RECU DE MON CAMARADE MICHEL PEYRET : LA VOIE VERS L'AUTONOMIE DU SALARIAT ET DU PEUPLE : DES CONSEILS/SOVIETS/ASSEMBLEES LIBRES.

Publié le par Tourtaux

Le 13/11/2010 04:20, Michel Peyret a écrit :

Le texte ci-dessous, signé AMC, est celui d'une de mes correspondantes avec laquelle j'échange depuis un temps certain.
AMC a intégré nombre d'idées que j'avance pour ma part dans mes textes et qui en ont renforcé certains aspects.
Tel quel, je pense qu'il peut est utile de le soumettre au débat, ce qui pourrait me permettre d'intervenir s'il se développait.
Cordialement.
 
Michel Peyret
le 13 novembre 2010.
 
 

La voie vers l’autonomie du salariat et du peuple : Des Conseils/Soviets/Assemblées libres.

« Traverser les ponts » et trouver le pouvoir !

 

Préambule   : Les conseils/soviets/Assemblées .

 

Lors d’une discussion fructueuse sur internet, lors du très fort mouvement contre la « réforme » de la retraite en septembre /octobre 2010, se sont dégagées des questions auxquelles il faut tenter de répondre.

Une des propositions était d’examiner la montée de la contestation ces vingt dernières années, d’en tracer les grandes lignes, comme repères préalables avec le questionnement  sous jacent: « comment construire l’autonomie du salariat et du peuple, comment constituer des comités de base, des assemblées populaires…. » et « Ne faut-il pas un parti pour ce faire ?»

 

Il faut faire cette analyse, elle est utile. Mais dores et déjà, disons qu’il ne revient à aucun parti de constituer comités et assemblées ; tout au plus un parti peut en populariser l’idée, mais il ne peut se substituer au mouvement des masses, ni les créer ; nous pouvons bien sûr, sur des questions précises, constituer des comités ; mais le grand mouvement, que nous espérons, vers des assemblées du type conseils (soviets), se fera spontanément, et d’une façon imprévisible, ou ne se fera pas.

Historiquement, ce ne sont jamais les partis (révolutionnaires ou non) qui ont créé le mouvement des soviets. Les partis n’y ont, en plus, jamais eu intérêt. Le mouvement des soviets de 1905, de février 1917, les conseils allemands en 1919, le conseil ouvrier de Budapest de 1956, les assemblées populaires en Argentine de 2001, se sont crées sous l’effet de graves évènements comme mouvements spontanés des masses, où certes des militants particuliers y ont joué leur rôle, mais en dehors de toute prévision des partis. Donc cessons de vouloir a priori contrôler le mouvement des masses, cessons de penser qu’il faut créer des partis « révolutionnaires » pour faire des conseils, conseils dont on peut subodorer que des partis les voudraient ad hoc ; or ils ne seront pas ad hoc ; ils seront comme les masses en décideront.

Par contre, il est utile, il est vrai, qu’il y ait des organisations politiques qui expliquent, qui politisent, qui donnent un sens à ce qui se fait, qui suggèrent, qui organisent le cas échéant des mouvements, et qui désigne le pouvoir là où il est….

En outre, la terrible destruction des soviets démocratiques en Russie, pour en faire des institutions d’Etat, en 1917, sous le contrôle d’un parti, contre la volonté des ouvriers, des paysans et du peuple, est présente dans tous les esprits, soit de façon totalement consciente, soit de façon intuitive. Plus personne ne veut cela.

Les conseils/soviets/assemblées doivent être libres !

 

C’est au sujet de ce préambule que le désaccord est profond. Il faut le mettre sur la table et en discuter franchement.

 

Mais où donc se trouve le pouvoir  ?

 

Dans le mouvement social de sept-octobre 2010 contre la dite « réforme » des retraites de Sarkozy, d’une immense ampleur, il est extraordinaire de constater que les dirigeants syndicaux « ne savaient pas » où se trouvait le pouvoir !! Le Palais Bourbon, le Palais de l’Elysée, ils ne connaissaient pas !! Et ils insistent dans leur ignorance ignoble ! Les 7ème et 8ème arrondissements de Paris leur sont inconnus, comme la rive droite !!! C’est pour cela, qu’au plus fort des manifestations, ils ont fait tourner en rond, et user leurs semelles de chaussures pendant des heures, les 200 à 300 000 parisiens, rive gauche, parce qu’ils ignoraient en outre comment leur faire traverser les ponts et bousculer un peu la police… Le pouvoir, ils ne savent pas où il est …Sans blagues !

Ils avaient tout simplement passé contrat avec la police de Sarkozy pour piétiner rive gauche et protéger le pouvoir.

 

Bruxelles et les retraites ou ce que les dirigeants politiques et syndicaux n’ont pas dit  :

 

Dans l e Rapport conjoint de la Commission et du Conseil européen, du 6 mars 2003, sur des pensions viables et adéquates (encore en  ligne sur le site de l'Union européenne ), on trouve notamment ce passage clé :

" Prolonger la vie active — À l’heure actuelle, la plupart des Européens prennent leur
retraite avant d’avoir atteint l’âge légal de départ. S’il était possible de relever d’un
an l’âge effectif du départ à la retraite sans augmenter les droits à pension,
l’accroissement prévu des dépenses de pension baisserait de 0,6 à 1 point de
pourcentage du PIB en 2050. Ainsi, un relèvement d’un an de l’âge effectif de la
retraite permettrait d’absorber environ 20 % de l’augmentation moyenne prévue des
dépenses de pension en 2050. Les États membres se sont engagés à retarder les
départs en préretraite et réforment actuellement les régimes de préretraite et les
politiques en matière de marché du travail et favorisent le vieillissement actif (23).
Dans de nombreux cas, cependant, le rythme des réformes est trop lent pour atteindre
les objectifs de Stockholm et de Barcelone en ce qui concerne le taux d’emploi des
travailleurs âgés (50 % en 2010 contre 38,5 % aujourd’hui) et pour permettre de
relever de cinq ans l’âge effectif de départ à la retraite d’ici à 2010. "

 

En 2002, au Conseil européen de Barcelone, où se trouvaient Jospin et Chirac, ce projet était connu. Autrement dit, le projet Sarkozy n’est qu’une application des décisions du Conseil européen, qui veut, à n’en pas douter, réaliser « l’Europe sociale » par le bas, et casser entres autres la résistance proverbiale et historique des salariés français . Le PS est parfaitement au courant et consentant, et s’est perdu en gesticulations grotesques. Les autres, gauchistes et verts en tous genres, se sont tus aussi bien sur l’origine des objectifs européens de la « réforme » que sur la façon de « faire traverser les ponts » en force à Paris par le peuple en colère.

La question  est de savoir quand le peuple salarié de France trouvera lui-même la façon déterminée de traverser les ponts de Paris vers la rive droite  !! Mais il trouvera, n’en doutons pas !

 

Pourquoi il en est ainsi ?

 

Intégration à l’Etat des organisations syndicales et politiques de gauche et d’extrême gauche .

 

Loin d’être un pont ou une avancée vers une société plus juste, les gouvernements de la gauche, entre 1981 et 1994 ont contribué à anéantir, provisoirement, toute possibilité pour le salariat de se saisir lui-même de son avenir et d’unifier ses combats. Ces gouvernements ont joué le rôle d’éteignoir

Des deux septennats de Mitterand commencés en 1981,  que reste-t-il du « changer la vie » ? Selon la presse de gauche elle-même, il ne reste qu’un « social-immobilisme », « un libéralisme tempéré… ».

Pendant cette période, le ministre Mauroy a insisté sur le rôle primordial des syndicats dans les entreprises pour permettre, disait-il, le dialogue social ; en réalité pensons nous, pour faire passer en douceur tous les éléments de la politique libérale des différents gouvernements, et pour émietter le mouvement des salariés au seul niveau de l’entreprise en le dessaisissant de toute riposte nationale efficace.

 

Quels sont cependant les grands signes de la montée contradictoire et chaotique de la contestation, qui tente de trouver son chemin en dehors de la camisole de force des syndicats et de leurs directions, et des partis dits de gauche  ?

-1992 : référendum sur Maastricht. Abstentions 30,31% des inscrits. Oui au traité de Maastricht : 49,31% des suffrages exprimés (grâce au PS), non 47,29 %.

Sentiment confus dans le peuple de se faire piéger par une Europe du « grand capital » et non des peuples. A 2% et quelques près, Maastricht aurait pu être refusé. Or Maastricht, puis l’euro, c’était l’annonce des politiques de rigueur, l’alignement par le bas de tous les acquis sociaux, l’utilisation des peuples les uns contre les autres.

 

- Grandes grèves 1995

Trois semaines de grèves contre le plan Juppé qui voulait défaire pour partie la sécurité sociale ; grèves certes encadrées par les syndicats et leurs directions, lesquels n’orienteront pas les manifestations vers les lieux du pouvoir (parlement, Elysée), et qui donc feront capoter la grève. Relatif recul de Juppé mais institution de la CSG applaudi par la gauche. Dans l’extrême gauche, personne n’appelle à aller vers ces lieux de pouvoir. On reste sur le seul mot d’ordre de la grève, laquelle est entièrement supportée par le salariat.

 

-1997 :victoire de la dite « gauche plurielle ». Chirac voulant renforcer son camp provoque un relatif ras de marée à gauche, conséquences des grèves de 95 : 319 députés de gauche sur 577. Jospin 1° Ministre avec Chirac comme président. Le salariat n’ayant pu obtenir satisfaction avec la grève se saisit du scrutin proposé. Jospin ne revient pas sur le plan Juppé . La colère monte .

 

-Echec de la gauche en 2002 aux Présidentielles: la sanction contre la gauche par les urnes est une forme de lutte.

Le salariat exprime son désaccord avec la politique de la gauche et manifeste son désarroi par un vote à droite.

La direction du PS manipule les masses en faisant croire au danger lepéniste et appelle à voter Chirac au second tour… ! Elle appelle en fait le salariat à sortir d’une conscience en termes de classes.

 

- Le 14 février 2003 : Le discours de Dominique de Villepin à l'ONU, qu’on aurait attendu d’un ministre socialiste dit, sous la pression des masses : non à la guerre en Irak . Bush fera payer à la France le prix de cette « trahison » : 4Mds de dollars pour financer la guerre. Acceptation du gouvernement français. La séparation entre droite et gauche s’estompe . La lutte des classes ne passe plus par le choix entre droite et gauche 

 

-2005 : non à la proposition de constitution européenne. (Réédition d’un appel à voter Maastricht) : Abst 30,31% des inscrits, Oui 44,18% des suff exprimés, Non 53,30 % .

Le peuple et le salariat disent non à l’Europe capitaliste. Malgré une coloration nationaliste de certains votes, c’est un sursaut salutaire. Le PS s’était divisé sur cette question. Plus aucun parti n’offre une quelconque perspective autre que parlementaire. Le salariat ne croit plus en la gauche mais veut résister confusément au capitalisme. Des voix à droite et à gauche osent exprimer le fait que le peuple se serait mal prononcé

 

-Automne 2005 : émeutes dans les banlieues. La gauche (PS et PC) vote le couvre feu proposé par Villepin.

S’agit-il d’un mouvement des voyous qu’il faut nettoyer au karcher (dixit Sarkozy) ? Ou s’agit-il de la révolte de la partie la plus exploitée, méprisée du salariat et du lumpen prolétariat qui n’a plus droit à l’intégration dans le corps social ? Le peuple lui-même est partagé, déboussolé par le silence complice des partis de gauche.

 

-Mai 2007 : élections présidentielles. Sarkozy élu avec 53% des voix.

Difficultés apparentes d’analyse si on ne tient pas compte de tout ce qui précède. La montée de la combativité est confisquée, le salariat est dépossédé de ses victoires partielles, empêtré dans le cheval de bataille proposé par Sarkozy sur la « sécurité », et par la chasse au « terrorisme » dont la construction vient des USA. Le salariat n’a plus de référence politique. Le PC a fondu après la chute de l’URSS, le PS est ouvertement un parti bourgeois. Le peuple continue à sanctionner la gauche, gagné par une certaine forme de xénophobie .. Le peuple semble intérioriser passagèrement une incapacité à imposer une société juste. Il peut éventuellement se préparer à chercher des boucs émissaires : ceux proposés par Sarkozy, les directions syndicales s’étant appliquées à émietter les combats surtout depuis 1995.

 

-Le 8-2 2008, véritable coup d'Etat contre la victoire du peuple de 2005 ! Toutes les forces politiques principales lui volent la victoire ! Le PS ratifie le traité de Lisbonne au parlement ce que le peuple a refusé en 2005. C’est une façon de détruire totalement les avancées du mouvement populaire de 2005 et de dire au peuple « vous êtes des c… ». Le PS donne là le coup de grâce à sa crédibilité mais également il se prépare à combattre les votes populaires .

 

-Juin 2009 : Seulement 40,65% d’inscrits vont voter en France aux Européennes ; Pratiquement idem en Europe. Les socialistes s’effondrent devant la droite et les verts.

 

-Grèves et manifestations de sept-Oct 2010 contre la contre-réforme des retraites.

Sarkozy n’est plus crédité que de 30% de votes positifs. Le PS laisse apparaître que son meilleur candidat pourrait être DSK, le patron du FMI, ce qui constitue plus qu’une provocation mais une gifle pour le salariat. Massivement dans la rue et dans les grèves, les salariés disent non à sa politique, à toute sa politique. Le salariat a retrouvé sa combativité, mais il ne sait pas comment imposer ce qu’il veut , ne connaît pas la voie de son autonomie. Patiemment et méthodiquement, les organisations syndicales par l’intermédiaire de leurs directions, s’appliquent à encadrer le mouvement pour le défaire, pour le saccager. Leur rôle : protéger le parlement et l’Elysée ; permettre aux CRS d’écraser les jeunes (voir par ex à Lyon, la manifestation intersyndicale abandonne explicitement des centaines de jeunes place Bellecour aux CRS… et va manifester ailleurs ! Les syndicats et la gauche permettent, à une justice aux ordres, la curée contre la jeunesse ; aucune manifestation devant les tribunaux ). Refus de mots d’ordre centralisateurs. Proposition d’une 7 ème manif après le vote au parlement, mais pas avant, et pas au parlement. Le PCF propose, le lendemain du vote, de faire converger les seuls élus à l’Elysée pour demander de ne pas publier la loi !!!

 

Au total, le salariat qui n’a jamais renoncé à ses exigences de classe, mais qui en a perdu l’affirmation autonome, s’est soumis au parlementarisme et aux clichés xénophobes. Mais en même temps, ce salariat est totalement imprévisible dans ses sursauts de colère et sa capacité à se mobiliser. Il est déroutant par principe, ce qui interdit qu’il puisse être totalement contrôlé, car il se joue malgré tout du parlementarisme en maltraitant la qualification des partis traditionnels, et les votes qu’un salariat « bien élevé » devrait faire. Puisse-t-il devenir de plus en plus mal élevé et se jouer de la bienséance formatée !

C’est là qu’il faut indiquer de quoi ce salariat est victime. D’abord d’un capitalisme plus cynique que jamais car régi par de véritables voyous dans les multinationales, les organisations financières et les Etats. Ce capitalisme veut le réduire à la portion congrue et le mettre sur la paille, sauf qu’il lui demande en même temps d’acheter toujours plus. Là il y a une contradiction insurmontable.

Mais si ce capitalisme ne cache plus son âpreté au gain et son désir d’en découdre, c’est qu’il bénéficie d’un soutien fondamental : l es directions syndicales, le contenu même des syndicats, et les partis dits de gauche et également d’extrême gauche, jouent le rôle des « appareils idéologiques d'Etat », expression inventée par Althusser, lequel avait eu là l’intuition de sa vie.

Ces appareils doivent jouer leurs partitions de désaccords obligés, d'unité partielle, de désunion, d’avancées et de reculs , car pour contrôler le salariat, il faut en épouser sa diversité. Ce sont tous ces appareils qui nous font user nos semelles à tourner en rond dans des manifestations sans objectifs centralisés, sans issue , car tous unanimement sont d’accord pour ne pas aller là où se trouvent les députés et le gouvernement . Quelle organisation dit aujourd’hui « Il faut aller au parlement et à l’Elysée » ? Quelles organisations s’adressent au salariat en lui disant « Constituez vos comités de base et fédérez vos initiatives pour frapper au cœur le système » en faisant des suggestions le contrôle des grandes surfaces, des services des eaux, EDF, GDF, de l’industrie toute entières, l’expropriation des banques, les mises en garde aux tribunaux, la destruction de l’agriculture industrielle … » ?? Personne, mais certains crient « Grève générale, grève… » ! Le salariat en crève de la grève pour la grève, sans l’utiliser pour aller là où est le pouvoir !

Ces appareils agréés par l’Etat (même si le grand jeu nécessite qu’ils soient vilipendés) sont les piliers du système . Sans eux, tout s'effondre. C’est grâce à eux que le salariat a parfois la tête à l’envers, et qu’il perd sa confiance en lui pour imposer ce qu’il veut. Mais ce dernier mouvement de 2010 a frappé les esprits, suscité de multiples questions, suggéré des issues possibles, a redonné confiance….

Oui nous avons besoin d’organisations indépendantes et démocratiques, pour dire, expliciter là où il faut frapper et comment les salariés peuvent s’organiser de façon autonome. Mais c’est tout.

 

Mais nous n’avons pas besoin d’organisations pour enserrer les salariés dans un nième programme de plus vers la seule perspective de la démocratie parlementaire, et nécessairement contre des Conseils/Assemblées démocratiques. Certains nous disent que leurs programmes visent la révolution sociale ! Qu’ils nous disent ce qu’est, selon eux, la révolution sociale, ce qu’ils rêvent d’en faire, et quels déguisements ils sont prêts à emprunter pour nous rejouer les pleins pouvoirs des commissaires du peuple !!

 

Les masses décideront, dans des organisations autonomes, à leur allure, avec leurs erreurs, comment elles veulent vivre. C’est l’absence de confiance en elles qui jette certains d’entre nous dans les bras de ceux qui veulent imposer un programme, en vue de perspectives souvent non dites.

 

Assemblées démocratiques, autonomie du salariat, en avant pour « traverser les ponts !

 

Début novembre 2010 AMC

 

Publié dans Lutte des classes

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
T
<br /> Il faut que tu t'exprimes POY, mon blog est fait pour permettre l'expression démocratique<br /> <br /> <br />
Répondre
P
<br /> Tu a raison j'y reviendrai, comme sur le le rôle des partis et des syndicats, qui pour moi doivent être les fers de lance des soviets. Et premierement le Parti communiste, ou si tu prèfere les<br /> communistes qui le restent, Il faut y revenir longuement sur les soviets et l'expérience de 1905 et 1917.<br /> <br /> <br />
Répondre
T
<br /> Précise ta pensée POY<br /> <br /> <br />
Répondre
T
<br /> Patrice a raison d'évoquer les coordinations, pourquoi?<br /> Tout d'abord parce que les appareils des directions syndicales les redoutent autant que le MEDEF et le gouvernement qu'il manipule à sa guise.<br /> En effet, la présence des syndicats est d'une impérieuse nécessité dans une coordination qui, si on veut qu'elle puisse être réellement porteuse des aspirations populaires, va avoir pour tâche<br /> essentielle de coordonner les mouvements de résistance qu'elles doivent impulser. Telle est le but d'une coordination mais attention aux chefaillons pilotés par des formations souvent<br /> groupusculaires aux intentions hégémoniques. Attention aussi aux sous-marins du PS qu'il faut clouer au pilori à chacune de leurs interventions. Ces gens-là qui sont par essence des réformistes,<br /> viennent uniquement dans le but de torpiller le mouvement.<br /> De mon point de vue militant, une coordination doit se donner les moyens de conduire les luttes et pour se faire, chacun(e) doit pouvoir s'exprimer sereinement, donc très librement. De la<br /> discussion jaillira la lumière. Développer des idées, les confronter à d'autres idées, en débattre,telle est, me semble-t-il, l'expression de la démocratie véritable.<br /> Le capitalisme et ses valets du gouvernement, nous mènent une terrible lutte de classes, leur lutte de classes est sans quartiers pour les masses laborieuses.<br /> Sarkozy et sa clique acculent le peuple, c'est-à-dire nous tous dans nos derniers retranchements mais, il commet une très lourde erreur qui va le conduire irrémédiablement à sa perte.<br /> Cet individu et son équipe, sont tellement imbus de leur personne qu'ils ne voient pas, ne comprennent pas que notre peuple qui vient enfin de relever la tête en a pris conscience. C'est à nous<br /> militants de toutes conditions sociales d'expliquer, de remettre sans cesse l'ouvrage sur le métier, dans les coordinations là où elles seront créées, dans les quartiers populaires, sur les stades,<br /> dans les magasins, bref, partout où nous pouvons engager la discussion et surtout, ne pas hésiter à utiliser SANS MODERATION, le formidable outil militant que nous avons la chance d'avoir :<br /> INTERNET!<br /> Telle est ma conception de la lutte des classe et de l'organisation des coordinations où l'expression populaire doit être limpide et à la portée de tous, que l'on soit, ouvrier, chômeur,<br /> enseignant, étudiant, lycéen, handicapé, retraité ou jeune des cités.<br /> Nous ne réussirons à coucher ce gouvernement que si nous sommes en capacité de nous unir jeunes, moins jeunes et cheveux blancs. Nous devons absolument mettre en osmose toutes les valeurs, toutes<br /> les richesses qui composent notre classe ouvrière.<br /> Je vais terminer sur un point d'importance : Sarkozy a réussi l'exploit de dresser contre lui la majorité du peuple et bien, nous sommes sur du velours.<br /> Exploitons à fond cette situation et profitons de l'occasion qui nous est offerte pour remonter la pendule des gens, ce qui n'est pas difficile.<br /> <br /> <br />
Répondre
V
<br /> Chercher des bouc emissaires “qui auraient empechés de traverser les ponts” ou ?<br /> <br /> En mai 68, beaucoup ont cherché mais personne n’a envahi en masse les lieux de pouvoir...li y a eu des incursions ponctuelles traitées mediatiquement d’aventuristes...vite abandonnées.<br /> <br /> en octobre 2010 certains ont proposé de camper devant l’assemblée nationale,une manifestation” non autorisée” s’etant tenue peu de temps avant sur le pont ,a 200 metres de la dite assemblée,tres<br /> sage et tout a fait encadrée...<br /> <br /> Tout le monde avait en tete l’envie d’y aller mais<br /> la determination sur l’instant comme plus tard a manquée.<br /> <br /> Les causes de cette indetermination sont multiples,autant les blocages locaux etaient gerables par des groupes constitués par affinité<br /> et se connaissant,le passage a une masse critique<br /> superieure n’eu pas lieu,faute de confiance et de projets mutuels.<br /> <br /> Le projet de campement fut abandonné sans explication,les paroles ne sont pas ce jour,devenues des actes.<br /> <br /> Il y eu de nombreux appels sans passage a l’acte.<br /> Mais il y eu des passages a l’acte multiples sans appel et c’est l’inestimable positif.<br /> <br /> L’histoire des assauts reussis montre que la constitution des groupes importants fonctionnant sur la base de la democratie directe,elisant des conseils et sautant le pas de la determination<br /> collective de masse,demande beaucoup de combats ponctuels prealables pour que la fusion opere.<br /> <br /> C’est au cours de ces prealables,desqualifiés de “repetition generale’,que l’art de l’assault s’apprend,rien n’est spontané,c’est une question de durée, de pratique offensive par des milliers de<br /> protagonistes.<br /> <br /> Nous sommes juste au debut de ce processus,qui a pris en Russie 12 ans,une guerre mondiale et au bout des millions de soldats deserteurs du front, de retour dans les villes et les campagnes nantis<br /> de leurs fusils et equipements militaires...<br /> <br /> Il a fallu en 1917,6 mois de crise violente,de repression, de morts,d’assauts locaux et de deroutes de l’Etat,de debats et d’assemblées prolongées elisants leurs delegués,verifiant dans l’action la<br /> pertinance de ces choix etc, pour qu’emerge la force constituée,l’etat major : le comité militaire et le programme.<br /> <br /> Le modele des “revolutions orange”,trouvant spontannement la voie des lieux de pouvoirs, que certains ont voulu plaquer sur la situation,est faux,vu que le travail de sape dans ces cas,fut d’abord<br /> mené de l’interieur...<br /> <br /> Il y a bien quelque part, une question d’organisation de masse auto organisée autour de son projet programme qui lui insuffle la determination de monter a l’assaut. Mais il y a aussi la durée du<br /> processus pour y aboutir,pour l’instant la bourgeoisie est le seul genie tactique a l’oeuvre.<br /> <br /> N’en deplaise a beaucoup,il n’y a pas eu de situation revolutionnaire en France depuis 1870.<br /> <br /> La bourgeoisie française est virtuoise dans l’art<br /> de la gestion des crises,son experience de plus de<br /> 2 siecles est integrée a chaque generation de commis de L’Etat,pour faire face.<br /> <br /> En face nous sommes encore des debutants amateurs succombants periodiquement aux repressions mediatiques comme aux discours de la dispersion fin de manifestation.<br /> <br /> Le debat de masse sur chasser qui, quand, comment,pourquoi n’a pas encore eu lieu.<br /> <br /> Puisse la generation presente,acculée devant<br /> l’abscence d’avenir,s’investir durablement dans la preparation methodique de cette tache immense...une revolution culturelle, prealable aux assauts victorieux,la crise mondiale fabrique cette<br /> condition.<br /> <br /> <br />
Répondre