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MAI 68 : TEMOIGNAGE

Publié le par Tourtaux

                                                                 VIVE  LE 40ème ANNIVERSAIRE DE MAI 68


                                                              TEMOIGNAGE D'UN CHEMINOT CGT EN MAI 68


J'ai toujours en mémoire la grande lutte des travailleurs et notre grève victorieuse. 11 millions de grévistes, m'a récemment rappelé l'ancien secrétaire du syndicat des cheminots CGT de Reims en MAI 68, Maurice Lhomme.
 Les cheminots ont fait trois semaines de grève qui furent intégralement payées. Nous avions créé un rapport de forces favorable.

J'étais homme d'équipe et je travaillais au Poste 5, à Reims. Je me souviens de l'instant mémorable où j'ai mis le Drapeau Rouge sur le toit du poste d'aiguillage. Tout un symbole!  Ce drapeau était celui avec lequel j'effectuais les manoeuvres.  

Le syndicat CGT des cheminots de Reims n'avait pas encore appelé à la grève. J'ai aussitôt quitté spontanément et illégalement mon poste pour aller à la Bourse du Travail, appelée aujourd'hui Maison des syndicats.

Lorsque je suis arrivé à 11 heures, trois camarades du syndicat des cheminots CGT de Reims étaient occupés à tirer un tract d'une demie page A4 que nous avons immédiatement distribué dans les différents chantiers SNCF de Reims.

Ce tract de la CGT s'adressant aux cheminots était l'ordre de grève illimitée, à partir de 12 heures (midi). Il a été rédigé par les trois camarades : Maurice Elias, agent de train, secrétaire général du secteur des cheminots CGT de Reims, Maurice Lhomme, agent de train également, secrétaire du syndicat des cheminots de Reims et Roland Clavier, conducteur de locomotives au dépôt de Reims, secrétaire général adjoint du secteur des cheminots de Reims, ce qui à l'époque était une sérieuse référence. Le secteur des cheminots CGT de Reims rayonnant sur toute la Champagne-Ardenne.

Après distribution du tract, la direction du syndicat des cheminots CGT de Reims a pris la décision d'associer les autres organisations syndicales de cheminots alors que celles-ci avaient "pris le train en marche".

Maurice Lhomme m'a confirmé avoir proposé aux camarades de la direction du syndicat des cheminots de Reims qui l'a acceptée, l'occupation des locaux par les cheminots grévistes. Nous avons donc pris possession de notre outil de travail : la gare de Reims, le triage de Bétheny et le siège régional du 4ème Arrondissement SNCF (4ème AREX) qui chapeautait toute la région ferroviaire de Champagne-Ardenne. Des villes comme Verdun et Lérouville faisaient partie de notre région SNCF. Le 4ème AREX était géographiquement très étendu. Les "caïds" est les "lèche-cul" ont été virés de leurs postes de travail et ceci pendant toute la durée de la grève. Certains de ces personnages ont bien tenté de s'introduire dans "leurs" locaux mais les cheminots veillaient au grain.

A l'époque, le directeur du 4ème AREX présidait localement la fédération de parents d'élèves CORNEC qui n'était pas en odeur de sainteté chez les gens de droite. Pendant toute la durée de la grève, tout s'est passé sans incident majeur. Le directeur du 4ème AREX y a sans aucun doute contribué. A la disparition du 4ème AREX, auquel a succedé la région Champagne-Ardenne, le "pacifisme" du directeur lui a coûté cher puisque celui-ci n'a été nommé que directeur adjoint de la région.

A chaque point "névralgique" des structures de la SNCF, nous tenions des piquets de grève. Chaque jour, sous les drapeaux rouges accrochés à la grille  d'entrée du 4ème AREX, nous faisions des assemblées générales, place de la gare, à Reims. L'agent de train Georges Iste, dit Jojo, ancien musicien  à l'harmonie, jouait allègrement du clairon.
 Un as , le Jojo!
 
Les cheminots participaient à toutes les manifestations locales avec les travailleurs des autres corporations, les chômeurs, les étudiants, les retraités et toutes les personnes qui soutenaient les luttes en cours. Au cours de l'une de ces "manifs", nous avons "croisé" une contre manifestation emmenée par les gaullistes de l'UNR (Union pour la Nouvelle République) et des "majorettes du Vatican". Un comble! Des "bonnes soeurs" en tenue religieuse portant des pancartes réclamant la liberté du travail!

La droite maniait la provocation. Des heurts ont eu lieu. Je me souviens d'une imposante "manif" où plusieurs milliers de personnes arrivaient de la place de la République et défilaient tranquillement. Les cheminots CGT étaient en tête du cortège. Nous arrivions à hauteur de la gare lorsque, subitement, une voiture accupée par un jeune homme a soudainement foncé sur nous. La capote de la voiture était ouverte. Un agent de manoeuvre tenait une grosse pancarte portant l'inscription "syndicat des cheminots CGT de Reims". Le camarade a asséné un maître coup de pancarte au conducteur. Bien que visiblement sonné, le chauffard a pu obliquer et bifurquer sur sa droite et s'enfuir en direction des "beaux quartiers". A l'époque, ce type de voiture était rare. Seul un fils à papa pouvait avoir ce privilège. 

Lors d'une autre imposante manifestation, la tête du cortège arrivait place de la République quand soudain un individu, un tantinet provocateur est arrivé par le pont de Laon, juché sur un tracteur. A coups de klaxons, il voulait absolument forcer le passage. A l'avant du tracteur était accroché un grand écriteau : "Je suis avec toi Charles". D'autres panneaux aussi voyants garnissaient toutes les parties visibles du tracteur. Cette bruyante et isolée manifestation de soutien à Charles de Gaulle, l'antisocial président de la République de l'époque a valu au conducteur du tracteur d'être descendu de son siège en quatrième vitesse et de recevoir une raclée. Des manifestants avaient vu rouge!

Au cours d'une autre "manif" et alors qu'une foule importante de contre manifestants de droite battait la semelle devant l'Hôtel de ville de Reims, un jeune anarchiste s'est glissé parmi eux et a courageusement brandi sous leur nez un drapeau noir. La gent réactionnaire a très mal pris ce geste audacieux. Les "honnêtes" gens n'en croyaient pas leurs yeux. Avaient-ils l'oeil noir au point de voir rouge?

Lors de la présentation sur ce blog de mon troisième ouvrage : " Les apparatchiks", j'ai relaté la mémorable expulsion du tyran de Bétheny et comment l'ancien militaire de carrière d'Indochine avait capitulé face à un homme d'équipe, avant de s'enfuir comme un voleur. 

Je salue les étudiants qui ont toujours été solidaires de notre combat de classe et qui ont souvent été à nos côtés lors des piquets de grève de nuit où nous assurions la sécurité des installations ferroviaires et du matériel. Lorsque l'on connaît l'immensité des territoires SNCF, le renfort des étudiants était toujours le bienvenu. 

Avec une CGT sérieuse et responsable, nous avons pu mener à son terme notre combat victorieux. 

VIVE LA LUTTE DES CLASSES. VIVE MAI 68.
Jacques Tourtaux




























 





























  































  

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LE PREMIER MAI

Publié le par Tourtaux

                                                                 LE PREMIER MAI

                            TRAVAILLEURS DE TOUS LES PAYS UNISSEZ-VOUS

En 1884, le 4ème Congrès syndical des Travailleurs américains qui se tenait à Chicago et qui comprenait les principaux syndicats des Etats-Unis a décidé qu'à partir du Premier Mai 1886, la journée normale de travail serait de 8 heures. Le Premier Mai 1886, 5.000 grèves éclatent avec une participation de 340.000 grévistes.

La combativité du prolétariat américain est particulièrement élevée  à Chicago, mais, souvent teintée d'anarchisme. Face à ce prolétariat, un patronat de combat. Les industriels, inquiets de la puissance du mouvement ouvrier usent de la force et de la provocation en lock-outant des travailleurs remplacés par des "jaunes".

Le 3 mai, près de 8.000 grévistes venus conspuer les "jaunes" à la sortie de l'usine Mac Cormick sont accueillis par des coups de feu. 6 morts, 50 blessés.

Un grand meeting de protestation est organisé, auquel va répondre une provocation : une bombe est lancée sur les policiers qui s'apprêtaient à disperser par la force 1500 manifestants grévistes. La police ouvre aussitôt le feu sur la foule, faisant de nombreuses victimes dont on ne connaîtra jamais le chiffre exact.

Les dirigeants ouvriers locaux sont arrêtés. Un simulacre de procès et 8 ouvriers sont pendus. Le Premier Mai est né. C'est une date historique. Le prolétariat se mettra en mouvement le même jour, sur tout le globe. C'est la mise en action du mot d'ordre lancé par Marx et Engels.
                
                        "PROLETAIRES DE TOUS LES PAYS UNISSEZ-VOUS"

Le Premier Mai 1890 jouera un rôle essentiel dans l'histoire du mouvement ouvrier international. En France, la seule préparation du Premier Mai provoque un vent de panique dans la bourgeoisie.

Le gouvernement ignorant volontairement le caractère pacifique donné à la manifestation, se prépare comme s'il allait avoir à écraser une insurrection.

Malgré ce message d'intimidation, malgré la trahison des éléments opportunistes, la manifestation se déroule avec succès dans près de 150 villes. Et dans le monde, partout où le prolétariat est déjà concentré et organisé, le Premier Mai est marqué par des grèves, des manifestations. Jules Guesde a salué l'entrée en ligne, le même jour, avec les mêmes revendications, de 2 millions de travailleurs de tous les pays, se proclamant frères par dessus les frontières et frères d'armes dans la guerre à mort déclarée à la société capitaliste épouvantée. 

Le succès de cette manifestation du Premier Mai 1890 a posé la question de son renouvellement en 1891. Plusieurs congrès ouvriers de la planète se sont prononcés en ce sens. 

En février 1891, le Parti Ouvrier Français et la Fédération Nationale des Syndicats lancent un manifeste commun. Cette mobilisation prolétarienne entraîne une nouvelle grande peur de la bourgeoisie.  Le gouvernement met en état de siège les centres industriels, en mobilisant gendarmes, policiers et armée. Constans, ministre de l'Intérieur, entend justifier sa réputation d'homme à poigne : après s'être posé en sauveur de la République bourgeoise face au boulangisme, il voudrait apparaître comme le triomphateur du péril rouge. Effectivement, tous les incidents que le Premier Mai 1891 connaîtra sont dûs à la répression plus ou moins brutale des forces dites de l'ordre : à Roanne, Charleville, le Communard Jean-Baptiste Clément, l'auteur du Temps des Cerises, est condamné à deux ans de prison. 

Le couronnement de la peur et de la haine bourgeoise, c'est le massacre de Fourmies, petite ville du département du Nord.

Mise à part une importante verrerie (390 ouvriers), Fourmies est avant tout un centre lainier. Les bourgades proches forment une véritable banlieue industrielle de Fourmies. Depuis 1890, l'industrie connaît une période de marasme et le patronat entend que les ouvriers paient les frais de la crise. Le patronat fourmisien est un patronat de combat. Comme tout patronat de combat, celui de Fourmies tente de camoufler son exploitation et de détourner les ouvriers de la lutte en pratiquant le paternalisme. Le niveau de vie des ouvriers y est très peu élevé. Dans la plupart des foyers, on ne mange comme viande que le pot-au-feu du dimanche. 

Cette misère va amener le développement de la conscience de classe et un début d'organisation ouvrière.

En 1891, celle-ci est encore faible. Un seul syndicat existe chez les verriers depuis le 1er janvier 1891. Les ouvriers du textile ne sont pas organisés. Leur esprit de lutte grandit rapidement. De nombreuses grèves éclatent en 1890/1891, plusieurs sont victorieuses. La pénétration du socialisme va être ainsi facilitée. C'est Hippolyte Culine qui sera à Fourmies l'animateur du jeune Parti Ouvrier guesdiste. Originaire de Sedan, il s'installe à Fourmies comme représentant de commerce, ce qui facilite son travail de propagande. En avril, Paul Lafargue, gendre de Karl Marx est envoyé dans le Nord. Le 12 avril, il parle à Fourmies devant 700 personnes. Après avoir montré les progrès du socialisme dans la région, Lafargue dénonce les tentatives de l'église catholique pour détouner les ouvriers de la lutte nécessaire. Après avoir démontré  que la République bourgeoise n'a rien fait pour améliorer le sort des travailleurs, Lafague conclut que la seule solution aux problèmes sociaux est le collectivisme. Ces conférences remuent profondément la population ouvrière. Un large retentissement est assuré à l'appel du Parti Ouvrier pour le Premier Mai. A 10 heures, les délégués désignés en assemblée générale des travailleurs se rendront à la mairie pour y exposer cinq revendications parmi lesquelles :
la journée de 8 heures; la création d'une Bourse du Travail; la fixation de la paie tous les 8 jours.

Le programme de la journée du Premier Mai n'inquiètait pas le préfet. "La gendarmerie suffira  à assurer l'ordre".

Mais, les patrons montent une véritable provocation. Un avis placardé dans toutes les usines précise qu'un mouvement de grève le Premier Mai serait "sévèrement réprimé". 

Le patronat cherchant visiblement l'épreuve de force, fait appel à son Etat de classe. La municipalité est sa "propriété". Les patrons opportunistes et cléricaux se mettent facilement d'accord pour lutter contre le danger ouvrier. Sur demande du maire et des industriels, le sous-préfet d'Avesnes envoie deux compagnies d'infanterie équipées d'un nouveau fusil : le Lebel.

                                                  LA FUSILLADE DE FOURMIES

Le mot d'ordre de grève du Premier Mai est assez largement suivi. Le premier incident éclate devant la filature Jacquot. Le maire demande à la gendarmerie d'intervenir contre les manifestants évalués à 1500, qui essayent de persuader les fileurs de se joindre à eux. Un lieutenant de gendarmerie accompagné de cinq gendarmes à cheval fait charger la foule, sabre au clair : des femmes sont renversées, des personnes contusionnées. Trois arrestations. La nouvelle de cette charge se répand comme une traînée de poudre. Trois nouvelles compagnies d'infanterie se dirigent de toute urgence sur Fourmies. La foule massée devant la mairie réclame en chantant la journée de 8 heures. Sur le même air est exigé la libération des trois prisonniers.

Des délégués exposent au maire les revendications ouvrières. Le commissaire de police procède à de nouvelles arrestations après bousculades et coups de révolver en l'air. 

Vers 15 heures, la foule des manifestants exige la libération des prisonniers. Les pierres commencent à tomber sur les gendarmes courageusement cachés derrière un cordon de troupes. Vers 16 heures, le commissaire, ceint de son écharpe ordonne à la foule de se disperser. En vain. Il fait alors intervenir la gendarmerie à cheval, qui dégage la place avec brutalité. Sabre en main, les gendarmes frappent de tous côtés; des femmes, des enfants, desvieillards sont renversés, foulés aux pieds des chevaux. 

Les manifestants ripostent en lançant des pierres. La place est alors occupée militairement par deux compagnie de soldats d'infanterie. La gendarmerie se tient toujours prudemment derrière la troupe. Devant la perspective d'une nouvelle charge de gendarmerie, une quinzaîne de manifestants s'arment au passage de bâtons. D'autres ramassent des pierres. Les manifestants se heurtent aux militaires qui semblent fléchir sous le choc. Sans la moindre sommation, un officier ordonne alors d'ouvrir le feu. Certains soldats, conscients du rôle qu'on leur faisait jouer auraient tiré en l'air, mais les autres ont obéi à l'ordre criminel : la fusillade qui a duré à peine quatre minutes a tué et blessé des manifestants et des clients attablés dans les cafés proches. 9 tués et plus de 30 blessés. L'une des victimes, Marie Blondeau. Cette jeune fille brandissait contre les soldats une arme redoutable : une branche de mai fleuri que son fiancé  lui avait donné le matin même, selon l'usage. Un bel exploît militaire!

Le patronat fourmissien, inquiet de la montée du mouvement ouvrier, entendait stopper net la lutte des travailleurs contre leur féroce exploîtation. L'épreuve de force était à ses yeux, le plus sûr moyen d'atteindre ce but. Le manifeste patronal et l'appel des troupes constituent objectivement une véritable provocation. Cette responsabilité première du patronat fourmissien est dénoncée par les policiers enquêteurs eux-mêmes. Ainsi, le commissaire Walter, dans une note du 21 mai écrit : "Toutes les personnes impartiales, les autorités (même militaires) s'accordent à dire que la conduite des patrons a été et est encore inqualifiable".

Responsabilité en second lieu de l'appareil d'Etat, qui se met tout naturellement à la disposition des industriels.

Cette double responsabilité, patronale et gouvernementale, est rapidement comprise par de larges masses populaires, conpréhension qui explique pour une large part l'immense retentissement du massacre de Fourmies.

Dans toute la France, en tout cas dans les centres industriels, l'écho de Fourmies retentit profondément.

 

Certaines forces rétrogrades essayent d'utiliser les morts de Fourmies à des fins fort intérressées, notamment l'église. Un "catholicisme social" tente de diviser le mouvement ouvrier. Le pape Léon XIII condamne tout d'abord le socialisme. Il nie l'antagonisme des classes bourgeoise et ouvrière. Léon XIII prêche la patience aux prolétaires mais, en même temps, il donne des conseils aux patrons. Léon XIII conclut que "la religion seule est capable de détruire le mal dans la racine".

Si l'émotion provoquée par la fusillade est grande dans toute la France, que dire de celle qui bouleverse la région de Fourmies. L'opinion publique ouvrière dénonce les responsables. L'état de siège est instauré, aggravant le mécontentement. Les raisons inavouées de l'état de siège sont qu'il s'agit d'empêcher les habitants de Fourmies de transformer les funérailles des victimes, qui doivent avoir lieu le 4 mai, en acte d'accusation solennelle contre les responsables du massacre.  Il s'agit aussi de surveiller cette région où le mouvement ouvrier a brusquement grandi, comme le témoignent les grèves qui éclatent partout au lendemain du Premier Mai. 

Le 4 mai ont lieu les obsèques des fusillés du Premier Mai. De toutes les communes environnantes affluent les ouvriers en tenue de travail, avec cravates rouges. Un cortège long de deux kilomètres, calme et digne, se dirige vers le cimetière. Hippolyte Culine, l'animateur du Parti Ouvrier guesdiste à Fourmies porte un drapeau rouge, voilé de crêpe. Celui-ci et Lafargue sont arrêtés, jugés et condamnés. La demande d'amnistie est rejetée. Culine sera libéré le 9 novembre 1892. Non seulement le procès de Douai n'a nullement persuadé l'opinion de la culpabilité de Lafargue et Culine, mais les efforts déployés, pour dénoncer les vrais responsables du massacre, pour révéler le sens des condamnation de Lafargue et Culine, ces efforts ont abouti. 

Le sens de classe de la population  ouvrière du Nord s'est si bien développé que, la première ville industrielle de France a brisé l'écluse qui contenait la marée rouge.
Jacques Tourtaux   

















  







































































 





















 









































 

































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LES SANS PAPIERS DOIVENT GAGNER

Publié le par Tourtaux

Quelle belle entrée en matière pour préparer un grand 1er MAI suivi d'un grand MAI 68 que de voir ces exclus de la socièté "bien pensante" faire trembler les richards dont certains vont jusqu'à demander la régularisation de tous les sans-papiers.

Ce n'est pas une blague. Des patrons qui ont toujours pris ces hommes et ces femmes pour des moins que rien et qui sont arrivés dans notre France des Droits de l'Homme pour y trouver un travail et vivre dignement comme tout être humain devrait pouvoir le prétendre, demandent la régularisation de tous ces travailleurs.

Tous ces traîne-savates dont nombre d'entre eux sont issus de la négritude, chère au regretté Aimé Césaire donnent une formidable leçon de lutte des classes. Sous les couleurs de la CGT et de son drapeau rouge, voilà que nos braves gens occupent leur lieu de travail. Les "beaux quartiers" sont en effervescence. Pensez-donc, des cuisiniers, issus de l'immigration servent leurs petits plats à la  sauce CGT, pas plus loin qu'à Neuilly chez le Sarko, c'est-y pas beau tout ça! 

Les petits gars sont bien partis pour ne pas lâcher... au cas par cas, d'autant  qu'ils ont le vent en poupe et un rapport de forces qui est en train de se créer. C'est pourquoi ce mouvement précurseur doit s'élargir en province comme le souhaitent déjà les sans-papiers de nombreuses  villes.

Pour que la mayonnaise prenne et pour que la grève ne reste pas cantonnée à l'Ile de France, que manque-t-il? 
Tout simplement un ordre de grève des fédérations CGT concernées, notamment celles du commerce et du bâtiment. Elles sont étrangement silencieuses. 

Nos camarades sans-papiers du Nord qui mènent un combat très courageux et très dur depuis belle lurette ont entamé une marche sur Paris qui ne reçoit pas l'aide qu'ils sont en droit d'attendre  de la direction syndicale CGT qu'est la confédération, alors que dans des villes importantes comme Lyon, Toulouse, Marseille, Lille ou ailleurs, des travailleurs sans-papiers veulent rejoindre la lutte. 

C'est maintenant que cet important mouvement doit prendre une extention d'envergure nationale avec l'aide appuyée des dirigeants des fédérations concernées qui doivent lancer la grève générale des sans-papiers sur l'ensemble du territoire national afin que tous ces travailleurs soient régularisés comme le bon sens l'exige. 

Ancien secrétaire d'UL, j'estime qu'il est du devoir de chaque UL, de chaque UD d'organiser et de développer les luttes pour la dignité de ces travailleurs qui doivent bénéficier de notre solidarité et de notre soutien comme c'est actuellement le cas pour l'Union Régionale Ile de France de la CGT.

Quelle ne fut pas ma stupeur lorsqu'à la lecture de la presse, j'ai appris qu'une délégation, conduite par Francine Blanche, secrétaire nationale de la CGT avait été reçue lundi soir au ministère de l'immigration et que celle-ci a déclaré à l'AFP que les cinq préfectures concernées par cette grève "allaient étudier positivement" les dossiers de ces salariés. "Nous avons pas mal avancé, on a peut-être devant nous une sortie de crise" a-t-elle également déclaré à l'AFP. A la suite de cette entrevue de tous les dangers pour nos camarades sans-papiers, le ministère de l'immigration n'a pas peur de claironner "qu'il appartiendra de se prononcer cas par cas".

Un remarquable mouvement qui tend et ne demande qu'à se développer et voilà que les réformistes du national reviennent aux errements qui ont coûté si cher aux salalariés des régimes spéciaux qui ont été trahis par leurs dirigeants, en particulier le premier secrétaire confédéral Bernard Thibault, qui n'a pas hésité à tendre la perche à un Sarkosy qui n'en attendait pas tant et qui, dans la foulée, l'a remercié par une petite bouffe entre camarades.

Je crains que ne soit réédidé le coup de poignard asséné par des dirigeants nationaux plus prompts à appliquer les consignes de la CES, courroie de transmission du patronat européen à laquelle adhère aussi la CGT qu'à défendre les travailleurs sans-papiers qui, bien que n'étant pour l'instant que quelques centaines en grève ont mis le gouvernement dont on sent la fébrilité, en effervescence.

Hortefeux crie "Halte au feu". Sarkozy redoute un nouveau MAI 68. Il craint l'extention du mouvement à tous les travailleurs. Sa désastreuse politique antiouvrière et antipopulaire va fortement contribuer à créer le rapport de forces nécessaire pour entraîner ce mouvement qui va partir de la base et doit le rester si les syndicalistes nationaux n'assument pas. 

TRAVAILLEURS DE TOUS LES PAYS UNISSEZ VOUS!       

Jacques Tourtaux



















  

















  

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PAYPAL FAIT CHANTER

Publié le par Tourtaux

Comme nombre de personnes connectées à Internet, je suis chaque jour et à plusieurs reprises envahi de mails d'un organisme dénommé Paypal.

Il y a deux types de messages. La lecture de l'un d'eux est difficilement buvable tant l'expression de la langue française est galvaudée.

Le second présenté sous une forme un peu plus "convenable" n'est pas non plus d'un niveau très relevé. Dautre part, il est évident que l'on force la main de l'usager d'Internet en faisant un chantage honteux au nom de la sécurité de notre compte Paypal.
 Je cite :

Paypal

Centre de sécurité

Le chiffrage militaire de catégorie est seulement le début

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Nous avons récemment noté qu'une ou plusieurs tentatives de noter en votre compte de Paypal d'un IP address étranger et nous avons des raisons de croire que votre compte a pu avoir été détourné par un tiers sans votre autorisation.

Si vous accédiez récemment à votre compte tout en voyageant, l'ouverture peu commune dans les tentatives a pu avoir été lancée par toi. Cependant, si vous êtes le titulaire légitime du compte, clic sur le lien ci-dessous à noter en votre compte au cours de la période mentionnée ci-dessus. 

                                                                          Aller mettre à jour votre compte 

Si vous choisissez d'ignorer notre demande, vous ne nous laissez aucun choix mais pour suspendre temporaly votre compte.

Nous demandons que vous accordez au moins 72 heures pour que le cas soit étudié et nous recommandons vivement de vérifier votre compte dans ce temps.

Cette prose qui est suivie d'une "poésie" dont la bonne compréhension nécessite des efforts m'a été adressée à de multiples reprises. 

Je suis antimilitariste. Je me moque totalement du chiffrage militaire évoqué auquel je ne comprend rien. Ce charabia n'est autre qu'une forme de CHANTAGE pour inciter les gens à souscrire à l'exigeance d'individus, semble-t-il peu scrupuleux. 

Afin de clarifier les choses, je précise que je ne suis pas un spécialiste de l'informatique. J'ajoute que j'utilise Internet pour m'informer, me documenter et pour écrire. Les livres que j'écris ainsi que leurs droits d'auteur sont mon unique propriété. 
  

Je ne me laisserai pas aller à ce chantage consistant à forcer la main des usagers d'Internet pour les escroquer. 
Jacques Tourtaux




















  

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JO DE PEKIN SARKOZY SE COUCHE POUR CALMER LE JEU

Publié le par Tourtaux

Après avoir allumé le feu avec ses interventions enflammées, Nicolas Sarkozy multiplie les messages à l'adresse des dirigeants chinois qu'il cherche à apaiser pour sortir de l'embarras diplomatique dans lequel l'ont plongées les manifestations, en France, à propos du Tibet.

Le président du sénat, l'UMP Christian Poncelet, de passage en Chine, a ainsi remis lundi un message d'excuses et une invitation du président Sarkozy à l'escrimeuse Chinoise handicapée Jin Jung, bousculée par des manifestants pro tibétains à Paris le 7 avril alors qu'elle portait la flamme olympique et s'efforçait de protéger celle-ci dans son fauteuil d'infirme.

Mais où sont donc passées les bonnes manières dont le président Sarkozy veut gaver notre  jeunesse scolarisée? Est-ce faire preuve d'esprit civique, d'éducation, de savoir-vivre que de bousculer une personne vulnérable dans un fauteuil roulant?

Dans une des envolées dont il est un grand spécialiste, le président Sarkozy juge "inadmissible" cette agression et salue " le courage remarquable" de la jeune femme. Nicolas Sarkozy dit comprendre que " la sensibilité chinoise ait été blessée" par des incidents qui "ne reflètent pas les sentiments" des français envers le peuple Chinois et propose à l'escrimeuse de revenir à Paris comme son "invitée personnelle". C'est fou ce que ce président dilapide comme deniers populaires pour réparer ses bévues et celles de ses godillots gouvernementaux. 

Quand Nicolas Sarkozy va-t-il cesser ses interventions fantasques au nom des français qui en ont plus qu'assez  d'être ridiculisés par la presse étrangère?   

Nicolas Sarkozy a aussi confié un message d'apaisement au sénateur UMP de la "France d'en haut", l'ambitieux Jean-Pierre Raffarin dont les dents longues creuseraient la tombe de François Fillon afin de reprendre la place qui fut la sienne n'étonnerait personne. Le charmant et inoubliable ex-Premier ministre J.P. Raffarin doit rencontrer le Premier ministre chinois... pour préserver les intérêts des capitalistes dont le président Sarkozy est le plus fervent défenseur.  

"Le message que veut faire passer la France est qu'elle est très attachée à son partenariat stratègique  avec la Chine et souhaite la reprise du dialogue entre les autorités chinoises et les représentants du dalaï lama". Encore une fois, la messe est dite au nom de tous les français. 

L'accueil mouvementé réservé à la flamme olympique dans plusieurs pays occidentaux, notamment en France et les appels au boycottage de la cérémonie d'ouverture des JO de Pékin, voire des Jeux eux-mêmes, suscitent un regain de nationalisme et de manifestations d'indignation en Chine.

La France et ses intérêts économiques sont particulièrement visés d'autant que celle-ci s'apprête à prendre la présidence de l'Union européenne.

Après le couac de la Secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme, Rama Yade, aussitôt démenti par le menteur de service, le ministre des Affaires étrangères, l'intarissable Bernard Kouchner, les gesticulations n'ont pas impressionné les autorités chinoises qui ont "très mal perçu le mot condition" utilisé par Rama Yade. Les Chinois ont l'impression d'une trahison de la part de la France. 

Les français sont une fois de plus les boucs-émissaires de Nicolas Sarkozy. Rien d'étonnant lorsque l'on connait les fréquentations peu reluisantes de ce président qui ne jure plus que par son ami intime Georges Bush.

La visite de Nicolas Sarkozy en novembre dernier, s'était soldée par la signature de juteux contrats dont seuls les grands patrons qui se disent français seront les bénéficiaires. En effet, la main d'oeuvre chinoise est une source de profits considérable pour les capitalistes. Actuellement en Chine, 44.000 travailleurs chinois fabriquent les produits de Carrefour pour seulement une trentaine de français.

Lors de ce voyage de Nicolas Sarkozy en Chine, celui-ci avait notamment réaffirmé que "le Tibet fait partie de la Chine". Difficile à suivre, le président de la "France d'en haut". Après le camouflet des FARC et, si l'escrimeuse handicapée Jun Jung éconduisait ce virevoltant président, cela n'aurait rien d'extravagant. Une gifle de plus ferait sans doute plaisir à la "France d'en bas".   
Jacques Tourtaux
























 



































Publié dans Politique

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