UNEDIC : FO ET CGC SIGNENT LA CONVENTION DU MEDEF. "UN TEXTE DESEQUILIBRE EN FAVEUR DU PATRONAT, QUI VISE A INSTALLER LA BAISSE DES COTISATIONS DANS LE TEMPS" DIT LE REFORMISTE M. RABHI

Publié le par Tourtaux

Social-Eco - le 28 Mars 2011

UNEDIC

Unedic : une convention bien peu ambitieuse

Syndicats et patronat ont rédigé un projet d'accord sur la nouvelle convention d'assurance chômage. Si la satisfaction domine chez le patronat, les avancées sont minimes pour les chômeurs.

« Nous n'accepterons pas d'augmentation des cotisations des employeurs et des cotisations des salariés », avait prévenu Laurence Parisot, présidente du Medef. Vendredi, lors de la dernière séance de négociation sur l'assurance chômage, le patronat a été au-delà de ses espérances : la baisse des cotisations sera inscrite dans le marbre de la prochaine convention. Les laborieuses discussions au sein de l'Unedic, organisme de gestion paritaire de l'assurance chômage entre le patronat (le Medef, CGPME, UPA) et les syndicats (CFDT, CFTC, CGT, FO et la CFE-CGC) se sont achevées par la reconduction des cadres de la convention de 2009. Un accord basé sur le principe « d'un jour travaillé, un jour cotisé » à partir de quatre mois de travail et pour une durée maximale de vingt-quatre mois. Et qui conforte la revendication patronale de la baisse des cotisations, déjà présente dans la convention de 2009, à condition que les résultats d'exploitation de l'Unedic soient excédentaires de 500 millions deux semestres d'affilée et que la dette de l'organisme soit résorbée jusqu'à 4 milliards d'euros, sachant qu'elle s'élèvera à 11 milliards fin 2011.

Cette diminution à hauteur de 0,4 % pourrait intervenir dès 2015. Date à laquelle les comptes devraient être en voie d'assainissement. La prise en compte de la dette était exigée par les syndicats, échaudés par les propositions délirantes du patronat. En plein milieu des négociations, ce dernier avait demandé cette baisse sans aucune contrepartie, soi-disant pour maintenir la compétitivité et réduire le coût du travail. Pour Patrick Bernasconi, représentant du patronat, cette fin de négociation est un succès. « C'était un point extrêmement important pour nous, on voulait que ça devienne réalité. » D'autant qu'il réussit à prolonger cette mesure jusqu'en 2016 au lieu de 2013, date de validité de cette nouvelle convention. Maurad Rabhi, négociateur pour la CGT, a regretté « un texte déséquilibré en faveur du patronat, qui vise à installer la baisse des cotisations dans le temps », tout en soulignant que cela priverait l'Unedic de près de 2 milliards d'euros. Pour faire passer la pilule, le patronat a dû mettre entre parenthèses le passage des bornes d'âge de 50 à 52 ans pour bénéficier de trente-six mois d'indemnisation et du recul de 61 à 62 ans pour demander le prolongement des droits à l'indemnisation en cas de trimestres insuffisants pour prétendre à la retraite. Ces concessions semblent avoir convaincu la majorité des syndicats. Laurent Berger, négociateur pour la CFDT, seul syndicat signataire de la convention de 2009, est plutôt satisfait. « Dans un contexte très compliqué et un peu idéologique, on est arrivé à un texte qui n'est pas le texte du siècle mais ne réduit pas les droits des chômeurs et même les améliore. »

Deux avancées sont toutefois saluées par l'ensemble des centrales syndicales. Le coefficient réducteur minorant les indemnités chômage des saisonniers est supprimé et il est désormais possible de cumuler la pension d'invalidité avec l'allocation de retour à l'emploi (ARE). 10 000 personnes seraient concernées.

Pas de doute, pour Marie-Françoise Leflon, de la CFE-CGC, « on a amélioré la précédente convention sans en changer l'architecture ». Pourtant, cet abaissement des cotisations, déjà présent dans le précédent accord, comporte un risque majeur : celui de diminuer le montant des allocations chômage. Une décision paradoxale, quand le nombre de demandeurs d'emplois culmine à plus de 4 millions. Sans compter qu'un chômeur sur deux n'est toujours pas indemnisé. Dans ce contexte, l'accord se révèle peu ambitieux pour les privés d'emploi. Dans les prochains jours, la convention devrait être ratifiée par la CFDT, CFTC, FO et la CFE-CGC. La CGT devrait, vraisemblablement, émettre un avis défavorable.

Cécile Rousseau

Publié dans Lutte des classes

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T
<br /> Revoilà donc le mot réformisme qui revient au galot mais comment pourrait-il en être autrement dans ce système capitaliste où nombre de directions syndicales accompagnent tous les mauvais coups que<br /> nous assènent nos ennemis de classe?<br /> <br /> <br />
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M
<br /> Cela confirme ce que je pense à propos du rôle d'un syndicat dans un système capitaliste avancé..... Le syndicat dans un système comme le nôtre devrait être transitoire. Si nous n'arrivons pas à<br /> transformer l'essai, c'est-à-dire à faire la Révolution, les syndicats deviennent inévitablement réformistes. Ils retrouvent pleinement leur rôle dans une société Socialiste : le contrôle des<br /> travailleurs et le respect de leur volonté. Muriel<br /> <br /> <br />
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