LA BOURSE DU TRAVAIL QUI DERANGE LE GRATIN DE SAINT QUENTIN (02) DONT LE MAIRE EST XAVIER BERTRAND, MINISTRE UMP DU TRAVAIL !

Publié le par Tourtaux

Saint-Quentin (Aisne)

       Bourse du travail : une médiation en échec ?
 
Publié le lundi 23 janvier 2012 à 14H00


Malgré le déblocage d'un million d'euros par la justice, rien n'indique que le conseil des prud'hommes remplacera un jour les unions locale et départementale de la CGT au sein de la bourse du travail. (Photos : G.H.)

 
SAINT-QUENTIN - La médiation ordonnée entre la CGT et la mairie, qui s’éternise depuis l’été dernier, serait en échec. On s’acheminerait donc vers un statu quo, aucun compromis n’émergeant.


Et si la CGT arrivait à se maintenir dans ses locaux historiques de la bourse du travail ? On en est encore loin. Mais, la médiation enclenchée entre la Ville et la CGT semble, une fois de plus, mal engagée.
Ordonnée par la cour d'appel d'Amiens en juillet - afin de trouver une solution à l'amiable et de convaincre l'organisation syndicale de quitter les lieux pour y installer le nouveau conseil des prud'hommes - et déjà prolongée depuis octobre, celle-ci n'a plus que quelques jours pour accorder les violons des deux parties. Et, c'est tout sauf une partie de plaisir…

« Négociations au point mort »


Malgré la confidentialité imposée autour des négociations, les bribes d'informations qui filtrent laissent entrevoir une médiation stérile qui maintiendrait les deux acteurs principaux de ce conflit dans un statu quo. L'impossibilité de faire aboutir un accord rejaillit.
Selon une source proche du dossier, « les négociations [au sein de la médiation] sont au point mort. On se dirige vers un statu quo (sic) ». Le serpent de mer est de retour. Comme toujours, la mairie propose à la CGT un local rue Anatole-France qu'elle refuse car trop peu spacieux pour ses réunions. La direction du cabinet du maire avoue même que « s'il y a un accord, il nous sera défavorable ! » On n'en saura pas plus…

Xavier Bertrand : « Je n'enverrai pas les CRS »


Xavier Bertrand, de son côté, commencerait-il à envisager la possibilité d'une issue qu'il ne lui plaît guère ? A la question « les unions locale et départementale de la CGT peuvent-elles encore se maintenir à la bourse du travail ? », le maire, las de cette affaire, soupire : « Regardez, il y a eu une première décision de justice [ordonnant l'expulsion du syndicat] … En tout cas, il ne faut pas compter sur moi pour envoyer les CRS… Et puis, [si la CGT reste, ce sont les prud'hommes qui trinqueront… »
Pour Guy Fontaine, chargé de la communication à l'union départementale de la CGT, rien d'étonnant à cette attention particulière : « Le ministre du Travail qui fait appel aux CRS pour expulser la CGT, d'un point de vue de l'image ce serait moyen… » Pendant ce temps-là, le syndicat prépare déjà l'audience de jeudi en sollicitant ses adhérents pour remplir un bus qui sera affrété pour Amiens.
Si aucun accord n'est trouvé d'ici là, la cour d'appel d'Amiens pourrait prolonger la médiation ou décider de confirmer - voire d'infirmer - l'expulsion de la CGT prononcée en première instance.

Prud'hommes : « Les travaux doivent débuter rapidement »

Reste que les fameux budgets d'un million d'euros, débloqués par le ministère de la justice pour réhabiliter les locaux de la bourse du travail en vue d'y installer les prud'hommes, sont toujours attribués. « Ils ont été mis de côté, confirme Giovanna Graffeo, magistrat délégué à la communication pour la première présidence à la cour d'appel d'Amiens. Les chefs de cour ont fait en sorte de les préserver. Mais, si l'on ne peut pas les engager au cours du premier semestre 2012, ils deviendront inutilisables. Si l'on respecte les règles des marchés publics, on ne pourra pas engager l'argent trop tard. En octobre, ce sera râpé ! »
D'ici là, il reste à savoir si cette médiation est un échec ou pas ? Début de réponse jeudi en fin d'après-midi.

 
DOUXAMI S'IMPATIENTE FACE A "UN CHANTIER QUI [LE] DEPRIME"
Xavier Douxami, président du tribunal de grande instance de Saint-Quentin, a profité de l'audience solennelle de rentrée pour faire une sortie concernant ce dossier qui le tracasse. Si à aucun moment il ne le cite nommément, le magistrat fait bien référence au projet de réhabilitation du conseil des prud'hommes à la bourse du travail.
Cette instance judiciaire étant le troisième acteur - en retrait mais majeur - de ce dossier bouillant et le seul, en cette période de diète forcée de la communication, à ne pas être tenu à la confidentialité :
« Il y a un chantier qui me déprime : c'est celui de l'extension des locaux du tribunal. Je me souviens… J'ai été accueilli ici il y a maintenant plus d'un an et demi. A l'époque, Monsieur le procureur m'avait dit qu'il y avait un projet formidable dans les cartons et que les travaux devaient commencer, non pas incessamment, mais dès le second semestre 2010. Malheureusement, je scrute l'horizon et je suis dans le même état qu'il y a un an : comme sœur Anne, je ne vois rien venir. Je sais que la municipalité soutient ce projet et que ce n'est pas faute d'avoir engagé les procédures nécessaires et fait des propositions de relogement aux occupants du rez-de-chaussée !
Pourtant, ce projet est financé. En ces temps de disette budgétaire, 1 030 000 € attendent d'être débloqués. Patienteront-ils encore longtemps ? Au mois de décembre, l'ascenseur […] est tombé en panne. Il y avait ici […] deux justiciables en fauteuil [qui] se sont retrouvés coincés à cet étage […] Je pensais alors, et je pense toujours, que de telles difficultés n'existeraient pas si nous pouvions disposer d'une salle d'audience en rez-de-chaussée. Nous pourrions alors accueillir dignement tous ceux qui fréquentent ce palais… »
 

Contacté, Gérald Chalon, avocat de la CGT, n'a pu être joint.

 
REPERES

Avril 2011
La CGT refusant de déménager dans les locaux de la rue Anatole-France, jugés trop étroits, et occupant la bourse du travail « sans droit » depuis 2004, est assignée en justice par la Ville. Le but est de remplacer l'organisation syndicale par un conseil des prud'hommes nouvelle génération. Le Tribunal de grande instance (TGI) de Laon décide de l'expulsion de la CGT.

Juillet 2011
La cour d'appel d'Amiens, saisie par la CGT, ordonne la mise en place d'un médiateur. L'astreinte, ordonnée depuis que les syndicalistes ont décidé de se maintenir à la bourse du travail, est suspendue. Mais la CGT doit déjà 11 250 €.

Janvier 2012
Après avoir été reconduites pour trois mois et demi en octobre, les conclusions de la médiation seront rendues le 26 janvier à la cour d'appel d'Amiens. Si aucun accord n'a été trouvé, soit la médiation sera à nouveau prolongée, soit le tribunal prendra la décision d'expulser la CGT… ou pas.


Aurélien WALTI

http://www.aisnenouvelle.fr/article/social/bourse-du-travail-une-mediation-en-echec

Publié dans Lutte des classes

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