LILLE : LA LETTRE DU COLLECTIF AFRIQUE : LIBERTE POUR MUMIA ABU JAMAL ET LES CINQ CUBAINS PRISONNIERS POLITIQUES DES USA

Publié le par Tourtaux

 

LA LETTRE du CollectifAfrique (CA)

Maison de l’Immigration et de l’Egalité Romain Binazon, 42 Rue Bernos, Lille, 59.800, e-mail : collectifafrique@orange.fr-

 

LIBERTE POUR MUMIA ABU JAMAL ET LES CINQ CUBAINS

PRISONNIERS POLITIQUES DES USA

 

Le 9 novembre prochain la cour fédérale de l'état de Pennsylvanie doit statuer sur la condamnation à mort du journaliste MUMIA ABU JAMAL, militant des droits sociaux dans les quartiers pauvres et par ailleurs militant des Panthères Noires. Le Collectif Afrique s'associe aux milliers de soutiens et manifestations de par le monde entier pour demander un jugement juste et impartial. Le Collectif Afrique s'insurge contre cette machine à tuer, contre cette coalition qui s’entête à l’envoyer à la mort. Ce journaliste ouvrait les consciences des plus défavorisés en leur apportant l’information sur leurs droits, participant ainsi à l’éducation des opprimés.

 

Mumia a été condamné à mort dans un procès truqué et manipulé par le procureur et le juge sur des bases racistes. Les seuls témoignages retenus, les enquêtes ouvertement bâclées où la police a écarté les témoins oculaires, l’analyse des preuves balistiques, etc, faisaient de lui le « coupable » désigné d’avance. En un mot, le minimum dans une enquête n’a pas été respecté. Le journaliste Mumia Abu Jamal doit avoir droit à un procès équitable par un jury multiracial, non raciste et libre qui ait le courage de reconsidérer les manipulations judiciaires ouvertement racistes des juges et du procureur qui n'avaient d'autres buts que d'envoyer Mumia à la mort malgré les témoins à décharge qu’ils ont choisis délibérément d’écarter. Le Collectif Afrique en appelle particulièrement au président Barack Obama qui fut lui aussi comme Mumia travailleur social dans les quartiers pauvres de Chicago. Nous disons au président Barack Obama: YES YOU CAN SAVE MUMIA.

 

Mumia, président de l’Association des Journalistes Noirs de Philadelphie, s’était spécialisé dans la traque et la dénonciation de la corruption, le racisme et la violence policière. Voilà la vraie raison pour laquelle Mumia devait payer par sa mise à mort malgré les témoignages qui le disculpent, mais que la justice refuse obstinément de prendre en compte 1.Mumia a été emprisonné sans vrai procès par une justice de classe raciste : une certaine clique de blancs racistes nostalgiques de l'époque de la chasse aux noirs et des exécutions sommaires du Ku Klux Klan ou de la lutte contre les militants révolutionnaires pour la liberté et l’égalité des noirs américains comme Martin Luther King, Malcom X et les Panthères Noires. Mumia a été condamné parce qu'il est militant des Panthères Noires qui avaient compris comme Malcolm X et après l'assassinat du pacifiste Martin Luther King, que seule la lutte paie dans cette Amérique raciste qui n’est gouvernée que par la violence des classes riches etblanches sur la classe ouvrière et les minorités noires, hispaniques et indiennes pauvres. Face à cette violence sournoise et rude, il lui fallait opposer la force de l'information et de la mobilisation des classes et minorités pauvres. En cela Mumia constitue une grave menace contre un certain ordre exploiteur raciste qui a décidé sa perte dans un simulacre de procès2.

 

La justice américaine détient aussi injustement cinq prisonniers politiques Cubains (Geraldo Hernandez Nordelo, Antonio Guerero Rodriguez, Ramon Labanino Salazar; Rene Gonzalez sehweret et Fernando Gonzalez) emprisonnés en Floride sur la base d’une fausse accusation d'espionnage. Le Collectif Afrique exprime tout son soutien solidaire et militant aux cinq cubains emprisonnés depuis près de 15 ans sur la base de manipulations de procédure judiciaire. Le Collectif Afrique considère que les autorités américaines à travers son bras armé, le FBI, portent seules la responsabilité de l'emprisonnement de ces cinq combattants de la liberté. Pourquoi restent-ils encore en prison quand bien même une instance judiciaire et un juré ayant participé au procès demandent leur libération? Il apparaît que ces cinq sont des otages dans la guerre que mènent les USA depuis plus de cinquante ans contre Cuba pour défendre les intérêts des milliardaires américains frustrés d'avoir été expropriés par la révolution Cubaine. En effet Cuba était un paradis pour les milliardaires américains mais un enfer pour les masses populaires qui subissaient la férule du dictateur Baptista soutenu par l’impérialisme américain. Le blocus que rien ne justifie, n'est qu'une des formes de la guerre contre la révolution cubaine, contre le peuple cubain et contre son aspiration à la liberté, au développement selon son choix. Le Collectif Afrique dénonce encore cet acharnement du système judiciaire qui a obstinément condamné les cinq cubains au mépris même d’une procédure judiciaire juste alors que ces patriotes ne faisaient que protéger leur pays contre les attaques des terroristes comme Luís Posada Carriles.

 

Le Collectif Afrique condamne cette mascarade de procès dont le verdict était déjà donné à l'avance. En effet les 26 chefs d'accusation indiquent bien la volonté claire de ne leur laisser aucune chance d’échapper à la prison. Les manipulations dans les procédures et les griefs d'accusation le montrent clairement: le procureur et le juge ont changé plusieurs fois les procédures afin de re-qualifier l'accusation et pouvoir les condamner, montrant ainsi clairement l'injustice. On ne peut que s'étonner d'une telle pratique dans un pays qui se présente comme la plus grande démocratie du monde. On ne peut que dénoncer le fait que la justice US et le FBI ferment les yeux, pour ne pas dire plus, sur ces terroristes cubains de Miami de surcroît qualifiés de combattants de la liberté qui vont et viennent librement en Floride et créent même des groupes terroristes clairement identifiés et soutenus même par les services de renseignement américains pour déstabiliser Cuba et la re-coloniser, avec à leur tête ce sinistre Luís Posada Carriles que les États-Unis refusent d'extrader au mépris des conventions internationales. Le Collectif Afrique dénonce le caractère truqué de ces condamnations dont l'issue était déjà scellée d’avance. En effet pour un procès qui dura plusieurs mois, la délibération a duré moins d'une heure. Cette rapidité montre bien que leur sort avait déjà été scellé. Le Collectif Afrique s’allie donc aux millions de voix de par le monde pour demander la libération immédiate des cinq patriotes cubains et exprime sa solidarité au peuple cubain. Ce vaillant peuple reste le seul peuple qui se soit élevé aux côtés des peuples africains et a versé le sang de milliers de ses fils pour la libération des Africains, pour leur liberté alors que les États-Unis impérialistes luttaient contre les peuples africains en s'alliant avec le régime raciste sud africain et n'ont cessé de soutenir ce racisme d'état que constitue l’apartheid, continuation directe de l’idéologie nazie, tout comme aujourd’hui ils permettent au sionisme Israélien de poursuivre la colonisation de la Palestine et les crimes contre l’humanité.

 

Le Collectif Afrique ne peut rester silencieux devant cette JUSTICE DU PLUS FORT vis-à-vis des cinq patriotes Cubains et le journaliste Mumia. Leurs luttes sont nos luttes, leur cause est notre cause.

 

Le Collectif Afrique déclare que LES PEUPLES DECERNENT LE PRIX NOBEL DE LA PAIX, DE LA JUSTICE, DE L’EGALITE AUX CINQ PRISONNIERS POLITIQUES CUBAINS, AU PRISONNIER POLITIQUE MUMIA ABU JAMAL DES USA ET AUX 11.000 PRISONNIERS PALESTINIENS DES GEÔLES ISRAELIENNES.

1 UNE DEPOSITION QUI L’INNOCENTE!

L’un des avocats de Mumia Abu-Jamal vient de déclarer :« La personne qui a tiré sur Daniel Faulkner affirme sous serment qu’il a été engagé par le milieu pour tuer le policier, car celui-ci menaçait les pratiques de corruption au sein de la police et du crime organisé au centre-ville »(le journal belge, Solidaire du 13/06/2001).

Arnold R. Beverly, l’un des assassins a déclaré le 8 juin 1999 a la Haute Cour Fédérale des USA: « Mumia Abu-Jamal n’a pas tiré sur l’agent de police Faulkner. Un autre gars et moi, avons été embauchés et payés pour tirer sur Faulkner et le tuer. J’avais appris que Faulkner constituait un problème pour le Milieu et les agents de police ripoux parce qu’il se mêlait d’empêcher les soudoiements et les paiements illicites effectués pour protéger les activités du genre prostitution, jeux et drogue... ».

Arnold R. Beverly précise: «... Faulkner a reçu des blessures par balles dans le dos et dans le visage avant l’arrivée de Jamal sur les lieux. Jamal n’a pas du tout été impliqué dans cette mort par balles ».

Arnold R. Beverly ajoute: « Avant la fusillade, on m’a montré la photo de Faulkner et on m’a informé que Faulkner était censé (se trouver) à l’intersection de Locust Street et de la 13éme Rue, à l’aube, le 9 décembre. Le contrat pour le descendre a été négocié avec deux d’entre nous parce que cela permettait à l’un ou à l’autre d’atteindre notre objectif et puis de partir. (...) J’ai attendu à l’entrée du « speedline » (tronçon de métro). (...) L’autre gars attendait au sud de l’intersection près de Camac Street ».

Arnold R. Beverly poursuit: « ...j’ai remarqué la présence d’agents de police dans les parages. (...) ils sont restés là pendant que Faulkner se faisait descendre. La présence de la police ne m’a pas causé d’inquiètude parce que j’estimais que puisque j’avais un contrat avec le Milieu pour descendre Faulkner, les agents de police ne pouvaient se trouver là que pour m’aider ».

Arnold R. Beverly conclut : « J’ai vu Faulkner sortir d’une petite voiture de police... Faulkner était seul...j’ai entendu une détonation: on tirait depuis le côté Est de Locust Street. Faulkner est tombé à genoux sur le trottoir....j’ai entendu tirer un autre coup ....J’ai traversé Locust Street en courant et je me suis penché sur Faulkner qui était tombé à la renverse sur le trottoir. J’ai tiré sur Faulkner en plein visage et à bout portant. Peu après, un agent de police en uniforme a tiré sur Jamal qui arrivait sur les lieux. Des voitures de police affluaient de partout ».

2 l’accusation n’a pas respecté les droits de l’accusé dans les conclusions présentés à la Cour en affirmant que le condamné aurait droit à des procédures d’appels à répétition, ce qui a conduit les jurés à prononcer la sentence de mort sans tenir compte de «la présomption d’innocence et de doute raisonnable» ;

il y a eu abus de droit à récuser un très grand nombre de jurés (particulièrement les afro-américains) auquel il faut ajouter les critères racistes qui ont entaché toutes les procédures juridiques depuis l’arrestation de Mumia en 1981;

Le juge Sabo, présidant le procès, a eu un comportement inqualifiable à l’exemple des propos qu’il a tenus lors d’une suspension de séance (selon une greffière courageuse qui les a rapportés) : « je vais les aider à faire griller ce nègre ».

Publié dans Les Amériques

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