SYRIE : DE NOMBREUX MANIFESTANTS TUES ALORS QUE LA CRISE S'AGGRAVE

Publié le par Tourtaux

Syrie : de nombreux manifestants tués alors que la crise s’aggrave

dimanche 27 mars 2011 - 07h:51

Al Jazeera


Les officiels syriens confirment que 27 personnes ont été tuées dans des affrontements dans les villes de Homs, Sanamin, Daraa et Lattaquié depuis que les manifestations ont commencé le 15 mars.
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Rassemblement à Dael, dans la région de Deraa - Photo : Khaled Al Hariri/Reuters

Au moins trois personnes ont été tuées dans des affrontements entre manifestants et forces de répression dans la ville côtière de Lattaquié, où les gens qui participaient à un enterrement ont mis le feu à l’immeuble local du parti Baas et à un poste de police.

Les responsables syriens ont déclaré que les meurtres samedi dans la ville portuaire à 350 km au nord-ouest de la capitale Damas, ont été commis par des tireurs isolés.

Bouthaina Shaaban, une conseillère présidentielle syrienne, a déclaré « qu’un groupe armé » avait occupé les toits de certains bâtiments et avait tiré au hasard sur les manifestants.

« Il y a un projet de semer la discorde en Syrie », a-t-elle dit à Damas.

Ammar Qarabi, un militant en exil en Egypte, a déclaré à l’agence Reuters que les forces de sécurité ont abattu deux personnes qui voulaient mettre le feu au siège local du Parti [Baas] au pouvoir.

Il y a aussi des informations venant de témoins selon lesquels les forces syriennes de répression ont tiré des gaz lacrymogènes sur plusieurs centaines de manifestants qui avaient organisé un sit-in silencieux près d’une mosquée dans la ville de Daraa au sud.

Les affrontements se sont produits après que les autorités syriennes aient libéré environ 260 prisonniers politiques dans une tentative apparente d’apaiser les manifestants après une vague de répression, la dernière semaine, qui a fait des dizaines de morts selon des militants et des groupes de défense des droits humains. Amnesty International estime que 55 personnes ont été tuées.

A Tafas, au sud de la capitale Damas, des habitants en colère ont incendié un poste de police et le siège local du parti Baas qui dirige la Syrie à lui seul depuis près de la moitié d’un siècle.

Les habitants s’étaient réunis pour l’enterrement de trois manifestants qui avaient été abattus par les forces de répression lors des manifestations de vendredi.

Dans Daraa, une ville qui est apparue comme le symbole de la protestation syrienne, quelque 300 jeunes hommes, torse nu, sont montée sur les décombres d’une statue de Hafez al-Assad, l’ancien président syrien, en criant des slogans contre le régime.

Ce vendredi, les manifestants ont abattu la statue d’Assad dans une mise en scène qui rappelle la destruction de la statue de Saddam Hussein en Irak en 2003 par les troupes américaines. Ils ont également brûlé la maison du gouverneur.

Les officiels syriens ont reconnu le chiffre de 27 tués dans des affrontements entre manifestants et forces de sécurité, 20 étant des manifestants, dans les villes de Homs, Sanamin, Daraa et Lattaquié depuis que les manifestations ont débuté le 15 mars.

Les militants affirment que le nombre de morts est de 126, avec plus de 100 personnes abattues mercredi dans une sanglante répression des manifestations à Daraa, une ville du sud devenue le symbole de la protestation.

Zeina Khodr d’al Jazeera rapporte depuis Damas que le gouvernement a libéré environ 260 prisonniers politiques, principalement islamistes, et 42 détenus kurdes.

« La libération de plus de 200 prisonniers politiques en un jour est sans précédent. Mais c’est un moment difficile pour la Syrie traversée par des manifestations anti-gouvernementales. Les manifestants réclament des réformes politiques, notamment la suppression de la loi d’urgence qui autorise les détentions arbitraires, sans procès. »

« Ceux qui ont brûlé les édifices du gouvernement dans les villes près de Daraa lors de funérailles, ont dit vouloir la justice. Ce n’est plus seulement une question d’appeler à des réformes politiques ou au changement. »

« Ce qu’ils veulent, c’est que les responsables du meurtre de leurs frères soient traduits en justice. Le gouvernement devra se réconcilier avec un grand nombre d’habitants en colère pour contenir la violence, principalement dans le sud. »

« Série de réformes »

Les autorités syriennes ont annoncé une série de réformes, essayant d’apaiser les manifestants de plus en plus en colère, étudiant aussi la possibilité de mettre fin à l’état d’urgence décrété depuis 1963.

Il y a également eu des rassemblements en appui à Bachar al-Assad, le président syrien, ce vendredi à Damas, des milliers de personnes criant leur loyauté envers le parti au pouvoir.

Ceux qui soutiennent Assad ont aussi exigé que les médias étrangers, notamment Al Jazeera, informent sur les rassemblements pro-gouvernementaux.

Ahmed Badr Hassoun, Mufti sunnite nommé par le gouvernement, a mis les « troubles » sur le compte de certains « infiltrés » et « corrupteurs ».

« Ce qui arrive impose que les gens soient réconciliés et non pas poussés les uns contre les autres ... Voyez ce qui se passe en Libye. Voulez-vous que cela se produise en Syrie ? » a-t-il déclaré à la télévision d’Al Jazeera, se plaçant du côté du parti au pouvoir.

27 mars 2011 - Al Jazeera - Vous pouvez consulter cet article à :
http://english.aljazeera.net/news/m...
Traduction : Info-Palestine.net

Publié dans Lutte des classes

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