JAPON : SI L'ON TENTAIT DE FAIRE LE POINT ?

Publié le par Tourtaux

publié par babelouest Aujourd'hui 10H58 

Au risque de répéter des informations déjà diffusées par le passé, je pense qu'il est peut-être judicieux de replacer ici une carte du centre de Honshû, là où tout s'est passé.

Le séisme s'est produit au large de Sondai, tout au nord de la carte visible. C'est donc là que les dégâts les plus immédiats se sont produits, d'abord ceux de la secousse, qui rappelons-le fut la plus puissante enregistrée au Japon : dernier chiffre, magnitude 9, sur une échelle de Richter qui va jusqu'à 12 (débacle mondiale). Plus puissante connue dans le monde, 9,5 ou 9,6 selon les sources, pour le séisme du Chili en 1960.

Dans la foulée, est intervenu le tsunami, avec des vagues jusqu'à 10 mètres de haut, qui a pénétré jusqu'à 5 Km dans les terres. Ce qui tenait encore debout a fini d'être balayé dans la même région, ainsi que voitures, ponts, bateaux, maisons. Les centrales nucléaires ont été envahies d'eau de mer, qui a causé des courts-circuits partout dans les installations pourtant sécurisées au maximum. Plus de courant pour pomper l'eau de refroidissement, qui doit couvrir en permanence les barres. Même à l'arrêt, qui fut automatique, et empêcha toute réaction en chaîne non contrôlée (car cela aussi, cela aurait pu arriver).

Troisième phase, les réacteurs les plus exposés, ceux de la Centrale Fukushima 1, ont commencé à manquer d'eau, les barres se sont découvertes sur plusieurs mètres, elles ont commencé à se corroder, et à causer un amoncellement d'hydrogène dans la zone externe. Dans trois réacteurs, cet hydrogène a réussi à faire exploser le toit de l'édifice, et a projeté du césium radioactif dans l'atmosphère la plus proche, césium produit par l'oxydation des barres. D'autres facteurs ont aussi causé l'incendie d'un dépôt de combustible usé au réacteur 4, incendie maintenant maîtrisé semble-t-il.

Résultat de ces facteurs divers, une vaste région est aujourd'hui dévastée, de plus une radioactivité assez forte va considérablement gêner les secours sur cette même zone. Elle peut probablement être considérée comme définitivement perdue pour l'habitat et les activités diverses. La région de Tokyo peut réchapper au pire, si les vents sont favorables assez longtemps. Il faut craindre les répliques sismiques, qui peuvent endommager davantage des installations déjà très sollicitées.

Voilà l'état des lieux à cette heure-ci. Pas de nouvelles préoccupantes de dernière minute sur NHK, dont la version anglaise me fut précieuse. Le nombre de morts, aux alentours de 2 500, pourrait augmenter au détriment de celui des disparus, considérable lui aussi. Sans compter ceux qui, irradiés, décèderont plus tard, anonymes. A eux tous, promettons de faire tout notre possible pour que de telles tragédies ne puissent plus se dérouler ainsi, je pense en particulier au nucléaire qui frappe plus tard, dans l'obscurité d'une chambre de douleur.

Dies ire, dies illa

BO

centre Honshu

 


Auteur : babelouest

Source : http://www.dazibaoueb.fr/

Publié dans L'Asie en lutte

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T
<br /> Tout à fait, aucun des salariés travaillant dans cette centrale et pas seulement n'en réchappera.<br /> On ne peut que louer et saluer la conscience professionnelle et le courage de ces travailleurs.<br /> <br /> <br />
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S
<br /> Les ingénieurs et techniciens qui luttent actuellement pour enrayer la catastrophe en cours sont dores et déjà condamnés à mort. Ils restent dans un niveau de radiations qui ne leur laisse aucune<br /> chance... comme les nettoyeurs de Tchernobyl.<br /> <br /> Serge<br /> <br /> <br />
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