L'EQUIPEMENTIER AUTOMOBILE CONTINENTAL QUI MENACE DE FERMER SES SITES DE TOULOUSE, FOIX ET BOUSSENS USE D'UN TERRIBLE CHANTAGE A L'EMPLOI : "ACCEPTEZ OU ON FERME !"

Publié le par Tourtaux

Insupportable chantage à l’emploi de Continental

Malgré des profits élevés, l’équipementier automobile veut réduire de 8 % le coût du travail. CGT et CFDT refusent les réductions de salaires et de jours de repos.

Toulouse, correspondance.

«Acceptez ou on ferme ! » Pour réduire le coût du travail de 8 % dans ses unités de Toulouse, Foix et Boussens, où est produite de l’électronique pour automobiles, Continental menace de fermer ces sites. Pourtant, Continental va bien. L’équipementier automobile réalise des profits à l’échelle mondiale et les seuls sites français, surtout concentrés en Midi-Pyrénées, ont dégagé 38 millions d’euros de bénéfices en 2009. Pour les cinq premiers mois de 2010, la marge s’élève déjà à 19 millions. Dans ce contexte de prospérité, la 
direction juge qu’il n’y a rien de plus urgent que d’imposer des mesures drastiques aux deux mille cinq cents salariés des trois usines midi-pyrénéennes, et se livre au chantage.

Le projet de la direction a été baptisé « Productivité pérennité (PP) ». Sami Hamida (CFDT) a fait ses calculs : « La direction veut économiser 13 millions d’euros par an, soit plus de 5 000 euros par salarié. » Pour arriver à cette fin, elle envisage trois séries de mesures : blocage des salaires et division par deux de la prime d’intéressement ; suppression de certains jours de RTT ou de récupération ; prise en charge à 100 % par les salariés des cotisations pour leur retraite complémentaire.

Les syndicats majoritaires (CGT, CFDT) sont présents aux rencontres avec la direction mais ne discutent pas un projet PP considéré comme non négociable. « Ce projet n’a aucune justification économique, insiste Sami Hamida. La demande est en forte croissance dans le secteur automobile et nous avons du mal à fournir nos clients. » Le projet PP a déjà suscité des assemblées générales du personnel dans les trois usines. « La direction veut casser les 35 heures ! » accuse Houria Tounès (CFDT), ouvrière à l’unité de production de Foix. Les Conti sont d’autant moins disposés à faire des sacrifices que 161 emplois ont été perdus l’an dernier, « ce qui représente une économie de 16,5 millions pour l’entreprise », ajoute Houria Tounès. Olivier Grimoux (CGT) dénonce la stratégie du groupe, « qui veut mettre en concurrence les sites français et allemands ». Les sites français moins rentables ? « Des gains de productivité importants ont été réalisés ici, ce qui permet à l’entreprise de gagner beaucoup d’argent. »

Les négociations s’achèvent en principe aujourd’hui. Les syndicats minoritaires (CGC, FO, CFTC) signeront-ils l’accord ? Pour Houria Tounès, il convient d’adopter une attitude claire : « Céder à la pression ? Non ! »

Bruno Vincens

Source : L'Humanité

Publié dans Lutte des classes

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article