REIMS : A L'APPEL DE LEUR SYNDICAT CGT LES OUVRIERS DU CHAMPAGNE VRANKEN POMMERY SONT EN GREVE DEPUIS LUNDI

Publié le par Tourtaux

Depuis lundi, les ouvriers du champagne chez Vranken sont en grève. Depuis ce matin, ils tiennent le mur devant les portes de prestige de la propriété, boulevard Gouraud. Pétards, étendards rouges de la CGT, et bonne franquette. Ils ont des réserves : pâté-croûte, champagne. De quoi tenir la semaine !

DSC00305.JPGQuelles sont les revendications de nos travailleurs ? Les problèmes sont multiples visiblement, mais ils sont en colère sur des points précis liés aux congés estivaux et surtout à la rémunération.  En discutant avec plusieurs ouvriers, Franck Gomez, Guy Lecomte, Pascal Gibout etc…, nous comprenons que certains avantages de boite vont disparaitre. « Nous voulons conserver ce qui nous appartiens, c’est normal. » A l’heure du Toujours Plus pour les actionnaires, ce discours ne passe plus. L’étau se resserre dans tous les métiers. C’est fermes ta gueule et prends les miettes ! Et dis merci !

Un accord a été passé avec les syndicats pour que Vranken n’embauche que 10% de CDD. Une victoire contre la précarisation. Mais les ouvriers ont été mis au pied du mur : ils doivent maintenant accepter 35% de CDD. Vive la flexibilité, et les employés kleenex… Les Vranken remettent aussi en cause la négociation paritaire de la Champagne qui prévoit 1% d’augmentation des salaires. Un petit 1% au mépris du niveau de vie qui dérape, et surtout en décalage total avec les profits du champagne. Alors nos travailleurs réclament 0.5% de plus. C’est pas la révolution !

La Crise ?  La crise de nerf de Paul François Vranken plutôt…

Car la Crise a bon dos dans ce secteur. Les travailleurs ont des échos de ce qui se passe ailleurs. Il y a déjà eu des remous chez Cliquot. Chez Taittinger, les primes d’intéressement sont intéressantes. Alors chez Vranken, les travailleurs réclament eux aussi leur part de gâteau. « Nous, en 2009, on a eu 0 en intéressement ! »

Un autre problème de fond n’est pas encore à l’ordre du jour, mais il ne va pas tarder à être une pomme de discorde avec la direction : une délocalisation de l’habillage des bouteilles vers Tours/Marne, patelin près de Louvois. « Avant on travaillait leur vin, c’était un peu du donnant-donnant avec les gars de Tours. Maintenant ils prennent nos activités. En retour la direction nous donne une promesse verbale : vous ferez le dégorgement des bouteilles de Tours. On nous dit aussi qu’il n’y aurait pas de mouvement dans le personnel et qu’on aurait de la sous-traitance, mais rien n’est sûr ». Les Vranken ont peur d’être les dindons de la farce. Ils se méfient des promesses verbales, qui n’engagent rien ni personne.  A suivre donc…

La grève se déroule dans une ambiance conviviale. Coups de klaxons des voitures sur le carrefour en guise de solidarité, pétards, bonne humeur. « Quelques fois des gars nous gueulent dessus, en criant « Parasites ! Retournez bosser ! », mais c’est rare… ». Des voitures somptueuses quittent la propriété Vranken, sous l’œil narquois des ouvriers. Paul François Vranken lui-même est passé récemment faire un tour, en houspillant ses travailleurs. Il a même envoyé un huissier pour vérifier si les types se tenaient bien…

La direction justement. Une bouteille à la mer : un coup de fil au standard vers 16h30. « Un blog ?...euh… Les responsables sont en réunion. Vous pouvez rappeler dans une heure ». Rappel à l’heure dite. Un renvoi vers le service communication. La belle voix de Mme ou Mlle Armelle répond : « Il n’y aujourd’hui personne d’habiliter pour répondre à vos questions. Je suis désolé. » C’est moi qui le suis. J’aurai bien aimé avoir le son de cloche de la direction. Va t-elle répondre positivement aux revendications et calmer les inquiétudes ?

TONY

Source : //http://collier de newz.over-blog.com/


Publié dans Lutte des classes

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