MICHEL PEYRET : CITATIONS DE KARL MARX

Publié le par Tourtaux

 

Michel Peyret

26 juin 2011

 

 

Karl Marx :

« La philosophie, et plus particulièrement la philosophie allemande, a un penchant pour la solitude, pour l'isolement systématique, pour l'austère introspection qui d'emblée l'oppose et la rend étrangère aux journaux, prompts à la riposte et au tapage, passionnés de la seule information. Saisie dans son élaboration systématique, la philosophie est impopulaire ; son tisser intime apparaît au regard du profane comme un exercice aussi peu sensé que peu pratique. On voit en elle une maîtresse de magie, dont les incantations prennent un ton de solennité du fait qu'on ne les comprend pas. Fidèle à son caractère, la philosophie n'a jamais fait le premier pas pour troquer l'ascétique soutane contre la mise légère et conventionnelle des journaux. Seulement, les philosophes ne sortent pas de terre comme des champignons ; ils sont les fruits de leur temps, de leur peuple, dont la sève la plus subtile, la plus précieuse et la plus secrète circule dans les idées philosophiques. Le même esprit qui construit les systèmes philosophiques dans les cerveaux des philosophes construit les chemins de fer avec les bras des ouvriers. » (L'article de tête du numéro 179 de la « Kölnische Zeitung », Rheinische Zeitung, juillet 1842)

 

« De nos jours, chaque chose paraît grosse de son contraire. Nous constatons que les inventions mécaniques douées du merveilleux pouvoir de réduire et de féconder le travail humain ne font que l'exténuer et le surcharger. Par un étrange sortilège du destin, les sources de richesse nouvelle­ment découvertes se changent en sources de détresse. C'est comme si les triomphes des arts industriels devaient s'acheter au prix de la déchéance morale. À mesure que l'humanité parvient à maîtriser la nature, l'homme semble se laisser asservir par d'autres hommes ou par sa propre infamie. La pure lumière de la science elle-même semble incapable de rayonner autrement que sur le fond obscur de l'ignorance. Toutes nos inventions et tous nos progrès paraissent conduire à un seul résultat : doter de vie et d'intelligence les forces matérielles et rabaisser la vie humaine à l'état de force brute... » (People's Paper, 19 avril 1856)

« Avec la valorisation du monde des choses, la dévalorisation du monde des hommes s'intensifie dans un rapport directement proportionnel. » (Manuscrits de 1844)

 

« Le jugement absurde des philosophes, que l'homme réel n'est pas l'homme, est tout simplement, à l'intérieur de l'abstraction, l'expression la plus universelle, la plus ample de la contradiction universelle existant en fait entre les conditions sociales et les besoins des hommes. » (L'Idéologie allemande, 1845)

 

« Une des tâches les plus difficiles, pour les philosophes, c'est de descendre du monde de la pensée dans le monde réel. La réalité immédiate de la pensée, c'est le langage. De même que les philosophes ont érigé le penser en sujet indépendant, de même il leur a fallu ériger le langage en royaume indépendant. Voilà le secret du langage philosophique où les pensées possèdent, en tant que mots, un contenu qui leur est propre. Le problème de descendre du monde des pensées dans le monde réel se change en cet autre problème : sortir du langage pour descendre dans la vie. » (L'Idéologie allemande)

 

« Les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde de différentes manières ; mais ce qui importe, c'est de le transformer. » (Thèses sur Feuerbach)

 

« De même que la philosophie trouve dans le prolétariat ses armes matérielles, de même le prolétariat trouve dans la philosophie ses armes spirituelles, et dès que l'éclair de la pensée se sera profondément enfoncé dans ce terrain vierge qu'est le peuple, l'émancipation des [..] hommes sera accomplie. [...] La tête de cette émancipation, c'est la philosophie, son coeur le prolétariat. La philosophie ne peut devenir réalité sans l'abolition du prolétariat, le prolétariat ne peut s'abolir sans que la philosophie ne devienne réalité. » (Pour une critique de la philosophie du droit de Hegel, 1843)

 

« Ce qui caractérise la division du travail à l'intérieur de la société moderne, c'est qu'elle engendre les spécialités, les espèces et avec elles l'idiotisme du métier. ''Nous sommes frappés d'admiration, dit Lemontey, en voyant parmi les anciens le même personnage être à la fois dans un degré éminent, philosophe, poète, orateur, historien, prêtre, administrateur, général d'armée. Nos âmes s'épouvantent à l'aspect d'un si vaste domaine. Chacun plante sa haie et s'enferme dans son enclos. J'ignore si par cette découpure le champ s'agrandit, mais je sais bien que l'homme se rapetisse.'' » (Misère de la philosophie, 1847)

 

« L’indépendance acquise par les pensées et les idées est une conséquence de l’indépendance acquise par les conditions et les relations personnelles des individus. (…) l’intérêt exclusif et systématique que les idéologues et les philosophes portent à ces pensées, donc la systématisation de celles-ci, est une conséquence de la division du travail (...). Il suffirait aux philosophes de dissoudre leur langage dans le langage ordinaire dont il est abstrait pour reconnaître en lui le langage truqué du monde réel et pour comprendre que ni les idées ni le langage ne forment un univers indépendant : ce ne sont que les expressions de la vie réelle. » (L’idéologie allemande)

 

«  La lutte des philosophes contre la « substance » et leur totale négligence de la division du travail, base matérielle dont est issu le fantôme de la substance, prouve simplement que ces héros ne se préoccupent que d’anéantir des phrases, et nullement de changer les conditions sociales qui sont forcément à l’origine de cette phraséologie. » (L’idéologie allemande)

 

« La philosophie est à l’étude du monde réel ce que l’onanisme est à l’amour sexuel. » (L’idéologie allemande)

 

« La réforme de la conscience consiste uniquement à rendre le monde conscient de lui-même, à le réveiller du sommeil où il rêve de lui-même, à lui expliquer ses propres actions. Tout notre but ne peut consister qu'à faire en sorte que les questions religieuses et politiques soient formulées de manière humaine et consciente. » (Lettres à A. Ruge, 1843)

 

« Nous avons la ferme conviction que ce n'est pas l'expérience pratique, mais la réalisation théorique des idées communistes qui constitue le véritable danger, car aux expériences pratiques, fussent-elles tentées massivement, on peut répondre avec des canons, dès qu'elles deviennes dangereuses ; alors que des idées que notre intelligence a maîtrisées, que notre raison a soudées à notre conscience, ce sont des chaînes dont on ne s'arrache pas sans briser son coeur, ce sont des démons que l'homme ne peut vaincre qu'en se soumettant à elles. » (Rheinische Zeitung, 16 octobre 1842)

 

« Si la construction de l'avenir et l'achèvement pour tous les temps n'est pas notre affaire, nous savons d'autant plus certainement ce que nous avons à réaliser dans le présent : la critique impitoyable de tout l'ordre existant, impitoyable également dans le sens d'une critique qui ne craint ni ses résultats ni les conflits avec les puissances existantes. » (Lettres à A. Ruge, 1843)

 

« Il s'agit de faire le tableau d'une sourde oppression que toutes les sphères sociales exercent les unes sur les autres, d'une maussaderie générale mais inerte, d'une étroitesse d'esprit faite d'acceptation et de méconnaissance, le tout bien encadré par un système de gouvernement qui, vivant de la conservation de toutes les vilenies, n'est lui-même que la vilenie au gouvernement. (...) Il faut rendre l'oppression réelle encore plus oppressive, en lui ajoutant la conscience de l'oppression, rendre la honte plus honteuse encore, en la divulguant. Il faut dépeindre chaque sphère de la société

(...) comme la partie honteuse de cette société. » (Pour une critique de la philosophie du droit de Hegel, 1843)

 

« Dans l'activité révolutionnaire, la transformation de soi-même coïncide avec la transformation des circonstances extérieures. » (L’idéologie allemande)

 

« De toute évidence, l'arme de la critique ne peut remplacer la critique par les armes : la force matérielle doit être renversée par une force matérielle ; mais la théorie se change, elle aussi, en force matérielle dès qu'elle s'empare des masses. » (Pour une critique de la philosophie du droit de Hegel)

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« Il n'y a pas de route royale pour la science, et ceux-là seulement ont chance d'arriver à ses sommets lumineux qui ne craignent pas de se fatiguer à gravir ses sentiers escarpés ». (Karl Marx, Lettre à Maurice Lachatre, 18 mars 1872.)

Publié dans Lutte des classes

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Tourtaux 26/06/2011 21:03


J'AI PASSE UN TEMPS FOU A FAIRE DES RECHERCHES SUR LES ARDENNES MAIS J'Y SUIS PARTIELLEMENT ARRIVE.


Michel Peyret 26/06/2011 19:23


Merci.
Avec toutes mes pensées frternelles.
M.


Tourtaux 26/06/2011 17:42


Voilà, c'est fait!


Michel Peyret 26/06/2011 16:45


N'est-il pas possible de laisser un intervalle entre chaque citation?
Merci.
Amitié,
M.