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l'afrique en lutte

IL Y A 25 ANS, LE REVOLUTIONNAIRE AFRICAIN THOMAS SANKARA ETAIT LACHEMENT ABATTU !

Publié le par Tourtaux

 

Il y a 25 ans, tombait Thomas Sankara
Par Acheikh Ibn-Oumar, ancien ministre des Affaires étrangères et ancien ambassadeur tchadien aux Nations unies mercredi 7 novembre 2012
par  auteurs à lire
Il m’est difficile d’oublier cette après-midi du 15 octobre 1987, à Ouagadougou. C’était un peu avant 16 heures, heure locale. Tout baignait dans une torpeur incitant à la sieste. Nous étions six dans la villa où nous logions : trois de mes collaborateurs, le cuisinier et le sous-officier burkinabé affecté à notre service. Puis brusquement, de brèves rafales d’armes automatiques déchirèrent le silence. Quelqu’un remarqua : « Ça vient de la direction du Conseil de l’Entente (quartier général du CNR, Conseil National de la Révolution) ! ».

Puis, le calme retomba. Un calme bien étrange. On pouvait presque ressentir la tension que vivaient, à ce moment-là, tous les habitants de la ville. C’est que depuis quelques semaines, une sourde tension politique régnait au sommet de l’État et, ces derniers jours, les rumeurs les plus alarmantes parcouraient la ville. On parlait de graves divisions chez les militaires et les intellectuels civils, de complots, d’épuration… Mais on ne savait pas encore que ces brèves rafales venaient de faucher le camarade Thomas et six membres de son staff.

Le président Goukouni et moi-même avions été reçus par Thomas Sankara quelques jours auparavant, dans le cadre de ses efforts pour tenter de recoller les morceaux du Gouvernent d’union nationale de transition (GUNT), coalition de mouvements opposés au président Hissène Habré.

Quelques minutes après que nous avons entendu les tirs, l’officier de sécurité téléphona à sa hiérarchie. « Il y a des sérieux problèmes et on me demande de vous dire de ne sortir sous aucun prétexte et de passer la consigne à vos compatriotes », nous annonça-t-il. Malgré ses efforts pour avoir un « ton de service », un désarroi mal maîtrisé se lisait sur son visage. Dans une rue avoisinante, le commandant Lingani, numéro 3 du directoire militaire et ministre de la Défense, passa alors à toute vitesse au volant d’une jeep, hurlant des ordres dans son talkie-walkie.

 

Rumeurs ouagalaises

 

Les coups de feu entendus et le va-et-vient de véhicules militaires ne laissaient aucun doute. La crise politique, qui couvait, venait de connaître un important développement. Depuis plusieurs semaines, des milieux politiques jusqu’aux « doloteries » et « alokodromes » (restaurants en plein air), il n y avait qu’un seul sujet de conversation. « Ça ne va pas du tout entre les dirigeants. Le mouvement révolutionnaire dans son ensemble est divisé par des luttes d’influence entre factions rivales », entendait-on en ville.

A cela s’ajoutaient deux signes annonciateurs. Le premier, le discours lu par le représentant des étudiants à la cérémonie du quatrième anniversaire de la DOP (Déclaration d’orientation politique) et que tout le monde avait interprété comme un message de la fraction opposée à Thomas Sankara. Le second, la circulation de tracts attaquant violemment l’un ou l’autre des hauts dirigeants et attribués tantôt aux partisans de Blaise Compaoré, tantôt à ceux de Thomas Sankara lui-même.

Si mes rencontres avec les principaux concernés n’avaient rien laissé paraître, mes discussions avec certains anciens camarades de la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF) m’avaient permis de toucher du doigt de sérieuses contradictions internes.

D’abord, j’avais constaté que les anciens de la FEANF, bien qu’engagés dans le mouvement révolutionnaire, étaient repartis entre plusieurs organisations, créées au départ dans la clandestinité, selon des postures idéologiques, parfois assez surréalistes par rapport aux besoins de la construction nationale au Burkina. Ils parlaient ouvertement des déviations dans la « Révolution ». Les uns accablant le « camarade Thomas », les autres le « camarade Blaise ».

Au niveau de ces intellectuels, la principale pomme de discorde était « la question du parti » d’avant-garde. On prêtait à Sankara et ses partisans la volonté de vouloir dissoudre toutes les organisations qui étaient représentées dans le CNR, au profit d’une sorte de parti unique acquis à sa personne, et de supprimer la référence à tout système de parti, pour confier le monopole de la mobilisation politique aux Comités de défense de la Révolution (CDR), sur le modèle des comités révolutionnaires libyens.

Au niveau militaire, la décision de créer la FIMATS, une force d’intervention au sein du ministre de l’Intérieur, fut interprétée comme faisant partie d’un plan de marginalisation progressive des officiers de l’armée régulière, majoritairement acquis à Blaise.

 

Sankara, le « camarade qui s’était trompé », selon Compaoré

 

Ce 15 octobre 1987, le suspens ne dura pas longtemps. Vers 18h30, un très bref communiqué fut lu par une voix inconnue, au nom d’un mystérieux « Front Populaire » qui commençait par : « Le régime autocratique de Thomas Sankara vient de tomber ». Il y était question de « déviation », de « tentative de restauration néocoloniale » par Thomas Sankara et de la nécessité d’un « Mouvement de rectification ». Le communiqué s’achevait par « signé Blaise Compaoré ». Ce dernier devait expliquer, plus tard, au cours d’une interview, qu’il n’avait pas participé au drame qui s’était déroulé au Conseil de l’Entente et qu’il était chez lui, « en train de dormir »…

Une explication plus consistante, sous la forme d’un long discours, fut lue à la radio des jours plus tard par Blaise Compaoré lui-même. Il expliquait que les erreurs s’étaient accumulées et qu’elles avaient conduit au « Mouvement de rectification ». Sankara n’était plus traité d’ « autocratique » et de « réactionnaire », mais de « camarade qui s’était trompé ». « Une sépulture digne de la place qu’il avait occupée lui serait construite ». Pourquoi parler de « sépulture » ? C’est que Sankara et ses camarades d’infortune avaient été enterrés à la hâte, à même la terre. Certaines des parties de leurs corps affleuraient même au niveau du sol !

La nuit de ce 15 octobre 1987 fut encore secouée par des coups de feu, nettement plus nourris que ceux de l’après-midi. On apprit le lendemain que c’était Pierre Ouedraogo, le coordinateur des CDR qui faisait de la résistance chez lui, pendant plusieurs heures avant de se rendre.

 

La fin de l’omerta, le début d’une réflexion


L’écho, en Afrique et dans le monde, de l’annonce de l’assassinat de Thomas Sankara fut immense. Jerry Rawlings du Ghana et Yoweri Museveni d’Ouganda, rompant avec le sacro-saint principe de l’Organisation de l’unité africaine (OUA, l’ancêtre de l’Union africaine) de ne pas critiquer les changements internes aux Etats, condamnèrent officiellement l’événement et décrétèrent un deuil national. Curieusement le colonel Kadhafi fut complètement muet sur l’évènement.

Vingt cinq ans après, il n y a jamais eu d’enquête officielle sur ce drame. Récemment encore, dans une interview à Jeune Afrique, le président Compaoré se contenta de justifier cette omerta par le fait que les révolutions connaissent souvent des soubresauts sanglants et que les drames non-élucidés ne sont pas l’apanage du seul Burkina Faso.

L’enquête pour faire toute la lumière sur les circonstances du drame est une nécessité, non pas pour punir des coupables, mais pour assainir l’ambiance politique au Burkina, permettre à sa famille d’aller au bout de son travail de deuil et donner à Thomas Sankara la place qui lui revient dans l’Histoire burkinabé et africaine.

Au-delà de cet aspect humain, le destin tragique de Thomas Sankara, comme celui de Patrice Lumumba, Amilcar Cabral et d’autres leaders africains dont l’élan visionnaire fut précocement brisé, suscitent des questionnements idéologiques, socio-historiques et, naturellement, politiques. Ils méritent d’être traités en profondeur, sans passion, en vue d’en tirer des leçons et d’éclairer la lutte des générations montantes pour l’émancipation et l’unification des peuples africains.

 

Par Acheikh Ibn-Oumar, ancien ministre des Affaires étrangères et ancien ambassadeur tchadien aux Nations unies

 

http://lepcf.fr/Il-y-a-25-ans-tombait-Thomas

 

 

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TUNISIE : APPEL POUR RETABLIR LES RELATIONS DIPLOMATIQUES AVEC LA SYRIE ET L'ENVOI D'UNE DELEGATION SUR PLACE

Publié le par Tourtaux

Monday, October 29, 2012

Appel pour rétablir les relations diplomatiques avec la Syrie et l’envoi d’une délégation sur place
Lettre ouverte au président et aux membres de l’Assemblée Nationale Constituante
Appel pour rétablir les relations diplomatiques avec la Syrie et l’envoi d’une délégation sur place
 Monsieur Le Président, Mesdames et Messieurs les membres de l’ANC
Je vous écris au sujet de la position de la Tunisie vis-à-vis de la Syrie  et de la crise que connaît ce pays frère depuis bientôt dix  neuf mois, position qui s’est illustrée par une déviation complète par rapport aux traditions de la diplomatie tunisienne, connue pour sa modération, son indépendance et son respect des principes et valeurs qui fondent les relations internationales.
Je me permets de vous rappeler brièvement ces positions au cours des dix derniers mois :
La Tunisie a devancé tous les pays arabes pour renvoyer l’ambassadeur syrien, à l’époque absent de Tunisie, et à rappeler son ambassadeur et l’ensemble du personnel de son ambassade à Damas et à rompre les relations diplomatiques avec la Syrie. Cela s’était fait dans la hâte et d’une manière intempestive qui a surpris l’ambassadeur tunisien lui-même, et a porté un grave préjudice aux deux mille cinq cents membres de la communauté  tunisienne, coupés brusquement de l’administration de leur pays.
Il est important de rappeler que toutes ces mesures prises singulièrement, par les autorités tunisiennes, dans une précipitation indescriptible et irréfléchie, et comme si nos intérêts supérieurs, concernant le devenir de notre propre nation, étaient mis dans un péril grave et imminent par le régime Assad, n’ont pas eu d’équivalent même chez les pays engagés directement dans  la destruction de la République arabe syrienne. En effet, ces régimes et pays étrangers à la Syrie, qui se sont autoproclamés libérateurs et « amis de la Syrie », se sont engagés dans des opérations de propagande et de désinformation manifestes,  l’entrainement, le financement  et l’armement des bandes armées responsables de destructions d’infrastructures civiles, et le terrorisme, au nom de la  guerre totale qui n’a d’autre effet évident, que de  détruire la Syrie arabe qui constituait pourtant, sous ce même régime que l’on dit honni, le refuge des résistants palestiniens, des réfugiés libanais et des Irakiens, et le dernier bastion du « front du refus » contre Israël !  Or, ces même pays ne s’étaient tout simplement contentés que de retirer leurs ambassadeurs respectifs de Syrie et de renvoyer les ambassadeurs syriens chez eux, sans toutefois, rompre les relations diplomatiques ave la Syrie.
La Tunisie s’est voulue le fer de lance de la défiance contre la Syrie, et elle a donc devancé les autres pays arabes en votant la suspension de la Syrie de la Ligue Arabe, alors que celle-ci fût l’un des sept pays fondateurs de cette même organisation en 1945. Malheureusement, et alors que le temps aurait dû émousser l’animosité de nos dirigeants, la Tunisie a confirmé et persisté dans son hostilité à la Syrie en votant sa mise au ban de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI) lors de sa dernière réunion à la Mecque. De là à penser que si l’occasion se présentait  pour exclure ce pays de la « Conférence des non alignés » dont elle fut membre fondateur et même de l’ONU, je ne serai pas étonné que la Tunisie s’y engagerait tête baissée, démontrant ainsi l’alignement aveugle et inconditionnel  de nos dirigeants sur les thèses et les plans diaboliques des ennemis de la République syrienne, au nom d’un pseudo soutien à des mouvements hétéroclites d’opposants suscités, instrumentalisés, voire embrigadés et financés dans les pays traditionnellement soutiens d’Israël, et leurs alliés arabes ou régionaux, de circonstance, qui se sont montrés amorphes, neutres et non concernés par les attaques contre la nation arabe, comme ce fut le cas durant la guerre israélienne contre le Liban, en 2006, ou le martyr de Gaza, en 2008, voire, à Allah ne plaise, de connivence coupable avec les ennemis de la nation arabe et soutiens d’Israël…
Mesdames et Messieurs les membres de l’ANC,
Vous n’êtes pas sans savoir que le Président provisoire a reçu une délégation de ce qu’on appelle le CNS, plus connu sous le nom du Conseil d’Istanbul , tant est grande sa dépendance des services secrets turcs et vous n’ignorez pas non plus que la Tunisie a hébergé une conférence internationale ayant réuni tous les pays ennemis de la Syrie et engagés dans un plan de destruction de ce pays. Mais dans tout cela, le plus désolant, peut-être que vous ne le savez pas, est  que le communiqué final de cette conférence a été rédigé, au ministère des affaires étrangères britannique, la veille de sa tenue…
De même que vous n’ignorez pas ou que vous n’ayez pas remarqué que jamais un représentant de la Tunisie ne s’est absenté d’une conférence ou d’une réunion à Istanbul,  Paris, Doha ou Le Caire, organisées par cette cohorte de guerre, ni aux réunions organisées par la Ligue arabe, pour une fois unanime et toutes consacrées à la Syrie, comme si les arabes avaient résolu tous leurs autres problèmes, et dépassé leurs propres contradictions et conflits, dont certains menacent pourtant leur sécurité et leurs économies : en témoigne la récente attaque israélienne contre le Soudan et son démembrement, ou le drame quotidien au Yémen, à Bahreïn, en Libye et en Irak, sans oublier l’éternel problème palestinien, dont une partie des clefs se trouve précisément entre les mains des « alliés » occidentaux des pays arabes engagés au service de la défense des intérêts économiques et stratégiques de ces alliés contre nature !
Je ne crois pas non plus que vous ignoriez les déclarations multiples du Président provisoire appelant au départ du Président Bachar Assad. Son délire virtuel l’ayant conduit même, non pas suggérer, mais à oser proposer de son piédestal de Président, que le Président Bachar Assad fut reçu en  réfugié politique en Russie, pays pourtant souverain et qui ne dépend pas de la Tunisie à ma connaissance. Pire, et au mépris des valeurs morales et des règles diplomatiques élémentaires, il l’a menacé du même sort  que feu Moammar Khadafi ; peut-être projette-t-il de trouver dans cette fin l’occasion de rééditer « sa prouesse » lors de l’annonce de l’assassinat du leader libyen.
Récemment encore, ce même président provisoire a eu assez de culot pour demander le renvoi du Président Bachar Assad, devant la Cour pénale Internationale, alors qu’il ne s’est guère gêné de se retrouver aux côtés du Président  soudanais, le général Al Bachir, réclamé par cette même cour depuis des années pour « les crimes » qui lui sont imputés au Darfour.
Je reconnais cependant que le président provisoire avait tout à fait raison de condamner le boycott imposé à Cuba depuis des décennies  et j’aurai souhaité qu’il condamne par la même occasion le boycott imposé à la Syrie et auquel participe la Tunisie en violation flagrante du droit international.
Mesdames et Messieurs les membres de l’ANC,
Les relations entre les pays sont fondées sur des principes, des valeurs et des usages consacrés par la communauté internationale depuis des siècles et avant même que l’humanité ne crée  les organismes et ne s’invente les modalités et les procédures pour les gérer. Ainsi, parmi ces principes intangibles, il y a le respect mutuel entre les Etats, la non ingérence dans les affaires intérieures des pays tiers et au cas où une situation exceptionnelle viendrait à l’imposer, de le faire dans le but de rapprocher les antagonistes et d’aplanir les différents pour éviter les conflits armés et garantir la paix sociale et la sécurité des personnes.
Et c’est justement sur la base de ce principe et en conformité avec sa Charte que la Ligue arabe a envoyé sa mission d’observation en Syrie au début de cette année et l’a chargé d’enquêter sur la bonne application de son plan pour résoudre la crise syrienne.
La mission était composée de plus de Cent soixante membres venant de quinze pays arabes dont la majorité était hostile au régime syrien. Il y avait quatre observateurs officiels tunisiens relevant des ministères de la Défense, des Affaires étrangères et du Ministre de l’intérieur.
Force est de constater que malgré tout, le rapport préliminaire était favorable à l’Etat syrien puisqu’il concluait à :
1.- L’absence de forces et d’engins militaires dans les villes  et leurs environs.
2.- La libération de milliers de détenus en relation avec les derniers événements
3.- La présence en Syrie de nombreux médias et correspondants de la presse arabe et internationale.
4.-Le constat le plus important était que les forces de l’ordre ne tiraient que pour répondre aux tirs des manifestants et pour se défendre en légitime défense. Ce constat qui a contredit les préjugés des « va-t-en guerre » a contrarié certains pays, les a poussé à ignorer le rapport sollicité et à éluder les faits objectifs, en portant l’affaire devant un Conseil de sécurité, qu’ils pensaient moins regardant et donc plus malléable.
J’ai eu l’honneur de participer à cette mission parmi les quinze membres représentant les sociétés civiles arabes, et je témoigne que la Ligue arabe avait la possibilité de participer sérieusement à la solution de la crise syrienne si elle avait tenu compte des recommandations de ses propres observateurs et permis de continuer leur mission. Mais hélas, le « Comité spécial pour la Syrie » a préféré passer outre, et porter l’affaire devant le Conseil de sécurité dans le seul but de faire voter une résolution autorisant une intervention militaire étrangère, qui aurait mis ce pays à feu et à sang et détruit irrémédiablement pour des décennies, les infrastructures civiles et militaires et l’équilibre social sensible de ce pays de haute civilisation arabe, à l’instar de l’Irak et la Libye.
Cet espoir fut heureusement contrecarré et déçu par l’usage de la Russie et de la Chine de leur droit de véto, conscients qu’elles mêmes seraient la prochaine cible de ce jeu d’infiltrations exogènes.
Cette situation a conduit à la « mission spéciale Kofi Anane » avec ses observateurs militaires, laquelle a été condamnée à l’échec dès son démarrage du fait que les pays meneurs du jeu avaient refusé la coopération avec l’envoyé spécial. Nous rappelons à ce propos la déclaration d’Alain Juppé, ministre des affaires étrangers  Français du 15/05/2012, celle de l’Emir du Qatar qui a donné tout juste 3% de chances de réussite à cette mission, et celle du président provisoire tunisien qui a estimé que cette mission avait moins de 3% de chance de réussite…
En réalité, la période de la « mission Anane » a été l’occasion rêvée pour introduire davantage d’armes, de groupes terroristes, de combattants et d’équipements en Syrie, ce qui explique la flambée de violence qui l’a accompagnée et qui a  conduit l’envoyé spécial de l’ONU à reconnaître son échec mais à ne jamais en expliquer les véritables causes, conscient du poids politique de ses commettants…
Nous avons actuellement, en spectacle, « la mission Lakdar Ibrahimi », et les nombreuses tentatives et actions pour la faire échouer, mais aussi, face à une situation internationale, régionale et locale très différentes de ce qu’elles étaient il y a six mois.
Au plan international, nous constatons que la coalition de guerre contre la Syrie a fini par abandonner toute idée d’intervention militaire directe et les gesticulations auxquelles nous assistons servent tout juste à faire croire qu’elle demeure maîtresse de la situation, dans la guerre et la paix.
A l’inverse, la situation internationale de la Syrie s’est beaucoup améliorée surtout, depuis le soutien qu’elle a obtenu lors de la « Conférence des non alignés ».
Au plan régional, nombre de pays, hier encore très engagés dans les scénarios guerriers semblent s’assagir et modérer leur aventurisme, à l’exception du Qatar dont l’Emir réclame toujours une intervention armée arabe, à défaut de celle de l’OTAN, suivi de la Tunisie dont le président provisoire se dit toujours prêt à envoyer ses troupes, comme si la présence de mercenaires tunisiens en Syrie, ne constituait pas en soi, une mine à retardement et une menace réelle pour notre propre avenir, comme ce fut le cas dans d’autres pays, après le retour d’Afghanistan, des « anciens d’Al-Qaïda »… !!!
Il convient de rappeler à ce niveau, que l’intervention étrangère en Syrie est bien réelle et ce, depuis le début de la crise, mais elle n’est pas le fait d’unités issues des armées régulières, mais plutôt à travers des combattants et des bandes criminelles de mercenaires terroristes étrangers, dont quelques centaines de tunisiens, qui représentent selon le quotidien Allemand « Die Welt », citant des sources des services spéciaux 95% des effectifs de l’ASL. Ce qui fait froid dans le dos, et augure d’un avenir des plus sombres pour la future stabilité et la paix dans notre belle Tunisie !
Face à ce déploiement hystérique de forces étrangères en Syrie, mais au plan local syrien, nous avons assisté récemment à la tenue à Damas d’une conférence unitaire de vingt deux partis d’opposition et puis sur le plan militaire, à une maîtrise quasi-totale du terrain par l’armée arabe syrienne.
Mesdames et Messieurs les membres de l’ANC,
Vous êtes en tant que membres de l’ANC , les tenants de la légitimité en Tunisie et il est de votre devoir de contrôler et de demander des comptes aux représentants du pouvoir exécutif que vous avez élus, et qui agissent au nom du peuple tunisien.
J’ai pris acte de votre attitude honorable et courageuse dans l’affaire de l’extradition de l’ancien premier ministre libyen, Monsieur AL BAGHDADI Al Mahmoudi , et je vous invite à interpeller les représentants du pouvoir exécutif que vous avez élus, sur la politique hostile et agressive vis-à-vis de la Syrie et qui risque d’engager le pays dans des aventures guerrières si l’on croit l’insistance du président provisoire à envoyer un corps expéditionnaire tunisien  en Syrie, que ce pays n’a pas demandé et qu’il n’acceptera jamais.
Je vous invite aussi à envoyer une délégation représentative de votre honorable Assemblée pour aller en Syrie afin de se rendre compte sur place, de la situation réelle dans ce pays que les médias du mensonge n’ont cessé de dénigrer depuis près de deux ans, et aussi, pour renouer avec la communauté tunisienne coupée de son pays et de ses représentants.
Vive la Tunisie libre, indépendante, souveraine et solidaire des causes de la Justice et du respect des règles de « non ingérence » et de bon voisinage.
Ahmed Manai
Membre de la Mission des Observateurs de la Ligue arabe en Syrie.
Tunis le 28 0ctobre 2012

 

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MASSACRE DANS LE SUD DE MADAGASCAR AVEC AU MOINS 175 MORTS POUR LE MOIS DE SEPTEMBRE

Publié le par Tourtaux

 

Massacre dans le Sud de Madagascar

 

La situation dans le Sud de la Grande Ile est de plus en plus préoccupante. Aucun bilan officiel n’est connu. Des volontaires de la société civile ont en tous cas dénombré quelque 175 morts pour le mois de septembre dernier.

Les militaires ont choisi en effet de recourir à l’arme lourde. De nombreux témoins évoquent ainsi plusieurs dizaines de victimes innocentes. Dans un village dénommé Miary, dans les environs de Betroka, les militaires avaient tiré à coups de lance-roquette dans le tas, faisant de nombreuses victimes. Le cadre juridique de l’opération militaire suscite également de nombreuses questions. Car les moyens utilisés ne relèvent plus d’une opération de rétablissement de l’ordre.
Dans certaines localités, la population tente de s’organiser pour faire face à la violence des militaires qui ont beaucoup de mal à distinguer les dahalo, les bandits qui sévissent dans la région, aux simples villageois. A priori, Remenabila, le chef des dahalo, qui est à l’origine de l’opération militaire dans le Sud, court toujours.

Source: MadOnline

 

http://tsimokagasikara.wordpress.com/2012/10/25/massacre-dans-le-sud-de-madagascar/

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L'HUMANITE FLIRTE DANGEREUSEMENT AVEC LE QATAR

Publié le par Tourtaux

 

L'Humanité-Qatar : Une liaison dangereuse

Logo L'Humanité.PNGDepuis mai 2001, 20% du capital de la Société nouvelle du journal L'Humanité sont détenus par un groupe d’investisseurs regroupés dans la Société Humanité investissement pluralisme (SHIP) [1], laquelle a apporté 30 millions de francs au capital du journal et est, de ce fait, représentée à son Conseil  de surveillance.

Parmi les investisseurs de la SHIP figure une société du groupe Lagardère SCA (Hachette Filipacchi) qui détiendrait 9% du capital du journal. [2]

En plus d’être présent dans l’armement et l’aéronautique [3], le groupe dirigé par Arnaud Lagardère est le premier éditeur de presse magazine au monde avec plus de 250 titres publiés dans une quarantaine de pays.

1333842692.JPGOr, en janvier 2012, le fonds souverain de l'émir du Qatar a porté à près de 13% sa participation au capital de Lagardère SCA, devenant ainsi le premier actionnaire du groupe, devant Arnaud Lagardère lui-même.

On peut donc dire qu’aujourd’hui le Qatar contrôle une partie du capital du journal fondé par Jean Jaurès.

Une situation inconfortable quand on sait que les nombreux investissements du Qatar traduisent ses ambitions géostratégiques et que celles-ci sont plus qu’inquiétantes.

Ainsi, en Libye, pour aider à renverser Mouammar Kadhafi, l’émirat a déployé plus de 5.000 membres de ses forces spéciales et a « acheminé de nombreux convois d’armes aux combattants islamistes ». [4]

Aujourd'hui, en Syrie, il est en train de rééditer le même scénario avec la complicité du gouvernement français.

Vincent Bolloré a avoué explicitement qu'il n’investissait dans les médias qu’avec l’intention de contrôler leur ligne éditoriale [5].

Peut-on penser que ce soit différent pour ses semblables : Dassault, Bouygues, Rothschild ou Lagardère-Qatar ?

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[1] SHIP est une société anonyme à conseil d’administration au capital de 2.783.000 euros dont l’administrateur est Alfred Sepselevicius (Alfred Gerson). Son siège est situé 164 Rue Ambroise Croizat à Saint-Denis.

[2] Le capital de la Société nouvelle du journal L’Humanité (SNJH) se répartit ainsi :
Actionnaires individuels : 40,71 %
Société des lectrices et lecteurs de L’Humanité : 20 %
Société Humanité investissement pluralisme : 20 %
Société des personnels de L’Humanité : 10 %
Société des amis de L’Humanité : 9,29 %

[3] Le groupe Lagardère détient 14,95% du capital de EADS : Airbus, Eurocopter...

[4] Le Figaro, 6 novembre 2011 : http://blog.lefigaro.fr/malbrunot/2011/11/5-000-forces-sp...

[5] « Je ne suis pas un investisseur financier, je suis un investisseur industriel. Je dois donc avoir le contrôle de l'éditorial. » Télérama, novembre 2007, http://www.telerama.fr/monde/21352-le_raz_de_maree_bollor...

JPD

http://lepetitblanquiste.hautetfort.com/

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MADAGASCAR : LETTRE OUVERTE DU GTT INTERNATIONAL-GENEVE AUX AUTORITES FRANCAISES

Publié le par Tourtaux

 

CRISE MALAGASY: LETTRE OUVERTE DU GTT INTERNATIONAL-GENEVE AUX AUTORITES FRANCAISES

Malagasy Mandresy, Madagasikara Afaka

Peuple Malagasy Gagnant. Madagasikara Libre

Winner Malagasy People. Free Madagasikara

 

Le GTT International-Genève jugera la France par ses actes

 

Au lendemain du XIVème Sommet de la Francophonie qui s’est tenu à Kinshasa (RDC), nous ne saurons rester insensibles aux déclarations volontaristes de M. François Hollande marquées par une volonté de  changement et d’assainissement des relations entre la France et ses anciennes colonies africaines.  Naturellement, nous sommes extrêmement vigilants par rapport à ces discours car les réalités à Madagascar sont loin d’abonder dans le sens du changement.

En effet, le pays nage en pleine françafrique depuis bientôt 4 ans maintenant. Doit-on rappeler que la crise dans laquelle s’est empêtré le pays est le fruit du soutien très actif de la France à Rajoelina et ses amis putschistes ?

Toutes les solutions de sortie de crise proposées jusqu’ici ont été sabotées par Rajoelina sur les conseils en coulisse de la France.

Qu’ont-ils apporté les putschistes en quatre ans de pouvoir sinon mettre le pays à genoux laissant les Malagasy s’enfoncer dans leur calvaire quotidien ? Aussi, il n’est point excessif de qualifier ces putschistes, appuyés ouvertement par la France, de criminels eu égard aux souffrances qu’ils font endurer à leurs propres compatriotes et à la Nation :

- une misère extrême où 77% de la population vivent, plutôt survivent dans la pauvreté, selon le magazine Forbes. Ajoutons aussi que l’Indice de Développement Humain (IDH) de Madagascar, selon le PNUD, est passé de 0,571 en 2008 à 0,480 en 2011 classant le pays parmi les plus faibles IDH. Cette détresse de la population est bien visible du moins dans la capitale où de plus en plus de Malagasy vendent leurs biens personnels au marché pour survivre.

-  une insécurité généralisée, de nuit comme de jour, où les malfaiteurs utilisent de plus en plus des armes de guerre,

-  massacres et intimidations de la population civile en profitant de l’opération « Dahalo » dans la région sud et grand ouest de l’île avec comme conséquence un déplacement massif de population. Si ce n’est pas du nettoyage ethnique, cela y ressemble fort,

-   Violations graves et répétées des droits de l’homme avec les intimidations et assassinats d’opposants,

-  pillages permanents des richesses nationales par des trafics à grande échelle en tout genre en particulier les bois de rose, espèce endémique à Madagascar.

Lorsque, à Kinshasa, M. Hollande a annoncé que « la francophonie doit porter la démocratie, les droits de l’homme, le pluralisme et la liberté d’expression », nous l’invitons à venir sur place pour constater qu’aucune de ces valeurs démocratiques n’y a cours en ce moment.

Lorsque, à Dakar, M. Hollande a déclaré que « le temps de la françafrique est révolu, il y a la France et il y a l’Afrique », nous ne pouvons qu’y souscrire et sommes impatients de voir son effectivité dans les faits.

Tant que l’OIF et la COI s’autoproclament comme experts en matière électorale dans l’objectif de s’imposer comme observateurs pour des hypothétiques élections non acceptées par tous et dont les conditions de réalisation sont loin d’être réunies, Dakar resterait dans la longue liste des beaux discours. Parmi les conditions stipulées par la Feuille de route, figure la mise en ouvre des mesures d’apaisement notamment la présence au pays du Président élu démocratiquement Marc Ravalomanana et la possibilité pour lui de se porter candidat ainsi que la libération sans conditions de tous les prisonniers politiques.

Par ailleurs, six mois après le départ de M. Sarkozy, force est de constater que rien n’a changé sous l’ère Hollande sur la politique française à l’égard des putschistes. Aussi, nous exigeons de la France de :

-  cesser de jouer avec la vie des 20 millions de Malagasy en mettant fin à tout soutien et aide directe ou indirecte, civile ou militaire, ou toute autre forme à ce régime criminel, cela ne fait que conforter Rajoelina et ses amis putschistes dans leur pratique totalitaire,

-  mettre fin aux ingérences et manigances autour de cette sortie de crise en laissant les Malagasy trouver eux-mêmes la solution à travers le dialogue malgacho-malgache,

-  respecter le choix et la souveraineté du peuple Malagasy en oeuvrant de concert avec la Communauté Internationale, en particulier la SADC, pour le rétablissement de l’état de droit et la Démocratie à Madagascar avec le retour au pays du Président élu démocratiquement Marc Ravalomanana. Soulignons que lors de son discours à Dakar, M. Hollande a insisté à maintes reprises que « LA FRANCE VOUS Y AIDERA ». Nous demandons sa concrétisation.

Enfin, nous voulons rappeler quelques recommandations pertinentes de la Déclaration finale de Kinshasa :

« Dans un souci de préserver la paix, élément fondamental pour un développement harmonieux, nous (membres de la Francophonie) réaffirmons notre détermination à promouvoir la gouvernance démocratique et les droits de l’Homme… » (Paragraphe introductif du Titre II)

« Nous réaffirmons le droit à l’autodétermination des peuples sous occupation étrangère et demandons aux puissances occupantes de se conformer au droit international et de respecter le droit international humanitaire, notamment la quatrième Convention de Genève de 1949 » (Alinéa 26).

« Nous réaffirmons la nécessité d’organiser des élections libres, fiables et transparentes afin de garantir la légitimité démocratique des institutions et d’assurer un déroulement apaisé des consultations électorales… » (Alinéa 27).

 

Les Malagasy  jugeront la France par ses actes.

 
GTT INTERNATIONAL – GENEVE

Collectif de la Diaspora
15, rue des Savoises
GENEVE – SUISSE

 

http://gtt-international.blogspot.com/

collectifgtt@gmail.com

 

http://tsimokagasikara.wordpress.com/2012/10/23/crise-malagasy-lettre-ouverte-du-gtt-international-geneve-aux-autorites-francaises/

 

 

Publié dans L'Afrique en lutte

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