LE G20 EXCLUT A NOUVEAU LES PAYS PAUVRES ET ENCOURAGE LE COMMERCE

Publié le par Tourtaux

Source / auteur :

Via campesina

LE G20 exclut à nouveau les pays pauvres et encourage le commerce. Paysans et paysannes exigent un changement de système

mis en ligne mardi 30 novembre 2010 par jesusparis


Le Sommet du G20 [1] vient de se terminer à Séoul, en Corée, où on devait soi-disant discuter des solutions pour résoudre la crise financière mondiale. Prétendant être le forum pour la gouvernance économique mondiale, ces 20 pays prennent des décisions qui vont affecter l’ensemble de la planète alors que la majorité des pays, s’avérant être les plus pauvres, en est exclue.

 

L’agenda du G20 est déterminé par le grand capital comme le prouve le Sommet des Affaires du G20 de Séoul où environ 120 des plus importants chefs d’entreprise mondiaux ont rencontré les leaders du G20 pour discuter des priorités des grandes entreprises. Par contre, les représentants de la société civile et des mouvements sociaux, qui expriment les demandes et les priorités des peuples, n’ont pas été autorisés à entrer en Corée. En effet, le gouvernement coréen a empêché la participation démocratique des représentants étrangers de la société civile et des mouvements sociaux en refusant d’octroyer des visas ou en en expulsant d’autres par la force.

 

Yoon Geum Soon, membre du Comité de Coordination International de La Via Campesina a déclaré : “Le Gouvernement coréen a utilisé le sommet du G20 comme une excuse pour restreindre drastiquement les droits démocratiques et a pris des mesures sévères contre les immigrés, les vendeurs de rues et les SDF.”

 

Bien pire encore, le G20 a revigoré les institutions internationales, comme le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), principales responsables de la crise actuelle. Ces institutions en échec, qui continuent à encourager les affaires et le commerce, la libéralisation des investissements et des finances, sont les responsables de l’appauvrissement des peuples à travers le monde et sont maintenant promues comme étant la solution à la crise. Les Accords de libre Echange entre les USA et la Corée, contre lesquels les mouvements sociaux aussi bien en Corée qu’aux Etats Unis se sont battus depuis longtemps, permettent ce même type de libéralisation du commerce qui favorise les entreprises et sont contre les peuples.

 

Des délégués des paysans et paysannes de différents pays, membres du mouvement paysan international La Via Campesina [2], étaient à Séoul pour faire connaître leur opposition à ce sommet illégitime et non démocratique ainsi qu’aux solutions fondées sur le marché soutenues par les pays riches. Un exemple évident de ces solutions de libre marché proposées par le G20 est le Programme mondial sur l’Agriculture et la Sécurité alimentaire (GAFSP en anglais), un nouveau programme sous les auspices de la Banque mondial qui « marchandifie » nos aliments, la terre et l’agriculture. La Via Campesina estime que le GAFSP, les solutions du G20 proposées en vue de résoudre la crise des prix alimentaires, va pousser les paysans à dépendre des technologies et des semences OGM et ils perdront leurs terres au profit de l’agrobusiness sous le prétexte d’augmenter les investissements fonciers.

 

La Via Campesina, un mouvement paysan international qui représente deux cents millions de paysans et de petits agriculteurs dans le monde, exige un arrêt de ces solutions de libre marché, de ce processus non démocratique et demande un changement du modèle économique.

 

“La crise a prouvé que le modèle néolibéral a échoué et pourtant les pays du G20 continuent à soutenir les solutions de toujours basées sur le libre marché. Nous exigeons un changement systémique et un nouveau modèle qui mette l’intérêt des peuples au premier plan et favorise la souveraineté alimentaire” déclare Henry Saragih, coordinateur international de La Via Campesina.

 

Le temps est venu pour mettre en place les alternatives proposées par les peuples et un nouveau modèle fondé sur des principes de justice sociale, économique et climatique.

 

Pour plus d’information, veuillez contacter :

 

Joyce Kim : jjekim@gmail.com or viacampesina@viacampesina.org

Notes

[1] les pays participant au G20 sont ceux du G8 (Canada, Etats Unis, Royaume Uni, France, Japon, Allemagne, Italie et Russie) plus le Brésil, l’Argentine, l’Afrique du Sud, le Mexique, l’Arabie Saoudite, l’Australie, la Chine, la Corée du Sud, l’Inde, l’Indonésie, la Turquie et l’UE.

[2] La Via Campesina est un mouvement international de paysans et de paysannes, de petits et moyens producteurs, de paysans sans terre, de femmes rurales, de peuples autochtones, de jeunes ruraux et d’ouvriers agricoles ayant 148 membres dans 69 pays d’Asie, d’Afrique, d’Europe et des Amériques. Il encourage et soutient la parité entre hommes et femmes ainsi que la justice sociale avec des relations économiques équitables ; la préservation de la terre, de l’eau, des semences et autres ressources naturelles ; la souveraineté alimentaire ; une production agricole durable fondée sur les producteurs de petite et moyenne taille (www.viacampesina.org).

Publié dans Politique

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