Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

LA POSTE CHATEAULIN (FINISTERE) : LA CGT FAPT DEPOSE UN PREAVIS DE GREVE ILLIMITEE POUR LE PERSONNEL DU CENTRE COURRIER DE CHATEAULIN QUI COUVRE 5 COMMUNES

Publié le par Tourtaux

La Poste. La CGT dépose un préavis de grève illimitée à Chateaulin

6 juin 2011 à 08h21 

 

Le conflit à La Poste monte d'un cran. La CGT a déposé un préavis de grève illimitée pour le personnel du centre courrier de Châteaulin, cela à compter de demain

. «Depuis plusieurs semaines, les postiers châteaulinois tentent de se faire entendre sur leurs revendications et s'opposent à un projet de La Poste de supprimer quatre positions de travail sur leur bureau», assure Alain Le Berre. Le secrétaire départemental de la CGT-FAPT du Sud-Finistère, qui est aussi facteur à Châteaulin, précise que «les négociations du préavis» ont lieu 5 COMMUNEScet après-midi à Quimper.

Cinq communes concernées

Obligatoires dans ce genre de situation, ces négociations de conciliation pourraient aboutir à un accord entre syndicat et direction. «Si ce n'était pas le cas, dès demain, le courrier ne serait pas distribué sur les communes de Châteaulin, Port-Launay, Saint-Coulitz, Dinéault et Cast», menace le responsable syndical. Ou en tout cas très partiellement, car force est de constater que, depuis le début du mois d'avril, la douzaine de facteurs du bureau châteaulinois s'est, à chaque manifestation, montrée très solidaire. Mais tous iront-ils jusqu'à la grève? Rappelons que ce conflit repose sur une nouvelle organisation qui, selon la direction, «se met en place à compter de demain, mais sans licenciement, avec uniquement une personne mutée dans un autre établissement».

Contestation sur le volume du courrier

Cette redistribution des cartes s'inscrit, d'une part, dans «une réorganisation du courrier sur la Bretagne». Ainsi, explique-t-on à La Poste, «c'est le centre de tri de Brest qui va prendre en charge l'activité départ de courrier de Châteaulin à destination de la France, ce qu'assurait auparavant le bureau châteaulinois». D'autre part, la direction estime que cette réorganisation est «nécessaire en raison de la baisse de 9% du trafic courrier en 2010 sur le secteur de Châteaulin». Ce que conteste la CGT qui estime au contraire qu'il augmente, reprochant à la direction de prendre les chiffres dans leur globalité, sans tenir compte de la réalité du terrain. «Avec la création de nouveaux lotissements, il y a davantage de boîtes aux lettres. De plus, la Poste veut nous contraindre à distribuer plus de publicités», dénonce Alain Le Berre.

  • Loïc L'Haridon
  • http://www.letelegramme.com/local/finistere-sud/chateaulin-carhaix/chateaulin/la-poste-la-cgt-depose-un-preavis-de-greve-illimitee-a-chateaulin-06-06-2011-1326734

Publié dans Lutte des classes

Partager cet article
Repost0

ISRAEL : 25 000 PERSONNES MANIFESTENT DANS LES RUES DE TEL AVIV

Publié le par Tourtaux

Israël/Palestine : manifestation à Tel Aviv le 4 juin


de : patrice bardet
lundi 6 juin 2011

25 000 manifestants dans les rues de Tel-Aviv répondent à l’appel lancé par les pacifistes et les communistes pour soutenir la création d’un État palestinien dans les frontières de 1967


25 000 manifestants dans les rues de Tel-Aviv répondent à l’appel lancé entre autres par les pacifistes et les communistes pour soutenir la création d’un État palestinien dans les frontières de 1967

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Environ 25 000 personnes ont participé à une manifestation dans le centre-ville de Tel-Aviv, samedi soir, pour soutenir la création d’un État Palestinien dans les frontières de 1967

La marche s’est achevée sur un rassemblement devant le Musée de Tel-Aviv, les députés Dov Khenin (Parti communiste/Hadash), Daniel Ben Simon (Travailliste), Nino Abesadze (Kadima), Zahaya Galon (Meretz), le maire de Nazareth Ramez Jeraisy, la rédactrice en chef d’Al Ittihad, quotidien communiste, et militante féministe connue de tous Aida Touma-Sliman et enfin le dramaturge Yehoshua Sobol y ont prononcé des discours.

De nombreux partis politiques et groupes pacifistes, dont le Parti communiste/Hadash, le Parti travailliste, Meretz, le courant Derech de Kadima, Peace now, les Combattants de la paix, Solidarité Sheikh Jarrah et Gush Shalom – ont participé au rassemblement. A la tête du cortège, plusieurs membres du Parlement : les députés Khenin (communiste), Galon (Meretz), Muhammad Barakeh (communiste), Afu Agbaria (communiste), Hanna Sweid (communiste), Ilan Gilon (Meretz), Nitzan Horowitz (Meretz), Ahmad Tibi (Mouvement arabe pour le renouveau) ; les anciens députés Issam Makhoul (communiste), Tamar Gozansky (communiste), Haim Oron (Meretz) et le secrétaire-général du Parti communiste d’Israël Muhammad Nafa’h.

Les manifestants portaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : «Un État Palestinien – l’intérêt d’Israel», ««Bibi [Netanyahu], reconnaît les Palestiniens» et «Yes, we KEN [KEN signifie ’oui’ en Hébreu». Les manifestants ont brandi également des drapeaux Palestinien, Israélien et des drapeaux rouges sur lesquels avaient été inscrits «Oui à la paix» et «Juifs et Arabes refusent d’être des ennemis».

Plusieurs dizaines de militants de droite, drapés dans des drapeaux Israéliens, avaient organisé un contre-rassemblement au point de départ de la marche, sur la place Rabin. Pendant le défilé, deux militants de gauche ont été arrêtés par pur arbitraire policier.

Une militante de longue date du Parti communiste, la professeur Yenina Altman, 80 ans, avait fait un long voyage depuis Haifa pour assister à la marche : «Il est important pour moi d’exprimer le souhait de voir les Palestiniens devenir indépendants», a-t-elle déclaré. «Je suis venue de Pologne après que toute ma famille a péri. J’aimerais que mon pays démontre de la tolérance et du respect envers les Palestiniens et leur accorde le droit à un État palestinien, tout comme nous l’avions souhaité.»

Membre du Comité central du Parti communiste d’Israël, Rawda Marcus, de la cité Galiléenne de Kafr Yasif a déclaré : «Nous espérons que tels actes de protestation se renforceront et mèneront à un changement qui verra un État palestinien dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale».

Plusieurs rues dans la zone de la manifestation à Tel-Aviv ont été fermées au trafic, causant une paralysie de la circulation dans le centre-ville pendant plusieurs heures.

(sur la photo, de gauche à droite, les députés communistes Khenin, Barakeh, Agbaria, le maire de Nazareth Jeraisy, le député communiste Sweid et le secrétaire du Hadash Ayman Odeh à la tête du cortège à Tel-Aviv)

http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-25-000-manifestants-dans-les-rues-de-tel-aviv-repondent-a-l-appel-lance-par-les-pacifistes-et-les-co-75774867.html

------------------

IL faut relativiser cette prétendue opposition en Israël.

Hormis le PCI, en fait de prétendus "pacifistes" tous ces partis sionistes ont été les uns après les autres au pouvoir, ont participé à la colonisation, à la dépossession des arabes d’Israël.

Le PCI, pour exister légalement, n’a plus le droit de prôner un seul et même Etat démocratique pour les juifs et arabes ensemble.

Les autres partis ont approuvé la guerre contre le Liban, celle contre la population désarmée de Gaza

Les sionistes de gôche craignent par dessus tout qu’Israël perde son caractère d’Etat Juif. Les communiqués et articles de La Paix Maintenant expriment la peur que les palestiniens en viennent à réclamer les mêmes droits pour tous

Il est dommageable d’entretenir l’illusion de deux Etats, dont l’un serait un ramassis de confettis, bantoustans sans aucun attribut de souveraineté, l’autre une hyper puissance régionale nucléaire

Certains nous parlent d’un Etat Palestinien comme étant "la Solution".

Cette prétendue "solution" est poussée par les sionistes de gôche, qui y voient la survie d’Israël, Etat Juif : ils craignent en effet que les palestiniens en viennent à réclamer l’égalité des droits (voir les communiqués et analyses de LPM en ce sens - partiellement inaccessible - http://www.lapaixmaintenant.org/ )

ll est devenu évident au regard des cartes que la solution à deux Etats est devenue impossible (depuis la 1° intifada)

On pourra lire, de Julien Salingue

A la recherche de la Palestine : introduction du livre

une carte publiée par le Monde Diplomatique résume parfaitement la situation

Encore que même si elle avait été viable, toute négociation aurait du respecter le droit inaliénable des réfugiés à retourner dans leurs foyers.

L’AP n’a aucune légitimité pour négocier, et comme rappelé, l’OLP elle même doit être réformée et revenir à ses fondamentaux

Quelque soit l’issue ( 1 ou 2 Etats), les populations sont intimement mêlées.

Personne n’imagine que les 500.000 colons seront expulsés d’une cisjordanie revenue aux frontières de 1967, avec Jérusalem Est capitale de la Palestine : ce serait la guerre civile, et plus surement la guerre contre le nouvel Etat de Palestine

La proclamation d’un Etat croupion de Palestine serait une infamie pour le droit au retour des réfugiés Palestiniens.

On peut imaginer surement qu’Israël expulserait vers ce nouvel Etat les Palestiniens restant encore en Israël

La seule solution sera un Etat bi-national à terme. Même si cela doit prendre encore une dizaine d’années, avec en solution intermédiaire une fédération d’égaux

Comme la colonisation est devenue un fait, les palestiniens ( d’Israël et de cisjordanie occupée) finiront par réclamer des droits égaux pour tous, rejoignant la campagne contre l’Apartheid en Afrique du Sud. Rappelons que la situation était semblable, avec des bantoustans confettis "souverains".

Le mouvement international BDS y contribuera, contre la volonté des impérialistes, comme en Afrique du SUD

_______________________

il est d’autres voies qu’un Etat croupion...

ci-dessous, deux textes, dont l’un sur le site de l’UJFP

___________________________

La paix semble aujourd’hui très loin entre Israéliens et Palestiniens :

Sur le terrain, l’occupation, la colonisation, le mur de l’apartheid, l’annexion de Jérusalem, progressent. Le siège de Gaza et son isolement politique et physique achèvent de dessiner un sombre avenir, de dépossession, de malheur et de désespoir continus pour les Palestiniens, qui ne peut promettre aux Israéliens que l’insécurité. Les négociations forcées d’Annapolis confirment tous les jours ce que l’on pouvait en penser dès leur début : le cadre imposé par le gouvernement américain de Bush, hors droit international, excluant une grande partie de la représentation élue palestinienne, n’exigeant que des seuls Palestiniens le respect des engagements ; elles sont vouées à un échec qui risque de créer un vide politique encore plus inquiétant.

En Israël même, les Palestiniens subissent des discriminations grandissantes institutionnalisées Une association de juristes palestiniens d’Israël tente de proposer un nouveau pacte. Adalah (qui veut dire justice en arabe) agit sur le terrain des discriminations en Israël même : dans les domaines du logement, de la terre, du travail, de la santé de l’éducation. Elle travaille avec un outil : Le droit, un principe : l’Egalité des citoyens devant la loi. Une vision républicaine en somme !

Poser la bonne question : Qui est citoyen ?

En février 2007, Adalah rend public le fruit de deux ans de travail : un projet de constitution démocratique : l’Etat d’Israël n’est pas encore arrivé à écrire sa constitution. En effet, comment préserver le caractère juif de l’Etat et se doter en même temps d’une constitution démocratique ?

A propos des propositions de Constitution soumises par des groupes israéliens ces dernières années Marwan Dwairy, le Président du CA de Adalah déclare qu’elles se distinguent «par le fait qu’elles n’intègrent pas les principes démocratiques, en particulier le droit à une égalité pleine et entière de tous les résidents et citoyens,et par leur traitement des citoyens Arabes comme s’ils étaient des étrangers dans ce pays, où l’histoire, la mémoire et les droits collectifs sont la propriété exclusive du peuple juif. Ce n’est donc pas par hasard si ces propositions se sont préoccupées de la question « Qui est Juif ? » et ont négligé la principale question constitutionnelle : « Qui est citoyen ?» Nous avons décidé de proposer une constitution démocratique, qui respecte également les libertés de l’individu et les droits de tous les groupes, qui accorde une importance nécessaire aux injustices historiques commises contre les citoyens Arabes d’Israël, et qui traite sérieusement des droits sociaux et économiques de tous. »

De la mer au Jourdain : Garantir les droits individuels de tous

Mais Adalah n’arrête pas là sa réflexion et un an plus tard annonce qu’elle travaille à la rédaction d’une constitution supra nationale inspirée par le modèle de la Convention Européenne des Droits de l’Homme. Cette constitution reconnaîtra le droit à l’autodétermination des deux peuples entre le Jourdain et la mer, mais veut ouvrir un espace public commun dépassant les entités nationales, et assurant les droits individuels de tous ceux qui vivent dans la région, conformément au droit international. Le projet garantira aux réfugiés palestiniens qu’ils pourront exercer leur droit au retour, et prendra aussi en compte l’immigration juive dans la région.

« Peu importe le nombre d’Etats qu’il y aura dans la région. Il pourra y avoir un Etat, deux Etats ou un régime fédéral. Ce qui importe, c’est que dans la Palestine historique, les droits de l’homme se voient garantis pour chacun », explique Hassan Jabareen? fondateur et directeur de Adalah.

Soutenir ce travail pionnier de la paix

Pour nous, citoyens français et européens, juifs et arabes, Adalah par son travail de terrain et la réflexion qu’elle a initiée* ouvre l’horizon d’un avenir pacifié, où juifs et palestiniens pourront vivre ensemble (quelque soit la forme qu’ils choisissent …) sur la même terre dans l’égalité, la dignité et avec la garantie de leurs droits.

(...)

Une Constitution Démocratique pour l’état israélien

----

Au dixième anniversaire de sa création, Adalah rend publique «La Constitution Démocratique», une proposition de constitution pour l’Etat d’Israël, basé sur le concept d’un Etat démocratique, bilingue et multiculturel.

Cette proposition de constitution se base sur les principes universels et les conventions internationales sur les Droits de l’Homme, le vécu des nations et les constitutions de différents Etats démocratiques.

Ces dernières années, des groupes israéliens ont soumis plusieurs constitutions pour l’Etat d’Israël.

Cependant, ces propositions se distinguent par le fait qu’elles n’intègrent pas les principes démocratiques, en particulier le droit à une égalité pleine et entière de tous les résidents et citoyens, et par leur traitement des citoyens Arabes comme s’ils étaient des étrangers dans ce pays, où seul le peuple juif aurait droit à l’histoire, à la mémoire et aux droits collectifs.

Ce n’est donc pas par hasard s’ils se sont préoccupés de la question «Qui est Juif?» et ont négligé la première question constitutionnelle : «Qui est citoyen?»

Par conséquent, nous avons décidé de proposer une constitution démocratique, qui respecte également les libertés des individus et les droits de tous les groupes, qui reconnaît la signification des injustices historiques commises contre les citoyens Arabes d’Israël, et qui traite sérieusement des droits sociaux et économiques de tous. Si «La Constitution Démocratique» parvient à souligner l’énorme écart qui la sépare des autres propositions, et à créer un débat public objectif et un dialogue sur la nature des droits et des libertés dans ce pays, nous aurons fait un pas important sur les questions d’égalité raciale, de libertés et de justice sociale.

Le travail de préparation de cette constitution a pris près de deux ans, au cours desquels de nombreuses réunions et journées d’étude du personnel d’Adalah, du directoire et de l’Assemblée Générale se sont tenues. En mon nom et au nom d’Adalah, j’exprime ma gratitude et mes compliments au personnel dévoué d’Adalah et à son Directeur Général, l’avocat Hassan Jarabeen, pour tous leurs efforts en préparant ce projet de constitution de manière hautement professionnelle, tout en adhérant aux principes humanistes sur lesquels il est basé.

J’aimerais aussi remercier mes collègues du directoire d’Adalah et les membres de l’Assemblée Générale, ainsi que mes collègues en Israël et à l’étranger qui ont participé à la discussion des différents avant-projets et enrichi les discussions de leurs observations et suggestions.

Il faut noter que la préparation de cette proposition constitutionnelle a été accompagnée de celle de deux autres documents importants, élaborés par deux équipes composées de l’élite intellectuelle et de militants associatifs et politiques : «The Future Vision for the Palestinian Arabs in Israel,” qui a été préparé par un groupe composé de la direction du Haut Comité de Suivi pour les Arabes en Israël délégué par le Comité National des maires Arabes, et la “Convention de Haïfa», élaborée par une équipe constituée de Mada al-Carmel - Arab Center For Applied Social Research, qui sera publiée prochainement. De nombreux membres d’Adalah ont aussi pris part au travail entrepris par ces deux groupes. Chacun de ces documents a ses caractéristiques propres et complète les autres, et chacun exprime le développement du pouvoir d’action politique et sociale des citoyens Arabes d’Israël.

Quoique la rédaction de cette constitution soit à un stade avancé, nous la voyons comme un projet à débattre pendant un an, afin de permettre une consultation publique. Nous espérons de cette façon parvenir à une version finale de cet important projet.

Professeur Marwan Dwairy,
Président du Directoire d’Adalah
Février 2007

Extrait

Chapitre un : Introduction

1. La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, qui a consacré les leçons tirées des crimes commis au cours de la seconde guerre mondiale, et les Conventions internationales des Droits de l’Homme ratifiées par la suite, déclarent que : Tous les êtres humains sont égaux, la non-discrimination est un principe absolu sur lequel on ne peut transiger, tous les peuples ont le droit à l’autodétermination, aucune nation ne possède des droits qui sont supérieurs à ceux d’une autre nation, et il est essentiel d’assurer la liberté et les droits économiques et sociaux de l’individu pour parvenir à la liberté, l’égalité et la justice.

2. Après la fin de la seconde guerre mondiale, suite à leur longue et juste lutte contre les régimes coloniaux, de nombreuses nations ont parvenu à leur indépendance et à asseoir leur droit à l’autodétermination. Au cours des deux dernières décennies, des processus qui ont marqué l’histoire ont abouti dans des Etats où des politiques de répression et de discrimination avaient régné auparavant. La fin du régime d’apartheid en Afrique du Sud est l’exemple le plus frappant. Ces Etats ont tiré des leçons du passé et promu une réconciliation historique, basée sur la reconnaissance de l’injustice historique que ces politiques ont infligée aux groupes réprimés et discriminés, et ils ont assuré la participation effective de ces groupes dans le processus constitutionnel.

3. Sur la base de principes universels, des Conventions internationales des Droits de l’Homme et de l’expérience des nations, nous - en tant qu’organisation de droits de l’homme - visons à proposer une constitution, comportant des dispositions sur le régime de gouvernement et les droits et libertés, détaillées ci-dessous. Nous croyons que cette proposition constitutionnelle devrait être incorporée dans les lois et/ou la future constitution de l’Etat d’Israël.

4. Afin de construire une société égalitaire et démocratique, libre de répression et de violence, et de jeter les fondations d’une réconciliation historique entre l’Etat d’Israël et le peuple palestinien et toute la nation arabe, l’Etat d’Israël doit reconnaître ses responsabilités pour les injustices infligées au peuple palestinien, avant comme après sa création. L’Etat d’Israël doit reconnaître, par conséquent, sa responsabilité pour les injustices de la Nakba et de l’Occupation ; reconnaître le droit au retour des réfugiés sur la base de la résolution 194 de l’ONU ; reconnaître le droit du peuple palestinien à l’autodétermination, et se retirer de tous les territoires occupés en 1967.

5. Les citoyens Arabes Palestiniens de l’Etat d’Israël ont vécu dans leur patrie pendant d’innombrables générations. Ils y sont nés, c’est là que leurs racines historiques ont grandi, et c’est là que leur vie nationale et culturelle s’est développée et épanouie. Ce sont des acteurs de l’histoire et de la culture humaines en tant que partie des nations arabes et islamiques et composants inséparables du peuple palestinien.

6. Puisque que leur statut politique a été changé contre leur volonté, faisant d’eux une minorité dans leur patrie, puisqu’ils n’ont pas renoncé à leur identité nationale ; et puisque les droits d’une minorité indigène doivent inclure, inter alia, ces droits qui auraient dû être préservés et développés autant que possible s’ils n’étaient pas devenu une minorité dans leur patrie, ainsi, le point de départ juridique de ce projet de constitution est : Les citoyens Arabes de l’Etat d’Israël sont une minorité indigène.

7. Les mesures et pratiques des gouvernements israéliens ont infligé de sévères injustices à la minorité palestinienne arabe depuis 1948, dont certaines persistent encore, parmi lesquelles la séparation physique de cette minorité de son peuple et de sa nation, le déracinement et la destruction de villages, la démolition de maisons, l’imposition de la loi militaire jusqu’en 1966, le massacre de Kafr Kassem en 1956, le meurtre de jeunes gens pendant la première Journée de la Terre en 1976 et lors des protestations de masse d’octobre 2000, la confiscation des propriétés du Waqf musulman, l’expropriation des terres, le déni de villages arabes, la séparation des familles, les politiques de discrimination institutionnelle dans tous les aspects de la vie, et l’exclusion de la minorité arabe de l’Etat défini comme juif. Par conséquent, la proposition constitutionnelle qui suit affirme que les droits élémentaires de la minorité arabe comprennent : le retour de la terre et des biens dans une optique de justice réparatrice, la participation effective aux processus de décision, la réalisation du droit à l’autonomie culturelle et la reconnaissance de la langue arabe comme langue officielle de l’Etat d’Israël.

8. La dignité et la liberté sont fondamentales pour une société fondée sur les droits de l’homme. Mais la réalisation de ces droits dépend de l’existence d’une société égalitaire. Par conséquent, cette proposition de constitution affirme le devoir de garantir et de protéger les droits économiques et sociaux de tous les habitants et citoyens, particulièrement des plus démunis.

9. Dans un Etat qui ne domine pas un autre peuple ni n’occupe son territoire, basé sur la pleine égalité entre tous ses habitants et entre tous les groupes qui le composent, les citoyens Juifs et Arabes respecteront les droits réciproques de vivre dans la paix, la dignité et l’égalité, et seront unis par la reconnaissance et le respect mutuels de leurs différences, ainsi que des différences existantes entre tous les groupes dans un Etat démocratique, bilingue et multiculturel.

(Approuvé par l’Assemblée Générale d’Adalah du 15 juillet 2006)

source sur Info-Palestine

La Constitution Démocratique

 

Reçu de Patrice BARDET

dont la première partie a été publiée hier sur ce blog

Publié dans Israël

Partager cet article
Repost0

PCF BEZIERS : VENDREDI 10 JUIN - 18h30 - REPAS A THEME : LA GUERRE D'ALGERIE

Publié le par Tourtaux

invitation :

CERCLE POPULAIRE JOSEPH LAZARE  - VENDREDI 10 JUIN - 18 h 30 - repas à thème :

LA GUERRE D’ALGÉRIE  

En 2012 on célébrera le cinquantième anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie, laquelle a marqué fortement une génération qui a
aujourd’hui plus de 70 ans. Aujourd’hui on assiste à des appréciations divergentes sur ce qu’ont été ces événements douloureux pour
les peuples des deux rives de la Méditerranée.

Le prochain repas à thème du cercle populaire Joseph Lazare vous propose une rétrospective de cette période de notre histoire
avec le témoignage d’un appelé du contingent qui s’efforcera de replacer son vécu personnel dans le déroulement d’une guerre
qui ne disait pas son nom.
Dans les débats sur le sujet on escamote le plus souvent la situation des jeunes Français envoyés à vingt ans perdre en Afrique
du Nord de longs mois de leur jeunesse, quand ce n’est pas leur santé ou leur vie, dans une cause qui n’avait rien de juste !
Ne pas se pencher sur son passé c’est courir le risque de le revivre et la tentation serait forte de justifier les expéditions militaires
d’aujourd’hui si on jugeait positivement le colonialisme d’hier.

C omme à l’accoutumé exposé et débat seront suivis pour ceux qui le souhaitent du repas proprement
dit au menu duquel figurera du gaspacho.
Le prix en est toujours fixé à 10 € (hors d'oeuvre,plat,fromage,dessert,vin)

Publié dans guerre d'Algérie

Partager cet article
Repost0

COLLOQUE " LES CINQ PRISONNIERS CUBAINS AUX ETATS UNIS, LE TERRORISME ET LE DROIT INTERNATIONAL "

Publié le par Tourtaux

COLLOQUE " LES CINQ PRISONNIERS CUBAINS AUX ETATS UNIS, LE TERRORISME ET LE DROIT INTERNATIONAL "

 


Déclaration finale

 

Le colloque « Les cinq prisonniers cubains aux Etats-Unis, le terrorisme et le droit international » a réuni samedi 4 juin 2011 des avocats, des juristes français et européens ainsi que des parlementaires et diverses associations, afin d’étudier les dimensions juridiques et géopolitiques de l’affaire des Cinq Cubains et des actes de terrorisme organisés depuis plusieurs décennies contre Cuba à partir du territoire des Etats-Unis. Ces questions dépassent de loin le simple cadre bilatéral conflictuel Cuba- Etats-Unis et concernent la communauté internationale, dont la France.

 

Luis Posada Carriles, citoyen vénézuélien et auteur intellectuel présumé de l’attentat contre l’avion de ligne de la Cubanaen 1976 (73 morts, aucun survivant) et d’attentats aux explosifs contre des installations touristiques de La Havane en 1997, n’a jamais été jugé et se trouve actuellement libre aux Etats-Unis. Le Venezuela demande en vain son extradition.

 

De plus le blocus mis en place des 1961 par l’administration nord-américaine est l’élément constitutif principal de ce que l on peut appeler un terrorisme économique.

 

A l’inverse, pour avoir tenté de recueillir des informations, à Miami, sur les organisateurs des attentats contre Cuba, cinq agents cubains, Gerardo Hernandez, Ramon Labaniño, Antonio Guerrero, Fernando Gonzalez et René Gonzales Llort ont été arrêtés et sont incarcérés depuis bientôt 13 ans aux Etats-Unis.13 ans de violations non seulement du droit nord-américain (5e et 6eamendements de la Constitution étatsunienne) nais aussi du droit international (règles du procès équitable) comme dénoncées, par leur défense, par le Comité des droits de l’homme des Nations Unies, par Amnesty International et par de nombreuses organisations de juristes dans le monde. Les analyses des avocats présents à notre colloque ont conclu que le refus de la justice des Etats-Unis de garantir aux Cubains un procès juste et impartial, est otage de la politique nord-américaine a l’égard de Cuba.

 

Le terrorisme est, selon la Résolution 1373 du Conseil de sécurité des Nations unies, une menace à la paix et à la sécurité internationales et cette année est celle du bilan de la mise en œuvre de la Stratégie Antiterroriste Mondiale de l’ONU. La France est membre du Comité de lutte contre le terrorisme, mise en place par la Résolution 1373.

 

Le terrorisme doit être combattu par toute la communauté internationale et il incombe aux Etats qui ont le plus de moyens, une responsabilité spécifique. Dans cet esprit, nous nous adressons aux parlementaires français afin qu’ils abordent, avec leurs homologues d’autres pays et en particulier des Etats-Unis, la question du terrorisme contre Cuba et du procès injuste et partial contre les Cinq Cubains agents antiterroristes.

 

Nous leur demandons également d’intervenir pour que la France porte ces questions devant le Comité de lutte contre le terrorisme.

Publié dans Les Amériques

Partager cet article
Repost0

JEAN BAUBEROT : " LA LAICITE DE L'UMP, C'EST UNE FRANCE DISCRIMINATOIRE "

Publié le par Tourtaux

http://www.mediapart.fr/journal/france/300511/jean-bauberot-la-laicite-de-lump-cest-une-france-discriminatoire


http://www.fischer02003.over-blog.com/article-interview-de-jean-bauberot-par-mediapart-75807590.html


http://www.convergencedesluttes.fr/index.php?post/2011/06/05/INTERVIEW-DE-JEAN-BAUBEROT-PAR-MEDIAPART

 

Jean Baubérot : « La laïcité de l’UMP, c’est une France discriminatoire »

 

30 Mai 2011 Par Lénaïg Bredoux

 

Jean Baubérot est professeur émérite de la chaire Histoire et sociologie de la laïcité à l'Ecole pratique des hautes études, et auteur de nombreux ouvrages dont Laïcités sans frontières, cosigné par Micheline Milot (Seuil, janvier 2011), et deux «Que sais-je?» (Histoire de la laïcité en France et Les Laïcités dans le monde). Souvent présenté comme un partisan d'une «laïcité ouverte», il réfute cette expression et défend une laïcité assurant à la fois la neutralité de l'Etat et la liberté de conscience en démocratie. Entretien.

 

Médiapart : Comment réagissez-vous à la résolution sur la laïcité que doit présenter mardi l'UMP à l'Assemblée nationale?

 

Jean Baubérot : Elle incarne une laïcité répressive. Or la laïcité doit à la fois combattre et pacifier. Historiquement, à travers des tensions internes et des tâtonnements, c'est ce qu'elle est parvenue à faire. Elle a réussi à construire des équilibres subtils qui, bon an mal an, ont fait fonctionner la République.

 

La laïcité «Umpétisée», en attendant d'être complètement lepénisée, n'est plus cela: quand on lit attentivement cette résolution, on s'aperçoit qu'elle est essentiellement souplesse à l'égard du catholicisme et fermeté à l'égard de l'islam.

 

L'interdiction pour les mères voilées d'accompagner les sorties scolaires, des femmes voilées dans les crèches, même privées, ou dans les sociétés privées qui concourent au service public, voire l'idée d'un «encadrement» des tenues dites religieuses dans les entreprises, tout cela risque de rendre très difficile pour ces personnes l'accès au marché du travail. Or c'est historiquement un facteur d'autonomie pour les femmes. Il est donc paradoxal de prétendre le faire au nom de leur émancipation. Cela n'a de logique propre que si on veut façonner les femmes qu'on dénonce, pour qu'elles ressemblent à ce qu'on les accuse d'être.

 

Médiapart : Plus généralement, quelles traces, selon vous, a laissé le «débat» organisé par l'UMP début avril sur l'islam et la laïcité?

 

Jean Baubérot : Jean-François Copé a ouvert le débat en affirmant qu'il enlevait ainsi un argument électoral à Marine Le Pen. Or cela a justement contribué à la mettre au centre du débat. Marine Le Pen devient même la championne de la laïcité dominante. Mais face à cela, la gauche ne sait pas trop quoi dire. Certains, s'ils ne sont pas d'accord avec le débat, sont d'accord avec son résultat, c'est-à-dire les propositions faites par l'UMP. D'autres sont sur une position plus ferme selon laquelle c'est l'Etat qui doit être laïque, et pas une pseudo-laïcité imposée aux citoyens.

 

Or, depuis la création du Pacs, il n'y a plus d'avancée quant à l'Etat laïque: sur la bioéthique et l'euthanasie, la France est très timide. Pourtant, il s'agit là de séparer la loi de l'Etat et des morales religieuses.

 

Il faut donc reconstruire un discours offensif et dynamique de la gauche à opposer à la droite en terme de laïcité. Quel paradoxe quand on songe que, jusqu'aux années 1980, la laïcité était un des marqueurs de l'identité de gauche! Maintenant elle devient le marqueur d'une identité de droite et d'extrême droite. Ce sera un des enjeux majeurs de la campagne électorale.

 

Médiapart : Comment s'est opéré ce glissement de la notion de laïcité, de la gauche vers la droite?

 

Jean Baubérot : Il y a eu une stratégie entamée en 2003 à la suite du 11 Septembre et de la victoire de Jacques Chirac face au Front national en 2002, avec le rapport de François Baroin en 2003. Son rapport intitulé «Pour une nouvelle laïcité» montre bien qu'il s'agit d'autre chose que de la laïcité historique, pour en faire une valeur de droite, sur le registre culturel et identitaire, et se démarquer des revendications identitaires qui seraient le fait des musulmans.

 

Au début des années 1980, la droite dure se manifestait plutôt par des polémiques contre les immigrés avec la thématique de l'envahissement, comme le montre une couverture du Figaro Magazine en 1985 avec pour question «Serons-nous encore français dans 30 ans?» (voir ci-contre) et pour illustration une Marianne portant un foulard. Plusieurs événements ont ensuite fait qu'il est apparu plus honorable de dénoncer un certain islam que les immigrés.

 

L'année 1989 est à ce titre cruciale: avec la première affaire du foulard, c'est le départ d'une laïcité de droite affirmée et l'année d'un clivage au sein de la gauche. Avec deux événements internationaux pour cadre: la fatwa de l'imam Khomenei contre Salman Rushdie qui a conduit à une peur de l'islam politique, et la chute du mur de Berlin. Avec la fin de l'antagonisme Est-Ouest, l'antagonisme par rapport à l'islam politique est devenu d'autant plus fort. C'est là qu'intervient en France la publication de deux manifestes, l'un dans Le Nouvel Observateur, l'autre dans Politis, avec, à chaque fois, des intellectuels de gauche défendant deux conceptions opposées de la laïcité, notamment à l'école.

 

C'est ensuite la guerre civile en Algérie dans les années 1990 qui repolitise le foulard. Avec le 11 Septembre, enfin, l'islam devient la représentation de l'immigration dangereuse. Et c'est là que Baroin a entamé le programme laïque de droite. Il avait une grande culture en la matière – son père était un des dirigeants du Grand Orient de France – et il avait compris qu'il n'y avait plus de dissensus entre la laïcité et l'électorat catholique de la droite, notamment après Vatican II.

 

Depuis, la droite a encore franchi un cap avec Nicolas Sarkozy, et sa revendication identitaire d'une France tournée vers ses «racines chrétiennes» et son refus d'accommodements envers l'islam. C'est cet usage de la laïcité qui est aujourd'hui dominant. Une laïcité transversale avec laquelle la droite est plus à l'aise que la gauche, car elle aboutit finalement à un discours anti-immigrés.

 

Médiapart : On semble ici bien loin de l'esprit des lois de 1905 dont l'UMP se revendique pourtant souvent. Qu'en est-il selon vous?

 

Jean Baubérot : Ce n'est pas la laïcité de 1905, c'est une laïcité de religion civile, à la Rousseau. Au début du vingtième siècle, deux visions se sont affrontées, avec la «laïcité intégrale» incarnée par Emile Combes, qui voyait les congréganistes comme l'UMP voit aujourd'hui les femmes portant le foulard, donc comme une menace pour la République, et ceux qui ont mis le holà. Clemenceau en 1903 tient un discours dans lequel il s'oppose à l'Etat laïque s'il signifie un Etat tout-puissant. Au moment de la loi de séparation, la gauche socialiste, avec Jaurès et Briand, écoute le centre-droit et intègre une partie de ses demandes.

 

Ceux qui se réclament de la loi de 1905 ne connaissent bien souvent pas son contenu: le texte rend en fait le plus facile possible la continuation de la religion en situation de séparation. La loi commence par la liberté de conscience: la neutralité de l'Etat est posée par rapport au contenu de la religion – ses doctrines –, mais l'Etat garantit le libre exercice de la religion et la liberté de conscience.

 

Les gens réduisent la loi de séparation à une partie de l'article deux qui dit que l'Etat ne finance pas les cultes. Mais même l'article deux est tout de suite suivi d'une exception, pour les aumôneries dans des lieux fermés (internats, hôpitaux, prisons, armée)! Et pourquoi une telle décision? Parce que, pour garantir la liberté de conscience, il faut parfois aller jusqu'à payer avec l'argent public...

 

Il y a aussi eu à l'époque un débat sur le port de la soutane. Certains estimaient qu'il fallait l'interdire, parce qu'elle était plus politique que religieuse et que, dans certains pays, les prêtres ne la portaient pas. Soit exactement les mêmes débats qu'aujourd'hui sur le voile! A l'époque, c'est Aristide Briand qui avait expliqué que la séparation des Églises et de l'Etat faisait que n'importe qui pouvait se promener en soutane et que la République ne garantissait plus aux curés le monopole de la soutane. C'est ça la laïcité!

 

La loi de 1905 libéralise aussi les processions religieuses. Comment peut-on dire aujourd'hui que ce texte interdit les prières de rue? On marche sur la tête. Le terme laïcité devient un terme magique qui permet aux gens de dire n'importe quoi.

 

Médiapart : Vous avez signé l'appel contre le «débat» de l'UMP publié dans Le Nouvel Observateur et Respect Magazine. Appel signé par Martine Aubry avant qu'elle ne se dédise en raison de la présence de Tariq Ramadan parmi les signataires. Comment réagissez-vous à cette décision?

 

Jean Baubérot : Comment voulez-vous que la gauche s'en sorte si on est dans des débats comme cela? On signe un texte pour les idées qu'il exprime. A mon sens, cela n'est d'ailleurs nullement révélateur de la position de Martine Aubry elle-même, mais de certains rapports de force internes au sein de la gauche en général et du PS en particulier. Mais si le PS ne vote pas la résolution de l'UMP, cela constituerait une bonne nouvelle.

 

Par ailleurs, historiquement, il ne faut pas oublier qu'il y a eu une gauche antisémite, au nom de la lutte contre le capitalisme. Il peut aussi y avoir une gauche islamophobe par défense de valeurs libertaires, avec des glissements assez analogues avec ceux qui parlaient de capitalisme juif... On le voit par exemple avec les débats qui traversent les féministes. On est aujourd'hui beaucoup plus féministe radicale quand il s'agit de l'islam. On voit aussi que le soutien au printemps arabe est assez mou.

 

Puisque laïcité et immigration sont étroitement liées dans l'acception dominante, la gauche ne s'en sortira pas sans répéter que l'immigration est une chance pour la France. Car la reconstitution historique de Sarkozy est imaginaire et idyllique: il fait comme s'il n'y avait jamais eu persécution ou conflit politico-religieux sous la chrétienté. Autrement dit, comme si tout allait bien tant que l'islam n'était pas là. Finalement, on demande aux musulmans de s'intégrer à un patrimoine imaginaire, où ils ne peuvent donc être qu'en déficit permanent de laïcité, et où les autres religions l'ont, par définition, dans le sang. Y compris les Alsaciens-Mosellans qui vivent sous le concordat, et sont la seule région sous le contrôle de l'UMP!

 

Médiapart : Mais, comme le prétendent la droite, l'extrême droite et une partie de la gauche, l'islam pose-t-il un problème spécifique à la laïcité?

 

Jean Baubérot : Bien sûr, les comportements de certains musulmans, comme de certains juifs orthodoxes par exemple, peuvent poser problème. Je ne l'ai jamais nié. Mais je pose deux questions qui me semblent essentielles. La première est la hiérarchie faite entre les problèmes qui traversent la société. Par exemple, sur les horaires des piscines: on peut avoir un débat mais désislamisons-le. Parce que les horaires non mixtes conviennent aussi aux juives orthodoxes et à des individualités. Et est-ce vraiment quelque chose de si énorme que la République soit en jeu? Est-ce plus important que le différentiel de salaire entre les femmes et les hommes? Cette hiérarchisation crée un climat malsain.

 

Je m'interroge aussi sur la façon dont on met en cause des musulmans, ou, par ailleurs, les jeunes des cités, et pas d'autres personnes. La ministre Chantal Jouanno vient de déclarer qu'elle «ne peut porter une jupe dans l'hémicycle sans entendre des propos salaces» et la députée PS Sandrine Mazetier confirme qu'il règne chez les députés «une forme d'infantilisation des femmes (qu'elle) n'avait jamais rencontrée auparavant». La discrimination n'est-elle pas manifeste? Le deux poids, deux mesures, systématique n'est pas supportable.

 

Et n'est-ce pas une sinistre plaisanterie que ces mêmes députés se gargarisent de la «dignité de la femme» et de «l'égalité des sexes» quand il est question de l'islam. En fait, la droite, quand elle propose des lois ou des mesures qui visent l'islam, n'a que faire de la laïcité ou de l'égalité femme-homme. Elle les instrumentalise totalement. Et la gauche doit être beaucoup plus rigoureuse et exigeante sur ces questions.

 

L'entretien a eu lieu le 26 avril dernier à Paris. Il a ensuite été relu, amendé et actualisé par Jean Baubérot.

Publié dans Politique

Partager cet article
Repost0