MARSEILLE : RENCONTRE DE COMMUNISTES DU 6 AU 8 JUILLET 2012 : UN TREMPLIN, UN NOUVEAU PAS EN AVANT...C'EST A NOUS DE FAIRE

Publié le par Tourtaux

Un tremplin, un nouveau pas en avant…c’est à nous de faire

 

samedi 23 juin 2012

 

par Charles Hoareau
 

Dans le moment historique compliqué et plein de dangers que nous traversons, dans cette période où un maire, surfant sur les derniers résultats électoraux se permet d’interdire le chant des partisans (! !!) sans que cela ne soulève un tsunami de protestations, où nombre de celles et ceux qui veulent changer de société sortent de ces séquences électorales avec plus de questions que d’enthousiasme, où le refus de vote apparait comme l’expression majoritaire de la partie la plus exploitée et discriminée de la classe ouvrière au sein de laquelle on assiste à un effondrement des repères révolutionnaires pour laisser la place au clientélisme et au mythe de l’ascenseur social, dans ces moments où le repli sur soi touche autant les habitant-e-s qui se barricadent dans des cités huppées, que les salarié-e-s qui s’estiment délaissé-e-s ou que les chômeurs qui se croient seuls alors qu’ils sont des millions avec les mêmes peurs et les mêmes amertumes, dans ces temps donc, ou présent et avenir suscitent inquiétude, n’est-il pas plus temps que jamais de dire que la solution est collective, qu’elle est dans cette jeunesse du monde, celle qui pense qu’il n’y a pas d’avenir sans bien commun, sans partage, sans liberté commune, sans richesse commune, sans communisme ?

Nous ne sommes pas majoritaires ? Soit ! Mais est-ce une raison pour nous taire ? Pour désespérer de l’espèce humaine, pour baisser les bras ? Certainement pas ! Ou alors autant accepter de « mourir lentement » [1].
L’heure est au rassemblement de celles et ceux qui, par-delà les péripéties de l’histoire conjoncturelle, les choix tactiques d’un instant, les stratégies différenciées veulent voir ce qui les unit, penser le monde, son avenir, son bonheur ; pas à la place des gens mais avec eux, par eux et pour eux.

Modestement nos 3èmes rencontres de Marseille s’inscrivent dans cette démarche-là. D’ores et déjà nous avons largement dépassé le nombre d’inscrit-e-s des années antérieures et la jeunesse en particulier sera bien plus représentée que par le passé. Nous n’attendons pas des « trouveurs de vérité révélée » mais des « chercheuses et chercheurs d’issue », des militantes et militants du bonheur [2].
 

 

Tribune de discussion

Pour aider aux débats, pour associer celles et ceux qui ne pourront pas venir, pour situer les enjeux non en termes d’affrontements mais de pensée commune à approfondir dans sa diversité pour mieux la bâtir dans sa communauté, une tribune de discussion est ouverte n’hésitez pas à nous envoyer vos contributions [3] qui commenceront à paraître dans Rouge Midi dès le 25 juin et continueront si cela est nécessaire au-delà du 8 juillet car nous voulons faire de ces rencontres un tremplin vers des assises du communisme, idée lancée il y a 4 ans maintenant et qui commence à prendre corps aujourd’hui.

 

Les 3 jours

Le 6 une journée internationale

Mohamed KOUACI

Comment ne pas commencer ces 3 jours par une commémoration du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie ? A la fois la date nous y invite mais aussi les circonstances avec cette montée du racisme, de l’islamophobie et des intolérances religieuses qui leur font face, fausses réponses à mauvaises questions…

Le Cercle Manouchian, l’AFLAM, l’AGORA Busserine et Rouges Vifs 13 organisent, avec un certain nombre d’associations locales, cette journée qui se tiendra à l’Agora Busserine (Marseille 13014). Film, diaporama (à partir de photos de Mohamed KOUACI photographe pendant la guerre de libération), exposition, conférence, débat, buffet oriental, musique arabo-berbère…le programme complet est dans le document attaché à l’article.

Notons simplement que parmi les intervenant-e-s sont déjà annoncé-e-s Marie CHOMINOT historienne, Jacques TOURTAUX appelé anticolonialiste pendant la guerre d’Algérie, Catherine ESTRADE de l’AFLAM, Mohamed IZZA militant du FLN en métropole de 1957 à 1962, Jacques PRADEL président de l’association des pieds noirs progressistes, un camarade retraité docker CGT, Saïd BOUAMAMA sociologue…

Le 7 début des débats

Là encore le programme détaillé est en pièce jointe. Comment, en partant des luttes (intervenants Jean Luc BINDEL et un camarade de FRALIB) ouvrir une perspective politique ? Quelles luttes communes en Europe et dans le monde ? Quelle position par rapport à l’UE et à l’euro ? Une ALBA européenne est-elle envisageable ? Comment lutter contre le retour des guerres coloniales ?

Le soir une soirée conviviale en musique autour d’un buffet…(grec bien sûr !) est prévue avec une chorale de chants de lutte et de vie…termes éminemment liés comme chacun sait depuis un certain Hugo, Victor de son prénom !

Le 8 tourné vers l’avenir

Quelle coordination ? Quelle visibilité nationale ? En route vers des assises d’un communisme revisité aux nécessités de notre temps ?

Alors à toutes celles et ceux qui le peuvent nous donnons rendez-vous à Marseille à partir du 6 juillet. N’hésitez pas à remplir la fiche d’inscription ou à alimenter la tribune de discussion…ou les deux !


[1] comme aurait Pablo Neruda

[2] comme aurait dit Krasucki

[3] A rougemidi@rougemidi.org en précisant en objet tribune de discussion

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Documents joints

Programme détaillé des 7 et 8 juillet plus (...)

6 juillet cinquantenaire indépendance (...)


Commentaires
vendredi 29 juin 2012 à 10h40 - par Alain Chancogne

Salut,,

Juste , s’agissant du débat sur l’ALGERIE qui va me "manquer" , tant ma génération sacrifiée paie encore les séquelles de l’obstination complice droites-gauche non communiste-dans son immense majorité,, deux trois idées en vrac ::- Sur le rôle du PCF et dela CGT : :

Normal que nous abordions sans tabous ce que des conditions historiques d’appréciation des luttes d’émancipation nationale ont pu générer d’hésitations, de décisions plus que contestables selon moi( tant sur le jugement des massacres du 8 mai 45, des premiers jours de novembre 54, des votes des pouvoirs spécaiux en 56, voire-moins discuté dans la Parti-, du NON au référendum sur l’autodétermination. ;)

Ceci dit, j’affirme -emon opinion est partagée par des amisalgériens -et me fut franchement "avoué" par un spécialiste de la repression , BIgeard , lors d’un entretien provoqué par notre intervention de cellule d’entreprise concernat un "isoumis" dans les années 70..que l’extraordinaire lucidé du PCF quant à la forme de soutien actif à la Lutte du peuple algérien , fut déterminante pour isoler puis vaincre les tenants du jusqu’auboutisme de"l’Algérie Française

Remettons nous un instant dans les conditions de l’époque :

Il faut comprendre combien l’"opinion" était gangrénée par l’idéologie dominante qui est toujours celle de la classe dominante.

Il faut savoir quelle déferlante de racisme fut instillée dans la Société, , relayanten "boucle" tel attentat meurtrier , telle action punitive du FLN dans tel douar (les historiens algériens , les démocrates "travaillent" sur telles tels actes -j... ;oui, , il faut savoir combien cela , outrageusement médiatisé,, présenté comme des actions de bandits"isolés" (en algérien"fellaghas") .."pesait" en négatif dans tout ce qui visait à construire des rapports de force favorables à l’arrêt de cette Guerre qui ne disait pas son nom .

Qui, , à peine 10 ans après les crimes du Nazisme , conduisaient des militaires français-dont certains anciens RESISTANTS..- à organiser-je pèse mes mots et parle de choses vécues- des Oradours sur Bled...,

Je veux rappeler aussi , -élémnts peu connus- combien le PCF , en respectant l’indépendance de l’organisation algérienne de Libération, eut à débattre avec fermeté pour convaincre le FLN qu’il eut été tragiquement"contre-productif" de porter sur le sol métropolitain" les méthodes de guérilla urbaine utilisées sur le sol algérien.

Il faut saluer le courage des avocats , dont beaucoup de communistes, mettant leur courage au service de la Justice alors que cette dernière était baillonnée , complice des pires atteintes aux Droits de l’ Hommeque les Massu, Aussaresses, le PEN avaient rendus quotidiens, banalisés et surtout couverts, encouragés..par un de ces ministres dit de la Justice.., François Mitterand , se rendant complice par avis défavorable aux demandes de grâce, de l’ exécution de60 patriotes algériens .entre 56 et57 !

OUI, dans ce contexte UNIR dans les entreprises, les facs et les quartiers sur le mot d’ordre"PAIX en Algérie"...si cela n’enlève rien aà l’engagement personnel de tels ou tels "porteurs de valises" (ex réseau JEANSON) , ce fut quand même, sacrêment DECISIF pour servir la cause algérienne !

Je prétends que si, aujourd’hui, en Algérie, et malgré X contradictions , le peuple de France n’est pas confondu avec les gouvernants qui depuis le début de la guerre ont tout fait pour empêcher que l’ALGERIE soit un Nation indépendante dont ous célébrons le 50°anniversaire, c’est du à l’existence, au courage, à la conception internationaliste du Parti Communiste Français, au sens aigu de la Lutte des classes au sein de la CGT..

Permettez moi un témoignage perso qui s’inscrit dans ce que j’avance. :

Je n’ai adhéré au PCF qu’en 1968.et dans ma décision il y eut une réflexion quasi douloureuse de "contradictions" personnelles ;

1/
Mon jugement à la "hâche" de jeune révolté , politisé mais non engagé, faisant porter (defaçon quasi caricaturale et donc injuste) la responsabilité deses27 mois de jeunesse volée, de crimes contre l’humanité vus dans ce Constantinois martyrisé...,, à l’erreur du vote des Pouvoirs spéciaux.

,Pour cause certes de sincère sentiment que cela pouvait faireavancer l’heure de la PAIX..mais aussi, hélas, par ce souci constant de démarche visant à réaliser l’union des partis degauche( ce que j’appelle le" syndrome Fron Popu" qu conduira à ce que lePCF s’enfonce dans le"programmatisme commun", cause de son déclin..).

/2 :
D’un autre côté, parce que je me faisais adresser par ma mère l ’Huma enroulée dans "SUD OUEST", parce que j’ai pu discuter avec des jeunes de la J.C, parce que j’ai pris part avec eux -et d’autres appelés progressistes, chrétiens notamment-à notre intervention décisive contre le putsch fasciste du 22 avril 61, j’ai compris ce que pouvait être comme atout , des militants communistes ,.

Nos frères Algériens et nous avons écrit une page d’Histoire assez unique dans l’Histoire des décolonisations.

Aujourd’hui, le peuple algérien dans ses souffrances qui sont , pour large part, les métastases du Colonialisme, peut compter sur cette originalité de Classe que "nous" représentons, et qui explique pourquoi nous sommes au premier rang dans les"quartiers" ,du combat antiraciste.

Car cette islamophobie, ce racisme anti-arabe qui ne dit pas son nom, sont les résidus puants de notre passé colonial

Tout ce qui , comme le journées de Marseille et le débat qui accompagnera la célébration de la victoire du Peuple algérien sur le Colonialisme, c’est uncchainon solide du combat émancipateur, internationaliste et donc, objectivement, du COMMUNISME en travaux pratiques.

Avec un sentiment très fraternel aux participants.

Alain Chancogne

classe 59/1c

Juillet59-septembre61 dans le Constantinois...

NB

Je recommande vivement le dernier bouquin d’ALLEG

"Mémoire algérienne"

La critique du bouquin d’Henri écrit :, chez PLON

"’Mémoire algérienne’ est un témoignage sur les mouvements politiques et le climat social en Algérie à la veille de l’Indépendance. C’est aussi un hommage chaleureux aux anciens compagnons de lutte

A lire absolument, Amis et camarades

 



Tribune de discussion (6)

 

samedi 30 juin 2012 
 


Le Parti des Espérant.

A mon avis, la situation politique actuelle est celle d’une simple alternance du pouvoir entre deux blocs politiques qui ne diffèrent que par la forme, mais qui se ressemblent, et parfois se rassemblent, sur le fond. Ce fond commun repose sur leur certitude que le système capitaliste est indépassable, et donc indispensable. Il est évident qu’un vrai changement nécessite de rompre avec ce système, car il a atteint une limite historique. Le système capitaliste ne peut pas satisfaire les besoins de tous. Le système capitaliste ne peut pas être amélioré, « adouci », humanisé….

Un vrai changement implique donc son remplacement par un autre système. Ici se pose la question du communisme. Elle est toujours d’actualité depuis que Karl Marx a mis à nu les mécanismes économiques et sociaux qui sont le moteur du système capitaliste : plus – value extorquée et camouflée, baisse tendancielle du taux de profit, suraccumulation – dévalorisation du capital, exploitation d’une masse toujours croissante de producteurs de plus en plus formés et de plus en plus méprisés, réduction de l’individu au rang d’un objet plus ou mois rentable, etc. …

Mais le mot communisme a pris un sens contraire à celui, princeps, des thèses de K. Marx. L’Histoire est passée par – là et ce mot communisme évoque immédiatement ce qui c’est passé dans les pays dit « communistes » et dans les partis affiliés à une internationale dite « communiste ». L’Histoire est passée et a démontré que sous ce vocable « communiste », un système autocratique, hyper centralisé, militaire, policier, inhumain, a évolué et failli en provoquant des drames économiques, humains, écologiques… Laissons l’Histoire se poursuivre et poursuivons le questionnement sur la responsabilité des circonstances et des hommes dans cette évolution tragique.

Malgré cette énorme erreur collective et mondiale, le système capitaliste, un temps favorisé par la chute du « communisme » et l’ouverture de marchés jusque – là inaccessibles, a continué à évoluer dans SA crise, inéluctablement, comme l’avait senti, prédit, et démontré K. Marx. Et nous sommes à l’heure de la défaillance de ce système. Le système capitaliste n’est pas capable de sortir de SA crise, il ne fait que l’aggraver, en « pataugeant » dedans. Son remplacement est à l’ordre du jour.

Retenons, en première conclusion, que les analyses de K. Marx n’ont pas été infirmées par l’expérience malheureuse des pays de l’Est. Retenons que le mot communisme, qui dit tout et son contraire, ne veut plus rien dire. Et, troisièmement, que la situation actuelle appelle des efforts théoriques pour qu’une nouvelle société naisse.

Efforts théoriques ? Oui, car de toute évidence les riches et puissants qui profitent de la situation actuelle ne font pas de sentiments, ni de cadeaux, pour améliorer leur situation actuelle de « profitation » Ils se défendent et luttent activement. Pour les battre, il nous faut lutter intelligemment.

Efforts théoriques ? Oui, car cette situation compliquée ne se résoudra pas toute seule. Pour que la nouvelle société naisse, il lui faut des accoucheurs qui l’aident à donner naissance à un monde nouveau. Et ces « sages – femmes » et « sages – hommes » ont besoin d’y voir clair. En clair, ils ont besoin d’un parti révolutionnaire pour se former et pour agir efficacement. Efforts théoriques ? Oui, car ce parti ne pourra pas être l’efficace « catalyseur » des forces d’avenir qui luttent dès aujourd’hui contre ce système passé et dépassé, que s’il est porteur d’une théorie révolutionnaire.

Efforts théoriques ? Oui, car il ne suffit pas de se proclamer « révolutionnaire » pour l’être, mais il s’agit de faire la preuve, dans la pratique, de son efficacité d’accoucheur. Et pour juger de la qualité de cette pratique, il nous faut avoir des idées claires. Qu’est – ce que c’est « être révolutionnaire ? »…

Comment ne pas se rendre compte que cette ambition ne peut pas se réaliser tant que persistera le malentendu au sujet du mot communiste ? Etre révolutionnaire, c’est œuvrer à dissiper ce malentendu, à mettre les choses à plat, à redéfinir le mot.

« A bon entendeur, salut ! » oserai – je dire au sujet de ce malentendu…

Pour terminer, il me semble évident que vouloir donner un autre vocable à ce processus social qui tend à dépasser le capitalisme actuel n’est pas, comme certains le pensent et parfois disent, de la trahison ou de l’opportunisme. Ne peut – on pas, à contrario, considérer ceux qui se refugient dans une sacralisation du mot et dans des pratiques sectaires sont, eux, dans un opportunisme fainéant, et dans une trahison de fait devant les objectifs que K. Marx avait dégagés de l’ « analyse concrète de la situation concrète »…

ERIC BRES. 28.06.12. 

 

http://www.rougemidi.org/ 

Publié dans Lutte des classes

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