SYNDICATS DES CHEMINOTS CGT DE REIMS : LA COUR DES COMPTES EPINGLE LES CHEMINOTS ! CET AMALGAME N'ETONNERA PERSONNE !

Publié le par Tourtaux

Les cheminots responsables d'une gabegie financière ?

 

La presse reprend subtilement les conclusions de la cour des comptes qui met dans le même sac, fraudeurs fiscaux, pollueurs subventionnés, profiteurs, abuseurs de haut vol et j'en passe !

 

Encore une fois, les conducteurs de train sont pointés du doigt vu leur supposé "faible rendement au travail". Evidemment, si on considère que les 35h annualisés sont un scandale financier, cela devient un débat vraiment orienté. Quant aux billets de trains gratuits remettant en cause l'économie française ... Marre de commenter de telles calomnies ...

 

Mais il est vrai que la "réforme" des retraites a eu pour effet d'encourager des cheminots parmi les plus âgés et les mieux rémunérés à se maintenir à leur poste de travail compte tenu du fait qu'ils ne pouvaient plus être mis à la retraite d'office.

 

Le résultat ? une explosion de la masse salariale SNCF au moment même la Direction refuse d'écouter les revendications salariales jusitifiés et exprimées par la CGT.

 

La Direction a soutenu la réforme gouvernementale et elle pleure aujourd'hui sur le résultat de ses propres revendications néo libérales ...

 

Rassurons-nous, les dindons de la farce seront forcément les jeunes cheminots qui se verront bloquer tout déroulement de carrrière décent au profit de quelques "bénéficiaires" opportunistes de la réforme des retraites. On le voit dès cette année, la notation des agents est entravée par des restrictions budgétaires néfastes.

 

Les tenants syndicaux d'un soit disant réalisme auront-ils le courage d'accepter cet état de fait ?

 

Des salariés soumis à un employeur, seraient donc responsables de la politique de leur entreprise ? Un bien curieux mélange de responsabilités. Faire payer le lampiste est une expression cheminote passée dans le langage commun. Et ce n'est pas pour rien ...

 

Philippe Poncelet

 

 

Ci-dessous, un article de OUEST FRANCE

Economique et Social
Ceux que Philippe Séguin avait en ligne de mire
mercredi 10 février 2010

Cheminots et contrôleurs aériens aux horaires allégés, fraudeurs de tout poil, ministres dispendieux... sont épinglés par le dernier rapport annuel de la Cour des comptes de l'ère Séguin, son président décédé en janvier.

Contrôleurs aériens : RTT de haut vol. Grâce à un système de congés officieux - alias « clairance » dans le jargon - les aiguilleurs du ciel ne travailleraient réellement qu'une centaine de jours par an, malgré une rémunération généreuse : 7 500 € mensuels au bout de vingt ans pour un contrôleur de base en région parisienne. Non, non, c'est plutôt 140 jours de travail effectif par an, corrige timidement le ministère de tutelle, sans pouvoir le démontrer. « C'est difficile à mesurer, car c'est officieux », dit pudiquement le patron de l'aviation civile. Si l'expert le dit...

SNCF : ça déraille sur beaucoup de lignes. Temps de travail : les conducteurs de ligne font 6 h 14 par jour, soit 1 h 35 de moins que la durée de travail théorique, et même 5 h 50 sur le RER B. Retraite : la réforme a provoqué un effet pervers. Les agents plus âgés et mieux rémunérés ont désormais le droit de rester plus longtemps... et restent. Ce qui pèse lourdement sur les comptes de la SNCF. Imprévu. Gratuité : 843 000 cheminots et membres de leur famille bénéficient d'une quasi-gratuité des billets. Cinq bénéficiaires pour un cheminot actif ! C'est beaucoup trop, dit la Cour.

Fraude fiscale : certains sont plus égaux. Dans un même département, le taux de contrôle peut varier du simple au quadruple selon les centres des impôts ! Mieux vaut être agriculteur - très rarement contrôlé - qu'entrepreneur du bâtiment. À plus forte raison si celui-ci emploie des maçons originaires d'un même pays méditerranéen ! Dans le délicieux langage de la Cour, cela donne « une inégale intensité du contrôle » et « une répression ciblée sur des fraudes faciles à sanctionner. » Encore que ! Un joueur de foot avait omis de déclarer 138 000 €. L'arbitre n'a rien sifflé.

Services à la personne : Borloo au rapport. Le plan de développement, lancé en 2005, promettait 500 000 emplois supplémentaires en trois ans. Lancé au doigt mouillé, « sans étude préalable », ce chiffre se réduit au pointage des experts à environ 100 000 équivalent temps plein sur 2006-2008. Ce qui est sûr aussi, c'est que cela coûte fort cher aux finances publiques (6,6 milliards en 2009) Et profite d'abord aux plus riches. Dès le démarrage du plan, 10 % des foyers les plus aisés concentraient 70 % des réductions fiscales.

Fraudes à l'assurance chômage : spectaculaires. Elles pèsent près de deux milliards de pertes sur un flux de 60 milliards. Le non-paiement des cotisations par les employeurs représente un peu plus d'un milliard par an. Alors que les fraudes aux allocations, individuelles ou organisées, atteignent autour de 800 millions. 2 % des demandeurs d'emploi seraient indemnisés sans rechercher vraiment du travail. Ici aussi, la lutte contre la fraude est disparate. En 2007, on se faisait deux fois moins pincer en Midi-Pyrénées qu'en Basse-Normandie.

Pollutions agricoles. Les nitrates bretons restent dans la mire de la Cour qui estime « l'action répressive insuffisante. »

Feuille de soins. 41 % des spécialistes et 27 % des généralistes sont rétifs à la feuille de soins électronique !

Amendes. Faire sauter les PV reste un sport national. 500 000 ont ainsi « disparu » en 2007.

Paul BUREL.
Par Syndicat CGT des cheminots de Reims

Publié dans Lutte des classes

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