CGT, dont Jacques Tissot. « L’organisation syndicale était décapitée mais va mener une très grosse bataille », explique Roland Béraud, actuel secrétaire de la CGT ». Le bras de fer conduira à la réintégration de 55 salariés, et aussi de 5 cégétistes, parmi lesquels Jacques Tissot qui aura toujours à cœur de défendre les intérêts des métallurgistes.

Sa carrière va prendre un nouveau tournant en 1988. Cette année-là, il suit une formation pour passer un CAP d’électricien qu’il obtiendra un an plus tard. Son diplôme en poche, il intègre donc l’équipe de maintenance de Feursmétal, habilitée par convention de sous-traitance, à opérer également sur les machines de Valdi. C’est l’une d’elles qui lui a coûté la vie samedi.

Une vie qui s’est également arrêtée pour Damien Jamot. Une vie fauchée à 29 ans, alors qu’il devait se marier d’ici quelques semaines avec sa compagne, Angélique Pardon. Tragique destin que celui de ce jeune homme, salarié de Feursmétal depuis trois ans, qui n’aurait pas dû être là samedi au petit matin. « Il remplaçait un collègue, sa compagne me l’a dit », attestait hier Jean-François Mathelin, conseiller municipal de Saint-Marcel-de-Félines (canton de Néronde), distant d’une quinzaine de kilomètres des lieux du drame.

C’est là, dans ce petit village d’à peine 800 habitants, que Damien Jamot et sa compagne s’étaient installés il y a moins de cinq ans, au lieu-dit « Envers ». Un village où planait hier comme une chappe de plomb. Où personne n’osait parler. « Je n’ai pas envie de m’exprimer », rapportait un Félinois. Ému, seul Jean-Claude Tissot, maire et conseiller général, s’aventurait à dire, au nom des habitants, quelques mots : « J’ai présenté mes condoléances à la famille. Tous les Félinois s’associent à la peine de son amie. Tout le monde est consterné ».

Une consternation d’autant plus grande que Damien Jamot, ancien élève du lycée du Forez à Feurs et étudiant pendant deux ans à l’IUT de Roanne, croquait la vie en toute discrétion. « Il était gentil et disponible », témoignait Jean-François Mathelin.

Passionné de moto, Damien Jamot adhérait même à un club. « Mais il était très prudent. Je le revois passer devant chez moi, très prudemment, quand il partait au travail », soulignait Jean-François Mathelin. Un travail et des collègues que Damien Jamot ne reverra plus à cause de cette explosion qui lui a coûté la vie.

Marie-Anne Leca
http://www.leprogres.fr/loire/2011/06/27/explosion-chez-valdi-deux-villages-et-toute-une-communaute-ouvriere-en-deuil

Publié dans Lutte des classes

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Tourtaux 03/07/2011 06:05


@ Jean-Pierre Chauffier, je viens à l'instant de découvrir votre belle association. Je lirai votre instructif site dès que possible.


Tourtaux 03/07/2011 05:54


Bonjour Jean-Pierre Chauffier, il est impossible d'aller sur ton site.
Puisque tu es cheminot retraité CGT et que nous sommes tous deux d'anciens délégués au CHSCT, où as-tu travaillé, dans quel service et dans quelle flière?
Je pense qu'au cas où tu serais un ancien de la manoeuvre, nous avons forcément de nombreux points communs.


CHAUFFIER Jean Pierre 28/06/2011 18:15


Bonjour, je suis très choqué attristé par ce dramatique et terrible évènement, d'autant plus que j'habite Le PALAIS/v près de Limoges où se trouve la 2ème usine du groupe Valdi qui nous procure les
mêmes soucis. Nous luttons corps et âme contre la "pieuvre industrielle" qui pourrie la vie des riverains et détruit la santé de ses employés! Je suis cheminot retraité militant syndical CGT
"actif" et j'ai assumé plusieurs mandats comme délégué CHSCT, j'ai été formateur Chsct en Intersyndical. Ce qui arrive aujourd'hui n'est que le reflet des politiques capitalistes dans l'unique but
d'accroître des profits devenus de nos jours "insolents" et indignes, tout ça sur le dos des travailleurs, au mépris de leur santé, de leurs conditions de travail, jusqu'a y laisser leur vie! c'est
indécent et insuportable! Notre association est profondément touché par ce drame et assure de son entier et sincère soutien aux salariés du site, aux familles et populations.Nous aimerions prendre
contact avec des syndicats du site, les riverains, les associations.....afin d'avancer ensemble et solidairement sur tous ces problèmes communs, afin d'être plus forts pour nous défendre. Recevez
nos salutations les plus fraternelles. Chauffier J.Pierre
http://associationbarrage.pagesperso-orange.fr/index.htlm/


Tourtaux 27/06/2011 11:44


J'ai souvenance que durant toute ma vie, avec la CGT, nous avons constamment remis en cause l'insécurité à la SNCF. Je ne cesse de le dénoncer dans mon second livre. J'ai conservé de nombreuses
traces des luttes menées dans les différentes délégations, grèves et interventions écrites à une direction autiste.
Ces deux ouvriers sont morts pour le capitalisme qu'il faut éradiquer au plus vite.


Martine 27/06/2011 10:03


Je suis à la fois triste et révoltée.
Deux ouvriers viennent d'être tués par le criminel capitalisme.
Je suis une vieille mamie qui demande à la jeunesse de relever la tête, de ce révolter si elle ne veut pas à son tour être broyée par le système capitaliste.