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les ameriques

FIN DE REGIME A QUEBEC - NE TOUCHEZ PLUS A NOS ENFANTS, MANANTS!

Publié le par Tourtaux

 

FIN DE RÉGIME À QUÉBEC – NE TOUCHEZ PLUS À NOS ENFANTS, MANANTS!
19 mai 2012

 

FIN DE RÉGIME À QUÉBEC

 

Jean Charest haussa le ton et sa voix menue fut entendue jusqu’au fond du Salon bleu par les reporters de la presse docile. Ce n’est pas la fin de règne qu’il avait souhaitée. La clique de journalistes qui lui sont attachée comprit qu’ils devaient s’ajuster, car bientôt eux tous devraient servir un nouveau sous-fifre.

Dans ses rêves les plus fous, Charest s’était vu quittant la vie publique sous les applaudissements de ses partisans, bénéficiant de l’entendement complaisant de ses mandants, hypocrites et soumis, chacun ayant un bon mot pour lui, plutôt que ces chuchotements venant du fond du parlement en ces derniers moments de son gouvernement décadent.

Foin de cette gloire éphémère! Les rues de Montréal, de Québec, de Sherbrooke, de Gatineau, de Rimouski sont maintenant jonchées de verre brisé, d’affiches le conspuant, de pancartes le ridiculisant, lui le manant. Les rues de ces cités remplies de chiens enragés, de chevaux apeurés, de policiers ameutés, casqués, masqués, armés, rangés, boucliers et matraques levés, discrédités, défiés par ces milliers et ces milliers d’enfants, d’adolescents, de jeunes et de parents endoloris par ce gâchis. Parents heurtés certes mais fiers de leur progéniture – plus déterminée que nous ne l’avons jamais été – à rejeter le diktat des haut placés – des capitalistes milliardaires et de leurs thuriféraires tellement désolés – non pas désolés de voir nos jeunes matraqués, pas du tout – désolés de se voir gâcher leur sortie de piste après des années de bons et loyaux services au service des riches.

Depuis le début de ce conflit le 12 février dernier, contre ces jeunes malappris, pense-t-il; qu’il traita avec mépris du haut de sa grandeur légitime, pense-t-il; jusqu’à ce chant du cygne de la disgrâce commandé par ceux qui à Sagard avaient placé en lui toute leur confiance, aujourd’hui déçue, pense-t-il.

Ti-Jean, transfuge de Conservateur-libéral à Libéral-conservateur, n’a-t-il pas reçu le sceptre du pouvoir des mains de celui qui le détient ? N’a-t-il pas reçu l’onction de l’arrogance des mains de ceux qui font les Premiers ministres dans le richissime domaine privé du haut de la falaise surplombant le fleuve aux grandes eaux ?

Réunie récemment au domaine de Sagard, autour de la Table ronde des chevaliers d’industrie et de la finance, ils ont désigné le prétendant politique vassal qui lui succédera. Ti-Jean répudié mais quand même décidé à livrer ce qu’il a promis, suit son chemin avant que d’être congédié.

 

ILS NE VEULENT PAS FAIRE «LEUR PART» POUR LES RICHES

 

Ce ne sont que des jeunots délurés, pense-t-il; inconscients et irresponsables, pense-t-il; qui lui ont barré la route vers un nouveau mandat, pense-t-il; qui refusent de faire « leur part » pour sortir les milliardaires de Sagard de la misère pense-t-il. Ces jeunes sont convaincus qu’ils ont assez donné – particulièrement leurs parents ouvriers – travailleurs – chômeurs – petit-bourgeois paupérisés. Ces jeunes effrontés refusent de verser 1778 $ par année pour le profit de ces milliardaires « appauvris » par leurs crises économiques successives; vous savez ces constructeurs de routes, de ponts, d’hôpitaux, de complexes municipaux et autres prévarications qui sont légion en cette fin de régime. Le Président de Rio-Tinto Alcan est présent, qui tend la main et reçoit ses 75 millions de subventions des mains du représentant du gouvernement : il apprécierait ce Président que les étudiants fassent « leur part » pour le bénéfice de ses actionnaires. Ils sont des dizaines ainsi à se presser dans l’antichambre de la corruption, à inciter Ti-Jean l’ébouriffé à écraser ces jeunes révoltés.

 

TI-JEAN A SON PLAN

 

Depuis le début de ce combat, Ti-Jean l’ébouriffé avait espéré qu’ils allaient s’essouffler pensait-il; sa tactique avait consisté à nier. Puis, dix semaines de grève et 300 000 grévistes plus tard, il consentit à discutailler, mais jamais des droits de scolarité, juste de quoi gagner du temps car, pensait-il, ils allaient s’essouffler. Observant que les jeunes ne s’effondraient pas, il pensa que ses cerbères allaient leur faire leur affaire – les limiers de l’insécurité enragés déguisés en Robocop, largués par camions, chevaux, autos, motos, bicyclettes, hélicoptères, ne firent pas dans la dentelle et y mirent tout leur zèle. 1000 arrestations et 800 blessés et estropiés plus tard, ils allaient s’essouffler, pensait-il; mais rien n’y faisait, alors Ti-Jean le sortant eut une idée – il était ministre de la jeunesse tout de même. Il ordonna aux juges et aux tribunaux de se compromettre et de réaliser par la loi ce qu’il ne parvenait pas à faire avancer par l’effroi.

 

L’INJUSTICE DES RICHES

 

Les juges à la solde, l’avant dernier rempart de la loyauté envers les puissants de Sagard, où quelques privilégiés ont été reçus en audience, reconnaissants de pouvoir contempler la Légion d’honneur du seigneur des lieux, heureux de baiser l’anneau et de ployer le genoux devant le pontife de l’assemblée des riches. Les juges se mirent vaillamment de la partie et jetèrent de ce côté-ci de la balance d’injustice leurs misérables injonctions de chiffon, espérant stopper la marée humaine des indignés – outrés – désillusionnés à propos de la justice des milliardaires.

Cinq cents injonctions plus tard, ils allaient s’essouffler, pensa-t-il ! Eh bien non, son dauphin s’approchait déjà et Ti-Jean n’avançait pas d’un pas. S’il ne parvenait pas à créer l’illusion d’une solution, il recevrait une sommation de se présenter au château de Sagard – devant la table de ses pairs – rien d’autre en mains qu’une masse de révoltés refusant de faire ce que leurs pères avaient toujours fait avant eux : payer et se la fermer.

 

ÉTUDIER PENDANT UNE GRÈVE DES ÉTUDES ?

 

Empêcher les jaunes étudiants « scabs » de suivre leurs cours pendant une grève votée par la majorité est un devoir pour les Partisans qui doivent faire appliquer les décisions de l’assemblée générale, coûte que coûte. Sinon, inutile de faire grève comme chaque ouvrier en conviendra. Plutôt qu’une loi anti-scab Ti-Jean a concocté une loi pour protéger les « scabs » !

À propos des casseurs – des communistes – des étrangers malfamés, infiltrés, voilà une vieille rengaine chauvine ressortie d’une époque ancienne. Cette théorie paternaliste-journalistique voudrait laisser croire que les Québécois sont des moutons dociles, soumis, ataviques, résignés, prêts à la tonte; elle voudrait laisser croire que s’il y a de la résistance aux injustices et une guerre de classes pour défendre le droit à l’éducation pour tous, c’est obligatoirement le fait d’étrangers malveillants – le fait de casseurs infiltrés – qui ne peuvent pas refléter « nos » valeurs en la Vierge Marie et au Frère André (ce furent des arguties déclamées pendant la grève de l’amiante dans les années cinquante).

Vous en conviendrez, cette rengaine des infiltrations est ancienne et elle méprise notre peuple. Nous sommes à majorité des révoltés, des opposants enragés contre le crime consistant à nous transférer sur le dos le coût de leur crise économique et de leur faillite. Que Sagard assume sa crise, désolé si les profits des Desmarais ne sont pas aussi élevés qu’espéré; ceux de Bombardier aussi, et pour les profits des banques et bien tant pis! Que les riches payent et qu’ils se débrouillent avec leurs crises en rafale, nous ne payerons pas.

 

RACAILLE JOURNALISTIQUE ET ANALYSTES À LA SOLDE

 

Je sais que l’on m’en voudrait d’oublier les chiens de garde du régime – les prêtres assesseurs – les Fous des puissants – caméra au poing comme une arme sélectionnant minutieusement les images capables de faire paraître coupable le moutard innocent et d’attirer la pitié sur le policier casqué – masqué – armé – blindé – protégé par ses coéquipiers meurtriers.

Derrière ce compère à la caméra austère, trottine et vitupère le reporter à la langue de vipère, quêtant l’aveu de violence de l’étudiant menotté, isolé, presque nu dans les rues de la ville, éperdu, bloqué, encerclé, matraqué, un caillou entre les genoux, « l’assassin ». Le reporter a trouvé un enfant pleurant dans un coin, une pierre à la main, sous un hélicoptère battant l’enfer – la voilà la violence des manifestants étalée dans toute sa crudité – provocante – capable d’ébranler les fondements de cette société que lui, l’affidé bien payé, veut tant préserver. Il a eu tant de mal à le dégoter cet emploi de journaliste servant, pour ne pas se le laisser chiper par le premier venu plus soumis, plus flagorneur que lui; alors ils crient, le Poirier, le Roy, le Lester, le Mario, le Pratte, le Lapierre, le Martineau et autres misérables : « Qu’on le pende cet enfant, qu’on les pende tous avant qu’ils ne nous aient fait perdre nos emplois fragiles. Voyez, patrons Desmarais, Péladeau, Charest, Harper, je bègue plus fort que tous les autres aspirants. ».

Tous les jours sur les chaînes télé, chaque matin dans les quotidiens, les relayeurs des scribouilleurs sur le terrain, les experts en tout et en rien du tout, faisant fi de leur déontologie et de leur feuille de vigne d’objectivité, se transforment en éditorialistes et s’appesantissent sur la « nouvelle », cherchant à lui faire dire le contraire de ce qu’elle appelle.

« Le gouvernement indifférent a tout fait pour s’entendre avec les étudiants, disent-ils. Les étudiants ont tout fait pour perdre leur session, leur argent et leur avenir. Ils veulent étudier « pour ne pas étudier » et n’être jamais diplômés, disent-ils. Les jeunes se battent très fort pour la gratuité scolaire, juste pour faire l’école buissonnière, disent-ils; et autres salmigondis, disent-ils ».

 

L’ÉTONNEMENT DES BIEN PENSANTS

 

Comprenez l’étonnement de tous ces bien-pensants. Ces jeunes gens ne respectent ni monsieur le Premier Ministre, ni son excellence le milliardaire en coulisse, ni les députés dévoyés, ni les juges soudoyés, ni les journalistes enrégimentés, ni les policiers armés-meurtriers, ni les recteurs surpayés, ni les spéculateurs contributeurs, ni les maires prévaricateurs, ni les analystes enragés. Mais à la fin, qui respectent-ils ces étudiants ? Leur père ouvrier, leur mère mortifiée, leurs camarades solidaires – grévistes pour la justice et contre la hausse des droits de scolarité – toutes gens inconnues que l’on a jamais vues à la télé de Péladeau ni dans la grosse Presse à Desmarais, ni à Radio-Can à Harper.

Et ces biens pensants de pontifier : « Nous, pauvres gens, nous avons toujours ployé l’échine devant les puissants, pourquoi ces enfants ne peuvent-ils en faire autant ? Ils ne peuvent vaincre les anges de la mort – nous avons essayé et nous avons été écrasés, ils le seront tout autant ».

Jean Charest sait que sa carrière politique se termine ici, qu’à Sagard ils ont déjà décidé de le congédier pour son incapacité à gouverner, qu’il faudra rapidement le remplacer et qu’il ne lui reste que l’indignité de transmettre à son successeur cet héritage désastreux. Pourtant, il doit gagner du temps pour préparer la place de son adjudant. Voilà pourquoi il édicte sa « Loi 78 » pour mépriser – casser – écraser ces jeunes qui pourtant ne peuvent être vaincus.

Dans un mois, dans six mois, dans deux ans, dans cinq ans, ils reprendront le combat, à moins que la société québécoise ne se résigne à vivre éternellement sous cette loi des mesures de guerre qui ne dit pas son nom. Et même sous cette loi, la résistance est encore possible, le maquis urbain menace tous ces larbins qui demain se demanderont ce qui survient soudain au pays de Maria Chapdelaine, du Survenant, de Ti-Coune Charest et des Partisans.

Ti-Jean prétend vouloir assurer l’accessibilité de l’éducation pour tous et, pour ce faire, il présente une loi ignoble (Loi 78), mais alors pourquoi attaquer l’accessibilité à l’enseignement par une hausse des droits de scolarité qui chassera plus de 7000 étudiants par année des universités ?

Simple, Ti-Jean, décrète le gel des droits de scolarité et le tour est joué. Si ce n’est pas toi ce sera ton Juda qui le fera. Les jeunes peuvent être matraqués mais ils ne peuvent être battus.

 

NE TOUCHEZ PLUS À NOS DESCENDANTS, MANANTS!


robertbibeau@hotmail.com
(Signé par un carré rouge et blanc)

 

http://www.centpapiers.com/fin-de-regime-a-quebec-ne-touchez-plus-a-nos-enfants-manants/97287

Publié dans Les Amériques

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L'AMERIQUE LATINE EST LA REGION LA PLUS DANGEREUSE DU MONDE POUR L'EXERCICE DU METIER DE JOURNALISTE

Publié le par Tourtaux

La Havane. le 17 Mai 2012

 

 

 

Journaliste : un métier de plus en plus dangereux

 

L'Amérique latine est la région la plus dangereuse du monde

 

 

Lisanka Gonzalez Suarez

  

  

LA Directrice générale de l’UNESCO Irina Bokova a condamné la vague d’assassinats de journalistes au Mexique et a appelé les États à traduire en justice les responsables de ces crimes.

         


En ces temps difficiles, les gouvernements se doivent d’assurer une protection adéquate des correspondants. Ce jeune journaliste est brutalisé par la police pendant une manifestation des indignés de New York.

La mort de trois journalistes mexicains en moins d’une semaine dans l’État de Veracruz semble avoir été la goutte qui a fait déborder le vase. Mme Bokova a exhorté les autorités mexicaines à ouvrir une enquête d’urgence afin que les coupables soient condamnés.

D’après la directrice générale de l’UNESCO, l’année dernière a été la pire de toute la décennie dans le monde, avec 127 assassinats perpétrés entre 2010 et 2011, dont 18 au Mexique. Depuis le début de l’année, plus d’une vingtaine de professionnels des médias ont été assassinés dans la région

DANS LA LIGNE DE MIRE DES FRANCS-TIREURS

Depuis l’occupation de l’Irak, plusieurs institutions ont mis en garde contre le nombre alarmant de correspondants morts, un chiffre beaucoup plus élevé que celui estimé lors de sanglantes invasions et de guerres de destruction ou de conflits armées comme celui du Vietnam.

Une analyse plus précise des chiffres à partir de 2008-2009 révèle une tendance alarmante de meurtres de journalistes survenus alors qu’ils ne travaillaient pas dans des situations de conflit.


Certains journalistes sont exposés à un tabassage et à la saisie de leur matériel lorsqu’ils couvrent une manifestation ou une marche pacifique, comme on a pu le voir en Europe, au Chili et même à New York, considérée comme la « Mecque de la libre expression ».

Dénoncer publiquement le trafic d’êtres humains, de drogues ou d’armes, couvrir les manifestations contre les coupes budgétaires ou la hausse des frais d’inscription universitaire ; le chômage, la baisse des salaires, la perte des postes de travail, ainsi que le ras-le-bol des indignés contre les accords financiers qui enrichissent une minorité au détriment de la majorité, font du journalisme l’un des métiers les plus dangereux du monde.

La tendance est préoccupante lorsqu’on compare les statistiques de 2008-2009 à celles de la période 2006–2007. La majorité des meurtres ne se situent pas dans des pays déchirés par la guerre ou par des conflits, mais dans des pays sans situation conflictuelle ouverte. Alors qu’en 2007, la proportion des victimes tuées dans des pays déchirés par la guerre ou par des conflits était de 70 %, elle est aujourd’hui à moins de 40%.

Mais il existe aussi un grand paradoxe à l’heure actuelle : tandis que dans de nombreux pays de cette partie du monde le nombre de reporters qui sont dans la ligne de mire des francs-tireurs augmente, dans d’autres certains journalistes se rendent complices des grand intérêts en diffusant, en exagérant ou en manipulant les informations dans l’intention délibérée d’appuyer les guerres de conquêtes contre des pays dont le seul crime est de disposer d’abondantes ressources naturelles, surtout énergétiques, où se trouver en situation privilégiée dans la géopolitique mondiale.

Selon certaines institutions spécialisées, depuis deux ans, l’Amérique latine vient en tête pour ce qui est du nombre de journalistes assassinés dans l’exercice de leurs fonctions, devant le Proche Orient.

Par ailleurs, les enlèvements de journalistes sont de plus en plus fréquents et concernent un nombre de pays toujours plus grand. Dans certaines régions d’Amérique latine, les journalistes qui enquêtent sur le trafic de drogue sont sous la menace permanente d’être torturés et abattus.

En mars 2010, le rapport du Conseil du programme international pour le développement de la communication (PIDC), à l’occasion de sa 27e réunion pour 2008-2009, a condamné les meurtres de 123 journalistes, un chiffre similaire à celui de la période 2006-2007. De surcroît, les données du rapport montrent que dans le plus grand nombre de cas les victimes ont été tuées de façon délibérée, et qu’il s’agissait de reporters locaux qui couvraient la nouvelle dans leur propre communauté, en temps de paix.

Selon d’autres sources, en 2011, 95% des journalistes assassinés en Amérique latine étaient des hommes, mais que les femmes sont de plus en plus l’objet de menaces, notamment de violences sexuelles, et que dans les trois dernières semaines trois d’entre elles ont été exécutées par les cartels de la mafia.

LA RÉGION LA PLUS MEURTRIÈRE

Un rapport de la Commission d’enquête sur les attentats contre des journalistes (CIAP) révèle que 40 journalistes latino-américains de six pays ont été tués en 2011, et qu’ils représentent 42% de la totalité des 123 reporters assassinés dans le monde. La plupart d’entre eux enquêtaient sur des cas de corruption et d’autres activités illégales.

Le rapport souligne que par région, l’Amérique latine a été la plus meurtrière, avec en tête le Brésil, le Honduras et le Mexique.

LA CIAP demande de renforcer de toute urgence les mesures de protection des journalistes, une question qui avait été soulevée dans les années 70.

En septembre dernier, le commentateur mexicain Salvador Camarena soulignait que « la muselière de terreur imposée par les cartels criminels dans les régions côtières du Mexique est parvenue à réduire au silence journaux, stations de radio et de télévision, et commence même à faire taire les sites web et les réseaux sociaux ».

Mais il n’y a pas que le danger de la drogue et des guerres de rapine qui menacent les journalistes. Nombreux sont les obstacles au travail de ceux qui sont chargés d’informer, d’enquêter et de dénoncer. Trop de journalistes d’investigation sont réduits au silence, souvent pour avoir jeté le jour sur la corruption ou sur un crime quelconque.

D’autres sont exposés à un tabassage et à la saisie de leur matériel lorsqu’ils couvrent une manifestation ou une marche pacifique, comme on a pu le voir en Europe, au Chili et même à New York, considérée comme la « Mecque de la libre expression ». Au mois d’octobre dernier, l’Association de correspondants étrangers du Chili a exprimé au gouvernement sa « vive préoccupation devant les attaques constantes à la liberté d’expression perpétrées par les Carabiniers ces deux dernières années ». Un mois plus tard, d’après une dépêche de l’Associated Press, « des journalistes qui couvraient l’opération policière dans le camp du mouvement Occupy Wall Street à New York ont été maintenus à distance, et plusieurs d’entre eux ont été arrêtés ».

 

 

 

 

La culture de l’impunité s’est ancrée dans plusieurs parties du monde du fait que beaucoup de gouvernements ont systématiquement failli à leur obligation de protéger les journalistes et de punir les responsables des violences à leur encontre. Trop d’agressions et de meurtres de journalistes demeurent impunis. Il faut agir de toute urgence, car l’année 2012 s’annonce encore plus meurtrière.

http://www.granma.cu/frances/notre-amerique/17may-Journaliste.html 

 

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OSCAR FORTIN : LE QUEBEC N'EST PAS LA SYRIE

Publié le par Tourtaux

Oscar Fortin
 

samedi 19 mai 2012

LE QUÉBEC N'EST PAS LA SYRIE



 

Je ne pense pas qu’il y ait au Québec des groupes terroristes, financés par d’autres pays, pour semer le désordre social en faisant sauter des bombes, tuant et blessant de nombreux civils innocents, des membres des forces de l'ordre et détruisant édifices publics. C’est effectivement ce qui se passe actuellement en Syrie.
À ce que je sache, le mouvement étudiant s’est toujours défini comme un mouvement pacifique, n’arborant pour armes que des pancartes et des défilés dans les rues de Montréal et des principales villes du Québec. Le Gouvernement n’a jamais été mis en question dans ses institutions, sinon dans ses politiques de financement des universités et de projets privés comme celui du Grand Nord et des gaz de schiste. S’il y a eu dans ses rangs des casseurs et des infiltrés des forces de l’ordre, il appartient au gouvernement de les arrêter et de les juger. Réduire le mouvement étudiant à ces derniers est faire preuve de mauvaise foi.
En Syrie, la situation est toute autre. Des gouvernements étrangers, dont les États-Unis, le Canada, la France et les Émirats arabes et également le Qatar, l’Arabie Saoudite et la Turquie veulent changer le régime politique en se débarrassant, par tous les moyens, du Président actuel, pourtant confirmé dans ses fonctions par une grande majorité qui s’est exprimée à travers un référendum national, en 2000. En février dernier, un projet de nouvelle constitution a été soumis au peuple qui a voté, là encore, majoritairement en faveur de cette nouvelle constitution. Plus de 50 % de l’électorat syrien appuient le gouvernement et les réformes qu’il réalise progressivement. Les dernières élections législatives du 7 mai dernier vont également dans le même sens, bien que le climat de violence n’était pas de nature à en faciliter la tenue.
On peut comprendre, dans le cas du gouvernement syrien, qu’il intervienne avec toute la force à sa disposition pour contrer les groupes terroristes et cette « armée libres », composée de membres de l’opposition et de mercenaires de diverses provenances, obéissant aux ordres qui leur viennent de l’extérieur. Tous les jours, il y a des voitures piégées qui font des dizaines de morts et des centaines de blessés. Que le gouvernement syrien réplique pour protéger la vie de ses citoyens, rien de plus normal, dans les circonstances. Absolument rien de comparable avec ce qui se passe ici.
Il est curieux que dans le cas de la Syrie nos gouvernements et nos médias se portent à la défense des groupes terroristes et de l’opposition armée et condamnent, comme seul responsable de la violence, le gouvernement syrien. Ce n'est pas en les écoutant ou en les lisant que l'on va apprendre tout ce montage de groupes terroristes, armés et payés par l'Occident dont nous sommes, pour détruire les bases du droit international et les institutions politiques nationales.
Pourtant, ici au Québec, ce sont les étudiants et leurs organisations pacifiques qui sont condamnés par ces mêmes autorités et médias alors que ces derniers n'ont que louanges pour ce gouvernement qui a imposé, par sa majorité parlementaire, la loi 78.
Qu'en est-il vraiment de notre démocratie ? À y regarder de plus près, au Québec, notre premier ministre et son parti dirigent comme des maîtres absolus les destinées du Québec. Ils le font au nom du peuple québécois alors qu’ils n’ont reçu l’appui que de 25 % de l’électorat québécois. C'est dire que les 75% de la population n'ont pas voté pour ce gouvernement.
Au Canada, le cas de M. Harper, cet autre petit dictateur aux allures démocratiques, n’occupe son siège qu’avec l’appui de moins de 25 % de l’électorat canadien et avec moins de 40 % de ceux et celles qui sont allés aux urnes. Nous sommes loin des 50 % ou des 60 % d’un électorat qui appuie ses dirigeants.
Cette mise en perspective est d’autant plus importante que ces messieurs parlent toujours comme si 99 % du peuple étaient derrière eux, leur donnant ainsi pleine autorité pour parler en leurs noms et décider des politiques comme s’ils étaient les seuls (es) à avoir autorité à le faire. C’est là le reflet de la  démocratie que ces messieurs donnent en exemple au monde. Ils sont d'ailleurs bien placés pour enseigner comment garder le pouvoir et diriger en toute quiétude un État avec moins de 30 % de l’électorat? Cette formule plaît aux oligarchies qui sont, par définition, une minorité. Elle leur permet de régner à travers les élus du peuple sur lesquels ils exercent un ascendant déterminant pour la gestion des pouvoirs de l'État.
On veut évidemment corriger cette image de minoritaires par des sondages pour faire croire que le peuple est derrière ses dirigeants. Mais, là encore dans ces sondages, une main invisible s'assure que les résultats soient concluants. À lire l’article de Richard Le Hir sur le dernier sondage CROP.
C’est ce gouvernement Charest qui, avec moins de 25 % de l’électorat québécois, a fait voter cette loi spéciale 78, visant à bâillonner le mouvement étudiant et à encadrer la libre expression des groupements de toute nature.
Quelques titres d’articles parus, suite à la votation de cette loi :
Oscar Fortin
Québec, le 19 mai, 2012

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BRESIL : LE MOUVEMENT DES SANS TERRE RECOIT UN PRIX AUX ETATS-UNIS POUR SON COMBAT EN FAVEUR DE LA SOUVERAINETE ALIMENTAIRE

Publié le par Tourtaux

Le MST reçoit un prix aux États-Unis pour son combat en faveur de la souveraineté alimentaire

samedi 5 mai 2012

La Coalition pour Sécurité Alimentaire Communautaire (Community Food Security Coalition -CFSC) a décerné au Mouvement des Sans Terre du Brésil le 3ème Prix Annuel de la Souveraineté Alimentaire. La récompense a été remise le 6 novembre 2011 à l’occasion de la 15ème Conférence Annuelle de CFSC, à Oakland, Californie, USA. Deux militants représentant le MST, Janaina Stronzake et Elias Araújo, étaient présents pour recevoir le prix au nom du mouvement.

“La récompense reconnaît tant la proposition du Mouvement de produire des produits alimentaires sains de manière durable, en quantité et qualité suffisantes pour toute la population, que l’importance du Mouvement des Sans Terre dans le paysage international en tant que mouvement de résistance au capitalisme et constructeur de nouvelles formes de société, de nouvelles économies, de nouvelles personnes, de nouvelles cultures” a déclaré Janaina.

Dans un communiqué transmis par courrier électronique, le Directeur exécutif du CFSC, Andrew Fisher, a remercié le MST pour ses efforts de garantir la souveraineté alimentaire au Brésil et dans le monde. Dans le texte il déclare :

“Le MST a été choisi pour recevoir le prix en raison de son travail excellent de promotion de la souveraineté alimentaire et en vue de sa compréhension par la population, de ses actions sur le plan local, du développement et de la mise en œuvre des programmes et des politiques ; de sa reconnaissance de l’importance des actions collectives pour générer des changements sociaux ; des connections globales dans le travail de la souveraineté alimentaire et pour sa reconnaissance claire de l’importance de femme en matière d’agriculture et d’alimentation″.

Un des moments les plus beaux de l’événement, d’après Janaina, fut la cérémonie de remise du prix. “Nous avons donné notre drapeau aux camarades des Black Panthers (des Panthères Noires). C’était un très beau moment, de fraternité internationale. Plusieurs de ceux qui ont suivi l’événement nous ont dit que c’était un moment très touchant, de voir ensemble le MST et les Black Panthers ” raconte Janaina.

Aux États-Unis, pour Janaina, le MST est reconnu comme un des plus grands mouvements du présent, capable de proposer et de mener à bien les nouvelles possibilités de production agricole.

Ci-dessous, l’interview avec Elias Araújo.

- Que signifie recevoir le 3ème Prix de Souveraineté Alimentaire ?

Recevoir ce Prix de Souveraineté Alimentaire a été un moment de grande satisfaction parce qu’il reconnaît que le MST, avec d’autres mouvements de la Via Campesina, contribue à la formulation d’une stratégie d’action au-delà de ce qu’il est convenu d’appeler sécurité ou justice alimentaire. La remise de ce prix était la reconnaissance de cela, de ce processus de mobilisation que le MST et la Via Campesina mènent au Brésil et dans le monde.

Pour le MST cela implique, au-delà de la reconnaissance, un engagement social. Un engagement d’articuler les partenaires états-uniens qui avaient proposé et appuyé la candidature du MST pour le prix de cette année, le 3ème Prix. C’est aussi un engagement de mobilisation des mouvements internationaux dans la construction d’un mouvement pour la souveraineté alimentaire.

En ce moment, il y a une forte lutte contre l’alimentation industrielle, contre l’utilisation des pesticides et contre le monopole des grandes sociétés transnationales dans l’agriculture. Pour le Mouvement, cela renforce l’engagement d’intensifier le combat planétaire contre ce modèle de développement du Capital, qui remet en cause la souveraineté alimentaire des peuples.

- Pendant l’événement, as-tu perçu l’avis de la communauté internationale sur le MST ?

L’événement marquait le rassemblement de toutes les organisations qui agissent pour la souveraineté alimentaire. Il y avait un groupe lié à la Via Campesina mais il y avait aussi des ONGS, des chercheurs, des professionnels de la santé, qui défendent des sujets plus spécifiques comme la qualité des produits alimentaires. Beaucoup connaissaient le MST et comprennent que c’est un grand mouvement, qui a aidé à construire le concept de souveraineté alimentaire et non pas de sécurité alimentaire, affrontant le discours des organismes multinationaux.

Les gens voient le MST comme un grand mouvement. Comme un mouvement qui inspire, qui motive, qui aide à agglutiner des forces pour ce qu’on appelle le mouvement pour la souveraineté alimentaire.

- Est-ce que vous voulez ajouter quelque chose ?

Le MST est reconnu à l’extérieur pour son combat de développement de l’agriculture, pour sa lutte en faveur des produits alimentaires sains. Ce prix renforce pour nous l’idée que la Réforme agraire doit être davantage valorisée. Il y a une reconnaissance des partenaires de la Réforme agraire au niveau international que le mouvement est un instrument, que la Réforme agraire est nécessaire, qu’elle doit être, en fait, vue comme un mécanisme qui garantit la souveraineté alimentaire.

Traduction : Ermelindo Tadeu Giglio

Source : http://www.mst.org.br/MST-recebe-pr...

Pour soutenir concrètement le MST dans sa lutte, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br

Pour une information continue en français sur les activités du MST : http://mouvementsansterre.wordpress.com/

 

http://www.larevolucionvive.org.ve/spip.php?article2016

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CONTRE LES MULTINATIONALES DE L'AGROBUSINESS : LA FETE DES SEMENCES PAYSANNE AU BRESIL

Publié le par Tourtaux

Jeudi 3 mai 2012 4 03 /05 /Mai /2012 12:16

Légumes  CONTRE LES MULTINATIONALES

DE L’AGROBUSINESS

LA FÊTE DES SEMENCES PAYSANNE AU BRESIL

 

 

 

 

Par Sarah Testard 20 avril 2012, Mémoire des luttes. Site : http://www.medelu.org/

 

La guerre des semences est lancée. En France, il s’agit, pour les firmes du secteur, de se ruer sur un marché estimé à plusieurs millions d’euros par an. La tendance est à l’arme lourde : privatiser le vivant.

 

Avec l’aide du gouvernement de Nicolas Sarkozy, le tapis rouge est déroulé devant les puissantes firmes semencières. Monsanto et Syngenta se lèchent les babines. Elles ont trouvé le filon : accaparer le marché des semences et empêcher toute production et exploitation de semences paysannes par les petits agriculteurs.

 

« Douce de Picardie », « Délice d´or », « Coeur de boeuf », « Jaune flammée »... Autant de variétés et de goûts de tomates qui disparaîtront bientôt des assiettes. L´agroindustrie ne pense ni diététique, ni richesse culturelle. L´agroindustrie fait de l´agrobusiness. Elle préfère voir pousser les royalties plutôt que la biodiversité.

 

Le remplacement des semences paysannes par quelques variétés industrielles standardisées pour les besoins de l’industrie a conduit à réduire la biodiversité cultivée. À l’échelle planétaire, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que 75 % des variétés cultivées ont ainsi disparu entre 1900 et 2001.

 

La loi du 8 décembre 2011, adoptée par l’Assemblée nationale, sur les certificats d´obtention végétale instaure, entre autres, une redevance sur les « graines de fermes ». Elle donne les pleins pouvoirs aux grandes firmes semencières qui s´approprient l´intégralité de ce marché : pour réutiliser les semences de l´année précédente, les agriculteurs devront dorénavant payer une taxe à l´hectare, appelée « contribution volontaire obligatoire ». Elle concerne 21 espèces (orge, avoine, pois, etc.). Pour les autres espèces, la loi interdit l’utilisation des semences de ferme. L’argument des firmes : sécuriser le financement de la recherche... Les paysans qui ne respecteront pas ces règles deviendront donc des délinquants.

 

Malgré l’opposition absolue de la Confédération paysanne, de La Via campesina et du Réseau semences paysannes, entre autres, cette loi a été votée en catimini par quelques députés trop éloignés des champs. Elle met en péril tant la biodiversité que notre patrimoine culturel et notre souveraineté alimentaire.

 

A quelque 10 000 kilomètres de là, de l´autre côté de l´Atlantique, les agriculteurs brésiliens se mobilisent pour contrecarrer les projets de l’agroindustrie : Anchieta, petite ville de 6 376 habitants (Etat de Santa Catarina au sud du Brésil) se prépare à recevoir 30 000 personnes engagées pour un autre mode de production et de consommation. Des agriculteurs de tout le Brésil et des membres de divers mouvements paysans et écologistes de 17 pays d´Amérique latine et d´Europe s’y réunissent entre le 18 et le 22 avril pour la 5ème édition de la Fête nationale des semences paysannes et pour le troisième séminaire national de formation paysanne.

 

Ces activités sont organisées par le Mouvement des petits agriculteurs du Brésil (MPA) et par le Syndicat des travailleurs ruraux de l´agriculture familiale (SINTRAF) de la ville d´Anchieta. ET cela dans le cadre de la campagne internationale de La Via campesina « Les semences, patrimoine des peuples au service de l´humanité » lancée lors du Forum social mondial de 2003.

 

Diverses variétés de semences sont exposées durant la fête, et les participants en profitent pour échanger leurs productions, leurs pratiques et leurs connaissances. Le séminaire porte sur le développement durable, la souveraineté alimentaire et l´agro-biodiversité. Les ateliers sont animés par des représentants de différents mouvements paysans et sociaux d´Amérique latine : le Mouvement des travailleurs ruraux sans terre (MST, Brésil), le MPA, La Via Campesina, l´Association de petits agriculteurs de Cuba (ANAP), la Compagnie nationale d´approvisionnement du Venezuela (CONAB), etc. Nous y reviendrons dans une prochaine chronique...

 

http://www.jacques-lacaze.com/article-semences-tous-concernes-104505672.html 

Publié dans Les Amériques

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