Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

l'afrique en lutte

COMME EN SARKOZIE, LA REPUBLIQUE BANANIERE VERSION HOLLANDE/FABIUS POURSUIT LES MEMES CROISADES COLONIALES. FABIUS FAIT PART DE SES EXIGENCES POUR UNE INTERVENTION MILITAIRE AU MALI.

Publié le par Tourtaux

MALI: La France a fait part de l’éventualité d’une intervention militaire
 

 

Publié le 14 juillet 2012
 

 

IRIB- Le ministre français des Affaires étrangères a fait part d’une intervention militaire éventuelle de son pays, dans les évolutions du Mali.

”Les évolutions, dans le Nord du Mali, exigent une intervention militaire, dans ce pays”, a déclaré Laurent Fabius. ”Cette décision doit être confirmée, par le gouvernement, dans le Sud du Mali”, a-t-il précisé, avant d’indiquer qu’en cas d’une intervention militaire, les opérations militaires seront guidées par les parties africaines, et, certes, avec le soutien des parties internationales. “La France est, principalement, contre la présence d’Al-Qaïda et l’activité des miliciens, en Afrique du Nord”, a souligné Fabius.

IRIB

 

http://tsimokagasikara.wordpress.com/2012/07/14/mali-la-france-a-fait-part-de-leventualite-dune-intervention-militaire/ 

Publié dans L'Afrique en lutte

Partager cet article
Repost0

LES COMMUNISTES SOUDANAIS SOUTIENNENT LES MANIFESTATIONS POPULAIRES ET CONSTRUISENT UNE " ALTERNATIVE DEMOCRATIQUE " AU REGIME AUTORITAIRE D'OMAR EL BECHIR

Publié le par Tourtaux

cp-sudan.gif Les communistes soudanais soutiennent les manifestations populaires et construisent une « alternative démocratique » au régime autoritaire d'Omar el Bechir





Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/





Ce mercredi 4 juillet, les principaux partis politiques d'opposition, parmi lesquels le parti Umma et le Parti communiste, ont signé le document politique intitulé « Alternative démocratique ». Un accord conclu après vingt jour de manifestations de masses ininterrompues contre le régime d'El Bechir. Ces manifestations pacifiques, qui ont embrasé les principales villes et bourgs du pays, rencontrent les mesures répressives les plus impitoyables, les arrestations massives, la torture pour ceux qui sont détenus, le déni des soins médicaux, et les passages à tabac. Malgré tout, les manifestants continuent à défier la répression d’État et envahissent les rues. Hier, les étudiants de l'Université de Khartoum sont descendus dans la rue pour la énième fois.



Les journalistes, membres du Réseau des journalistes démocrates, ont manifesté par centaines devant le bâtiment des droits de l'Homme de l'ONU, exigeant la fin de la répression policière et le respect de la liberté d'expression ainsi que la libération des journalistes incarcérés. Il convient de mentionner que les forces de sécurité ont libéré deux journalistes Égyptiennes et les ont renvoyé dans leur pays.



Les avocats, par centaines, se sont rassemblés devant le Ministère de la Justice, exigeant le respect de la constitution, des procès justes pour les manifestants, des conditions meilleures et plus humaines pour les détenus, y compris le droit à consulter des docteurs ou des avocats de la défense, et enfin la libération de tous les prisonniers politiques.



Il est évident que les manifestations, qui ont commencé comme des expressions de colère face à la hausse des prix et aux mesures d'austérité, prennent progressivement une forme différente, avec de nouvelles forces rejoignant le mouvement de protestations et avec de nouvelles revendications politiques au premier plan. Le mot d'ordre exigeant le renversement du régime devient la revendication première du peuple.



En réponse à ces manifestations et aux luttes, qui ne cessent de monter, du peuple Soudanais, le document sur l' « Alternative démocratique » a été signé. Le document appelle à une période de transition, durant laquelle le pays serait régi par une Déclaration constitutionnelle spéciale, qui commence par la mise en place d'un gouvernement d'union nationale et doit s'achever par l'organisation d'élections justes, libres et honnêtes.



Par ailleurs, le document lance un appel à la séparation de la religion et de l’État, le bannissement de l'exploitation de la question religieuse à des fins politiques et son instrumentalisation dans la lutte politique, afin d'assurer la stabilité et la paix sociale. Le document a défini la voie tactique privilégiée pour renverser le régime, celle des grèves, des manifestations pacifiques, des occupations, de la désobéissance civile, et de la révolution populaire.



Les différentes forces politiques se sont mises d'accord pour continuer la lutte jusqu'à la victoire finale, insistant sur le fait qu'il n'y a plus de place pour les négociations avec le régime.



Le principal défi désormais est de transformer le document en un manifeste populaire qui pourrait aider à rassembler toutes les forces d'opposition, afin de lancer l'assaut final contre le régime. Le Parti communiste soudanais, qui a signé le document, souhaite insister sur le fait que l'adhésion à ce document par ceux qui l'ont signé, et le soutien d'autres forces qui mènent une lutte acharnée au Darfour, au Sud-Kordufan, et sur le Nil Bleu, ainsi que la solidarité internationale, doivent ouvrir la voie à la fin du régime actuel, aux souffrances de notre peuple, et à l'instauration d'un Soudan démocratique.



Vive la solidarité internationale ! Victoire pour le peuple soudanais !

 

 

                                                                                            Vendredi 6 juillet 2012

Publié dans L'Afrique en lutte

Partager cet article
Repost0

AFRIQUE DU SUD : L'ANC RECLAME LE BOYCOTT DES PRODUITS ISRAELIENS

Publié le par Tourtaux

L’ANC réclame le boycott des produits israéliens

mercredi 4 juillet 2012 - 07h:00

Mandy Rossouw
City Press

La Conférence des délégués de l’ANC exige plus de solidarité avec la Palestine.
(JPG)

 

Un boycott contre tous les produits importés d’Israël se fera si les membres de l’ANC (le Congrès national africain) parviennent à leurs fins.

Lors de la conférence politique du parti au gouvernement, qui s’est close vendredi, les délégués ont exprimé leur préoccupation à propos du manque de vigueur de la campagne de l’ANC en solidarité avec la Palestine.

« Beaucoup de membres ont déclaré qu’il fallait faire plus pour le boycott des produits importés d’Israël vers l’Afrique du Sud », dit Lindiwe Zulu, conseillère présidentielle pour les relations internationales et membre de la sous-commission de l’ANC pour les relations internationales.

Zulu a déclaré à la presse que les délégués estimaient qu’il fallait « être plus visible sur la Palestine ».

Dans une initiative visant à contrecarrer Israël, les délégués veulent un boycott total des produits israéliens pour montrer que la solidarité de l’ANC avec la Palestine n’a pas changé.

Récemment, ce fut un sujet de débat lors de la réunion du Comité national exécutif en mai, peu après que le ministre du Commerce et de l’Industrie, Rob Davies, eut annoncé que les produits des territoires occupés devaient être étiquetés en tant que tels.

Ce qui a immensément agacé Israël, car pour l’État juif, la bande de Gaza et la Cisjordanie ne sont pas occupées. Il estime que ces régions appartiennent légitimement à Israël.

Jeudi, le Parti chrétien-démocrate africain (ACDP) et le Parti de la liberté Inkatha (IFP) se sont joints à des groupes juifs dans une marche qui s’opposait à l’étiquetage des produits des territoires occupés.

D’après le dirigeant de l’ACDP, Kenneth Meshoe, la marche a attiré environ 1600 personnes et un mémorandum a été déposé au siège du département du Commerce et de l’Industrie à Pretoria. L’ACDP pense que l’Afrique du Sud ne doit pas prendre parti dans la crise du Moyen-Orient mais plutôt se positionner comme un médiateur crédible, toujours selon Moshoe.

Pour les lobbyistes pro-israéliens, si l’annonce sur l’étiquetage devient une loi, les entreprises israéliennes vont refuser d’étiqueter leurs marchandises et dès lors, elles vont arrêter de les exporter vers l’Afrique du Sud, initiative qui pourrait avoir un impact sur certaines industries, notamment l’industrie des produits de beauté. Un étiquetage des marchandises qui indiquerait « Cisjordanie » pourrait être examiné, disent les lobbyistes pro-israéliens, mais pas « territoires occupés ».

Les groupes de pressions pro-palestiniens veulent que l’Afrique du Sud s’implique dans la campagne de Boycotts, Désinvestissements et Sanctions (BDS) pour forcer Israël à parvenir à un accord à propos de la terre palestinienne. Le gouvernement sud-africain se méfie d’une telle démarche qui pourrait créer une tension entre l’Afrique du Sud et les États-Unis, allié important d’Israël.

Par ailleurs, Zulu a annoncé que le Swaziland (pays d’Afrique australe enclavé par l’Afrique du Sud et bordé par le Mozambique ) avait finalement accepté les conditions d’un prêt de 2,4 milliards de l’Afrique du Sud. Zulu a dit que l’ANC sera avec le Cosatu (Congrès des syndicats sud-africains) pour prendre position avec fermeté contre les abus du gouvernement swazi, en particulier l’emprisonnement de militants du Swaziland.

« Il y a en a qui croupissent en prison sans aucune perspective de connaître les accusations ou d’être jugés. Cela doit cesser. » a-t-elle dit. Et d’avertir que pour l’Afrique du Sud, il serait regrettable d’avoir à « attendre trop longtemps » pour traiter de manière décisive avec le Swaziland.

« Nous ne voulons pas la même situation que celle que nous avons connue avec le Zimbabwe, où nous avons attendu trop longtemps. Nous ne devons pas attendre qu’éclate une violence généralisée. »

Elle a dit aussi que l’ANC veut que le gouvernement sud-africain mette au point un code de conduite pour les entrepreneurs qui commercent avec le reste de l’Afrique.

« Nous avons eu un assez grand nombre de plaintes de pays africains à propos de nos milieux d’affaires. Il doit exister un recours institutionnel pour le cas où nos gens ne font pas ce qu’ils devraient » a-t-elle déclaré.


Voir aussi :

-  Afrique du Sud : ... Solidarité avec les Palestiniens - Ahmed Kathrada - Conseil judiciaire musulman - Afrique du Sud
-  Afrique du Sud et Danemark : pour le label des produits sous l’occupation israélienne - Osman El Sharnoubi - Ahram.org
-  Le gouvernement sud-africain prend des mesures concrètes contre les produits des colonies israéliennes illégales - Muhammad Khatib - CCLP (Palestine)
-  Afrique du Sud/Territoire palestinien : des similitudes, mais pas les mêmes réactions - John Dugard - Bitterlemons
-  L’Afrique du Sud promet de soutenir les Palestiniens - Mel Frykberg - The New Age

1er juillet 2012 - City Press - traduction : JPP

 

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=12376

Publié dans L'Afrique en lutte

Partager cet article
Repost0

CAPITAINE MARTIN : COOPERATION CHINOISE ET IMPERIALISME ETATSUNIEN

Publié le par Tourtaux

 
Mercredi 27 juin 2012

Coopération chinoise et impérialisme étatsunien

 

Il faut remonter loin dans le temps pour trouver un président des États-Unis qui ne s’intéresse absolument pas au continent africain. Malheureusement pour les Africains, Obama n’est pas de cet avis et l’Empire cherche aujourd’hui à contrebalancer la présence chinoise par tous les moyens. Et ils le font à leur manière : en militarisant le continent et en intervenant dans les affaires internes de ces pays…  pour défendre leurs propres intérêts. Mais la politique qui est en train d’être déclinée fait émerger des doutes jusqu’à l’intérieur même du département d’État américain. Pourtant, des forces spéciales occupent désormais le rôle que tenait jusqu’à présent la CIA (Central Intelligence Agency) en Afrique ; et comme cette dernière, elles entraînent les armées locales à contrôler et à éliminer les terroristes supposés, avec des effectifs nombreux et des ressources qui le sont tout autant.

  

« La lutte contre le terrorisme ». Une phrase dont on nous rebat les oreilles pour justifier n’importe quel tour de cochon et qui sera reprise à l’envi par les media occidentaux… La réalité est malheureusement plus prosaïque : les Chinois, et non cette espèce de feuille de vigne que représente le terrorisme islamo-africain, sont en réalité le véritable ennemi que combattent les États-Unis au sud du Sahara dans une guerre qui n’est pas déclarée mais qui apparaît désormais évidente.

  

Les Chinois ne sont évidemment pas le père Noël, mais ils ont une approche profondément différente de celle, brutale, qu’a eue l’Occident depuis des siècles sur le continent africain. En effet, les Occidentaux, déjà coupables de la peu reluisante traite des esclaves, ont construit et construisent bien peu pour le continent noir ; en revanche, ils continuent de rafler les immenses ressources qui s’y trouvent, décrétant de facto la mort de millions d’êtres humains.

  

En outre, les Chinois n’utilisent pas comme les États-Unis ces pays pour y implanter des bases militaires à partir desquelles ils bombardent d’autres pays africains (cf. la Somalie) ou pour agresser les pays moyen-orientaux comme le font les valets de la démocratie étatsunienne.

  

Ainsi Ouagadougou, capitale du Burkina Faso dont l’actuel président Blaise Compaoré déposa puis assassina en 1987 Thomas Sankara, faisant ainsi régresser de quelques dizaines d’années son propre peuple en annihilant toutes les conquêtes de la révolution sankariste, est devenue la clé de voûte de l’espionnage des États-Unis en Afrique. Dans le cadre d’une action de surveillance répondant au nom de code de creek sand, des fonctionnaires et des entrepreneurs étatsuniens ont conclu avec les autorités locales la construction d’une base aérienne de dimensions modestes dans la zone militaire de l’aéroport international. Á partir de là, d’ « inoffensifs » avions espions partent en direction du Mali, de la Mauritanie et du Sahara à la recherche des combattants d’Al-Qaïda au Maghreb islamique spécialisés dans l’enlèvement d’otages occidentaux. Même si la dangerosité de ces groupes, qui opèrent exclusivement à un niveau local et dont les revendications ne peuvent représenter un réel danger pour les États-Unis, reste à prouver... Mais le « terrorisme international » est devenu le terme magique qui permet de cacher les véritables intentions de l’Oncle Sam en Afrique, à savoir l’accaparement des ressources et le contrôle militaire du territoire.

  

Mais ce qui est en train de se passer au Burkina Faso n’est pas un cas isolé. Le Pentagone étudie également l’ouverture d’une base au sud-Soudan, pays né récemment de la partition du Soudan et qui assurait avant celle-ci 85 % de la production des 470.000 barils quotidiens de l’ensemble du pays. Le pur fruit du hasard…

  

En Afrique de l’est, les bases sont déployées en Éthiopie, à Djibouti, au Kenya et aux Seychelles. De là partent pour le Pakistan et le Yémen les drones Predator et Reaper. Une douzaine au moins de bases aériennes ont ainsi été crées depuis 2007, et les opérations n’ont cessé de s’intensifier au cours des derniers mois. Les forces spéciales américaines sont d’évidence en train d’acquérir un rôle croissant au sein de l’administration Obama en agissant au vu et au su de tout le monde… et pas seulement en zone de guerre.

  

L’approche du continent africain par les Chinois s’inscrit de toute évidence en faux par rapport à ces pratiques belliqueuses. Ce n’est pas un hasard si nombre de traités d’amitié et d’accords commerciaux lient déjà Pékin avec différents pays subsahariens. Bien sûr, une kyrielle de journalistes occidentaux mettent l’accent sur le caractère peu démocratique de certains pays africains qui commercent avec la Chine, mais la mauvaise foi de la plupart d’entre eux est d’autant plus grotesque qu’ils ignorent systématiquement ce que font les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne ou tout autre pays de l’Union européenne dans cette même Afrique ou au Moyen-Orient… où le critère de choix des pays partenaires n’est pas la démocratie mais plutôt la fidélité aux intérêts stratégiques étatsuniens.

  

Aux critiques susmentionnées, l’une des réponses donnée par les Chinois est le droit à l’autodétermination des peuples ainsi que celui de choisir librement leur gouvernement et la voie de leur développement, et ce sans aucune ingérence de puissances extérieures. Des principes qui apparaissent difficilement réfutables… Mais, au-delà de ceux-ci, le point à prendre réellement en compte est de savoir si l’intervention chinoise est bien acceptée des populations africaines. Une question peu anodine tant les interventions occidentales en Afrique, mais aussi au Moyen-Orient et pendant de longues décennies en Amérique latine, ont été fortement contestées par les populations mais largement applaudies par les gouvernements corrompus. Et force est de constater que l’intervention chinoise, sur laquelle il est très facile de se documenter, est bien considérée par les peuples africains qui, malgré quelques défiances naturelles dues à des us et coutumes radicalement différents, voient d’un bon œil se construire des routes, des aéroports, des écoles, etc. Parallèlement, les Chinois fournissent les structures fondamentales nécessaires aux pays africains pour pouvoir affiner leurs ressources naturelles et ne plus être de simples exportateurs de richesses en échange de quelques miettes lâchées par l’Occident.

  

La Chine, je le répète, n’est pas le père Noël mais un pays qui ne traite pas avec les autres sur le mode impérialiste ou néo-colonialiste. Preuve est que les Chinois maîtrisent encore aujourd’hui l’art antique du commerce dont ils ont été les maîtres incontestés pendant des millénaires. Ils ont besoin de ressources et de matières premières pour soutenir le développement exponentiel de leur pays (et assurer une augmentation du niveau de vie de leurs compatriotes), mais ils le font dans le respect des peuples et avec une approche qui va bien au-delà de la simple relation commerciale. Mais la chose la plus importante à souligner est qu’ils ne pillent pas les ressources africaines comme les puissances occidentales le font depuis des siècles. C’est en fait la différence fondamentale qui sépare les Chinois des Occidentaux.

  

Capitaine Martin

 

http://www.resistance-politique.fr/article-cooperation-chinoise-et-imperialisme-etatsunien-107511712-comments.html#anchorComment

Publié dans L'Afrique en lutte

Partager cet article
Repost0

L'AFRIQUE SURVEILLEE PAR LES MISSIONS D'ESPIONNAGE PRIVEES AMERICAINES

Publié le par Tourtaux

Jeudi 21 juin 2012 4 21 /06 /Juin /2012 08:28

Par Craig Whitlock (revue de presse: traduction et synthèse* - Washington Post, 15/6/12)

Sous un soleil de plomb, quatre avions de passagers, de couleur blanche, sont garés devant un hangar, sans aucun marquage, à l’exception du numéro d’immatriculation US. Ce sont des Pilatus 12, appareils préférés des forces spéciales américaines en raison de leur apparence ordinaire. Rien n’indique qu’ils disposent de senseurs hypersensibles et de caméras pouvant filmer à 10 kms de distance des cibles de la taille d’un homme.

 

Les Etats-Unis sous-traitent, depuis quelques années,  leurs missions d’espionnage à des compagnies privées qui fournissent tant les appareils que les pilotes, les mécaniciens, les personnels capables d’interpréter les informations électroniques collectées au-dessus de l’Ouganda, du Congo, du Sud-Soudan, du Tchad et de la République Centrale Africaine. Cette pratique est la pierre angulaire des activités secrètes des militaires US sur le continent africain, dans cette région et en Afrique du nord où un programme de surveillance a pour cible les affiliés d’Al-Qaïda.. En octobre dernier, Obama a envoyé 100 soldats d’élite en Afrique centrale pour ratisser le terrain à la recherche de Joseph Kony, le chef de l’Armée de Résistance d’Ouganda dans le cadre d’une opération nommée Le Sable de l’éléphant, mais les compagnies américaines ont, depuis plus longtemps, depuis 2009, traqué Kony depuis le ciel.

 

Le Haut commandement US en Afrique qui contrôle les opérations militaires refuse de discuter les missions spéciales ou les raisons de cette sous-traitance et considère que si quelque chose dérive, les sous-traitants sont seuls responsables. Pour le commandement, « ils recevront la même assistance que n’importe quel citoyen américain, s’ils devaient être en danger ».

 

Il existe des précédents à cette sous-traitance. Les militaires ont eu recours à de telles compagnies pour une surveillance aérienne en Amérique Latine dans les années 1990 et au début des années 2000, avec parfois des résultats désastreux.

 

Des conséquences graves

 

En 2003, par exemple, un Américain et trois autres furent pris en otage par les guérillas colombiennes après que leur avion se fut écrasé dans la jungle. Ils travaillaient pour Northrop Grumman pour le programme anti-narcotique du Département de la Défense et restèrent cinq ans en captivité. Peter W. Singer, du Brookings Institution, explique que le Pentagone cherche ainsi la possibilité de « pouvoir nier » mais ajoute que cela « ne se  termine jamais comme ça ». Et  les compagnies opérant au sein de  cette mission en Afrique craignent que «  tout accident survenant à un appareil pourrait avoir des conséquences graves, du type prisonnier/otage, ou pire, si les forces hostiles arrivent sur le lieu en premier mais  pourrait aussi affecter sérieusement AFRICOM et les Américains » écrit un technicien de technologie aérienne d’une compagnie de défense d’Oklahoma.

 

Quand Tusker Sand a été initié fin 2009, ce programme ne disposait que d’un seul PC12 dans le hangar militaire à l’aéroport d’Entebbe qui abrite aussi un appareil Gulfstream pour les déplacements du président Yoweri Museveni.

 

L’appétit du Commandement US pour la surveillance s’est vite fait sentir. Le 11 juin 2010, le commandement africain a participé à une « Journée de l’Industrie » en Ouganda pour attiser l’intérêt de plus de 50 sous-traitants qui y participèrent et furent invités à développer les programmes de Tusker et de Creek Sand , destiné à Al-Qaïda au Maghreb islamique, à partir du Mali en fournissant quelque 44 personnes, tous des vétérans en tous domaines, afin de ne pas nécessiter une période de formation ou un stage de survie,  et plus, si le Commandement en Afrique désirait pousser encore plus les opérations. C’est ainsi que le nombre de vols de surveillance a considérablement augmenté.

 

Tusker Sand a, de plus, reçu un soutien sans précédent de la part du Sénateur républicain J.M. Inhofe (Oklahoma), en mars dernier demandant à l’administration Obama de fournir au Commandement Africain tous les « moyens » en termes de surveillance aérienne et d’équipement pour capturer Kony et pour d’autres missions de contre-terrorisme. Il a depuis reçu toutes les assurances que son message a été entendu : la Commission des services armés du Sénat a autorisé qu’une somme de 50 millions de dollars soit attribuée au Département de la Défense pour « étendre et améliorer » l’assistance aux forces ougandaises et régionales dans cette traque sans qu’aucune critique ouverte ne soit faite à l’utilisation de compagnies privées dans cette optique sauf une référence liminaire dans le texte de la loi au rôle primordial des compagnies privées d’espionnage «  dans la collecte d’informations pour une chasse à l’homme qui s’avère, sans aucune raison, très onéreuse et ne satisfait pas aux besoins des forces militaires ».

 

* Traduction et synthèse: Xavière Jardez

 

Texte original: http://www.washingtonpost.com/world/national-security/contractors-run-us-spying-missions-in-africa/2012/06/14/gJQAvC4RdV_story.html

 

http://www.france-irak-actualite.com/article-afrique-missions-d-espionnage-privees-americaines-107239708.html

Publié dans L'Afrique en lutte

Partager cet article
Repost0