L'ACCORD SCELERAT SIGNE ENTRE LE MEDEF ET LES SYNDICATS JAUNES CFDT - CGC ET CFTC EST UNE ATTAQUE CONTRE TOUS LES TRAVAILLEURS

Publié le par Tourtaux

30 janvier 2013

L’accord MEDEF-CFDT-CGC-CFCT, une attaque contre tous les travailleurs
Camille Boudjak, Jean-Yves Zoltar
30 janvier 2013

Camille Boudjak, délégué syndical CGT dans le social, et Jean-Yves Zoltar, élu CHSCT FO dans la métallurgie, expliquent ce que le nouvel accord signé entre le MEDEF et la CFDT, la CGC et la CFTC risque de changer pour les travailleurs, si nous ne le repoussons pas massivement.


Le CDI est dans le collimateur des patrons depuis longtemps. Quels sont les risques avec ce nouvel accord ?


Camille Boudjak : L’accord met en place un nouveau contrat précaire, le « contrat intermittent »… dans les PME dans un premier temps. Ce serait un contrat sans temps de travail précis, avec une flexibilité extrême empêchant au travailleur toute vie régulière. L’accord précise que ce type de contrat a pour but de : « pourvoir des emplois permanents comportant, par nature, une alternance de périodes travaillées et non travaillées » . Gentiment, il est précisé que « la rémunération versée mensuellement aux salariés titulaires d’un contrat de travail intermittent peut être indépendante de l’horaire réel » ! Peut être… mais pas forcément ! Ce type de contrat installera le travailleur dans la précarité permanente.


Une clause inquiétante porte sur la mobilité forcée des travailleurs en cas de “restructuration”. Qu’en pensez vous ?


Jean-Yves Zoltar : Les syndicats signataires d’un tel type d’accord participeront ainsi eux-mêmes à la remise en causes de leurs droits individuels et ceux de leurs camarades. Cette clause pourra permettre ainsi à l’employeur de contourner les obligations qui étaient les siennes jusqu’alors en cas de licenciement économique (PSE), c’est aussi une arme redoutable pour licencier à moindre cout.


Camille Boudjak : C’est là une des revendications du patronat : pouvoir utiliser les travailleurs n’importe quand et n’importe où, sans le moindre respect de la vie personnelle du salarié. C’est le sens de la flexibilité qu’elle joue sur le temps de travail ou sur les zones géographiques. L’accord de compétitivité que la direction veut imposer, en jouant sur le chantage à l’emploi, chez Renault se base en grande partie là-dessus : les travailleurs seraient des véritables pigeons-voyageurs qui iraient, selon les besoin de la production, d’un site à l’autre. Et l’accord signé entre le MEDEF et certaines organisations syndicales ne prévoit même pas une limite de temps ou de trajet… et le travailleur qui refusera pourra être licencié pour « motif personnel ».


Il y a déjà une énorme vague de licenciements depuis les élections présidentielles. Est-ce que l’accord va aggraver la situation ?


Jean-Yves Zoltar : L’entreprise est exonérée de l’ensemble des obligations légales est conventionnelles qui étaient appliqués avant en cas de PSE, et bien sur de l ‘obligation de reclassement… Le fait de simplifier la mise en place de plans sociaux et de rendre quasi obligatoire la mobilité interne en cas de restructuration tout en plafonnant les indemnités de licenciement est un recul sans précédent, il est fort probable qu’avec un tel dispositif, des entreprises vont en profiter pour alléger leur masse salariale ; est augmenter encore le nombre de chômeurs.


Camille Boudjak : Le patronat licencie déjà comme il veut. Cet accord vise plutôt à une « sécurisation des licenciements » d’un côté, en réduisant les possibilités de recours aux prud’hommes ou de contestation des « plans sociaux », bref à réduire les coûts des licenciements. Plus grave, c’est un accord qui offre une base juridique au chantage à l’emploi, les fameux « emplois de compétitivité » que les patrons tentent à imposer pour briser les droits collectifs des travailleurs d’une entreprise. L’accord signé prévoit ainsi des attaques y compris sur les salaires : à partir de 1.300 euros nets par mois les salariés pourraient même voir leurs salaires baissés !


Vous participez à la campagne pour le retour à la gratuité des prudhommes. Que pensez-vous des nouvelles dispositions concernant les prudhommes ?


Jean-Yves Zoltar : Concernant le droit du travail, les délais de prescription passent de 5 ans à 24 mois ; il faut rappeler qu’en 2008 ils étaient passés de 30ans à 5 ans ; on est dans une logique de spoliation des salariés de faire reconnaitre et réparer leurs droits.


Camille Boudjak : Si l’accord est intégré dans la loi, il remet en cause les possibilités pour les travailleurs de se défendre devant des prud’hommes. Aujourd’hui, par exemple, un salarié a 5 ans pour réclamer des salaires impayés… ce délais tomberait à 36 mois. Pour les licenciements abusifs, il est prévu une « indemnité forfaitaire (qui) vaut réparation de l’ensemble des préjudices liés à la rupture du contrat de travail, et son montant est fixé à : - entre 0 et 2 ans d’ancienneté : 2 mois de salaire / entre 2 et 8 ans d’ancienneté : 4 mois de salaire » (jusqu’à 14 mois de salaire après 25 ans d’ancienneté). Rappelons qu’à ce jour l’article L.1235-3 du code du travail stipule « Si le licenciement d’un salarié survient pour une cause qui n’est pas réelle et sérieuse (…) le juge octroie une indemnité (…) à la charge de l’employeur » qui ne peut « être inférieure aux salaires des six derniers mois »…indemnité à laquelle peut s’ajouter la prime de licenciement, le paiement du préavis, des dommages et intérêts supplémentaires, etc… Bref, c’est un accord qui sécurise, encore plus, la déliquance patronale !


http://communisme-ouvrier.info/?L-accord-MEDEF-CFDT-CGC-CFCT-une

Publié dans Lutte des classes

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Tourtaux 01/02/2013 00:03

Si les réactions de la classe ouvrière restent en l'état, on va perdre toutes les conquêtes sociales car la nomination de Chérèque et deux de ses camarades de la CFDT, n'est pas due au hasard. Ils
ont été désignés pour une mission de destruction de nos acquis et droits sociaux. Bien entendu, ils ne vont pas s'en vanter mais la collusion et les copinages avec le gouvernement socialiste
sautent aux yeux comme la vérole sur le bas clergé.

Tourtaux 01/02/2013 00:03

Drey Herisson : ahh helas tu as raison!!!

Tourtaux 31/01/2013 17:19

Il s'agit tout simplement d'une énième trahison de la part de ses trois pseudos syndicats qui se couchent au moindre clin d'oeil. Comment pourrait-il en être autrement avec la CGC dont nombre de
ses adhérents sont membres de l'UMP? Comment pourrait-il en être autrement avec la traitresse CFDT qu'il n'est plus nécessaire de présenter tant le stylo lui brûle les doigts? Quand on a vu à
l'oeuvre une Notat, un Chérèque, promu par la gouvernance socialiste, à une haute fonction de complaisance, grassement payée avec les deniers publics et dont le père, ancien ministre PS, est le
fossoyeur de la sidérurgie lorraine, comment pourrait-il en être autrement? Comment pourrait-il en être autrement avec le syndicat clérical CFTC qui n'est autre que la mère de la CFDT?

Tourtaux 31/01/2013 17:16

Drey Herisson : oui on regresse, on regresse doucement mais tres surement!!