POUR QUE LE VENT DE LA LUTTE DEVIENNE UNE TEMPETE

Publié le par Tourtaux

Source / auteur :

Courriel

Pour que le vent de la lutte devienne une tempête

mis en ligne jeudi 16 décembre 2010 par jesusparis


Il n’y a pas besoin d’un météorologue pour comprendre dans quelle direction souffle le vent : occupations universitaires dans toute l’Europe, blocages des villes, manifs sauvages, rage. C’est ça la réponse que la nouvelle génération est en train de donner à ceux qui veulent mettre une hypothèque sur notre futur avec dettes pour étudier, des coupures de l’État social et des augmentations des taxes.

 

Contre l’austérité et les coupures budgétaires, la détermination de milliers d’étudiants à Londres et la rage de ceux qui ont assiégé le Sénat à Rome ont déchiré le temps du présent : oui, car le futur est une conquête, et elle commence quand on choisit, collectivement, de prendre des risques et de lutter.

 

Le luttes formidables que l’on est en train de traverser ont la capacité de nous faire vivre le présent avec cette intensité qui dépasse la linéarité du temps, qui refuse la précarité : il s’agit d’un assaut au futur.

 

Nous ne voulons pas nous endetter, nous ne voulons pas payer des taxes pour étudier, à Londres comme à Paris, Rome, Athènes, Madrid, Dublin et Lisbonne. Ce mouvement européen, c’est le refus de la recette de l’austérité, le refus de nous endetter pour ces politiciens misérables auxquels on crie « Que se vajan todos ! » (Que se tirent tous ! ndt). Ce qui est en train de se passer pendant ces jours à Rome, a d’abord éclaté à Londres, et auparavant encore à Paris : un mouvement qui parle la même langue, une même génération en révolte qui habite des métropoles différentes mais nourries de la détermination des luttes, qui pique comme une abeille.

 

Face à des États-nations en crise dont l’unique recette, bien connue, rime avec austérité et endettement, ce qu’on doit faire, c’est nous rencontrer et inventer une nouvelle grammaire qui dépasse la faiblesse de nos propres gouvernements. En Italie non seulement on a occupé les universités, mais on a aussi bloqué les autoroutes, la circulation et la mobilité d’un pays tout entier pour faire circuler les luttes, pour les connecter avec celles qui se déroulent au-delà des frontières nationales, pour arriver en Europe et bien plus loin. La circulation des luttes vit dans le blocage de la métropole et dans les manifestations sauvages à Londres, Paris et Rome. Là où la fluidité de ces villes découvre la corporalité des rapports de forces, du refus et de l’indisponibilité.

 

Cet automne, on a donné vie à un mouvement estudiantin qui est varié et radical, réellement hétérogène. Ces réclamations communes viennent d’une protestation qui est née au milieu de la crise et qui représente sa réponse la plus courageuse. Une lutte composée de beaucoup de luttes et de sujets, de différentes temporalités qui se sont emmêlées pour revendiquer plus de bourses d’études et le libre accès à une éducation publique et de qualité.

 

Derrière les livres-boucliers du Book-Bloc, une génération s’est reconnue et retrouvée dans les protestations. Aujourd’hui, dans beaucoup de villes italiennes, le mouvement estudiantin a montré plus que de la simple solidarité : il n’y a pas qu’en Angleterre qu’il y a des manifestations aujourd’hui, dans toute l’Europe les étudiants s’opposent à des augmentations honteuses de taxes et à des coupures indiscriminées à la recherche et à la formation.

 

Vous n’êtes pas seuls, nous ne sommes pas seuls : un mouvement européen, une nouvelle génération, qui n’aura pas de retraite et qui aura une vie pire de celle de ses parents, n’a aucun envie de se renseigner ; on a la force de ceux qui veulent transformer le monde et l’intelligence pour pouvoir le faire. Ceci n’est que le début !

 

C’est pour ça que nous proposons aux étudiants, chercheurs, travailleur précaires et doctorants, une assemblée européenne à construire tous ensemble au début 2011 à Rome. Pour continuer la lutte, pour que le vent qui est entrain de souffler devienne une tempête !

 

Traduit de l’anglais (UNIRIOT )
par Le Réveil, 10 décembre 2010.

Publié dans Lutte des classes

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Tourtaux 17/12/2010 23:14


Et les points d'exclamation... je rigole


valerie 17/12/2010 22:53


En vérité, je suis littéralement "lessivée" par les trajets effectués pour mes cours, mais "éveillée" par les propos; je viens de répondre et je pense absolument, à la moindre virgule ce que je
dis.


Tourtaux 17/12/2010 21:54


Tu me semble infatigable ce soir


valerie 17/12/2010 21:41


Je viens de répondre à ta question sur les "mémés" de mon quartier (on va m'accuser de discrimination, ça serait la "meilleure", mais on n'est plus à une blague près) et bien je pense que là une
brèche s'est introduite dans leur conscience et je mise sur cette brèche...Tu vas me dire que je suis naïve ; peut être suis je fatiguée ?( ce qui est le cas, ce soir).


Tourtaux 17/12/2010 17:45


L'osmose entre la jeunesse et ses aînés commence à se concrétiser au niveau des luttes sur le plan international.
A partir de là, je ne vois pas ce qui pourra arrêter les peuples en marche vers un vivre autrement que ce
que nous connaissons sous le joug du capitalisme que nous allons tous ensemble détruire à tout jamais.
Ce sera long car la bête immonde qu'est le capitalisme résiste mais nous y arriverons. Nous n'avons pas le choix:
crever à genoux ou DEBOUT LA TETE HAUTE.