Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

l'afrique en lutte

ELECTIONS A MADAGASCAR: D'UN SCRUTIN DE VOLEURS VA SORTIR UNE ALLIANCE CONTRE NATURE POUR LES PRO-RAMALOMANANA, SOUTENUS PAR LA PSEUDO COMMUNAUTE INTERNATIONALE AU SEIN DE LAQUELLE S'AGITE LA fRANCE

Publié le par Tourtaux

Madagascar – Elections: Vers une alliance contre nature pour les Pro-Ravalomanana

Au regard des résultats partiels du 1er tour publiés par la CENIT, la tendance placerait Jean Louis Robinson en tête avec un crédit de voix en dessous de 30%. Sans prendre trop de risques, on peut dire qu’il serait au 2nd tour, et avec un tel score, sans réserve de voix, les alliances seront obligatoires. Mais de quel type?

 

Dans les vieilles démocraties, le problème ne se poseraient pas, c’est même la raison d’être du second tour. Mais là, les 31 autres candidats sont soit liés aux putschistes soit des micro-candidats aux scores insignifiants. Le candidat soutenu par la mouvance Ravalomanana doit donc négocier avec des voleurs, pilleurs, fossoyeurs de la démocratie; ceux-là même qui ont mis le pays à genoux et qui ont juré contre le retour du Président. C’est donc vers une alliance contre nature, une compromission que Jean-Louis Robinson entraîne les légalistes. Ce sera une véritable insulte au peuple légaliste qui a lutté pendant presque 5 ans contre ces voyous kléptomanes dépourvus de tout sens patriotique et source de tant de malheur pour le pays.

 

Le toubib candidat va jouer le registre du « rassembleur » (il a déjà déclaré favorablement à l’accueil des brebis galeuses des Tim-Raharinaivo et du GMMR de Mémé, ce sont des amis disait-il) et prôner la « réconciliation ». Or, la réconciliation, un processus volontaire devant conduire vers l’apaisement, doit être engagée avant mais ne s’impose pas au moment des élections, elles-même imposées.

 

Ne nous étonnons point de retrouver les mêmes putschistes dans le futur gouvernement.  Mais cette fois-ci, ils seront bel et bien légitimés par les élections. C’est la personne de Rajoelina qui serait absente mais ses anciens compagnons putschistes demeureront. Quant au sort du Président Ravalomanana qui reste la motivation première de l’engagement et du soutien des légalistes à J-L Robinson, la question suivante se pose: ce dernier aurait-il toute latitude pour rapatrier le Président ? Autrement dit, quel crédit peut-on accorder à sa promesse d’avoir le Président à ses côtés au moment de son investiture ?

 

De son côté, la communauté internationale, en particulier la France, s’est déjà félicité à l’unisson du caractère consensuel, inclusif, transparent et crédible du scrutin,  et claironne que Madagascar s’engage enfin sur la voie de sortie de crise. Pourtant, ce ne serait qu’un simple changement dans la continuité de la Françafrique qui reste bien vivante et en très bonne santé à Madagascar grâce à tous ces affamés de pouvoir et d’argent, ces insatiables accumulateurs de richesse, ces corrompus et ces valets des puissances étrangères.

Nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge….coloniale.

 

Tsimok’i Gasikara

 

http://tsimokagasikara.wordpress.com/2013/10/29/madagascar-elections-vers-une-alliance-contre-nature-pour-les-pro-ravalomanana/

Publié dans L'Afrique en lutte

Partager cet article
Repost0

MALI : ATTILA HOLLANDE VA ENFILER TRELLIS DE COMBAT ET RANGERS US POUR ALLER CASSER DE L'AFRICAIN ET PILLER LES RESSOURCES NATURELLES MALIENNES

Publié le par Tourtaux

 
     
Les services de sécurité français ont informé le président, François Hollande, qu'il serait contraint, à nouveau, de revêtir son uniforme militaire au Mali, à cause d'une grande attaque entamée par l'organisation Al-Qaïda et les groupes qui lui sont affiliés contre les forces françaises et maliennes, au nord du Mali.

Selon les informations françaises, des cellules endormies relevant de l'organisation Al-Qaïda sont actives à l'heure actuelle au nord du Mali, en coopération avec les insurgés Touaregs.

Les médias et les sources militaires françaises évoquent des lancements de roquettes, desAl-Qaïda prépare une grande attaque contre les forces françaises et maliennes assassinats de responsables locaux dans les villes et les villages maliens, des attentats suicides perpétrés contre des casernes militaires et des lieux publics, et des attentats à l'explosif visant des ponts et des autoroutes. En bref, une véritable guerre menée par les groupes salafistes, jouissant d'un appui populaire dans les zones du conflit.

Tous ces faits se déroulaient au Mali au milieu d'un blackout médiatique français, voire international, suite à la déclaration, par le président français, de sa victoire dans ce pays et à sa participation à la cérémonie d'investiture du nouveau président malien lors d'une visite-éclair effectuée le mois dernier à Bamako.

Les informations françaises affirment que des groupes salafistes s'étaient réfugiés au terme de la guerre dans le sud de la Lybie, à partir duquel ils mènent leurs attaques contre le territoire malien.

Ces groupuscules salafistes comprenant des partisans «d'Ansar el-Dine, d'Aqmi et de Mago», se préparent à se rendre aux zones montagneuses du Niger, du Tchad et de l'Algérie.

La France, qui a mené seule la guerre au Mali et tenté d'y impliquer les Nations Unies et l'Union africaine, se sent actuellement seule en face de ces rebelles, auxquels s'ajoutent les partisans de l'ancien président libyen Mouammar Kadhafi, lesquels se sont réfugiés dans les régions contrôlées par les Touaregs. Ces combattants détiennent d'importants arsenaux et des expertisent en matière d'attentats aux voitures piégées. Ces faits ont poussé le commandement de l'armée française à recommander à la présidence de maintenir 3200 militaires français au Mali.

Par ailleurs, il s'est avéré que la mise en place de la force africaine convenue avec l'Union africaine est entravée à cause du manque du financement. De ce fait, les soldats africains comptent la moitié du nombre prévu par l'Union. En plus, les aides décidées au gouvernement malien, estimées à 300 millions d'Euros, n'ont pas encore été livrées.

Le Mali est un pays important pour la France. Elle y compte sur les mines d'uranium d'où elle extrait cette matière première nécessaire au fonctionnement de ses réacteurs nucléaires.

Le Mali est aussi un pays-clé pour le pouvoir français dans tous les pays de l'Afrique ouest, notamment la Côte d'ivoire et le Sénégal.

Des sources économiques françaises évoquent de grandes quantités de pétrole dans le désert malien, ce qui accentue la détermination française à s'attacher à ce pays, surtout que les États- Unis et l'Angleterre avaient accaparé la part du lion en Lybie, suite à la chute de Kadhafi et ce malgré le fait que le France fut le fer de lance dans la guerre menée contre la Lybie.

Rappelons que l'Algérie était un des pays à avoir soutenu l'ex-président libyen. Elle accueille la famille du président déchu, notamment sa fille Aïcha, dont les agissements étaient toujours sujets de controverse.

Source : Al-Ahednews, traduit par l'équipe du site

26-10-2013 | 13:46

 

http://french.alahednews.com.lb/essaydetails.php?eid=10787&cid=323#.UmwOoxB9GF8

Publié dans L'Afrique en lutte

Partager cet article
Repost0

SIMULACRE D'ELECTION A MADAGASCAR !!

Publié le par Tourtaux

Madagascar – Trop c’est trop !

 

Comme diversion, cette élection programmée pour vendredi prochain est un leurre et une trouvaille du meilleur cru… Pendant que des guignols au passé sulfureux amusent la populace avec leurs simagrées de politicards aux ambitions démesurées, un peu partout dans l’arrière-pays, dans les limites de nos eaux territoriales les malfaiteurs en col blanc, les bandits des grands chemins, les trafiquants de bois de rose et d’essences rares ainsi que les pilleurs des ressources halieutiques et minières s’en donnent à cœur joie pour continuer leurs activités mafieuses.

L’esprit occupé à suivre les clowneries de quelques candidats minables qui prétendent vouloir duper longtemps encore leurs compatriotes, les citoyens de bonne foi sont submergés par les flots de propagande au ras des pâquerettes. De Vohémar au port de Toamasina, où on n’embarque plus désormais les milliers de rondins de bois de rose destinés, les barons de trafic juteux continuent d’approvisionner les stocks de Chine, de l’Europe et d’ailleurs au large, en haute-mer. Aux dernières nouvelles, le Chef de corps du régiment R3A emprisonné injustement au lieu et place des vrais commanditaires du détournement frauduleux des précieux marchandises placées sous la garde de ses militaires, a retrouvé la liberté. Les grosses têtes de la Grande Muette impliquées de près ou de loin à ces activités illicites, ne se cachent plus pour se livrer à ce commerce qui est maintenant libéralisé à leur profit. Des sources fiables et généralement bien informées nous avisent qu’à l’heure où vous lisez ces lignes, une opération mixte et combiné de militaires et de gendarmes en service commandé, ratisse les parages des sites de collecte du bois de rose. Sur ordre de leurs chefs hiérarchiques, sous le couvert de quelques agents du Bianco (?), ils assistent aux collectes illégales, aux transbordements et aux embarquements des milliers de tonnes de bois précieux. Qui garantit dans ce cas, la bonne utilisation des financements de 7 milliards d’Ariary destinés aux hommes en treillis ? Parce que des témoins oculaires remarquent que des décaissements sont effectués en province dans des conditions des plus douteuses. Le récent rebondissement de l’affaire du bateau « La Sirène » sollicité pour relier nos côtes avec un port du… Mozambique (?), est la seule nouveauté dans ce feuilleton de très mauvaise facture. Pourquoi le Mozambique, pas la Tanzanie ou le Zimbabwe ? Le plus époustouflant dans cette affaire, est l’instrumentalisation de la justice malgache pour faire pression sur l’utilisation frauduleuse d’un bateau d’une personne privée. Menaces, chantages et trafic d’influence, toute la panoplie du parfait gangster est utilisée par un certain Eddy qui se dit protégé par une grosse légume de la gendarmerie nationale dans ces agissements les plus dévoyés. Un autre truand notoire portant le même nom, peut même se vanter de pouvoir dézinguer de son poste n’importe juge ou élément des forces de l’ordre qui n’est pas suffisamment coopératif pour couvrir ses basses besognes… La mésaventure de « La Sirène » est une parfaite illustration de ses prouesses extrajudiciaires. L’incendie des bureaux du Parquet de Majunga ? Gens de peu de foi et à la mémoire courte, tout cela ne vous rappelle pas quelque chose ?

Comme un cheveu dans la soupe, voilà qu’un communiqué très critique et suffisamment éloquent a été remis à la presse à partir du Palais de Mahazoarivo. Le document portant la signature d’un général titulaire du poste de Directeur de la Sécurité auprès de la Primature, tout en déplorant avec courage des distorsions manifestes et les imperfections dans la conduite des affaires de l’Etat, signale surtout l’indifférence critiquable affichée officiellement à la l’endroit des appuis requis pour l’accomplissement efficace des nécessités des services à tous les échelons. L’usage de la première personne du pluriel confirme que le constat ainsi fait, porte l’adhésion de tout un corps solidaire pour dénoncer l’« utilisation abusive des prérogatives étatiques » par quelques personnalités de très haut rang pour faire pression sur leurs subordonnés et les habitants, afin d’influer sur les votes. La dénonciation porte également sur les dérives au profit des bois de rose. Surtout qu’on fait état depuis peu, de ces coupes illicites couvertes en haut-lieu… Le point marquant des révélations faites, touchent les rumeurs sur des troubles qui seraient en gestation dans les régions ou dans la capitale aux alentours de la date de l’élection. Pour clore, le document largement diffusé, met en garde et lance un appel pour la bonne gouvernance, fait preuve de neutralité et de solidarité afin de sortir de la crise. Conscient des intérêts de 21 millions d’habitants qui exigent de tout un chacun, civil ou militaire, le souhait de la démarche repose sur la nécessité de la paix civile. Même si de mauvais esprits se sont d’abord méfiés de l’esprit de ce communiqué au point d’en dissuader l’auteur de le publier. Crainte justifiée quand on sait que même les organes et médias étrangers, savent tous que la majorité des grands responsables civils et militaires, seraient trempés dans affaires louches, voire criminelles. Pour le bonheur égoïste d’une classe montante de nouveaux riches sans scrupules qui n’hésitent pas à vendre le pays à des étrangers et à voler le Trésor… Braves citoyens, il faut toujours se souvenir que la « démocratie est à la fois une promesse à tenir et un défi relever ». Parce qu’on qu’« un Peuple a le gouvernement qu’il mérite ». Haut le cœur citoyen, et à bas la pensée unique soutenue par l’ingérence malsaine !

N.R
La Nation
http://tsimokagasikara.wordpress.com/2013/10/23/madagascar-trop-cest-trop/

Publié dans L'Afrique en lutte

Partager cet article
Repost0

MADAGASCAR : LES ELECTIONS PRESIDENTIELLES AURONT BIEN LIEU LE 25 OCTOBRE !

Publié le par Tourtaux

Madagascar – 25 octobre 2013 : les élections présidentielles auront bien lieu !

élection_vote_200

Le premier ministre Omer Beriziky a tenu à rassurer les partenaires financiers dans le processus électoral tout en envoyant un message positif aux Malgaches. Malgré le retard et les incertitudes dans l’’organisation, le scrutin aura lieu le 25 octobre. Cette détermination cache des compromis qui risquent de provoquer des contestations.

 

Acheminement du matériel électoral et distribution des cartes d’’électeur

 

A J-5, il y a encore beaucoup à faire pour la Commission électorale. La liste électorale a été arrêtée et officiellement, 7 833 000 électeurs sont invités à accomplir leur devoir pour choisir le premier président de la IV République. Les bulletins uniques et les matériels de vote devront être acheminés à temps dans les 20 001 bureaux de vote.

Comme les communes lointaines et difficiles d’’accès ont été les premières à être fournies, il ne devrait pas y avoir d’’inquiétude. C’’était sans compter sur le ministre de la Communication et partisan du candidat Rajaonarimampianina qui affirme que 6 districts enclavés n’’ont pas toujours eu les matériels de vote qui seront encore acheminés vers les communes et les Fokontany.

Les 15 jours entre l’’arrêtage de la liste électorale et le scrutin sont-ils suffisants pour imprimer et distribuer les cartes électorales. Oui et non. La CENIT prévoit de laisser les cartes électorales qui n’’ont pas été remises aux électeurs par le Fokontany au bureau de vote le jour du scrutin. Il faudra donc pour les concernés faire la queue deux fois pour voter le 25 octobre 2013.

 

Course contre la montre, le jour J

 

Cette formalité supplémentaire le jour J risque d’’augmenter le temps théorique nécessaire à chaque bureau de vote pour faire voter ses électeurs. Ceux qui n’’auront pas leur carte électorale sont invités à venir voter en amenant la fiche bleue de recensement, ce qui est une entorse pure et simple de la loi électorale.

Sur la moyenne de 400 électeurs, le processus de vote peut prendre 3 minutes entre l’’enregistrement de l’’électeur, le passage à l’’isoloir pour cocher et plier le bulletin unique, le dépôt du bulletin de vote dans l’’urne, le marquage du pouce gauche à l’’encre indélébile. Le défi est donc d’’organiser ces 20 heures linéaires dans un laps de temps de 10 heures. Les volontaires de la CENIT focalisent la sensibilisation pour l’’usage du bulletin unique sur la rapidité du vote. « L’’électeur doit faire son choix avant d’’aller voter, il coche et plie le bulletin en une demi-seconde (sic) ». La réflexion n’’est donc pas la bienvenue dans l’’isoloir.

 

Pas de sabotage des élections

 

Le processus électoral a souffert de l’’attentisme des pays donateurs refroidis par l’’évolution de la situation politique et le report de la date du scrutin. La contribution de l’’Afrique du Sud dans le basket fund est espérée pour financer la sécurisation des élections. Les forces de l’’ordre ont donc gagné après un chantage déguisé, affirmant que sans un financement spécial, elles ne pourront pas assurer leur travail. La coordonnatrice du Système des Nations Unies a rappelé à l’’ordre ou à la raison cette « force de répression » qui devrait mater toute tentative de compromettre les élections.

Omer Beriziky a fait entendre que la crise politique est en train de se résoudre par le processus électoral et qu’’il n’’y a pas de velléités particulières contre la tenue du scrutin. Il a pris la défense du président de la Transition en assurant que celui-ci n’’a pas l’’intention que certains lui prêtent de saboter les élections. Selon Omer Beriziky, les doutes émis par Andry Rajoelina sont positifs et justifiés par le constat de carences dans l’’organisation et cela démontre qu’’il « voudrait que ces élections puissent se tenir, dans les meilleures conditions possible ». Même les premières pluies n’’ont pas douché l’’optimisme du premier ministre.

——————————-

MadOnline

 

http://tsimokagasikara.wordpress.com/2013/10/21/madagascar-25-octobre-2013-les-elections-presidentielles-auront-bien-lieu/

Publié dans L'Afrique en lutte

Partager cet article
Repost0

LE PRESIDENT DE LA RIPOUBLIQUE BANANIERE FRANCAISE TENTE DE CONVAINCRE L'ONU D'INTERVENIR MASSIVEMENT EN CENTRAFRIQUE. IL EST PRIMORDIAL DE REVOIR LE ROLE TROUBLE QUE JOUE LA fRANCE

Publié le par Tourtaux

21/10/2013 01:53:13
Centrafrique : retour sur une non intervention
A l’heure où François Hollande tente de convaincre les Nations Unis d’intervenir massivement en Centrafrique, il est primordial de revenir sur le rôle trouble que joue la France dans la crise qui ravage le pays. Revoilà les affreux...

François Hollande et Laurent Fabius

A l’heure où François Hollande tente de convaincre les Nations Unis d’intervenir massivement en Centrafrique, il est primordial de revenir sur le rôle trouble que joue la France dans la crise qui ravage le pays.

Le 20 août 2012 se constituait en République Centrafricaine une coalition hétéroclite de mouvements armés [1], la Séléka (« coalition » en langue sango), visant à renverser le pouvoir du président François Bozizé. Quatre mois plus tard, la Séléka va lancer une offensive fulgurante depuis le nord du pays, qui va la mener aux portes de Bangui, la capitale, à la veille de Noël. Un cessez-lefeu est décrété, qui permet l’ouverture à Libreville, au Gabon d’une phase de négociations entre Bozizé et les leaders de la Séléka, sous l’égide de Denis Sassou Nguesso. Il faut dire que le dictateur congolais s’y connaît, en matière de prise de pouvoir par les armes !

Ces discussions débouchent sur un accord, dit de Libreville, qui prévoit la constitution d’un gouvernement d’union nationale laissant une large place à l’opposition (avec Nicolas Tiangaye comme premier ministre) et réduisant sensiblement les pouvoirs du président en place. La trêve est de courte durée : le 20 mars 2013, la Séléka décide de reprendre les hostilités, arguant du non respect des accords, notamment concernant la libération des prisonniers politiques. Quatre jours plus tard, le régime de François Bozizé tombe, lui-même s’enfuyant au Cameroun en hélicoptère. La Séléka porte alors Michel Djotodia à la présidence, mais ne contrôle pas ses « troupes ». Le pays sombre dans le chaos.

 

Revoilà les affreux

Ceci n’empêche pas quelques Français bien connu du monde françafricain, de venir fouiner dans ce pays en crise, à l’affût de toute opportunité de prédation. Claude Guéant a ainsi rencontré en juin Michel Djotodia, sur fond de négociation pétrolière, l’ancien ministre de l’intérieur ayant voyagé en jet privé avec Laurent Foucher, un collaborateur du groupe pétrolier français Maurel et Prom (Jeune Afrique JA, 5/07).

Autre figure emblématique, JeanChristophe Mitterrand, condamné dans l’affaire de l’Angolagate, venu le 17 juillet pour proposer ses services en matière de sécurité (JA, 25/07). Une vingtaine de mercenaires français l’ont précédé, emmenés par Jérôme Gomboc, un ancien du 3e régiment de parachutistes d’infanterie de marine (3e RPIMa) assureront désormais la sécurité du président Djotodia (JA, 17/07). Un classique en Centrafrique : Bozizé était déjà conseillé sur les questions militaires par la société EHC [2], enregistrée dans un paradis fiscal, le Delaware (Etats Unis), et dirigée par le général français Jean Pierre Perez (qui avait déjà servi au même poste… pour le compte du Ministère des Affaires Etrangères).

A Bangui, les opérations du groupe étaient sous la conduite de Francis Fauchard, un ancien commando-marine, connu pour avoir été le patron de l’unité de protection rapprochée du Président Omar Bongo à la Garde Républicaine gabonaise [3]. Un changement de régime ne change pas les habitudes.

 

Intervention à retardement

Face à l’offensive de la Séléka, la France reste passive, se contentant de protéger l’aéroport et ce, aussi bien lors de la première que de la deuxième offensive. Lors de celle-ci l’armée française, déployée dans le cadre de l’opération BOALI visant à soutenir les troupes de la Force Multinationale d’Afrique Centrale (Fomac), s’est principalement illustrée en ouvrant le feu sur des véhicules tentant d’accéder à l’aéroport, tuant deux Indiens, en blessant cinq autres ainsi que quatre policiers tchadiens de… la Fomac !

Cette « inaction » est une sorte d’adoubement de la rébellion. Trop occupée par sa guerre au Mali, la France néglige pour un temps la situation centrafricaine. Pour un temps seulement, car il est impensable que la France relâche sa mainmise sur cet Etat d’Afrique centrale dans lequel elle fait la pluie et le beau temps depuis son « indépendance ». Au coeur de l’été, la diplomatie française se mobilise sur la question, notamment suite à l’appel de Luc Ravel, l’évêque aux armées françaises, qui a alerté l’exécutif d’un « risque djihadiste » dans le nord du pays (JA, 9/08). C’est sur ce levier, ainsi que sur la surinterprétation des tensions religieuses entre chrétiens et musulmans, que la France compte s’appuyer pour obtenir une résolution des Nations Unis avalisant un déploiement plus massif de son armée, en soutien à une force africaine de maintien de la paix.

 

L’ombre du Tchad

Si la diplomatie française est incontournable en Centrafrique, la main du Tchad, le puissant voisin du nord, l’est tout autant. Selon Mgr Nestor Désiré Nongo Aziagbia, évêque du diocèse de Bossangoa (nordouest), la rébellion est composée à « 70% de Tchadiens, à 20% de Soudanais et à 10% de Centrafricains » (RFI, 25/09).

Bien que le Tchad ne soit pas officiellement impliqué, son influence en sous main fait peu de doutes. Ainsi, le leader de la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP), Noureddine Adam, qui est désormais à la tête du Comité extraordinaire de la défense des acquis démocratiques (Cedad, une sorte de service de renseignements), après avoir été ministre de la Sécurité (JA, 23/08), est un proche du président tchadien Idriss Déby. Il l’a notamment défendu en 2008 contre la coalition rebelle de l’Union des forces de résistance (UFR) de Timan Erdimi qui tentait de le renverser (JA, 04/04).

Un jeu trouble mais pas d’implication directe, qui permet au Tchad d’apparaître comme un allié majeur de la France si celle-ci réussit à convaincre le Conseil de Sécurité des Nations Unis de constituer une force de maintien de la paix en Centrafrique. N’ayant pas obtenu la direction de la mission de l’ONU au Mali, le Tchad espère bien cette foisci obtenir le poste.

[1] La Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP) de NoureddineAdam, l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) deMichelAm Nondroko Djotodia, le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) d’Abdoulaye Miskine, la Convention patriotique du salut du kodro (CPSK, kodro signifiant pays, en sango) deMohamedMoussa Dhaffane, et l’Alliance pour la renaissance et la refondation (A2R). (RFI, 29/12/2012)

[2] enregistrée au Delaware…comme Roussel GSécurité, la société de Jérôme Gomboc.

[3] Blog « lignes de défense » de Philippe Chapleau, 31/08/12

Yanis Thomas, survie.org

 

http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-12956.html

 

https://www.facebook.com/sabine.baudoinghebache

Publié dans L'Afrique en lutte

Partager cet article
Repost0