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LE PARTI COMMUNISTE BRESILIEN DENONCE LE NOUVEAU PLAN DE PRIVATISATIONS D'UN GOUVERNEMENT DU PARTI DES TRAVAILLEURS AU SERVICE DU GRAND CAPITAL

Publié le par Tourtaux

obama_dilma.jpgUn gouvernement au service du grand capital



Communiqué du Parti communiste brésilien (PCB)

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



La Commission politique nationale du PCB estime que le récent paquet économique annoncé par le gouvernement, mobilisant des ressources de l'ordre de 133 milliards de $ en travaux d'infrastructures ferroviaires et routières, consolide et approfondit le parti-pris du gouvernement du PT en faveur du grand capital et relance de façon accélérée le processus de privatisation de l'économie brésilienne, sous couvert de « concessions », de « partenariat public-privé ».



Ce paquet n'est que la première étape du Programme d'investissement dans la logistique, qui couvrira également les secteurs de l'énergie, des ports et aéroports et vient consolider l'option validée par la privatisation des trois principaux aéroports du pays et d'une autoroute reliant Rio de Janeiro à Espírito Santo.



Ces mesures sont l'incarnation même d'une ligne politique fort semblable à celle du gouvernement Fernando Henrique Cardoso, livrer le patrimoine public à l'initiative privée ; ce qui explique que même le PSDB a publié des articles dans les journaux pour féliciter la présidente Dilma pour son nouveau programme de privatisations. Le patronat a par ailleurs salué d'une seule voix le paquet et couvert d'éloges la présidente, à tel point que Eike Batista, le patron le plus riche du pays, a définit le paquet économique comme le « kit-bonheur » du patronat.



Ce coup de boost du capitalisme brésilien – un volume colossal de concessions à l'initiative privée, comme l'a si bien défini la revue réactionnaire Veja – va privatiser 7 500 kms d'autoroutes, bien plus que toutes les concessions du gouvernement précédent, qui n'ont atteint guère plus que 5 000 kms, et 10 000 kms de voies ferrées. Comme le rapporte avec fierté le journal O Globo, porte-parole des intérêts du grand capital, le Brésil, avec 23 400 kms d'autoroutes à péage, détient le record du monde de cette forme de privatisation, devant l'Allemagne et les États-Unis.



Pour faciliter encore plus la vie du patronat, le gouvernement s'est chargé de couvrir les acquisitions en terme de capacités de transport de marchandises des nouvelles entreprises concessionnaires, ce qui signifie que ces patrons ne courront aucun risque de perte si jamais la demande dans le secteur du fret était trop faible.



En outre, dans le plan même des cadeaux faits au patronat, il est convenu que la Banque nationale de développement économique et social (BNDES) financera près de 80% des projets de privatisation, dans le cadre d'un processus également similaire à celui du gouvernement précédent. C'est de l'argent public, une fois de plus, finançant des investisseurs privés. Et pour que l'on ait aucun doute sur les objectifs du gouvernement, celui-ci va encore concéder des incitations (exonérations fiscales) aux consortiums qui ont remporté les appels d'offre de privatisation des autoroutes et voies ferrées, et divulguera dans les prochaines semaines de nouvelles mesures privatisant les ports et aéroports.



Le gouvernement, annonce euphorique la presse bourgeoise, accordera également des « incitations » supplémentaires à ceux qui auront remporté les concessions : allègement de charges dans les secteurs du transport aérien et de marchandises, le cabotage, le transport maritime et l'entretien et la réparation d'avions, de moteurs et pièces détachées (des exonérations de l'ordre de 900 millions de $). C'est la bourgeoisie qui gagne et les travailleurs qui perdent, puisque ces secteurs cessent de contribuer à hauteur de 20% de la fiche de paie à la Sécurité sociale, et obtiennent en tout une réduction de 1 à 2% sur le salaire brut.



Il s'agit donc de la consolidation d'un modèle radical de construction d'un État maximal pour le grand capital et minimal pour les travailleurs. N'est-ce pas l'essence de ce qu'on appelle le néo-libéralisme ? Se révèle une fois de plus la nature de classe du gouvernement Dilma : tout en niant la revalorisation des salaires des 400 000 fonctionnaires publics et professeurs universitaires en grève et durcit les négociations avec les travailleurs, il ouvre les coffre-forts du gouvernement, via la BNDES, pour que les patrons fassent main basse sur le patrimoine public. Le plus honteux, c'est que la Centrale unique des travailleurs (CUT) et d'autres centrales jaunes, qui devraient être au côté des travailleurs grévistes, ont jugé positives les mesures de privatisation et leur ont donné leur aval, ce qui démontre toute la dégénérescence du syndicalisme officiel et jaune au Brésil.



Nous n'avons pas à attendre que les vainqueurs des concessions soient annoncés pour savoir, a priori, que, au-delà des nouveaux riches choisis par le gouvernement, les fonds de pension liés au syndicalisme officiel et jaune (comme Previ, Petros et Funcef) seront parmi les principaux bénéficiaires de la décision du gouvernement. Une fois de plus, le « PT Patron » sera représenté dans les conseils d'administration des grandes entreprises qui seront créées, dans de nouveaux secteurs stratégiques de l'économie brésilienne.



Avec ce plan de privatisations, le gouvernement du Parti des travailleurs (et ses alliés à gauche et à droite) jette définitivement le masque et enterre les illusions des naïfs et de ceux qui croient encore que ce gouvernement ait une quelconque dimension populaire. Cela confirme par ailleurs les analyses que rend le PCB sur le PT depuis 2005, lorsque nous avons rompu avec le gouvernement et avons adopté une position indépendante, malgré l'incompréhension que cela a pu susciter chez certains courants à gauche. Le seul critère pour juger un gouvernement, en fin de compte, c'est son rapport aux intérêts des travailleurs. Et, dans ce cas, nous sommes confrontés à une administration qui gouverne essentiellement pour le capital, qui coordonne et finance ses affaires, et ne donne que des miettes aux travailleurs, qui veut leur retirer le peu qu'il reste, avec la proposition de nivellement par le bas des droits des travailleurs, qui sera bientôt envoyée au Congrès national.


                                                                                                            Jeudi 27 septembre 2012

Publié dans Les Amériques

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STEPHEN HARPER : FOSSOYEUR DU CANADA

Publié le par Tourtaux

mardi 25 septembre 2012

STEPHEN HARPER


FOSSOYEUR DU CANADA



 

Depuis que Stephen Harper a pris le contrôle du pays, le Canada a perdu beaucoup de son prestige au plan international. Il est de plus en plus confondu avec les politiques extérieures des États-Unis. Que ce soit en Amérique latine ou au Moyen-Orient, sa référence principale est celle de l’oncle Sam. Non seulement il l’imite, mais il se fait, dans bien des cas, l’instrument de défense et de promotion de ses politiques.
Au sein de l’Organisation des États américains (OEA), il est invariablement, peu importe les valeurs du peuple canadien, un fidèle allié de Washington. Ce fut le cas pour le coup d’État militaire au Honduras, en 2009. Ce fut également le cas pour la tentative de coup d’État en Équateur, en 2010 et de celui, tout récent, au Paraguay, en 2012. Lors des élections en Haïti, le Canada a marché main dans la main avec Washington pour que le candidat de ce dernier soit le futur Président, peu importe les chambardements à faire dans les résultats de l’élection.
Au Moyen-Orient, le Canada est automatiquement entraîné dans le sillage de la volonté de Washington. Il en fut un complice fidèle dans le renversement de Kadhafi en Libye tout comme dans cette guerre souterraine en Syrie visant le changement de régime. Ce que dit et veut Washington, le veut Harper. S’il faut augmenter notre budget militaire, alors que personne ne nous menace, c’est tout simplement parce que Washington a besoin de partager les coûts de ses aventures de conquêtes et de domination.
On peut pratiquement en dire autant de l’emprise qu’a l’État sioniste d’Israël sur le Canada de Stephen Harper. Tout est pour Israël. Le peuple canadien passe en second lieu. D’ailleurs, toutes les tractations se font entre initiés et le peuple canadien n’en sait que les miettes.
À toute fin pratique, le Canada, sous la gouvernance de Stephen Harper, a perdu sa véritable personnalité internationale de pays souverain et indépendant et est devenu une sorte de petit caniche, obéissant tout autant à Washington qu’à l’État sioniste d’Israël.
La toute dernière nouvelle a de quoi nous donner des frissons dans le dos. Une entente vient d’être signée entre le Canada et la Grande-Bretagne pour mettre en commun les locaux de leurs ambassades. Le retour à une véritable colonie.
« Le Canada et la Grande-Bretagne sont tombés d'accord pour que leurs ambassades à travers le monde occupent des locaux communs, a annoncé lundi à Ottawa le ministère canadien des Affaires étrangères, John Baird.
Conformément au protocole d'entente sur le renforcement du soutien mutuel dans les missions à l'étranger, signé par M. Baird et son homologue britannique William Hague, les deux parties vont se pencher sur “le futur partage de locaux et la collaboration renforcée en matière de services et d'assistance consulaires”, indique-t-on de mêmes sources.
“Nous n'allons pas vers une fusion de tous nos ambassades et consulats à travers le monde”, a cependant affirmé M. Baird, qui a précisé que le protocole d'entente ne prévoyait pas non plus que le Canada et la Grande-Bretagne aient des ambassadeurs communs. »
Nous sommes, évidemment, loin du temps où le Canada était une référence crédible comme agent de paix dans le monde. On se souviendra de Lester B. Pearson, ce premier ministre qui a porté l’estime international du Canada à son plus haut niveau. À cette époque, le Canada jouissait de la confiance de tous les états qui le considéraient comme un intervenant fiable pour la résolution des conflits. Ce n’est pas pour rien que ce grand premier ministre du Canada fut honoré du Prix Nobel de la paix. À cette époque, le Canada n’était le caniche d’aucun pays. Il avait sa personnalité politique propre. C’était un pays indépendant capable de penser par lui-même.
Voilà où nous en sommes rendus. Voilà ce que fait un gouvernement qui dirige le pays avec moins de 26 % de l’électorat canadien et moins de 40 % des votes émis lors du dernier scrutin. Qu’en disent nos médias et les nationalistes canadiens, si fiers de leur pays?
Quant à savoir si les Canadiens sont d’accord avec cet abandon de leur indépendance internationale, inutile de chercher. Ces questions ne figurent pas sur la liste de leurs pouvoirs. La démocratie, pouvoir du peuple pour le peuple, n’y a pas sa place. Le premier ministre, ayant plein contrôle sur son gouvernement peut tout faire comme il l’entend. Voilà la démocratie pour laquelle nos forces armées se battent dans le monde. La démocratie des grands et puissants.
Oscar Fortin
Québec, le 25 septembre 2012

Publié dans Les Amériques

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ROBERT BIBEAU : POST MORTEM ELECTORAL - LE DESSOUS DES CARTES

Publié le par Tourtaux

POST MORTEM ÉLECTORAL – LE DESSOUS DES CARTES

  

Robertbibeau@hotmail.com 

  

19.09.2012

 

http://les7duquebec.org/7-au-front/post-mortem-electoral-le-dessous-des-cartes/

 

Après neuf années de corruption

 

Les sondeurs, les éditorialistes, les analystes et les columnistes politiques ont pour coutume d’invoquer qu’après neuf années d’iniquité un Conseil des ministres est usé, corrompu et inapte à gouverner. Pourquoi cet anathème ?

 

Incidemment, si ce gouvernement a profité de la proximité de l’assiette fiscale pour s’en mettre plein les poches, favoriser le copinage, organiser le patronage, trafiquer les permis de garderies, récolter les pots de vin, engraisser ses caisses électorales légale et occulte, transférer le fardeau de la crise sur le dos des pauvres, des démunis, de la classe ouvrière, couper dans les services destinés à la population, laisser les listes d’attente s’allonger dans les salles d’urgence, abandonner les chômeurs toujours plus désespérés, privatiser les services publics en faveur des entreprises de services privées, subventionner les multinationales pharmaceutiques, aéronautiques, minières, papetières, forestières, les alumineries et les entreprises alimentaires milliardaires tout en haussant les taxes, les impôts, les tarifs d’électricité, les permis et les assurances, les tickets de transport en commun et les droits de scolarité pour les déshérités, alors, bien entendu un tel Conseil des ministres au service des riches est usé et discrédité.

 

Évidemment, un tel gouvernement ne parvient plus à mystifier la population et il faut relancer le jeu de la chaise musicale afin de laisser croire que l’opposition qui était aux commandes neuf ans auparavant, et qui a été chassée du pouvoir exactement pour les mêmes tourments, fera mieux une décennie plus avant. Dans neuf ans il sera temps d’alterner et de changer d’attelage gouvernemental. Terminée la confiance envers ces politiciens gouailleurs que les riches doivent se résigner à remplacer, histoire d’hypothéquer la « virginité retrouvée » du parti d’alternance revampé.

 

Selon Charest, il était temps cet été d’organiser une nouvelle foucade électorale, et de demander à l’électorat québécois de trancher entre son gouvernement et les étudiants, de trancher entre son Conseil des ministres et celui de l’un ou l’autre de ses deux concurrents, Pauline Marois (Parti Québécois) ou François Legault (Coalition Avenir Québec). Lequel de ces trois partis politiques identiques présente la plus obséquieuse des équipes gouvernementales, la moins sulfureuse et la moins compromise dans les scandales ? Ceci résume le dilemme d’un électeur usurpé, le citoyen avisé, quant à lui, s’abstient de voter pour l’un ou l’autre de ces faux jetons désemparés, fourbes, impuissants ou incompétents.

 

Pourquoi des élections anticipées ?

 

Trois motifs impératifs poussaient le premier Ministre québécois à se lancer dans la mêlée deux ans avant l’échéancier. Premièrement, la meute étudiante militante bloquait de nombreux établissement d’enseignement, résistait aux policiers, aux juges, à la justice des riches, à l’inique loi spéciale 78-12, soutenue en cela par des centaines de milliers de pauvres gens, payeurs de taxes et travailleurs enragés de voir leurs enfants matraqués. La loi et l’ordre bourgeois étaient défiés, menacés; il était temps d’appeler tous les Martineau, les Dubuc et les Pratte du Québec à la rescousse pour soulever l’opinion des commerçants, des professionnels, des petits bourgeois et des bien-pensants contre ce valeureux contingent d’étudiants révoltés.

 

Deuxièmement, la commission d’enquête Charbonneau sur les malversations dans l’industrie de la construction, finalement instituée, s’apprêtait à commencer ses audiences et tous les gouvernements prévaricateurs, le sien comme celui d’avant, étaient assurés d’être éclaboussés…autant devancer cette calamité.

 

Troisièmement, le Plan Nord promettait des milliers d’emplois, et tout autant d’investissements gouvernementaux à la charge des payeurs d’impôts, mais la crise économique anticipée s’approchant à grands pas plus le temps passait et plus l’arnaque des pseudo emplois par milliers serait démasquée. Mieux valait devancer l’élection faute de pouvoir retarder la crise économique.

 

Le verbatim de la campagne électorale

 

Examinons le déroulement de ce carnaval électoral frauduleux que les journalistes ont tenté d’animer et de rendre « passionné et mouvementé » alors que jamais les politicailleurs ne traitèrent un instant des vrais problèmes qui confrontent le peuple travailleur chaque jour de l’année, soit d’accéder aux services publics de santé; obtenir des soins à domicile ou en institutions pour les personnes âgées; réserver une place en garderie pour le bambin du foyer; obtenir une éducation accessible et de bonne qualité qui mette le décrochage en échec plutôt que de mettre l’élève en échec; organiser la guerre à la pauvreté plutôt que la lutte contre les pauvres; offrir du travail de qualité et bien payé pour tous et chacun avec la sécurité d’emploi et un fonds de pension qui ne soit pas grevé quand la nouvelle génération de retraités arrivera à échéance de son parcours salarié et surtout que la compagnie ne s’éclipse pas avec la caisse de retraite et la machinerie; que les monopoles privés cessent de gruger le pouvoir d’achat de tout un chacun par l’inflation et les baisses régulières des salaires; accéder à des logements salubres et bon marché; fréquenter des transports en commun accessibles et enfin assister à l’arrêt du saccage de l’environnement par les amis du régime, les fouineurs de gaz de schistes, les prospecteurs pétroliers, les harnacheurs de rivières sauvages autochtones et les faucheurs de forêts, tous contributeurs volontaires et généreux aux caisses électorales occultes.

 

Je sais que la plupart d’entre vous pensent qu’il faut être fou pour tant demander. Vous vous trompez cependant, vous avez trop longtemps vécu sous ce système politique décadent. Nos sociétés industrialisées pourraient offrir tout cela et davantage si seulement la propriété privée des moyens de production et d’échanges ne semait pas l’anarchie et ne détruisait pas les capacités productives socialisées. C’est cela qu’il faut changer et non pas permuter une bande de voleurs par une troupe de menteurs.

 

Aucun de ces beaux parleurs électoraux n’a osé aborder de front ces questions et admettre son impuissance devant tant de souffrance. Alors pour donner le change chacun y est allé de ses promesses frauduleuses et chacun souffla le vent de ses engagements bidon alors que les commentateurs des médias à la solde chantaient leur félicité pour tant de dextérité de tous ces prétendants à l’Assemblée.

 

L’électorat piégé

 

En régime parlementaire britannique, au Québec, comme au Canada, dans une élection bourgeoise, les jeux sont largement faits dès le début de la joute électorale. Le Pari Libéral du Québec peut toujours compter sur 30% du vote exprimé. Le Parti Québécois peut invariablement compter sur 30% des électeurs. Un tiers parti bourgeois, puissamment soutenu par les médias à la solde, peut facilement rallier 25% de l’électorat populaire désabusé. Ce qui signifie que la bataille électorale vise tout au plus, pour ces trois partis bourgeois, à recruter la plus forte proportion des 15 pour cent de l’électorat restant. Il en est ainsi depuis des décennies à chaque élection bidon. Le nom des partis politiques peut changer mais pas cette répartition des appuis aux grandes sections de la bourgeoisie qui se dispute la gouvernance de l’appareil d’État.

 

Au début de la foire électorale, la maison Léger Marketing a effectué un sondage à propos des intentions de vote pour le choix de l’équipe des riches, histoire de mesurer le chemin à parcourir par leur prétendant au trône. Il était convenu parmi l’intelligentsia, les faiseurs d’élections et leurs patrons, que le rejeton de l’ex-ADQ crypto-fasciste devenu la Coalition Avenir Québec (CAQ), dirigé par un transfuge ex-souverainiste enragé devenu fédéraliste déluré, muni de son programme politique populiste-réactionnaire devait gagner la course à l’investiture populaire.

 

La question référendaire

           

Oubliez, je vous prie, la question référendaire, l’Option indépendantiste et les autres croix et fleurs-de-lys nationalistes. Depuis 1995 le jeu du chantage à la souveraineté est terminé pour la grande bourgeoisie québécoise chauvine (1).

           

Depuis ce temps, la section québécoise de la grande bourgeoisie d’affaire canadienne a sonné le glas des référendums et comme le dit « le toupet à Bouchard », l’ex-idole des souverainistes chauvins, s’il s’en tenait un il serait nécessairement perdant (2).

           

La nation québécoise est dorénavant une nation dont les capitalistes monopolistes répressifs doivent être renversés comme l’incident terroriste survenu au Métropolis le soir de l’assemblée péquiste le démontre. C’est désormais la minorité québécoise anglophone au même titre que les nations autochtones qui se sentent délaissées et opprimées et qui protestent de vilaines façons.

 

Les tractations des faiseurs d’élections

 

Il était entendu que les Libéraux discrédités par neuf années au service des banquiers, neuf années de prévarication et de fréquentation du monde interlope, devaient recevoir une leçon pour ne pas avoir brisé la grève étudiante et s’être laissé emberlificotés par un jeune leader étudiant inexpérimenté.

 

Enfin, tous ces comploteurs convenaient que le Parti québécois devait survivre au purgatoire de l’opposition jusqu’à ce que ce parti bourgeois comprenne que l’on ne mord pas la main capitaliste qui vous nourrit et qu’il est outrancier de prétendre taxer les compagnies minières, forestières, papetières, alimentaires, les alumineries et les hauts salaires des privilégiés.

 

Avant même la lancée du festival électoral, le premier sondage Léger Marketing créditait 28% des intentions de vote au PQ. Il attribuait 26% au PLQ et la CAQ pouvait compter sur 23% des intentions de vote – indécis non répartis – tout en suggérant une grande volatilité de l’électorat (3). En effet, à ce moment-là les médias tentaient de convaincre les électeurs de voter pour la CAQ – à l’encontre de leurs intérêts immédiats – et la populace résistait aux pressions qu’on lui imposait.

 

Suivirent deux semaines de campagne électorale terne faites de rumeurs et de ragots, de petites banalités, de guerre de crucifix et autres futilités imaginées pour décourager l’électeur le plus acharné (4). Pendant ce temps la CAQ présenta ses candidats soi-disant vedettes, des « has been » sur le retour n’ayant jamais gouverné et prétendant, contre toute attente, régler tous les problèmes de malversations et de collusions qui perdurent depuis un siècle.


Enfarger le Parti Québécois

 

Les ébats télévisés sont habituellement des moments de haute intensité dramatique où les médias tentent de créer un suspense et de stimuler l’intérêt pour ces chienlits électoraux où rien ne change. Cette année Radio-Canada exigea que la candidate député de Québec Solidaire dans la circonscription de Gouin se joigne aux chefs des trois formations qui avaient une chance de l’emporter au bal des élections bidon. Le Réseau TVA s’objecta et organisa ses propres débats télévisés.

 

Le soir du premier débat tous ces politiciens transfuges se chamaillèrent comme des chiffonniers et l’une d’entre elles prononça ces paroles célèbres : « Personne ne parle de la pauvreté ». Par la suite la candidate Solidaire présenta sa vision référendaire-indépendantiste sans risque. En effet, les chances de son parti de composer le prochain gouvernement étant nulles il n’en coûtait rien de proposer l’escapade rocambolesque intitulée « À la poursuite du référendum perdu ». La polémiste perspicace termina son laïus en suppliant les électeurs de son comté de l’expédier à l’Assemblée.

 

Aussitôt, les commentateurs payés par la télé d’État et l’éditorialiste du journal The Gazette, féroce fédéraliste, saluèrent le courage souverainiste de la voisine du député de Mercier que tous ceux-là décrétèrent gagnante de la joute oratoire par son éloquence ostentatoire. L’objectif étant ici de coincer la chef du Parti Québécois en la forçant à défendre ses appuis souverainistes d’une possible hémorragie sur son flanc soi-disant de gauche. Dans une bataille à trois partis bourgeois, un écart de quelques points de pourcentage peut être fatal et faire perdre plusieurs comtés convoités.

 

La dame Marois n’avait pas le choix : qu’elle fasse la cour à l’électorat fédéraliste ou à l’électorat allophone ou anglophone, Québec Solidaire risquait de s’accaparer quelques précieux comtés. Pauline se le tint pour dit et œuvra tout le reste de la partie à conserver ses appuis déjà acquis.

 

Il fallait maintenant régler définitivement le cas du Parti Libéral afin d’assurer la victoire de la CAQ revampée. Dès le lancement de la campagne électorale, 75% de la population québécoise se disait insatisfaite du Gouvernement Charest. Le Parti Libéral amorçait la joute avec tout juste ses appuis traditionnels (environ 30% de l’électorat). Suite aux débats télévisés mortifiants, la campagne de dénigrement des médias s’intensifia à l’encontre du Parti Libéral. Un journaliste de Radio-Canada suggéra que le Premier Ministre Charest était intervenu pour abroger la filature d’un syndicaliste relié à la mafia. Vrai ou faux, peu importe, la rumeur eut l’effet escompté.

 

Le bilan de neuf années de pouvoir libéral et de son chef étant ce qu’ils étaient, la descente aux enfers n’était pas difficile à orchestrer. « Tout sauf Charest » devint le mot d’ordre des électeurs désabusés.

 

Les 100 jours de François

 

Un carnaval électoral comporte toujours un moment de vérité où le candidat choisi par la bourgeoise doit faire la preuve de ses capacités à grimper sur le trône tant convoité.

 

Dans les cent premiers jours après son accession au pouvoir le prétendant François Legault promettait : 1) d’attaquer des milliers de pharmaciens trop payés selon lui; 2) d’agresser 8000 médecins généralistes accusés de ne pas assez travailler; 3) puis, de monter à l’assaut des 295 000 étudiants post-secondaires et de leur imposer 200$ de droits scolaires, prétention sur laquelle Charest s’était précédemment brisé le menton; 4) de congédier des milliers d’employés d’Hydro-Québec; 5) de démantibuler les Commissions scolaires et de mettre en colère leurs milliers d’employés; 6) de chambarder tout le système de santé déjà moult fois chamboulé; 7) d’allonger la journée de classe de 75 000 enseignants et de leurs centaines de milliers d’étudiants; 8) de relancer l’animosité contre les centaines de milliers d’employés de la fonction publique québécoise déjà fragilisée…

 

Excepté les chroniqueurs chevronnés, les analystes politiques expérimentés et les éditorialistes surpayés, la plupart des québécois comprirent que François Legault mentait ou « troublait ». Si Jean Charest n’était pas venu à bout de 165 000 étudiants militants, qu’en serait-il de ce politicien fou, innocent ou dangereux devant mâter et humilier presque 2 millions de travailleurs, de professionnels, d’étudiants, d’enseignants, de directeurs, de fonctionnaires et d’employés tous unis dans l’adversité ?

 

Les électeurs indécis (s’il en restait), les discrets silencieux, les dépités qui effectivement souhaitaient du changement, comprirent à l’instant que celui-là n’était pas conscient et se briserait les dents avant d’avoir réussi son pari de malappris. Plusieurs se résignèrent et retournèrent à leur ancien amour électoral.

 

Les libéraux récupèrent leurs appuis

 

Nous connaissons la suite, le Parti Libéral ressuscita comme par magie après avoir senti les flammes de l’enfer le brûler en effigie (50 comtés sauvegardés). Le Parti Québécois contrit sauva tout juste sa partie (54 comtés conquis). La Coalition « Héritage » Québec malmenée s’effondra (19 comtés sauvés) et la candidate de Québec Solidaire fut élue dans le comté de Gouin comme si la campagne de ce parti avait eu pour objectif de consolider l’EGO de la co-porte-parole.

           

Le lendemain de la foire d’empoigne électorale (5.09.2012) quelques bouffons s’empressèrent de faire le post mortem de cette escroquerie électorale téléguidée. François Legault répondit publiquement aux reproches de son mentor Charles Sirois – Président de la deuxième banque canadienne (CIBC) « On doit dire la vérité à l’électorat », s’excusa le candidat devant les caméras. Qui poursuit les forfanteries électorales sait que toute vérité n’est pas bonne à dire comme Sirois lui a certainement appris : « Il n’est pas de bonne guerre de demander à un fonctionnaire ou à un employé de voter en faveur de celui qui menace de le congédier ».

 

Il vaut toujours mieux plagier le Premier ministre Trudeau qui en 1974 avait juré de ne jamais imposer le gel des prix et des salaires, puis une fois élu, s’empressa d’imposer le gel des prix et des salaires. Idem pour « ti-poil » Lévesque qui en 1981 récupéra les hausses de salaires accordés aux fonctionnaires après un premier référendum raté.

 

Nul doute que François Legault aura le temps d’apprendre les astuces de la fraude électorale bourgeoise sur les banquettes de la deuxième opposition officielle.

 

Pour nous ouvriers et employés nous savions à l’avance qu’aucun de ces partis politiques ne représentait ni la classe ouvrière ni la vraie opposition que nous avons commencé à forger à l’usine et dans le quartier où elle se poursuivra.

 

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Pour ne plus recevoir cette diffusion écrire à  robertbibeau@hotmail.com

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(1) Impérialisme et question nationale. 2012.

http://www.robertbibeau.ca/commadevolume.html

(2) http://www.archambault.ca/lettres-a-un-jeune-politicien-ACH003106443-fr-pr?gclid=CN7S6s3isrICFUhN4AodQQgAdw

(3) Jean-Marc Léger. Élections 2012 : 35 jours après le départ. 6.09.2012. Le Devoir.

(4) La patente à François Legault. Vie et mort d’un avatar. 15.06.2011. http://www.legrandsoir.info/la-patente-a-francois-legault-vie-et-mort-d-un-avatar.html

 

 

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OSCAR FORTIN, HUMANISTE : LETTRE A MON CHER LUCIEN

Publié le par Tourtaux

vendredi 14 septembre 2012

LETTRE À MON CHER LUCIEN

 

 
Mon cher Lucien, tu es devenu, avec les années et les opportunités, une référence à multiples visages qui inspirent pour les uns la sagesse du « gros bon sens » et, pour d’autres, l’opportunisme « du plus rentable ». Tu n’es dépourvu ni d’intelligence, ni de culture, ni de charme pour convaincre, impressionner et rallier à tes diverses causes l’adhésion d’un grand nombre. Cela t’est d’autant plus aisé que les médias officiels t’ouvrent toutes grandes leurs portes et que les élites se font un honneur de t’avoir sur leurs principales tribunes.
J’ai été longtemps un de tes admirateurs. Je voyais en toi un homme de caractère, de détermination et j’y reconnaissais l’homme de convictions que tu étais. J’ai été de ceux qui ont fait pression pour que tu viennes rejoindre le peuple québécois dans sa longue marche vers son indépendance. Les paroles et les émotions ne te manquèrent pas pour convaincre les indécis, pour conforter les chancelants et pour avancer avec les convertis. Tu auras été un grand tribun et un grand Québécois de cette période mémorable. Tu étais devenu l’homme en qui le Peuple québécois se reconnaissait.
Aujourd’hui, 17 ans sont passés et bien des feuilles d’automne sont tombées. Notre Lucien national a perdu de son lustre et ses convictions nationalistes de la profondeur. En mai dernier, à la lecture d’un article ayant pour titre « Le vrai Lucien Bouchard », j’ai eu ce commentaire qui m’est venu comme de l’eau  surgit d’une source.
« Dommage, mon cher Lucien! Tu sais que la “crédibilité” est un bien précieux qui permet de faire beaucoup avec l’appui d’un peuple. Tu sais aussi que pour durer dans le temps il faut que celui qui en est gratifié fasse preuve de fidélité aux valeurs qui en ont été le fondement.
Ton engagement au côté du Peuple québécois, ton peuple, en a fait rêver plusieurs. Ce Peuple est toujours là, mais tu n’y es plus comme celui qui croit en lui, en sa capacité de s’assumer et de tirer tout le profit possible des immenses ressources dont il est le propriétaire et le maître.
Tu sais que ces ressources, exploitées et développées au profit de ce dernier, permettraient, entre autres, de financer des soins de santé de qualité, une éducation gratuite, accessible à tous et à toutes, des soins adaptés pour nos personnes âgées et des opportunités de travail à tous les niveaux du développement du Québec. 

Mais voilà que tes revenus de pension, comme ancien ministre fédéral et ancien Premier ministre du Québec, n’auront pas été suffisants pour entretenir ta passion pour un Québec indépendant. Des offres, sans doute, plus alléchantes t’ont transformé en négociateur de premier plan pour soutirer le maximum des richesses de ce peuple, ton peuple, aux prix les plus bas, afin d’assurer à tes nouveaux employeurs les profits les plus élevés. 

Voilà pourquoi, mon cher Lucien, ta crédibilité n’y est plus. Tu peux toujours t’adresser au peuple, c’est ton droit, mais ne viens plus raconter des histoires que tu travailles pour les intérêts du peuple québécois et que ton souhait le plus cher est son bien.
L’illusion a assez duré. Il te faut maintenant marcher à visage découvert et, comme nous disaient nos parents, t’assumer pleinement dans ce que tu es vraiment, sans le peuple. » 
Ces derniers jours, tu as lancé un autre de tes ouvrages pour éclairer le peuple, mais cette fois pour lui dire, entre autres, de ne plus aller se faire massacrer à l’abattoir d’un référendum populaire. Ton argumentaire m’a tout simplement renversé. Tu interpelles les Québécois et les Québécoises en leur disant qu’ils ne peuvent se laisser entraîner dans un nouveau référendum par une minorité de 850 000 personnes (15 % de l’électorat québécois) qui le réclamerait. Là, je n’y comprends vraiment rien.
Regardons les choses bien en face et voyons ce qui est le plus démocratique.
Habituellement, la tenue d’un référendum est décidée par le gouvernement dirigé par le parti qui a fait élire le plus de députés. L’Assemblée nationale du Québec comprend en totalité 125 sièges, correspondant à autant de députés. Un gouvernement majoritaire aura au moins 63 sièges. À ce stade de l’argumentaire, nous en sommes, au mieux, à 63 députés qui ont le pouvoir de décider de la tenue d’un référendum.
Mais là ne s’arrête pas l’argumentaire. Déjà nous savons que tous les partis politiques répondent à des donateurs et que leurs chefs sont choisis de manière à ne pas faire de vague dans la société. Bien plus, certains de ces partis, comme le parti libéral et la Coalition pour l’avenir du Québec, sont sous la dépendance de pouvoirs économiques qui exercent une influence déterminante sur le choix des chefs. Ainsi, advenant leur prise du pouvoir, les grandes décisions gouvernementales seront dépendantes d’une minorité oligarchique dont le nombre est bien en deçà des 850 000 personnes réclamant la tenue d’un référendum.
Quelle est l’approche, selon toi, qui est la plus démocratique ? Celle des lobbys oligarchiques de quelques centaines ou, tout au plus,de quelques milliers de personnes ou celle des regroupements populaires de 850 000 personnes ?
Alors, je te demande, mon cher Lucien, pourquoi craindre autant l’expression démocratique qui émerge du peuple ? Pourquoi craindre autant les référendums, alors que le dernier nous fut volé. Le Non gagna par 54 288 voix sur les 5,087 009 électeurs et électrices inscrits sur la liste électorale. Une aussi mince marge aurait dû inciter le fougueux Lucien que tu sais être à tes heures de colère, pour réclamer un recomptage et exiger le contrôle de la validité des votes émis. Tu n’en fis rien et tu laissas les adversaires tirer à boulet rouge sur ton collègue, Jacques Parizeau, en compagnie duquel tu avais fait la promotion du OUI. D’ailleurs, tu conviendras que les résultats obtenus  furent loin d’un massacre à l’abattoir.
En 1998, des membres du Parti québécois prirent connaissance d’un Rapport du DGE mettant en cause plus de 162 000 noms de personnes, inscrites sur la liste électorale, qui ne figuraient pas sur la liste de l’Assurance maladie du Québec.
« DGE avait déjà radié de la liste électorale permanente 56 000 noms qui y figuraient au moment du référendum de 1995. Il se préparait à en faire autant avec 106 000 autres noms de présumés électeurs qui lui paraissent suspects en ce qu’ils ne figurent pas sur la liste de la RAMQ. » 
Tu sais mieux que moi que si le peuple québécois a été massacré, ce n’est pas par le référendum, mais par les tricheries, la corruption et l’usage de faux votants n’y ayant droit. Ce le fut également, et tu ne peux y échapper, par la négligence de ceux et celles qui étaient en position d’autorité pour y exiger le recomptage complet des votes et y vérifier leur validité.
Lucien, nous vivons dans une société où chacun a le droit de choisir ses maîtres et son pays. Je respecte évidemment tes choix qui mettront sans nul doute tes enfants et petits enfants à l’abri des huissiers qui, autrement, pourraient se présenter pour saisir leurs biens. Je fais référence à cette image utilisée dans le document des « lucides » auquel tu as participé. Je ne te cacherai pas que lorsque j’avais lu cela, je m’étais dit que ce n’était pas possible que tu puisses avoir cette angoisse pour tes enfants.
Quant à moi, je crois toujours à un Québec indépendant, assez riche en matière première et en matière grise pour assurer le développement d’un pays et la croissance d’une société nouvelle, plus juste, plus solidaire, plus humaine et surtout plus indépendante et libre.
Au revoir
Oscar Fortin
Québec, le 14 septembre 2012

http://humanisme.blogspot.com

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CHILI : 39 ANS APRES SON EXECUTION LES COMMUNISTES CHILIENS RENDENT HOMMAGE A SALVADORE ALLENDE

Publié le par Tourtaux

pcchile-copie-1Le Parti communiste chilien rend hommage à Salvador Allende trente-neuf ans après son exécution
« Ses idées sont toujours présentes dans nos luttes quotidiennes »



Ce 11 septembre 2012, c'est devant le monument consacré à Salvador Allende que se sont réunis plusieurs organisations sociales et politiques pour rendre hommage au président mort il y a 39 ans au palais de la Moneda.



Une délégation du Parti communiste était au premier rang, menée par son président, le député Guillermo Teillier, et comptant également sur le député Lautaro Carmona et d'autres dirigeants d'organisations de défense des droits de l'Homme, professeurs et travailleurs.



En déposant une gerbe, Teillier a prononcé le discours suivant: « Le président Salvador Allende est entré dans la Moneda par la grande porte, dans les bras de son peuple qui lui a réservé un triomphe historique, plein d'espoir, avec l'idée de construire une Patrie plus juste, égalitaire, solidaire et démocratique. Le monde entier a focalisé toute son attention sur la présence de Salvador Allende à la Moneda, la présence de ministres ouvriers, du peuple dans le gouvernement Chilien et la présence du peuple discutant et analysant la façon de construire une société meilleure.



« Mais, avant même d'entrer dans le palais de la Moneda, il suscitait déjà la haine des États-Unis, des grandes multi-nationales qui en ce temps-là étaient maîtres de toutes les richesses naturelles du Chili ainsi que d'une grande partie de la droite et du patronat national qui entama sans attendre une grande campagne de déstabilisation de son gouvernement. Un des premiers actes criminels qu'ils commirent, avant que Salvador Allende accède au pouvoir, fut l'assassinat du général René Schneider.



Une poignée de militaires ambitieux, hauts gradés des forces armées, crurent que le coup d’État était le moyen de préserver ces intérêts et Salvador Allende qui était entré par la grande porte de la Moneda en est sorti en ayant donné sa vie pour le peuple du Chili, porte Morandé 80. Certains ont pensé qu'à partir de là Allende tomberait dans l'oubli, or, en sortant par cette porte, il est entré dans la grande porte de l'histoire.



Salvador Allende a été le président le plus remarquable, le plus noble dans ses sentiments et le plus fidèle au peuple du Chili. Aujourd'hui, quand nous nous disons que faire, nous disons : les idées de Salvador Allende sont présentes dans nos luttes quotidiennes et pas seulement au Chili, mais dans le monde entier, les idéaux que portait Salvador Allende sont des idéaux d'avenirs et qu'aujourd'hui ont fait siennes non seulement les chiliens et surtout sa jeunesse, mais aussi d'autres peuples qui ont remporté des victoires comme celles que Salvador Allende aurait aimé conquérir pour sa patrie. Aujourd'hui, quand nous réfléchissons, nous disons que devons être capables d'ouvrir de nouveau cette potentialité pour le peuple du Chili, c'est-à-dire que nous devons de nouveau être capables de forger l'unité, de porter des propositions pour que le peuple Chilien croie à nouveau dans la politique et dans sa capacité à décider lui-même de son destin ». (…)



« Voilà pourquoi nous luttons, c'est pour cela que nous continuerons à lutter et que nous souvenons aujourd'hui de Salvador Allende et nous continuons d'avancer avec ses idées vers la victoire »,a conclu Guillermo Teillier.


                                                                                                          Mercredi 12 septembre 2012

Publié dans Les Amériques

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