SECURITE : ESTROSI DONNEUR DE LECONS ! QUELLE MAUVAISE FARCE !

Publié le par Tourtaux

 

Sécurité : Estrosi n'est pas le mieux placé pour les leçons

Le maire de Nice propose de sanctionner ses homologues « laxistes » mais n'est pas lui-même exemplaire en matière de sécurité.

Christian Estrosi présente la nouvelle salle de contrôle de la police niçoise, le 8 mars 2010 (Sébastien Nogier/Reuters).

Pour alimenter le discours sécuritaire, Christian Estrosi s'est choisi une cible et un modèle. La cible ? Les « maires laxistes ». Le modèle ? Lui-même. Pourtant, le maire de Nice n'est pas aussi bon élève qu'il l'affirme.

« Les socialistes n'assument pas leurs responsabilités » : le 1er août, Christian Estrosi dénonçait déjà dans Le Figaro le laxisme de certains maires en matière de sécurité. Ce week-end, le ministre de l'Industrie et maire de Nice y revient dans Le Journal du dimanche. Décryptage de ses propositions.

1Une amende pour les maires

Christian Estrosi veut retourner contre les socialistes une de leurs inventions. Votée en 2000, la loi SRU impose une amende aux villes ne construisant pas assez de logements sociaux :

« Sur ce modèle, je propose que les municipalités qui ne se conforment pas à leur obligation de sécurité, de prévention de la délinquance, de lutte contre l'absentéisme scolaire et de réformes des règles d'urbanisme, soient condamnées à une très forte amende en conséquence. »

Le maire de Nice sait pourtant que la menace d'une amende ne règle pas tout. En matière de logements sociaux, sa ville est une des moins bien classées, mais elle a réussi à échapper aux amendes.

2Des chiffres publics et réguliers

Dans son entretien au Journal du dimanche, Christian Estrosi fait une deuxième proposition. Après l'obligation de résultats, la transparence :

« Ils devront également publier tous les mois -comme je le fais dans ma ville- un observatoire de la tranquillité publique qui montrera l'évolution mensuelle de la délinquance générale et de proximité. »

Cet observatoire a commencé à mesurer la tranquillité des Niçois au début de l'année. Selon Nice Matin, il a fallu attendre juillet pour en connaître les premiers chiffres, portant sur la période allant de janvier à mai.

On est loin du rythme mensuel dont se targue Christian Estrosi. Et ces chiffres sont difficilement accessibles : impossible, ainsi, de les trouver sur le site de la mairie. Dans un reportage récent de Libération, l'adjoint à la sécurité de Christian Estrosi expliquait étrangement :

« On est à moins 5% de délinquance l'an dernier. Mais on hésite à communiquer car ce n'est pas le sentiment des gens. »

3Un contrat renouvelé régulièrement

Pour sa dernière proposition, Christian Estrosi revient à la menace de l'amende. Selon lui, les maires doivent revoir régulièrement leur politique de sécurité :

« Ils devront également, sous peine de sanction, mettre à jour régulièrement leur CLSPD (contrat local de sécurité et de prévention de la délinquance). Ceux qui ne s'y conformeront pas seront hors la loi. »

Christian Estrosi oublie que ces contrats entre les villes et l'Etat ne sont pas obligatoires. Selon le dernier rapport du Comité interministériel de prévention de la délinquance, on n'en dénombrait que 414 fin 2008. Et ces partenariats entre l'Etat et les maires n'ont pas encore fait ses preuves, comme l'expliquait le sociologue Laurent Mucchielli sur Rue89 :

« Si le maire est théoriquement l'acteur local devant piloter le partenariat, en réalité les représentants de l'Etat restent généralement prédominants, a fortiori avec l'orientation de plus en plus sécuritaire au plan national […].

Dès lors, on produit quelques chiffres, on se donne des objectifs très généraux, chacun décline les actions qu'il va mener, puis rentre chez lui continuer à faire ce qu'il a l'habitude de faire. »

Christian Estrosi, lui, a renouvelé son contrat en 2009. Un bon exemple pour ses collègues ? Pas forcément : le précédent contrat datait de 2003, alors que la durée prévue par la loi se limite à trois ans. De 2006 à 2009, la ville de Nice a donc vécu sans contrat local de sécurité. Comme ces communes « hors la loi » que dénonce son maire.

Photo : Christian Estrosi présente la nouvelle salle de contrôle de la police niçoise, le 8 mars 2010 (Sébastien Nogier/Reuters)

Source :http://www.rue89.com/2010/08/15/securite-estrosi-nest-pas-le-mieux-place-pour-les-lecons-162410

Publié dans Politique

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Tourtaux 15/08/2010 21:31


C'est une maladie respiratoire infectieuse, appelée aussi maladie du légionnaire.
A propos de Woerth passé maître dans l'art de remettre des légions d'honneur, il ne manquerait plus que ça qu'après le ministère du travail, il se farcisse notre santé.


Cyril LAZARO 15/08/2010 21:03


Si Woerth devenait ministre de la santé, il t'en dirait plus que moi...


Tourtaux 15/08/2010 20:24


Tu en pense quoi de la légionnellose?


Cyril LAZARO 15/08/2010 20:13


Tu connais le risque de pandémie cet automne : la légionellose...


Tourtaux 15/08/2010 15:00


Autant que je me souvienne, Nice a toujours été administrée par la droite, voire une droite très à droite comme c'est le cas avec ce ministre de l'industrie.
Les travailleurs sont dans de bien tristes pattes : Estrosi, à l'industrie et Woerth, le "légionnaire" au travail.
Qu'est-ce qu'ils connaissent du monde du travail ces deux-là?